Avec la glissade du temps, une question se pose parfois : la sagesse c'est quoi ? Une réponse consiste à dire : "c'est accepter de dire tant pis". Pour moi, la bonne réponse, c'est accepter de dire tant mieux. Tant mieux pour la capacité à savoir apprécier des moments simples qui, plus jeune, pouvaient apparaître si naturels donc ordinaires donc voués à se répéter. Les joies ne sont pas faites de résignations mais d'aptitude à profiter du naturel. Ecouter le silence de la nature. Profiter d'un paysage que l'on connait depuis des années mais que la lumière du jour change… Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Thomas. Pour chaque jour d'anniversaire de Jonathan et de Thomas, c'est le bal des images dans ma tête, la danse des souvenirs heureux. Les voyages, les sports, les plaisanteries, les rires, leurs examens et la découverte d'un stress que je n'avais jamais éprouvé pour moi, chaque plaisir d'une voix lors d'un bref coup de téléphone … : simple mais si joyeux. Bon anniversaire et que cette année de plus soit faite de si belles joies ordinaires.
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Engagés ? Non. Encagés !
Le vocabulaire français est si riche que parfois le changement d'une seule lettre d'un mot met en relief le danger du changement du sens du mot initial. C'est le cas du mot "engagement". C'est un mot magnifique. Le contraire de l'indifférence. L'opposé du repli sur soi donc de l'égoïsme … Mais l'engagement est menacé par l'encagement. Comme si s'engager c'était entrer dans une cage pour ne jamais pouvoir en sortir. C'est ce que refuse l'opinion moderne parce qu'elle est libre, autonome, plus mûre. Quand des candidats font des campagnes dignes de "l'élection de miss camping", quelle tristesse de voir des engagés les défendre à tout prix. Quand un président d'un conseil départemental nie toute légitimité à des élus ayant obtenu moins de 50 % de participation, quelle tristesse de voir des engagés de son parti ne pas lui rappeler que l'immense majorité des élus de son département l'ont été à … 48 % de participation au plus. Quand dans un pays avec 9 millions de pauvres, dont 5 millions de chômeurs, un candidat à une élection se fait offrir deux costumes à 6 000 € pièce, c'est la disqualification assurée. Quelle irréalité de ne voir aucun "engagé" rappeler une telle vérité de base. Et la liste pourrait continuer longtemps d'exemples récents qui sont une insulte à l'engagement qui est d'abord un niveau élevé d'exigence. C'est comme Macron, si les affaires continuent à voler en escadrille avec les mêmes arguments de défense qu'hier pour les opposants sanctionnés, il sera … sanctionné pareillement. L'opinion moderne n'accepte pas d'être encagée et c'est la plus belle expression de ses progrès. Elle ne va pas accepter de la politique ce qu'elle refuse même désormais à la religion. Le jour où en France cette évolution sera mieux reconnue la politique y gagnera.
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« La politique n’est ni un ordinateur , ni une usine mais un coeur qui bat et vous séduit … »
Le 25 septembre 1990, Jacques Séguela adresse une lettre à Mélina Mercouri alors candidate pour l'élection municipale d'Athènes. Quand lors de séminaires de formation, des étudiants ou des cadres de la fonction publique me demandaient comment définir la politique, je leur remettais une copie de cette lettre. Tout y est. Durable. Inébranlable : une belle campagne doit être un rayon de soleil qui montre à une collectivité que les rires, les pleurs, les espoirs coulent dans les veines d'un candidat ou d'une candidate. C'est ce que les Français viennent de confirmer avec Emmanuel Macron. Fillon était devenu le syndic des échecs collectifs à corriger sans évoquer même le volet des affaires. Le Pen et Mélenchon incarnaient les colères à exploser. Hamon était scotché à un passé que les citoyens voulaient sanctionner. Il restait le romantisme d'un jeune candidat qui rit, qui expose ses émotions, qui donne le sentiment que la vitalité peut être de retour. Et d'un coup c'est comme si les Français voulaient réinventer … la France avec cette exposition du "unissez vous" , de la tolérance et de tant d'autres valeurs oubliées ces dernières années. Et Séguela dans cette lettre de 1990 d'ajouter un constat terrible :" la beauté est dans l'oeil de celui qui la regarde". Hier, de très nombreux candidats étaient regardés d'une autre façon. Leur temps était passé. La "beauté" les avait quittés dans le regard des citoyens, détournés vers d'autres offres. La politique reste une séduction. C'est ce qui en fait son charme et toute son incertitude. Sous cet angle là, le 11 juin est d'une terrible constance.
