Denis Bonzy

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  • La responsabilité et la différence entre la France avec les Etats-Unis

    Robert Mueller 2 18 05 17

    La désignation d'un Procureur spécial aux Etats-Unis (Robert Mueller photo ci-dessus) pour juger de la réalité des accusations sur les liens entre l'administration Trump et la Russie montre la différence avec la France où le Président est protégé par une immunité absolue le temps de son mandat ou de ses mandats ce qui peut représenter un "bouclier" total pendant 10 ans ! La question en France de la moralisation c'est surtout un double enjeu. D'une part, l'absolue exemplarité de celles et de ceux qui exercent les principales responsabilités. C'est donc l'inversion totale d'une culture française où la responsabilité serait implacable pour les faibles et très diluée pour les puissants. C'est aussi d'autre part, l'application des règles qui existent déjà avant d'en ajouter d'autres. Cette semaine, un film sur FR3 montre un responsable politique appelé à des fonctions éminentes gérer la composition de sa liste municipale à partir du bureau de sa mairie (ordinateur, téléphone …). C'est l'équivalent d'un don d'une personne morale de droit public ce qui est interdit dans le texte. Mais cette règle n'est jamais respectée dans l'impunité la plus totale. Quel intérêt d'édicter des règles toujours plus complexes jamais appliquées ? Peu de règles suffiraient mais avec une application réelle. Autant de réalités qui font que la France parait bien fâchée avec la morale et la responsabilité. D'où l'actuelle ambiance délétère.

  • Macron, Nyssen et la place du livre dans la culture française : un vrai test

    Actes Sud 18 05 17

    La nomination de Françoise Nyssen à la Culture est un excellent choix. Tous ceux qui ont travaillé ou travaillent dans l'édition perçoivent immédiatement les enjeux de cette nomination. D'abord le choix d'une responsable d'entreprise qui a son siège social en région et non pas à Paris. Ensuite, une société indépendante montée par son père à partir d'un marché de niche avec des choix éditoriaux très novateurs. Enfin, une volonté d'indépendance qui est une référence. Au-delà de ces critères techniques, le choix pose un enjeu de fond : peut-il en France exister une culture avec un marché du livre en difficulté ? Et derrière la mention "livre", il s'agit du livre en version papier et non pas numérique. La réponse est non. Par conséquent, il faut inverser l'actuelle tendance. A cette fin, Françoise Nyssen va devoir affronter 6 défis essentiels :

    1) Rétablir les marges des libraires : ce qui suppose de les renforcer face aux diffuseurs – distributeurs dont la "pieuvre Hachette",

    2) Rétablir les parts de marchés des éditeurs privés : ce qui suppose de lutter contre le parasitisme d'une édition publique diffuse qui a cassé des secteurs entiers de l'édition comme l'IGN dans l'édition régionale ou parfois même les départements ou les régions dans l'édition touristique. Quel métier pourrait résister face à des produits gratuits puisque financés par les contribuables ?

    3) Faire sauter le cadenas du prix unique qui est le bouclier des gros éditeurs paralysant la marge de réactivité des petits éditeurs,

    4) Réformer la chaîne de la commande publique qui accepte trop la commande centralisée donc délocalisée,

    5) Réformer la reprise des contenus sur le numérique sans reconnaissance des droits d'auteurs,

    6) Imposer à la grande distribution des normes spécifiques d'exception culturelle pour la commande de l'offre des livres souvent rattachée à la direction des jouets chez les grands distributeurs, ce qui en dit long sur leur conception du … Livre.

    Si Nyssen parvient à ces ruptures, le Livre retrouvera la place qu'il n'aurait jamais dû perdre en France. Si elle échoue, le livre continuera sa descente aux enfers comme ces dernières années dans la quasi-indifférence générale. Un vrai test de la capacité à réformer. 

  • « Le sage meurt moins que le fou » : est-ce bien exact dans certaines circonstances ?

