Nouveau sondage contradictoire publié avant-hier sur le thème de "réussir sa vie". C'est pourtant une question de fond qui mérite d'avoir les idées claires. Avant le sujet de fond qui est celui de "réussir sa vie", il y a une étape qui peut aussi mériter l'attention : sa vie est-elle agréable ? Est-ce qu'elle comprend davantage de moments agréables que de moments difficiles ? Et surtout comment s'en rappeler dans le temps, dans la durée ? Comment avoir cette sagesse de la durée ? C'est à cette étape qu'entrent en jeu les crayons de couleurs. Au milieu des années 90, l'hebdomadaire Le Point consacre un article à Philippe Labro après qu'il ait réalisé un entretien de grande qualité avec F. Mitterrand avant son départ de l'Elysée. Et le journaliste du Point pose à Philippe Labro, auteur remarquable, la question suivante au sujet de son bureau : "pourquoi autant de crayons de couleurs" ? Et Labro répond : "parce que j'identifie, selon la couleur, si le moment passé a été agréable ou pas". Depuis cette date, j'applique la méthode. C'est une pratique que je recommande. A la fin de la journée, quelle dominante de couleur pour la journée écoulée : jaune parce qu'elle fut très agréable, bleu car sympa mais sans plus, vert car prometteuse ou rouge parce que pénible et difficile. Plusieurs mois plus tard, le regard sur le temps écoulé change en parcourant le choc des couleurs. Mieux encore avec les années écoulées. Cette méthode permet aussi d'identifier dans le temps si des activités ou des individus sont systématiquement attachés à des couleurs "sombres", signes qu'il faut évoluer …
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Quand finalement avant l’heure c’est l’heure
Rien ne manquera à ce mandat pour susciter une aversion profonde à destination de la politique. C'est un champ de ruines ! Et dans cet effort sans précédent pour toujours ajouter une pierre de plus à ce champ de ruines, les actuels re-casages de collaborateurs et d'élus de la majorité nationale sortante. La parole officielle était "nous travaillerons jusqu'à la dernière minute". Mais la dernière minute a déjà sonné. Il s'agissait juste de disposer du temps nécessaire pour se "mettre au chaud" avant de laisser des bureaux vides. Chaque soir, il suffit d'aller sur une revue professionnelle (par exemple Acteurs Publics) et prendre connaissance des "casés" du jour : une administration, un tour extérieur, Air France et … la Mairie de Paris qui semble devenue une annexe du pole emploi des membres parisiens des cabinets ministériels. Surtout ne jamais aller dans le privé. Ils parlent du "risque, de l'initiative …" mais ils ne connaissent pas ces terrains puisque le chaud aux frais des contribuables leur convient si bien. C'est d'une indécence absolue. Une monarchie qui se partage les postes comme hier les champs de provinces. Insupportable.
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Pour les moments où nous nous perdons parfois si facilement …
La lecture des réseaux sociaux est un merveilleux kaléidoscope de centres d'intérêts, de réactions, de grilles de tempéraments … Dans l'ensemble de très belles réactions. Puis parfois, le sentiment d'une réaction totalement disproportionnée face aux faits en question. Personne n'y échappe. Ce film est fait pour ces parenthèses. Ces moments où nous nous perdons trop facilement dans des réactions inadaptées. Ce clip aux mots si forts doit nous permettre de moins nous perdre. Les vrais héros du quotidien sont là.
