Le rapport à la lecture est d'abord instructif sur l'état d'esprit du … lecteur. Tantôt il s'agit de découvrir des sujets inconnus. Tantôt il s'agit de mieux connaître des sujets un peu connus déjà. Cette semaine, le choc a été avec le livre qui est en photo ci-dessus. Aimant bien la littérature animalière, j'espérais mieux connaître certains volets du tempérament du chien. En réalité, à mesure que les pages défilaient, j'ai trouvé une présentation très éloignée de ce que j'avais pu déjà lire ou plus encore de ce que j'avais pu vivre donc penser. L'auteur procède par affirmation puis étaye son postulat par des présentations dites tirées d'expériences. C'est un mécanisme intellectuel redoutable d'autant plus que rien n'établit la bonne représentativité des expériences. A la fin, sur des sujets importants, on voit son chien sous un autre angle. Heureusement, chacun garde sa liberté d'appréciation. Et il est toujours possible de croire que chacun de ses chiens a été une … exception. D'ailleurs, la sagesse populaire ne dit-elle pas "tel chien tel … maître". Ce qui ne peut malheureusement pas valoir pour moi car c'est toujours Marie qui s'est occupée de l'éducation de nos chiens entre autres … A ne pas lire.
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Irresponsabilité et impuissance publique ou l’inversion démocratique en France
Hier, il était question d'un organisme public ayant pris la décision d'engager la responsabilité de requérants en les soumettant à la menace de 2 millions d'euros pour "recours abusif" et sans même connaître la décision du Juge sur le recours, ce qui montre bien, si besoin était, la volonté de menace puisqu'à ce jour rien ne permet d'indiquer que le recours serait … abusif. 24 heures après, suite aux dégâts liés aux fortes pluies, un autre constat s'impose : ces dégâts sont manifestement le résultat de l'inaction publique et là pourquoi n'y aurait-il aucune conséquence en matière de responsabilité ? Les faits sont terribles pour certains secteurs comme le sud de l'agglomération grenobloise. 1) Il existe une base de données publiques par Commune des dégâts passés liés aux risques naturels : lieu, année, détails. Par conséquent, personne ne peut dire qu'il n'est pas au courant. 2) Dans la quasi-totalité des cas, les dégâts sont intervenus aux mêmes endroits que ceux répertoriés comme sensibles. 3) Pourquoi ce "copier-coller" dans le temps ? Parce que rien n'a été fait ces dernières années. 4) Conséquences pratiques ? Aucune. Il suffirait de pleurer sur la force de "dame nature". Conclusion : des citoyens peuvent s'exposer à des menaces financières énormes quand ils cherchent à défendre leurs droits et des élus sont libres du moindre grief quand leur inaction manifeste a pourtant produit des conséquences graves. Dans une Démocratie, c'est à qui de rendre des comptes ? Aux citoyens convoqués "disciplinairement" par des élus ou aux élus de s'expliquer auprès des citoyens qu'ils ont vocation à représenter ? C'est une inversion démocratique qui devrait susciter des réflexions sérieuses …
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Grenoble au centre d’un sujet de fond : l’argent peut-il chasser la recherche de la Justice ?
De façon très inattendue, la Ville de Grenoble se trouve au centre d'un enjeu de fond d'une extrême gravité : la Justice devient-elle le privilège des riches ? Les faits : une association dépose un recours administratif contre une opération d'urbanisme. Grenoble Habitat engage un recours contre les … requérants et leur demande 2 millions 300 000 € de réparation de préjudice (2 300 000 €). C'est un précédent d'une extrême gravité. Il faut déjà avoir les moyens pour faire appel à un Avocat pour engager un recours. Si à la facture de l'Avocat s'ajoute la menace de millions d'euros pour réparation d'un contentieux perdu, les voies de droit deviennent un simple procédé sur le papier que personne n'utilisera. Qui va garantir alors la défense du citoyen seul face à des groupes puissants, privés ou publics ? Cette place permanente gagnée par l'argent dans tous les dossiers devient inconvenante. Et pourquoi l'arrêter à ce stade ? Si la décision devait être annulée, pourquoi ne pas considérer que la faute deviendrait détachable de la fonction d'élu pour engager une responsabilité financière personnelle des élus décideurs ? La chaîne peut continuer longtemps … Il faut intégrer l'existence de recours. Attendre qu'ils soient purgés. Ce ne sont que quelques années, ce qui à l'échelle du temps d'opérations immobilières de ce type est une dimension marginale que chacun aura oublié dans quelques décennies. C'est aussi cela le respect d'un Etat de droit.