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Le massacre de l’urbanisme mimétique
De nombreuses Communes françaises malmènent dangereusement actuellement leurs paysages. Elles tournent la page de ce qui a fait le charme des villes et villages de France : des identités géographiques. Prendre le café sur la place de Grenade sur Adour, ce n'est pas le même paysage qu'au Bréal sous Montfort ou à Cassis. De même dans les paysages de proximité : à chaque géographie, ses couleurs, ses toitures, ses formats … Que traduit cette réalité : il y a une identité géographique faite notamment de l'Histoire. Cette époque est en train de passer. Tout particulièrement dans le péri-urbain qui subit l'invasion de l'urbanisme mimétique : faire comme ailleurs. le mimétisme, c'est être comme l'autre. C'est l'application à l'urbanisme du "tout se vaut", du "tous pareil" que l'on trouve désormais dans tant d'autres domaines dont l'enseignement. La richesse, c'est la diversité. Jamais la grisaille de l'uniformité. Et il a fallu des siècles pour que des religions l'admettent dans certains domaines.
Ce mimétisme, c'est quoi : c'est le règne du copier-coller. Un promoteur prend les projets dans les cartons et applique le même urbanisme partout. C'est une forme d'ubérisation de la société. Uber, c'est quoi ? C'est le format unique. Pour être chauffeur, il faut un costume noir avec une cravate noire dans une berline noire avec si possible des vitres teintées à l'arrière pour que le temps d'un déplacement un anonyme se "la joue" VIP. C'est la fin du taxi avec la plaisir des hasards, celui qui aime parler ou le taciturne, la belle berline ou la voiture très ordinaire de celui qui explique qu'il traverse une passe difficile …
Pour l'urbanisme, c'est pareil. Dans les villes, on introduit des morceaux de la campagne. Et dans les campagnes, on introduit des morceaux de ville. Dans l'agglomération grenobloise, il y a actuellement un cas caricatural : le projet du Villarey à St Paul de Varces. A l'origine, 2 hectares de verdure à proximité d'un groupe scolaire construit de "plain-pied" avec une route d'accès sécurisée car dédiée à la seule école. Demain, ce groupe scolaire sera aux côtés de 100 logements à terme, 200 voitures … dans un urbanisme transposable dans toutes les autres Communes voisines. Le massacre de l'urbanisme mimétique.
Il suffit de comparer les paysages.
Aujourd'hui :
Demain : une version parmi d'autres :
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La revanche implacable des faits
L'audition d'hier de James Comey devrait probablement être diffusée dans de nombreux cycles de formation universitaire. C'est l'un des exemples les plus réussis de la revanche des faits. Avant d'exprimer une opinion, il vaut toujours mieux connaître les faits précis. Réflexe perdu en France. Avec sa formation de juriste, Comey a respecté avec rigueur cette discipline : des faits, des mots, des circonstances. Et ensuite, mais ensuite seulement, il y aura débat sur le point de savoir comment prononcer la qualification des faits établis. Au pays du paradis de l'approximation qu'est devenu la France (chiffres publics faux, mots détournés en permanence de leur sens initial …), c'est un exercice très sain de voir des parlementaires mener une investigation sérieuse pour établir la réalité matérielle des faits. Le jour où la France sera à ce niveau sur un dossier comparable, l'anti-parlementarisme actuellement si répandu devrait connaître une chute de forme …
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Le rappel à la dure réalité des places de marché
Actuellement, la dure compétition entre Instagram et Snapchat montre, si besoin était, que, même dans le secteur privé où pourtant des marges de progression sur l'étendue d'un segment de marché existent, la progression n'est jamais possible pour tout le monde. Alors dans la vie publique, là où le marché des votants n'est pas extensible, les progressions de places de marché se font par définition au détriment des … autres. La question est alors de savoir quelle marge de progression de l'un réduira l'autre et à quel niveau ? Les chiffres de ce week-end sur les scores des français de l'étranger annoncent un séisme considérable si des tendances identiques se vérifient en métropole. Comme quoi, une fois de plus, il faut se méfier des citoyens français quand ils veulent tourner une page, ce peut être aussi plus durement fermer un livre tout bonnement. Période incroyable.