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Ne jamais moyenniser
Quand tout se vaut, plus rien n'a de valeur. Je suis très surpris actuellement par cette mode de la moyennisation. Une formule dont le sens disparaît parce qu'elle devient appliquée à des cas trop différenciés. Accepter cette mentalité de la moyennisation, c'est perdre toute échelle de références. Le "crime contre l'humanité" doit répondre à des critères précis. Pour ma part, c'est une atrocité que j'ai découverte par le silence de mon oncle (le frère de ma mère). Il était merveilleusement sympathique, gentil, souriant. Puis soudain, tout changeait quand une référence à sa déportation pouvait intervenir. Il ne parlait plus. Lors de la phrase d'après, même sa voix était différente avant de revenir à l'ordinaire. Puis, j'ai découvert le "crime contre l'humanité" avec le livre de Gilbert Dreyfus (Cimetières sans tombeaux / 1979). Des passages terribles. Une phrase : "on ne sort d'ici que par la cheminée". Et les descriptions d'un univers de bourreaux généralisés. S'en extraire faisait des intéressés des miraculés. Plusieurs jours sont passés depuis la ré-utilisation de la formule "crime contre l'humanité" effectuée par un candidat brillant qui a manifestement le sens des mots qui fait tant défaut à d'autres candidats. Il gagnerait à s'excuser pour cette formule si injuste parce qu'elle moyennise très dangereusement des faits qui ne doivent jamais l'être. Plus le temps passe pour cette excuse, plus ce candidat entame son crédit. Chacun, même les meilleurs, peut commettre une faute. Plus cette faute est reconnue vite, mieux c'est. Trop de temps passe en l'espèce pour cette reconnaissance. Dommage.
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Les chevaliers des sables
Progressivement une question essentielle va s'imposer : qu'ont bien pu faire les citoyens français pour mériter une présidentielle aussi lamentable ? Comment et surtout pourquoi en arriver là ? La présidentielle 2017 c'est la course des chevaliers des sables. Tout bouge tout le temps. La droite extrême s'autoproclame agir "au nom du peuple" alors que sa candidate est personnellement héritière d'un père millionnaire en euros gagnés non pas par la création entrepreneuriale mais par la donation d'un ex-compagnon de route ayant fait fortune dans les ciments. La droite "classique" choisit un "père la vertu" éloigné du bling bling et porteur d'un projet de vraies ruptures radicales. mais quelques semaines plus tard, elle découvre un "père la vertu" qui aime manifestement beaucoup … l'argent et que les ruptures sont considérablement modifiées, voire même totalement aplanies. Avec Macron, selon les nuages de sable, impossible d'identifier sa localisation. Sa déclaration sur la colonisation relève du "mirage destructeur" en plein désert. Avec Hamon et Mélenchon, ils affirment vouloir le pouvoir pour une "vraie gauche" qui est la même à quelques petites nuances près. Mais chacun des deux est d'abord le chevalier de sa propre ambition. Unis, ils caracoleraient presque en tête. Divisés, ils sont en fond de tableau. Ils préfèrent quand même … la division ! Ceux qui s'intéressent encore à ce cirque ont beaucoup de mérite. Rien n'est solide, constant, durable. Les chevaliers des sables sont en piste.
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La grande victoire du moi étriqué
La mode en France actuellement consiste à dire que la présidentielle 2017 échappe à tout pronostic sur le vainqueur éventuel. Contrairement à ce constat, la présidentielle 2017 a déjà un vainqueur : le moi étriqué. C'est le vainqueur absolu sur tous les terrains. Fillon ne se pose pas la question de l'intérêt global de son camp quand la gauche revient à son camp de base qui est celui de donner des leçons de … morale. Mélenchon et Hamon ne s'interrogent pas sur le score global de la gauche qui deviendrait, une fois réunis, un score irréel après un mandat de tant d'échecs notoires. Hollande termine son mandat sans se poser la question, pourtant fondamentale en démocratie, de rendre compte de son mandat. Et avec cet état d'esprit, il devient même le "professeur" qui donne les bonnes et mauvaises notes. En pleine crise climatique, Jadot négocie les … circonscriptions. Et la liste pourrait continuer encore longtemps. Le "moi étriqué" a déjà gagné la présidentielle 2017 et de loin. Comment demander demain à tous les autres de ne pas céder à cet état d'esprit … ?
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France : à quand la réponse à la vraie question : quelle ampleur de la baisse du niveau de vie en France dans les 5 prochaines années ?