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Ne pas vivre dans l’impasse des mots oubliés …
Pour moi, janvier c'est le mois du danger des mots oubliés. Il y a des mots prononcés que l'on peut regretter. Il y aussi des mots oubliés, non prononcés, qui sont aussi dangereux, voire pire. J'essaie que janvier soit surtout le mois des mots qui ne sont pas oubliés. Dans l'année, l'emploi du temps ne permet pas la disponibilité souhaitée. Janvier, c'est le mois des souvenirs chaleureux. Adresser un mot à des personnes parfois pas revues pendant des années mais qui ont été une rencontre heureuse. Leur montrer que cette satisfaction ne s'est pas effacée avec le temps. N'a pas été gommée. A cette fin, rien ne peut remplacer l'écrit. Le vrai c'est à dire le papier, l'encre, l'enveloppe et malheureusement ce prix du timbre qui s'envole d'année en année. Pour ne pas oublier, il y a un petit carnet noir. Progressivement, il porte bien sa couleur parce que d'année en année, il y aussi matière à rayer les noms de disparus. C'est alors un sentiment étrange fait à la fois de tristesse, de reconnaissance et d'interrogation. De tristesse, parce que toute disparition est une épreuve. De reconnaissance, parce que la vie permet encore de tenir le crayon pour actualiser. Et d'interrogation sur le "combien de temps encore" qui grandit à mesure que les années passent. Mon tempérament ne me prédestinait pas à la politique. Loin s'en faut. Cette activité est maintenant très décriée. Et pourtant, à la différence de la vie professionnelle très segmentée, c'est en politique que j'ai rencontré le maximum de "gens bien". Des personnes simples. Libres. Engagées. Ayant à coeur de bien faire. Souvent très éloignées de certaines images. Peut-être même qu'un jour, je publierai un ouvrage avec les noms, les faits. Que du positif. Parce que les mots oubliés sont trop souvent ceux du positif. Et quand c'est bien, il ne faut jamais hésiter à le dire. Pour moi, cette semaine, comme chaque année, c'est le début pour éviter l'impasse des mots oubliés.
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2018 et des fractures qui peuvent être poussées jusqu’où ?
La balade du matin dans un endroit que je connais depuis mon enfance a donné une illustration de plus des conséquences de territoires à l'abandon. Après des jours de neige et de pluie, des torrents de boues ont gagné des espaces hier impossibles quand la nature était entretenue. Des barrages de retenues sont à un mètre de dégorger … C'est un exemple parmi tant d'autres de fractures qui se sont installées et grandissent en permanence. En l'espèce une intercommunalité peut trouver 46 millions d'euros pour se refaire un siège administratif flambant neuf mais pas 2 millions d'euros pour entretenir des berges de rivières, pour évacuer des plages de dépôts … et le tout dans l'indifférence totale de la Commune concernée. Ce choc des chiffres montre bien, si besoin était, qu'il s'agit d'une choix politique. Il y a désormais des pans entiers du territoire français qui sont à l'abandon. Il y a des départements entiers qui vivent une désertification jamais vue depuis 50 ans. L'histoire du territoire français était faite d'unité, d'égalité. Maintenant l'inégalité est installée dans des proportions totalement inhabituelles entre des poles de performance et des espaces qui se vident. Jusqu'où peuvent se creuser ces écarts inédits dans l'indifférence forte ? C'est pour moi l'une des interrogations principales de 2018. Mais enfin, selon la formule consacrée, belle année 2018 quand même …
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2017 ou l’année de la banalisation de la violence
Pour moi, 2017 restera d'abord l'année de la banalisation de la violence dans tous les domaines. La violence est chez elle partout. Chaque jour. A chaque moment. Sur le plan international, deux Etats jouent avec le nucléaire. Le représentant de ce qui devrait être la 1ère démocratie au monde insulte sur Twitter le moindre opposant. Les "fausses informations" se succèdent au point de noyer les vraies. En Espagne, un élu n'a pas le droit de rentrer dans son pays. Des pays de l'Est ou l'Autriche placent aux premiers rangs des idéologies violentes. Sur le plan planétaire, le réchauffement climatique crée des désastres considérables : ouragans exceptionnels, espèces animales menacées, incendies records … Sur le plan français, la violence est également partout. Les oppositions s'expriment désormais sans la moindre nuance. Il n'y a plus de débat. Tout tourne tout de suite à l'insulte. Au printemps 2017, toute une génération politique a été jetée dans un mouvement kleenex qui aurait été dénoncé dans le privé même ceux qui avaient travaillé sérieusement. Les codes sécurisant sont modifiés. La violence est la voisine quotidienne permanente : vols, délinquances. Même des pompiers et des infirmiers doivent désormais être protégés pour travailler dans certains quartiers. … Et les conditions de vie de précaires sont manifestement indignes. Et le tout dans une forme de violence la plus insidieuse, malsaine et brutale : l'indifférence. La violence est la grande gagnante de 2017. Dangereux à ce point.
