Denis Bonzy

Catégorie : Non classé

  • La chance est-elle une forme de talent ?

    Macron 26 04 17

    Actuellement, après le 1er tour des présidentielles 2017, la France respecte jusqu'à la caricature sa tradition de "malheur aux vaincus et bonheur aux gagnants". Les vaincus sont parés de tous les défauts. L'article de L'Express cette semaine sur Fillon pose une seule question sérieuse : pourquoi avoir caché jusqu'à la défaite cette description d'une équipe incapable à ce point de travailler ensemble, voire de travailler tout simplement ? D'un autre côté, à la condition d'avoir gagné, il y a les bénéficiaires de tous les talents reconnus. Dans le "sujet Macron", il y a des volets qui ne sont jamais abordés actuellement : la chance que son créneau central se soit libéré dans des conditions totalement imprévisibles à ce point et des conditions extérieures à toute action de sa part. La victoire de Juppé à la primaire de la droite aurait beaucoup changé la donne. Celle de Valls à la primaire du PS de même. Avec deux profils de ce type, rien ne pouvait plus être comme la campagne écoulée. Finalement, la chance est-elle une forme de talent ? C'est un sujet qui me paraît bien placé pour les épreuves de culture générale de mai et juin 2017 …

  • Quand la France entre en territoire inconnu

    Trudeau manifestation 12 02 17

    Le dégagisme est le grand vainqueur du 23 avril. C'est la seule réalité des chiffres qui doit être respectée. Macron ne fait pas gagner l'Europe en arrivant en tête avec 23 % des  voix quand plus de 60 % des voix la rejette du moins sous sa forme actuelle. De même pour le social-libéralisme comme pour tant d'autres thèmes. Quand un mandat risque de débuter sur une erreur sérieuse d'interprétation des scores, c'est tout le contenu du contrat de confiance qui est fragilisé. Le dégagisme, c'est quoi ? C'est le ras le bol généralisé face au système en place. C'est pour cela que la ligne de fracture entre conservateurs et progressistes est finie, périmée. Il n'y a plus personne pour vouloir conserver le système en place. Et le jour d'après c'est quoi ? Si le contenu de ce message populaire est mal interprété, c'est la confrontation. Et si la confrontation produit des effets inacceptables, le jour d'après c'est la mobilité. Parce que le dégagisme, c'est pas seulement le fait que les dirigeants doivent dégager c'est aussi que les dirigés peuvent dégager. Avec ces étapes totalement inédites, avec le 23 avril, la France est entrée dans un territoire réellement inconnu.

  • Le 23 avril et son vainqueur manifeste incontestable : les fausses informations

    Jessica Chastain 21 03 17

    La présidentielle américaine de novembre 2016 avait été la consécration des "fake news". Terme qui recouvre des réalités très différentes. En France, le vainqueur manifeste incontestable du 1er tour, ce sont les fausses informations. Une présentation qui a tout d'une information mais qui est une manipulation. La manipulation la plus imaginative a été celle des "électeurs cachés" devenus depuis hier soir les électeurs disparus. Celui ou celle qui a conçu cette expression au moment où la fiabilité des sondages était fragile a témoigné une ingéniosité intellectuelle de haut niveau. C'est digne du "plus blanc que blanc", formule publicitaire qui a eu ses "heures de gloire". Une formule qui ne résiste à aucun examen sérieux mais qui marque les esprits pour faire naître un doute sur des bases nouvelles. A la réflexion, la notion "d'électeurs cachés" ne résiste à aucun examen sérieux : pourquoi se cacher ? A partir de quoi on peut décider qu'un électeur se "cache" ? Se cacher de qui ou de quoi ? Pourquoi les électeurs cachés n'existeraient-ils que dans un camp ? Qui les recherche et comment ? … Dommage que la même ingéniosité intellectuelle ne soit pas mobilisée sur le fond. La sortie de crise s'accélérerait peut-être ?

  • Quand la façon d’écrire un mot devrait pouvoir varier par individu …

    Eglise de Varces

    Dans les "petites classes" de l'Ecole, des enseignants fourmillent parfois de conseils simples pour donner la clef de la bonne écriture d'un mot. Pour le mot "mourir", cette clef est simple : "un seul "r" parce qu'on ne meurt qu'une fois". Ce matin, à l'église de Varces, en écoutant le mot d'un père lors des obsèques de son fils jeune trentenaire, j'ai eu, une fois de plus, la solide certitude profonde que ce mot terrible "mourir" devrait être le seul mot du dictionnaire en France où chaque auteur devrait pouvoir ajouter le nombre de "r" qu'il souhaite montrant ainsi le vrai chiffre de ses épreuves fortes dans la vie et attester d'autant sa capacité de résilience. Très dure matinée.