La descente aux enfers en France n'est qu'à un étage intermédiaire. La campagne présidentielle est lugubre et irresponsable collectivement. Mais surtout la liste des sujets non traités est considérable. D'où le sentiment à venir d'avoir été trompé, une fois de plus. Hier dans Les Echos, Michel Pébereau a dressé un tableau irréfutable de la dette publique française. Quand un pays montre sa "capacité" à ne jamais réformer, que dans le même temps il réduit l'assiette des foyers soumis à l'impôt, que les salaires et pensions sont voués à être figés pour des raisons diverses … : la hausse de l'imposition est incontournable. Quand les prélèvements augmentent face à des salaires figés, la conséquence directe, c'est la baisse du niveau de vie du pays concerné. Ce d'autant plus que la mobilité internationale est désormais très forte. Par conséquent, celles et ceux qui le peuvent pour des raisons diverses (mobilité professionnelle, choix de vie …) vont quitter ce pays et affaiblir d'autant l'assiette contributive du pays en question. La question de base honnête en France actuellement c'est : quelle ampleur de la baisse du niveau de vie en moyenne dans les 5 prochaines années ? L'opinion a conscience de cette réalité. C'est pour cela que le divorce est profond avec la classe politique : comment la classe politique pourrait-elle s'enrichir sur les deniers publics quand la moyenne est l'appauvrissement pour les autres ? Pour qu'une affaire vive, elle ne s'alimente pas de détails mais d'un socle de vérité. Giscard communiquait sur ses chasses en Afrique. Sur ce socle, des cadeaux émanant d'Etats africains devenaient donc possibles. Pour l'opinion, Chirac avait fait de Paris sa base arrière pour la conquête de l'Elysée. Y nourrir des emplois de collaborateurs politiques devenait crédible. Il doit toujours y avoir la part de vérité qui donne la cohérence au reste. Aujourd'hui, la part de vérité, c'est que l'opinion a conscience que son devenir c'est la baisse moyenne du niveau de vie en France. C'est le socle du divorce entre des sorts trop différenciés.
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Comment baptiser un régime politique qui ne reconnait pas les contre-pouvoirs ?
Qu'est ce qui a caractérisé les 30 dernières années en France : la disparition progressive de l'acceptation de contre-pouvoirs. Sur le plan local, la décentralisation n'a pas seulement été l'affirmation des Collectivités locales. Elle a surtout été l'effacement des pouvoirs locaux de l'Etat : de la chute de l'autorité préfectorale à la disparition pure et simple des antennes de proximité d'administrations d'Etat dont la caricature est la disparition des subdivisions de la DDE (Equipement). Chaque collectivité départementale ou régionale a doublonné les administrations d'Etat (Santé, social …). A de rares exceptions près, les divers médias locaux ont dû compter progressivement avec de nouveaux annonceurs publicitaires que sont les Collectivités Locales. Les expressions des milieux patronaux ou syndicaux ont dû compter avec les nouveaux donneurs d'ordres de marchés publics ou employeurs que sont les Collectivités Locales. Les contre-pouvoirs réels ont disparu des échelons locaux en France à l'exception du Judiciaire mais encore faut-il qu'il y ait contentieux donc saisine du Judiciaire.
Même évolution sur le plan national vis à vis de l'exécutif. Les parlementaires sont des godillots à droite comme à gauche, dépendants d'investitures de partis politiques pour continuer leurs carrières. La presse est fragilisée par des aides publiques multiples. Et un examen des périmètres d'actionnariats pose objectivement des questions sérieuses et graves. L'exécutif a toujours un lien direct avec le Parquet en matière judiciaire au sein d'un ministère de la Justice qui est un "ministère comme les autres" sans garantie particulière d'indépendance. La "Cour Suprême" qu'est le Conseil Constitutionnel est la "maison de retraite" de politiques en fin de carrière. La commande publique de l'Etat est très influente. Là encore, il ne reste que l'autorité judiciaire et encore, à ce niveau, ne faut-il pas sous-estimer certains volets dont les nominations à venir pour des carrières "attractives". Progressivement, l'exécutif est confronté à très peu de réels contre-pouvoirs. Il y aura un moment où devra être traitée avec sérieux la question simple suivante : comment baptiser un régime politique qui ne reconnait pas les contre-pouvoirs ? La réponse sérieuse risque d'être très inquiétante pour l'état de la démocratie en France. Une réalité que l'affaire Michael Flynn vient de rappeler.