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L’âme des pierres
Vendredi soir, réel plaisir pour moi que de revoir de l'intérieur un Groupe scolaire qui avait mobilisé largement une population dont de nombreux élus sur St Paul de Varces. Une conception intégrée dans l'environnement. Revoir les images de nos enfants jeunes à la sortie de l'école. Un nom de baptême qui est fort de signification : les Epis d'Or. Penser au nombre considérable des heures pour choisir un terrain qui soit un site protégé, à l'écart de la circulation …
Avoir le regret d'observer que cet équipement qui avait reçu le prix rhône-alpes de la construction bois n'avait désormais même plus l'entretien de base avec des peintures de simple maintenance. Mais surtout écouter des élus exposer comment l'âme des pierres ne serait plus respectée. Un espace a une identité, une personnalité. Ce groupe scolaire qui me vaut tant de messages sympathiques d'anciens élèves a vocation à être au calme, à l'écart, au milieu des champs. Puis, un jour, contrairement à leurs engagements publics officiels d'hier, des élus décident de livrer ces champs à des promoteurs immobiliers pour construire des immeubles (+ 12 % de la population totale d'un coup !). La route qui avait vocation à n'accueillir que des parents d'élèves sera demain partagée avec un nombre considérable de véhicules. L'âme des pierres est oubliée, trahie, changée définitivement. Ce n'est pas bien de se comporter ainsi. De telles attitudes rendent incontournables des mobilisations qui, dans un cadre différent, n'avaient pas de raison d'être. L'âme des pierres comme les arbres centenaires méritent davantage de considération dans la durée.
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La fête à ne jamais oublier …
Il y a des mots que l'on entend encore longtemps et toujours après les avoir prononcés. C'est le cas du mot : maman. Probablement l'un des plus beaux. Une pensée encore plus forte aujourd'hui que les autres jours. Et le plaisir de voir la chaîne des âges continuer sur d'autres bases.
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Aimez un animal, le reste suivra …
C'est le week-end des portes ouvertes des SPA. Avec l'expérience, le constat que la sérénité n'est pas liée à un niveau de possession mais dans la capacité à faire vivre un calme intérieur qui dépend souvent de la faculté de donner dans la confiance la plus totale et désintéressée. C'est ce que permet le don à des animaux. Un sentiment d'une utilité particulière. Quand dans une journée, le ou les rendez-vous avec des animaux deviennent des rendez-vous importants, à part entière, c'est un grand pas vers la paix intérieure. Progressivement, ce rendez-vous prendra de plus en plus d'importance car on découvre des signes de plus en plus subtiles de tendresse, d'attachement, de belle complicité. Dans une période souvent si difficile, un conseil simple, mieux qu'une longue ordonnance de médecin : aimez un animal et le reste suivra. Un seul très gros nuage, la disparition car les temps de vie sont si différenciés. Il faut alors trouver un autre équilibre. Difficile, Long. Pénible. Puis avec le temps, la mémoire prend un autre visage, celui du nouvel animal qui fait vivre son prédécesseur. C'est donc aujourd'hui une journée de santé pour celles et pour ceux qui auront le beau réflexe de se rendre dans les centres des SPA dans le cadre des portes ouvertes.
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Les jours où la nature nous joue la coquetterie du fort changement
Hier, la nature était particulièrement coquette. En une journée, en un déplacement, elle offrait toute la gamme de ses variétés : orages violents, pluie douce, nuages blancs et … très beau soleil. La journée où la nature n'a pas d'âge car plus de saison ou plutôt tous les âges par succession accélérée. Pas de référence durable. Au hasard du voyage, par le hublot, se dire "tiens on est en automne" en constatant la traversée de nuages, puis d'un coup "hop c'est l'été" … Rare diversité quasi-extrême à ce point. Très agréable.