Denis Bonzy

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  • En dehors des paysages, reste-t-il encore matière à admirer actuellement … ?

    Admiration 24 11 17

    Remarquable livre de Michel Crépu sur le thème de l'admiration et contre l'idolâtrie. C'est le vrai sujet de fond de l'actuelle période. Un livre que je recommande. Admirer ce n'est pas se soumettre. C'est justement la frontière avec l'idolâtrie. C'est reconnaître des valeurs fondamentales qui priment. Et je partage l'opinion de cet auteur qui consiste à dire que la période actuelle est difficile et inquiétante parce que l'admiration a perdu deux combats. Le combat par le haut quand l'admiration vit l'excès par l'idolâtrie. Et le combat par le bas quand l'admiration a disparu pour devenir l'indifférence généralisée. Cette double "démolition" annonce des heures graves pour la civilisation occidentale. Quand il ne restera que les paysages à admirer (dans l'attente d'ailleurs de l'impact dramatique du réchauffement climatique …), l'heure sera particulièrement angoissante. L'admiration est une valeur à défendre et à revaloriser. Une lecture nécessaire.

  • Le nouvel ordre narratif …

    Fillon chateau

    Aujourd'hui, l'actualité tourne autour du départ de Fillon de la politique. C'est un exemple de la nouvelle bataille : le nouvel ordre narratif. L'enjeu n'est plus de relater des faits mais de les mettre en perspective pour construire une … histoire. Prenons l'exemple Fillon. C'est la caricature de deux récits possibles.

    Récit n°1 : grâce à son talent, il devient en 1981 l'un des plus jeunes députés de France. Puis il se range aux côtés de Philippe Seguin pour faire vivre un "gaullisme social" au sein de la droite française. En 2016, il gagne largement la primaire de la Droite mais perd l'élection suite à une cascade d'affaires montrant l'acharnement de la presse l'exposant à des suites judiciaires que pourraient connaître bon nombre d'autres leaders politiques s'ils avaient été soumis à de mêmes investigations. Il laisse son micro-parti à un héritier spirituel (Retailleau) avec un joli magot de nature à lui permettre de faire vivre les idées.

    Récit n°2 : assistant parlementaire de Joël Le Theule, il gagne sur le fil l'investiture contre l'épouse de Joël le Theule quand ce dernier décède d'une crise cardiaque. Proche de Philippe Seguin, il se sépare de lui en 1995 pour soutenir Edouard Balladur quand les sondages sont alors très défavorables à Jacques Chirac soutenu par Philippe Seguin. Jacques Chirac ayant gagné la présidentielle, Philippe Seguin obtient l'intégration de François Fillon dans le Gouvernement au titre de leur amitiés passée. Mais, mécontent d'une non promotion, François Fillon quitte Chirac pour rejoindre Nicolas Sarkozy au moment où ce dernier mène une opposition interne totalement inédite contre … Jacques Chirac. Promu à Matignon, François Fillon se présente ensuite contre celui qui l'a promu à … Matignon scénarisant notamment les affaires de l'ex-président. Enfin, il abandonne la politique en ayant imputé à son micro-parti plusieurs millions d'euros destinés au candidat des Républicains et non pas au candidat de ce micro-parti au moment où les Républicains sont dans une situation financière précaire car très lourdement endettés. 

    Tous ces faits sont réels et incontestés. Mais c'est le récit qui change. Finalement, vous préférez lequel des 2 ? Le problème de l'information française, c'est qu'il devrait y avoir l'exposé des deux faces qui ne font qu'une dans la "vraie vie". Tant que l'ordre narratif sera autant sélectif, l'opinion ira de déception en déception puisqu'elle ignore la réalité complexe. En revanche, c'est très instructif sur le tempérament et les valeurs de ceux qui apportent leur soutien en connaissant les détails de cette complexité. 

  • Et demain un blog performant c’est quel contenu ?

    Facebook 04 10 17

    L'actuel débat sur la "nouvelle étape" dans la vie des blogs est très intéressante. Il est d'abord instructif sur l'évolution des dernières années. Une évolution à un rythme accéléré considérable. Au tout début, l'information numérique, c'est "l'information du pauvre" : ceux qui ne peuvent accéder régulièrement aux médias classiques. Puis, la prise de conscience intervient que le numérique est une information de synthèse incomparable : du texte + des photos + des vidéos + du dialogue via les commentaires. Aucun autre des supports traditionnels couvre aussi bien la gamme des moyens d'informer. Ensuite, c'est l'affirmation que l'information numérique est incontournable. Elle ouvre toute la gamme des moyens avec l'immédiateté. Elle peut faire les victoires (Obama 2008) comme elle peut sceller les défaites (Clinton 2016). L'actuelle enquête aux Etats-Unis sur la campagne 2016 montre en effet en premier lieu, point incontesté, que l'information numérique peut faire basculer une campagne. Ce point établi, l'enquête porte sur les auteurs des éventuelles manoeuvres mais pas sur l'efficacité des manoeuvres. Cette affirmation est telle qu'aujourd'hui des médias classiques vivent leur propre information au rythme de relayer et commenter en permanence des déclarations postées sur … Twitter, Facebook ou des blogs. Voilà pour les étapes passées. Ce qui est avéré pour la politique l'est pareillement pour le commerce. Peut-être même davantage encore ? Une nouvelle étape va s'ouvrir. Si l'audience et / ou la monétisation sont des critères de performance, l'enjeu est donc désormais de définir la valeur ajoutée qui assure cette audience ou cette monétisation. C'est un débat passionnant qui est ouvert. Si vous avez des idées, des propositions, ne pas hésiter à me les communiquer par le lien suivant : dialogue. Merci par avance.