    Macron 06 05 17

    Cette formule de Spinoza ("le sage meurt moins que le fou") n'est pas toujours exacte. Il y a des moments où la sagesse c'est … la folie. Quand la situation est bloquée, désespérée, c'est la folie positive qui est le meilleur remède. Avec la composition du 1er Gouvernement Macron, c'est la question du jour : Macron est-il capable d'être fou ? L'éloge de la folie dans la situation présente, c'est surtout tourner le dos à celles et à ceux qui ont déjà échoué : Lepage, Bayrou, Hulot conseiller inamovible de Chirac à Hollande en passant  par Sarkozy … Il faut du neuf. Du jamais vu aux responsabilités ministérielles. Il faut surtout aller au coeur de l'interprétation du contrat moral avec la nation : élu pour quoi faire ? C'est la question la plus intéressante dans l'exercice d'un mandat public à tous les niveaux. Dans la vie professionnelle, les repères quantifiés existent : CA, RN … Dans la vie publique, tout est plus flou. Il faut donc bien identifier le coeur de l'engagement : pourquoi la confiance a-t-elle été donnée ? L'engagement principal à mes yeux c'est rendre l'espoir à tous. Sortir du défaitisme français généralisé, punitif. Il faut donc du "tous" c'est à dire de la diversité y compris de la diversité par l'échec. Il faut du neuf, du vrai, du peuple. Si Macron n'est pas "assez fou" aujourd'hui face aux tenants installés du système, à voir comment la météo politique change vite, il peut y avoir matière à de grosses inquiétudes rapides.

  • L’écriture est bien une vie à part entière

    Bears ears 27 04 17

    En plein règne des photos qui envahissent tout particulièrement les réseaux sociaux, il y a des moments où l'écriture rappelle sa place particulière faite de nuances, de rappels à la mémoire, d'émotions fortes. Dans des circonstances douloureuses, il y a trois semaines, par un samedi matin plein de soleil, nous avons accompagné des amis à une cérémonie religieuse parce qu'ils venaient de perdre leur fils Julien dans des circonstances brutales dramatiques. Les témoignages ont été quasi-insupportables tant ils exprimaient des vérités fortes. Le texte de son papa, Jean François, a arraché des larmes à toutes les personnes présentes. En quelques pages, il rassemblait des séquences de vie avec une qualité d'écriture d'une sensibilité et d'un réalisme parfaits. Hier, nous avons reçu le traditionnel mot de remerciements. Et le texte à l'intérieur est d'une forte beauté. Il y a près de 30 ans, nous nous étions connus en partageant, dans des circonstances déjà douloureuses, la lettre d'une jeune fille prénommée Laurence pour laquelle sur Lyon les parents souhaitaient lancer une fondation. A cette époque, nous avions beaucoup commenté cette lettre d'une profondeur de vue sur la vie impressionnante pour une rédactrice de … 18 ans. 30 ans plus tard, autre témoignage, circonstances différentes, même qualité d'écriture. Pour ceux qui aiment l'écriture, c'est bien une vie à part entière que l'univers de la qualité des mots justes, sincères, précis.

  • Quand tous les goûts sont au tableau …

    Jeu d'échecs

    Remarquable réussite hier de la Ruche Grenoble qui est le cadre des budgets participatifs. Plusieurs enseignements forts sont à tirer de ce succès. D'abord l'attachement enthousiaste des habitants à la vie de leur quartier. Il y avait beaucoup de passion dans les regards comme dans les expressions des exposants. C'est toujours agréable et prometteur d'effectuer un tel constat. Ensuite, dans les projets, le besoin d'esthétisme et de convivialité. Les nouveaux jardins, des places, des fontaines … ont beaucoup occupé les propositions. Mais c'est aussi le cas de la convivialité dont la proposition d'espaces jeux. Une idée excellente qui me rappelle Harvard Square et les moments particulièrement agréables passés en famille, cafés à la main, à partager des tables publiques de jeux. Enfin, la place de l'environnement avec des éco-gestes d'extrême qualité dans la vie quotidienne. A force de parler de «grands chantiers planétaires» en matière de réchauffement climatique, le citoyen est un peu dé-responsabilisé dans son comportement quotidien. La sauvegarde de la planète devient le défi de l’autre alors même que ce devrait être un enjeu de proximité et de responsabilité citoyenne au jour le jour et pour chacun. Et dans ce cadre l'extrême satisfaction de constater un nombre considérable de beaux projets, imaginatifs, pratiques, respectueux de la vie animalière. Avec autant de talents et de passions, l'agglomération à de beaux jours devant elle. 