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La lutte entre les états sombres et les états brillants
Plus on avance dans la vie, plus elle apparaît comme un voyage incertain avec de multiples épreuves qui sont autant de tests entre les états sombres et les états brillants. Chacun porte en soi ces deux aspects. Sur la route de l'existence, l'état d'esprit sera tiraillé. Parfois terriblement heureux dans certains événements. Parfois immensément malheureux en fonction d'épreuves lourdes. Dans ces derniers moments, il faut lutter pour chasser les états sombres. C'est le test de la maîtrise de soi. Et probablement d'ailleurs la seule façon pour se reconstruire et bien re-démarrer. Quelle inquiétude de constater que des personnes qui aspirent à des responsabilités éminentes veulent d'abord partager les états sombres : colères, violences, refus de reconnaître leurs responsabilités personnelles directes. Et inquiétude analogue de constater que la politique ressemble désormais à un match de football avec des militants aussi soumis à la défense coûte que coûte de leurs maillots. Dans ce contexte, les états sombres marquent beaucoup de points actuellement. Les messagers sont pris à partie. Et pourtant quelle liberté plus importante que celle de la presse, celle qui les vaut toutes selon la belle formule de Chateaubriand. Et de même pour la justice qui doit faire face à des décisions d'une extrême complexité et qui fonctionne dans des conditions d'ascétisme matériel irréel en France. Si des inflexions rapides n'interviennent pas, le mal à l'âme risque de devenir très douloureux en France à ce rythme.
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Quand le temps d’aimer devient celui de souffrir avec dureté
J'appartiens à l'une des générations pour lesquelles la "bonne éducation" consistait à ne pas s'exposer et encore moins à exprimer fortement ses sentiments. Mais dans les faits, une disparition vous donne soudain l'expérience permettant de constater que cette éducation n'est pas la "bonne". La disparition d'un être cher qui vous fait subir une douleur considérable comme si demain devenait impossible. Et vous apprenez alors que la belle harmonie des temps agréables n'est que la dette ouverte de l'ampleur de la tristesse quand ces temps agréables disparaîtront. Comme cette tristesse imposera sa dureté, il ne faut pas être économe des expressions d'amour. Fort de ce constat, Aspen a été le 1 er chien auprès de qui j'ai pu lui exprimer aussi souvent, quotidiennement, mon attachement. Avec Marie, avec qui son lien était particulièrement étroit, nous avons appris à prendre notre temps pour elle. Avec elle. Choisir les aliments qu'elle aime. Attendre son "soupir de contentement" pour nous endormir avec paisibilité. L'aider dans les épreuves dont deux opérations très très lourdes. Lire des ouvrages techniques pour apprendre à mieux dialoguer avec elle. Elle a partagé toutes les préparations de Jonathan et Thomas pour leurs concours, restant à leurs côtés des journées entières. Le soir, lors de dîners, nous plaisantions en disant "Aspen étudie l'informatique, puis le droit". Et cette semaine, tout s'accélère. Son coeur ne permet pas l'opération de plus. Ses forces la quittent. Bouger lui devient impossible. Une hémorragie produit l'irréparable. Le rendez-vous de la séparation physique a sonné. Hier, Aspen s'est donc endormie. Et notre souffrance est à la hauteur de l'harmonie partagée chaque jour de ces 12 années. Immense !