  • La journée qui devrait faire réfléchir ceux qui ont si souvent la flemme d’aller bien …

    13 novembre 2015

    Les morts d'une vie structurent le rapport à la vie.  Aujourd'hui, notamment avec la date anniversaire du Bataclan, c'est la journée qui devrait conduire à la réflexion ceux qui donnent si souvent l'impression d'avoir la flemme d'aller bien. Car c'est l'inversion la plus brutale entre le temps de la fête et celui de la mort.  Il y a trop souvent en France le "bonheur d'être triste" comme le "délice de célébrer les échecs" ou la "satisfaction de rechercher tout ce qui va mieux ailleurs". Des temps qui occupent trop d'espaces. Je n'ai pas d'opinion sur la place nécessaire ou pas à laisser à la haine pour les auteurs de tels massacres (ce qui revient à reconnaître que je ne peux exclure la place légitime de la haine la plus farouche et obstinée face aux auteurs de tels massacres), ce qui est sûr c'est que cette journée rappelle, si besoin était, qu'il ne faut jamais gâcher le moindre temps de sa vie à ne pas profiter à fond de chaque minute des moments heureux les plus simples. 

  • Le besoin de légendes …

    Chaban 10 11 17

    La vie publique française va mal. Aujourd'hui, c'est le 17 ème anniversaire du décès de Jacques Chaban Delmas (mort le 10/11/2000). Mon engagement dans la vie publique est lié à Chaban : une légende ! Jeune étudiant en droit, je percevais bien que la vie publique ne correspondait pas à mon tempérament. Mais il y avait Chaban. Un jeune talentueux professeur des histoires des idées politiques nous avait bercé de sa légende : le jeune général traversant Paris, le Premier Ministre bondissant, la nouvelle société, Bordeaux … Puis la première réunion publique. Ensuite, les rencontres avec cette "légende" expliquant ses engagements. Tout y était : l'imperméable militaire immuable, la montre retournée pour éviter les reflets du soleil pour éviter de se faire repérer du temps de la Résistance, des talents fabuleux de conteur … Sans Chaban, l'attirance pour la vie publique n'aurait jamais été aussi forte. Tant d'autres choix professionnels auraient alors suffi.  Qu'est ce qui peut aujourd'hui susciter pour un jeune étudiant une attirance identique pour conduire à un engagement public ? Les légendes ne sont plus dans la vie publique. Elles sont dans d'autres domaines dont la vie économique. Un jeune peut-il s'engager sans légende ? Pas sûr. Le jour où la politique française aura retrouvé des légendes, elle changera le profil de ses membres. En attendant, faute de légendes, c'est la morne plaine. Et la morne plaine, aucun jeune n'aspire à y participer. Heureusement pour lui. Malheureusement pour la vie publique. A la mémoire de Chaban pas assez célébrée.

  • Des démocraties occidentales gravement malades

    Trump doigt d'honneur 07 11 17

    Historiquement, les démocraties occidentales avaient pour vocation de montrer au monde comment l'esprit de tolérance permet d'avancer de façon la plus efficace possible : vivre en acceptant les différences d'autrui, c'est plus fort que vivre en cherchant à tuer les différences d'autrui. Pour de tels idéaux, c'est une triste période. Avec la Catalogne, l'Espagne montre que des changements issus des urnes sans violence sur autrui peuvent conduire à la prison des personnes qui n'expriment aucune menace sur la sécurité physique d'autrui. Et là aux Etats-Unis un doigt d'honneur lors du passage du convoi présidentiel conduit au … licenciement. Ce qui est une confusion irréelle entre la qualité de citoyen et le statut professionnel. Une femme de 50 ans a été licenciée par son employeur après avoir revendiqué sur les réseaux sociaux une photo d'elle de dos, brandissant son doigt en direction du convoi de Donald Trump qui la doublait. Employée du service marketing et communications de la société Akima LLC, cette femme s'est vu reprocher de ne pas avoir respecté le règlement de la société liée au gouvernement par des contrats. La législation du travail, particulièrement souple dans l'Etat de Virginie, a permis son licenciement sans autre forme de procédure. Avec la décentralisation, il y a combien de doigts d'honneur en France qui ne sont pas faits par des personnes qui ont peur pour des contrats, pour leur emploi … Au moment où les démocraties occidentales s'avèrent bien faibles à lutter contre un radicalisme religieux qui veut leur destruction, elles s'affirment de façon surprenante bien raides face à des expressions qui devraient incarner la belle liberté de l'opinion et de l'expression dans un cadre démocratique. 