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1988 – 2018 : 30 ans déjà et un contexte méconnaissable
L'affiche ci-dessus est celle qui a toujours gardé ma préférence. C'est celle qui a lancé ma campagne cantonale d'octobre 1988. Mitterrand vient d'être réélu en mai. La gauche a connu des législatives triomphantes en juin. Et je candidate dans un canton à gauche depuis la Libération qui est réputé pour appartenir à la "banlieue rouge inexpugnable" (Fontaine, St Martin d'Hères, Echirolles et … Pont de Claix). Quelques mois plus tard, je gagne ce canton avec plusieurs centaines de voix d'avance à l'issue d'une campagne très sportive. Qu'est ce qui a rendu cette victoire possible ? D'abord, la possibilité de rencontrer les électeurs. Nous avons effectué un porte à porte méthodique : 12 500 foyers visités. Le contact direct. Les yeux dans les yeux. Main à main. Impossible aujourd'hui, il faut une clef ou un code pour entrer dans les immeubles. Et en cas d'entrée, par peur, les portes ne s'ouvrent plus. Ensuite, la participation civique avec des réunions très fréquentées. Les citoyens croyaient à l'engagement. A son utilité. A sa nécessité. Les questions étaient nombreuses. Aujourd'hui, quand j'observe les compte-rendus de réunions comparables, peu de monde. Et dans le texte, un défaitisme généralisé sur le thème du "à quoi ça sert ? Est-ce possible ? …". Enfin, à l'époque, la confiance dans la capacité à faire. Aujourd'hui, c'est une complexité de tout où même la meilleure bonne volonté peine à passer aux actes face à des obstacles multiples : un texte, un contrôle, un partage de compétences, des moyens financiers limités, des recours contentieux probables … En 30 ans, le contexte est méconnaissable. Que sera-t-il dans 30 ans ? Ce qui est sûr c'est que si les tendances actuelles demeurent, le paysage déjà très préoccupant sera dramatique. Un constat qui montre, si besoin était, que c'est bien l'actuel système qu'il faut changer. Car la crise systémique est installée, toujours plus grave l'année suivante ….
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Vivre en harmonie avec son chien : un livre remarquable
Je recommande particulièrement ce livre de Piero Bianchi. Il est simple mais va à l'essentiel. 125 pages. Surtout il montre que la relation avec un chien, c'est une école de la vie. Actuellement il est beaucoup question de reviser des matières de l'enseignement. Curieusement, deux matières font toujours défaut : se connaître et respecter son environnement dont les animaux. Se connaître : c'est quand même incroyable que tout soit mobilisé pour faire entrer tout le monde dans un même moule alors même que des tempéraments différents le resteront toujours et que le tempérament à la longue gagnera toujours. C'est l'exemple le plus caricatural des combats perdus par définition par l'enseignement en France. De même, c'est incroyable de constater que des jeunes individus vont apprendre des "âges perdus" mais ne pas connaitre les règles de fonctionnement de leur plus proche environnement : animaux et nature. Comment les comprendre ? Comment les respecter ? Comment vivre en harmonie ? Sur ce chemin, ce livre est une belle étape. Félicitations à l'auteur et à l'éditeur.
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La « vérité SNCF » et le prix de la vertu pour la France …
La première fois où j'ai pris réellement conscience du "pouvoir EDF" c'est à l'occasion d'une discussion professionnelle avec un dirigeant m'indiquant tout naturellement "l'arrêt de telle ou telle centrale nucléaire se fera quand nous le déciderons. Les Gouvernements peuvent déclarer ce qu'ils veulent …". C'est ce que l'on vit actuellement avec la "vérité SNCF". Les barrières sont levées ou baissées quand la SNCF l'a décidé même si des photos établissent des dysfonctionnements manifestes. De même pour les "pagailles" dans les gares. Elles n'existent pas tant que la SNCF ne les reconnait pas, elle qui parait sur le bord de dénoncer "des montages photos" … C'est comme le harcèlement sexuel, jeudi avec la révocation de l'organisateur de Miss America, les Etats-Unis ont franchi le seuil des 105 mis en cause. En France, les questions par exemple sur Tariq Ramadan ont vécu une journée et encore … Les français méritent le prix de la vertu mais si c'est au prix de la … "vérité SNCF" ce n'est pas nécessairement un prix très réputé. Il y a quand même de quoi susciter des questions sérieuses sur le système officiel français.
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4 001 ou les mots pour soi
Aujourd'hui avec cet article, c'est le seuil des 4 000 articles qui est franchi sur ce blog. 1 231 commentaires avec des auteurs que je remercie pour leur volonté d'avoir complété des éclairages sans haine, avec tolérance et avec argumentation. Plus de 2 millions de pages vues depuis le début. Tout parait linéaire. Simple. Dans la continuité. Depuis juillet 2008. Et pourtant, cette apparence, si elle existe, est fausse. Le tournant c'est l'été 2014. C'est l'époque où j'ai commencé à écrire pour moi. Rien que pour moi. Sans me préoccuper de l'audience d'un article ou de la capacité à ce qu'il soit partagé. C'est vraiment depuis cette époque que j'ai pris plaisir à écrire sur ce blog. Il est devenu un carnet personnel de temps libre. Permettant de ne pas oublier dans la durée en retournant à un repère calendaire. C'est fou le plaisir que procure la liberté de l'égoïsme de l'écriture. Je regrette de l'avoir découvert et pratiqué trop tard préoccupé si longtemps, en fonction des étapes, par des notes, puis des votes, puis des ventes … Cette liberté à gagner le plus tôt possible est le meilleur conseil à donner aux proches. Encore beaucoup de plaisir j'espère à connaître avant le 5 001 ème article… ?