  • Le plus beau des cadeaux : les mots de l’expérience

    SPV 13 08 16

    Hier, c'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de M. Louis Policand. Dans mon engagement public, des agriculteurs m'ont toujours réservé le plus beau des cadeaux  : les mots de l'expérience. Louis Policand était l'un d'eux. Comme Maurice Valfort sur Varces. Chaque entretien avec eux était le retour à la source de la sagesse. Pour ma première campagne électorale, avec son gendre, nous étions allés rencontrer souvent Louis Policand. C'est toujours instructif d'écouter une personne qui aime son village. Le premier document d'information (cf ci-dessous) d'alors avait été beaucoup inspiré par ses réflexions. Louis Policand parlait peu. Il pesait les mots. Il scrutait beaucoup avec un regard qui pouvait devenir rieur alors même que sa bouche ne bougeait pas. Plus son jugement allait être rude, plus il campait préalablement avec solidité sur ses jambes. Une robustesse que le corps allait exprimer avant la voix. L'été dernier, à l'occasion d'un running, je l'ai croisé au bras de son épouse, Marie-Louise. Ils étaient à quelques centaines de mètres de chez eux. Pour la première fois, il m'est apparu fragile, frêle, fatigué. Nous avons parlé avec plaisir. Comme à chaque occasion. Mais après je ne suis pas parvenu à reprendre le rythme de la course. Le sentiment qu'une "page allait se tourner". Dans les villages, il y a des personnes qui sont associées à des âges de la vie. Leur disparition est encore plus lourde. C'était le cas pour moi de Louis Policand. Son gendre avait été un maire-adjoint remarquable aux affaires scolaires. Ses petites-filles étaient allées à l'école avec nos deux fils. Une grande tristesse.

    SPV 89 document 1

  • Seule la fin éclaire toute l’histoire …

    Mug Marie

    Ce qui est souvent le plus surprenant c'est la capacité à réécrire une séquence temps en fonction de la fin. Il y a des moments où quand on a participé à une partie de "l'histoire" dans un cadre professionnel ou public, il y a matière à être surpris par cette ré-écriture a posteriori. Quand des personnes remettent tout "en ordre" en fonction de la fin. Cette pratique a même pu parfois me pousser à me demander si nous avions bien vécu la … même histoire. C'est ce qui attend maintenant la campagne présidentielle 2017. Macron va vivre le post pouvoir qui est aux politiques ce qu'est la séance de démaquillage pour des comédiens : le retour au vrai. Le "démaquillage" va débuter avec les investitures aux législatives, pour le meilleur ou pour le regret. Pour ce qui me concerne, depuis ce jour, j'ai perdu ma blague du matin au petit-déjeuner. Car depuis de nombreuses semaines déjà, face au mug de Marie, la mention me permettait de plaisanter et de tester sa résistance aux arguments même de la pire mauvaise foi. Cette mention ce matin est … juste. Même le mug vient de changer de … dimension. En effet, seule la fin éclaire toute l'histoire, même l'histoire des … mugs.

  • 2017 : plus le verdict approche, plus la « nouvelle garde » devient introuvable …

    Nouvelle garde 03 05 17

    L'invité inattendu de la présidentielle 2017 : le mot "caché" ! La droite a cherché ses électeurs "cachés" sans jamais parvenir à les retrouver après qu'elle a découvert des scandales … cachés. Actuellement, Les Républicains cherchent même "l'argent caché" dans le micro-parti de son candidat d'avril (3 M€ quand même …). Probablement des électeurs en nombre croissant vont se … cacher dimanche pour assumer un ni ni qui prend du poids dans certains cercles de façon étonnante à ce point. Il y a eu des propositions tellement bien … cachées qu'elles ont disparu des discours de la campagne : environnement, cause animale, dépendance du quatrième âge … Et maintenant c'est au tour de la jeune garde … cachée. Il y a des divorces entre les mots et les faits qui ne peuvent être cautionnés tant ils constituent une insulte à l'intelligence collective. C'est le cas de l'actuelle fin de campagne d'Emmanuel Macron et de la promesse de "nouvelle garde". Quand on voit les photos d'actuelles réunions publiques, ses soutiens ne sont ni jeunes ni neufs. Où est passée la "nouvelle garde" promise ? Pourquoi réussirait-elle à se "cacher" à ce point ? Faudrait-il en déduire que la France compte aussi peu de talents que des anciens usés au pouvoir avec leurs collections d'échecs seraient incontournables à ce point ? Jusqu'où des citoyens de bonne foi peuvent-ils cautionner de tels divorces entre les mots et les réalités visibles par chacun ? La "nouvelle garde" n'a pas à être obligatoirement jeune mais neuve c'est à dire pas sortante du pouvoir. Des qualités perdues en route de la "marche". A ce stade quelle différence avec la "vieille politique" qui a vidé de tout sens tant de mots ? C'est quand même un constat inquiétant en cette fin de campagne. Inquiétant sur le fond : pourquoi cette incapacité à faire naître de réels nouveaux visages ? Pourquoi cette indifférence collective entre les principes énoncés et les réalités constatées ? 