  • La présidentielle 2017 et sa longue liste de … disparus

    Lost

    La présidentielle 2017 restera probablement d'abord l'élection des … disparus. Le premier disparu a été le président sortant. Puis ce fut le tour des perdants des primaires. Ensuite, le tour des experts économiques qui n'ont même pas cherché à "cadrer techniquement le débat". Puis les candidatures de membres de la société civile : aucune. Par membre de la société civile, il faut comprendre des personnes qui vivent d'un métier en dehors de mandats politiques. Il avait été question de Payre, de Jardin … : disparus ! Une compétition entre des membres qui vivent de la politique. Ils vivent du système politique dont ils sont membres depuis de nombreuses années mais qu'ils … condamnent comme inefficace, corrompu … Disparu aussi le Medef face à deux programmes dont il passe pourtant son temps à dire qu'ils seraient "dangereux" et qui recueillent pourtant près d'un vote sur 2 (si on ajoute Le Pen + Mélenchon + l'extrême gauche très en forme actuellement). Hier aux Etats-Unis, 162 entreprises portent témoignages dans une procédure judiciaire contre des décrets de Trump. En France, où sont les patrons qui témoignent concrètement des "dangers" énoncés par ailleurs ? Nulle part. Dans ce contexte de disparus, il faut quand même saluer le courage des citoyens qui vont devoir se décider. Il manque plus que l'abstention soit élevée et il faudra ajouter à la liste les électeurs … disparus après l'épisode irréel des électeurs …cachés. Pour un pays qui veut compter sur le plan international, c'est une équipe longue de … disparus.

  • Une journée avec ses contrastes extrêmes

    Seyssins 17 04 17

    Il y a des jours qui portent le meilleur et le pire. Le meilleur quand vous engagez une randonnée de bon matin au soleil levant avec quelqu'un que vous rencontrez pour la première fois pour faire découvrir les chemins que vous aimez. Une personne dont le lien a été tissé via Twitter et sa capacité à faire partager de si belles photos. Une personne agréable, sympathique qui ressemble à tant d'êtres de qualité qu'on a l'impression de l'avoir déjà rencontrée, connue comme si c'était simple et naturel de longue date. Puis en fin de matinée, par la lecture de la presse locale, découvrir le décès par accident de l'enfant de 36 ans d'amis avec lesquels nous avons partagé tant de moments agréables : un accident de spéléologie. La sagesse populaire a de nombreuses formules d'une grande force juste. Mais aussi parfois elle porte des formules qui sont des idioties irréelles. Ainsi, certains disent-ils parfois "on a la vie qu'on mérite". Cette formule est d'une injustice terrible, folle. Il y a tellement de personnes qui n'ont pas la vie qu'elles méritent. Dans ce cas, Julien, ses parents et ses deux soeurs ont tellement lutté pour mériter une vie tellement plus longue. Lutter dès le plus jeune âge dans des conditions que celles et ceux qui les connaissent peu ne pourront jamais imaginer. En quelques heures, cette journée imposait ses contrastes les plus extrêmes. Implacable avec un ciel si bleu pur que tout pouvait disposer à la douce joie. Une façon aussi de rappeler qu'il ne faut jamais aller mal par flemme d'aller bien car tout peut basculer si vite.

  • Jour de fête et visages de … guerres

    Erin Trieb 4

    La violence passe par les images davantage que par les mots. Aucun mot n'a la cruauté triste des réalités de guerres. Aujourd'hui, quand des pays font la "chasse aux oeufs", d'autres sombrent toujours sous les tirs et les bombes, presque dans l'ordinaire. Une réalité qui mériterait d'être mieux considérée. A cette fin, presque chaque jour, des médias devraient consacrer quelques secondes à ces réalités : une photo et une explication de 15 secondes suffiraient. La conscience internationale y gagnerait. En 2003 et 2004, aux Etats-Unis les visages des soldats tombés au front ont changé les consciences dès que les infos commençaient par ces visages frappés en pleine jeunesse, en pleine vitalité souriante et prometteuse selon les photos. Pour garder à l'esprit ces réalités, un témoin fabuleux : Erin Trieb. Une photographe de terrain qui a le talent de montrer le … terrain. Implacable. Réaliste. Pensée particulière aujourd'hui. Pour ne pas oublier cette réalité, il suffit de s'abonner aux réseaux d'Erin Trieb.