  • L’idéal européen est-il compatible avec la notion de « prisonniers politiques » ?

    Catalogne 28 10 17

    Comment imaginer que, dans un Etat clef de l'Europe, une procédure de sanctions d'opinions relatives à l'organisation constitutionnelle puisse conduire à la prison sans le moindre appel à une violence de nature à mettre en péril la sécurité d'autrui et sans le moindre jugement à l'issue d'une procédure contradictoire ? C'est ce qui se passe actuellement en Espagne et dans l'indifférence quasi-totale des autres pays. Et dans le même temps, une française revenant de Raqqa où elle a tenu les armes verra probablement sa dé-radicalisation en toute liberté financée par les contribuables avec ses enfants probablement placés dans une famille d'accueil financée aussi bien sûr par les contribuables et le tout sans la moindre mesure sérieusement contraignante jusqu'au prochain "passage à l'acte". Ce n'est pas là un "idéal européen" très attractif pour ceux qui croient à la liberté d'opinion tant qu'elle n'impose pas la violence physique à autrui … 

  • Enfin, le dernier jour !

    Doc_4

    Des lieux comme des dates alimentent le bien-être. Dans d'autres cas, c'est l'opposé. La tristesse peut aussi naître de dates comme de lieux. Je n'aime pas le mois d'octobre et je suis satisfait qu'il prenne fin aujourd'hui. C'est une situation paradoxale parce que c'est le mois de ma naissance. Mais il s'est chargé ensuite de se nourrir de tant de dates de décès dont celui de mon père le jour même de mon anniversaire. Octobre est ainsi devenu le cortège des dates qui font mal : mes parents, la maman de Marie… Or la mémoire est ainsi faite qu'un anniversaire semble se croire obligé de faire remonter à la surface les temps forts de l'événement concerné. Il n'y a alors pas d'effort de recherches à effectuer. Simplement subir un phénomène intérieur non maîtrisable. Il ne faut jamais s'enliser dans la tristesse. Comment des personnes qui nous ont tant aimés pourraient-elles souhaiter nous voir tristes ? Mais cela demande des efforts. La raison est parfois dure à atteindre. Et de façon surprenante, plus les années passent, plus ces efforts sont lourds. C'est donc une forme douce de satisfaction de voir ce jour le mois d'octobre prendre fin. La mémoire sera toujours là chaque jour. Mais avec la moindre densité des seules images de séparations.

  • Au suivant …

    Harcelement

    Il y a un mois, la France vivait au rythme d'Irma, l'ouragan historique qui était présenté comme ruinant des îles, ouvrant des propriétés à des pillages traduisant un échec de plus de la République à défendre ses plus fragiles … et la liste des périls inqualifiables augmentait pour justifier une visite présidentielle. 30 jours plus tard, l'ouragan historique est balayé du champ des médias. Plus aucune nouvelle. Et dans 8 jours, que restera-t-il en France de l'épisode du harcèlement sexuel ? Combien de plaintes sérieuses en dehors des déferlements de tweets de mimétisme ? Au Canada, les plaintes judiciaires s'égrènent chaque jour : des faits, des griefs sérieux, des procédures officielles avec des conséquences concrètes. De même aux Etats-Unis. Mais en France, rien de comparable. Dans une semaine, on n'en parlera probablement plus. Comme IRMA. Autre exemple, aujourd'hui : les 10 ans du Grenelle de l'Environnement. Quoi de réellement changé ? Peu en dehors de montants considérables d'aides publiques pour la rénovation de logements. Sauf constater que Nicolas Hulot avait conseillé à l'époque Sarkozy, avant de conseiller Hollande au titre de la COP21 et maintenant Macron comme … Ministre. Et presque dossier par dossier, c'est ainsi : rien ne bouge. Rien ne change. Il faut juste attendre le prochain sujet de mobilisation ponctuelle. Lassant à la longue.

  • Scandale Weinstein et le jour d’après en France …

    Salomé Corbo

    Dans de nombreux pays, c'est actuellement le jeu de quilles. Les têtes tombent. Les procédures judiciaires se multiplient. La presse américaine et la presse canadienne sont engagées dans une course précise aux scandales : des noms, des faits, des révélations … comme la récente affaire McQuade. A l'opposé, en France, tout est calme. Ou nous assistons à la plus belle réhabilitation de l'élite française politico-médiatique exemplaire face à des reproches très graves de ce type ou c'est un système très verrouillé. L'explication sérieuse gagnerait à être donnée …