  • Jusqu’où s’allongera la liste des perdants de la présidentielle 2017 ?

    Vote 02 03 16

    Une fois la fièvre électorale retombée, la liste des perdants sera dressée au sujet de la présidentielle 2017. En 2017, cette liste s'annonce énorme. La Droite a perdu "l'élection imperdable". Elle a même réussi "l'exploit" de recevoir des leçons de morale de la gauche après les 5 ans du mandat Hollande. Un exploit qui, il y a 6 mois, était perçu … hors de portée. Le PS est tombé à un niveau historique. Les primaires ont perdu leur statut de "nouveauté" pour devenir les … "mécaniques infernales". Mais il y a tellement d'autres perdants dont des plus discrets. Quatre d'entre eux méritent une attention particulière. 1) L'environnement : 1 an après les accords de Paris, le réchauffement climatique est absent de tous les discours importants. Et dans la discrétion totale, l'Etat "fait les poches" des agences de l'eau sans que ce sujet ne soit jamais abordé. 2) En pleine vague pro-société civile, les patrons, y compris de PME et de TPE, sont totalement absents. Il est admis que la création durable d'emplois de proximité dépend d'eux. Mais ils n'ont pas "voix au chapitre". 3) La fracture territoriale est reconnue avec la création de nouveaux "déserts". La campagne se termine. Même avec la meilleure bonne volonté qui peut citer des mesures pratiques prioritaires proposées ? 4) De même pour la progression de la pauvreté. S'en remettre aux colères, c'est ne pas chercher à traiter le problème et s'en remettre à la formation par l'école élémentaire, c'est tenter de traiter le problème dans 15 ans au mieux pour de nouvelles générations. Et quid pour l'actuelle pauvreté ? La sagesse populaire dit "quand une porte se ferme, il ne faut pas s'acharner sur les verrous car une autre porte va s'ouvrir". En l'espèce, à constater toutes les portes solidement fermées par des verrous immuables, il y a matière à se demander quelle porte peut sérieusement s'ouvrir après cette campagne … ?

  • Aujourd’hui, le premier mot …

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    Quand j'ouvre un livre que j'ai lu il y a quelques années déjà, il y a toujours une "seconde lecture" qui m'intéresse : celle des passages passés au stabilo jaune ou des mots que j'ai ajoutés dans la marge. C'est une grille de lecture qui me rappelle mes centres d'intérêts de l'époque. Aujourd'hui, je commence un autre livre. Entre la première et la quatrième de couverture, c'est le … vide. Le vide sauf des repères calendaires pour noter, jour par jour, sur 5 ans, des temps forts en quelques mots. Excellente idée dont doit rêver chaque éditeur : vendre un livre que l'acheteur va … écrire. On dit d'ordinaire que la lecture, c'est le voyage immobile. Là, le voyage est même inconnu puisqu'il s'écrira jour après jour. Quelle belle tendance que ces produits qui permettent de s'approprier le support. C'est comme le succès des bracelets à charms Pandora. Le support devient le cadre de la personnalisation et non pas un produit fini, uniforme, à porter comme … tous les autres. Ce cadeau inattendu reçu hier me plait beaucoup. A plus forte raison quand il s'agit de commencer le premier mot un … premier mai. 

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