    Erin Trieb 3

    Erin Trieb 2

  • Le jour où la politique s’inspirera des leçons du … tennis

    Tennis 15 04 17

    La saison des tournois locaux de tennis vient de débuter. Un moment particulièrement agréable. J'ai commencé mon premier tournoi de tennis en avril 1974 à Meylan. C'était ma première année en droit. Je faisais alors le tournoi sous les couleurs de l'équipe de Rhône Poulenc. Le responsable de notre équipe était M. Mourra qui, dans les années 80, a pris sa retraite à Mont de Marsan. M. Mourra nous entraînait souvent. Avec patience et pédagogie. Nous jouions alors avec MM Cloarec, Michaud, Moneger … notamment. Ce matin là d'avril, je m'en souviens comme si c'était hier, le temps était froid. Mon adversaire était largement à ma portée. J'ai perdu. Avec la sagesse et la gentillesse qui étaient les siennes, M. Mourra m'a donné un conseil : "tu as trop voulu gagner. Il faut jouer sans penser au score. Jouer chaque balle en donnant le meilleur de soi-même sans penser au score". J'ai appliqué son conseil et chaque fois que je l'ai appliqué je suis parvenu à gagner même des meilleurs que moi. D'un coup le jeu devient plus vrai, plus naturel. Le "petit bras" s'éloigne". Depuis 10 jours, ce conseil devrait être respecté par les candidats à la présidentielle 2017. Ils pensent trop au score sauf un qui en conséquence monte, monte, monte … comme s'il ne pensait pas au score. Pour les autres, la campagne a manifestement 20 jours de trop. Dommage pour tout le monde que ce soit les 20 derniers jours …

  • Philippe Labro et les « potages brûlants »

    Philippe Labro

    Le dernier livre de Philippe Labro est remarquable. Comme si souvent pour ne pas dire toujours de la part de cet auteur d'une extrême qualité. Le sujet de fond : les secrets de famille. C'est un des sujets les plus passionnants qui soit. Pendant l'enfance, à l'occasion d'un potage par exemple, un nom ou une circonstance rend manifestement le potage plus brûlant que sa véritable chaleur. On a le sentiment diffus, confus d'avoir levé un sujet important mais au point de ne pas en connaitre la réelle importance et de ne jamais avoir la réponse avant le dessert ni même … après ! Puis, quelques années plus tard, parfois en ayant entre-temps totalement oublié cet instant, au hasard d'une photo ou d'une anecdote, la réponse vient. L'âme oubliée était toujours là. Sitôt réveillée, le puzzle prend corps et une vraie logique en résulte. D'un seul coup, c'est le repos de l'âme cachée pour celui qui révèle et la cohérence de l'âme révélée pour celui qui reçoit. Un vrai silence peut alors se réinstaller, pas celui qui cache mais qui a mis en ordre. Le livre de Philippe Labro, c'est le résumé des "potages brûlants" connus probablement par chacun sur des sujets différents. Passionnant.

  • Tenter de comprendre la seule révolution qui compte : sa propre révolution intérieure

    Yoga

    Dans le rapport à la lecture, il y a des quêtes différentes, souvent complémentaires, mais parfois terriblement opposées. Pour moi, la lecture, c'est trois centres d'intérêts : toujours mieux connaître des sujets qui me passionnent, s'ouvrir à des thèmes entièrement nouveaux, s'interroger sur des remises en question de fond. Les premiers me confortent souvent. Les seconds m'apprennent. Les troisièmes m'interrogent. Là, avec le livre "le cycle de la vie", c'est l'une des premières fois où je suis secoué à ce point sur des thèmes forts : le rapport à la souffrance, à la mort. Comment suis-je arrivé à cette lecture ? Lors d'une discussion avec une personne confrontée à une disparition terrible, j'ai été saisi par sa sérénité, par la profondeur de ses réactions et par la beauté de ses observations. Elle avait manifestement franchi des étapes lui permettant d'être mieux avec elle-même, trouver une paix intérieure d'une extrême qualité. Non pas en s'en remettant à une grille de lecture à suivre docilement mais avec un travail sérieux de réflexion. Pour bien vivre quand le temps a infligé des séparations avec des êtres chers, il faut trouver une explication de vie qui dépasse la seule séparation physique. Sinon des états d'âme de tristesse gagnent si souvent, trop souvent. Parmi de nombreuses lectures sur ce thème, c'est le premier livre qui m'impose tant de questions de fond et peut ouvrir un rapport différent à des sujets difficiles. Je le recommande. 

    Livre 05 04 17