Remarquable article dans Le Monde Magazine de cette semaine sur l'expérience du magazine George lancé par JFK Jr dans les années 1990 qui ont été un tournant pour la presse papier avant la grande "révolution" d'Internet. En dehors de quelques paragraphes qui ne parviennent pas à se dissimuler quelques piques contre le groupe Lagardère concurrent du Monde, sur le fond, c'est une chirurgicale description des virages de cette époque. La prise de pouvoir des photos sur le texte. La course aux célébrités. Le désintérêt croissant pour la politique traditionnelle donc la recherche de nouvelles accroches pour la rendre séduisante. Tout y est. C'est l'aventure d'un magazine nouveau qui devait être le sacre de "l'autre information" et qui se termine dans une ambiance globale de massacre : depuis sa faillite financière jusqu'à la disparition de son principal animateur. C'est par des articles de fond de ce type que la presse papier garde un espace spécifique : de la documentation précise qui se situe dans un long développement. Bravo aux auteurs. A lire.
Catégorie : Etats-Unis
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10 ans après jour pour jour …
Au fur et à mesure qu'on avance dans la vie, outre la chance à célébrer d'être encore dans le "circuit", il y a des symboles qui imposent des réflexions. Progressivement, trois constats me sont apparus mériter une attention particulière. D'abord la relation entre des noms et des activités. Pendant l'hospitalisation de mon père, cette évidence m'était apparue terrible. Le médecin à son étage s'appelait le Dr Colombe, une jeune femme adorable d'une douceur exemplaire et l'infirmière chef s'appelait Mme Pont. A l'étage de la mort dans cet hôpital, un patient était dans les mains de deux personnes appelées Colombe et Pont … Dans la foulée, j'ai cherché à établir des liens de ce type dans les étapes de mon existence et j'ai été stupéfait par ces symboles jusqu'à aller vers une personne appelée Dehaine dans la fonction de … banquier. J'ai progressivement rédigé un petit carnet (nom / profession) et les liens sont stupéfiants. Ensuite, il en est de même pour des prénoms. Il y a des prénoms avec lesquels je me suis toujours entendu et d'autres jamais. Et quand là aussi je dresse la liste, c'est impressionnant. Ce qui l'est encore plus c'est les traits communs de tempéraments entre des prénoms comme si un prénom pouvait porter un caractère. Enfin, c'est le symbole des dates. Dernier exemple : le décès de John McCain cette nuit. Il est décédé 10 ans jour pour jour avec le second jour de la Convention Démocrate de Denver en 2008 qui a scellé le lancement réussi d'Obama et donc la défaite de McCain à la présidentielle 2008. A cette époque, la Convention Démocrate s'annonce risquée. La compétition Obama / Clinton a laissé des traces. McCain espère que cette Convention déchire ses concurrents. Si c'est le cas, il peut encore gagner. Sinon ce sera très difficile car il sait qu'il paye l'ardoise des années Bush. Contre toute attente, les Clinton donnent l'exemple de la loyauté à un parti et à son candidat. La présidentielle vient de basculer. Or la présidentielle, McCain y a pensé toute sa vie. Dès son retour du Vietnam, il était un symbole, voué aux plus hautes responsabilités. En 2000, il a perdu la primaire. En 2008, bien avant le vote, lors de la Convention de Denver (25 au 28 août 2008), il perdait l'élection. 10 ans plus tard, jour pour jour, il décède. Les mystères des calendriers sont parfois étonnants. Un homme remarquable que j'ai eu plaisir à rencontrer brièvement.
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168 ans !
Hier mercredi, à San Francisco, la première femme maire afro-américaine a prêté serment pour accéder à cette fonction dans cette ville. Il aura donc fallu attendre 168 ans pour qu'une femme afro-américaine accède à cette fonction dans une ville de 4 700 000 habitants. Il avait fallu attendre 128 ans pour qu'une femme soit maire. Et 40 ans de plus pour que ce soit une "femme de couleur". Ce sont là des séquences temps qui méritent la réflexion. Comment une démocratie peut-elle être inclusive quand une fonction donne ainsi le sentiment d'être hors de portée d'une partie importante de ses membres ? Un réel sujet de fond. Et quelle belle ténacité pour la nouvelle maire que de penser pouvoir ainsi rompre les si vieilles habitudes.
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Si deux suspens ne deviennent pas trop lourds …
Si le suspens de la coupe du monde de football n'a pas déjà trop usé les nerfs de fervents supporters, je recommande la lecture du "Président a disparu". Bien rédigé. Présentation intéressante des mécanismes du pouvoir comme des flatteries nécessaires pour amadouer des politiques. Sympa en cette période d'été. Mais encore faut-il que deux suspens à la fois ne soient pas trop lourds à endosser … Merci Thomas pour cette recommandation.
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La fête de l’indépendance
Aujourd'hui aux Etats-Unis, c'est un jour de réelle fête populaire : l'Independence Day. La célébration de la déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. D'immenses fêtes familiales, populaires, municipales ont lieu. Deux mots formidables : fêter c'est à dire avoir la mémoire joyeuse. Et l'indépendance : être maître de son devenir. Libre ! En France, je suis surpris par la marginalisation progressive des vraies dates d'indépendance. Parfois au fond d'une vallée on tombe sur un monument aux morts. On lit des noms et des âges. Une fois par an, ils ont droit à la visite d'officiels qui l'espace de 30 minutes déposent des fleurs puis repartent souvent très rapidement. Plus le temps passe, moins la fête est partagée populairement. C'est choquant à ce point là. Comme s'il n'y avait en France qu'à célébrer la chute de la monarchie alors que le pays a si rapidement remplacé la monarchie du sang par celle de l'entre soi. Et surtout comme si la monarchie pouvait être un péril pire que le … nazisme. Il y a des moments où le ré-ajustement des fêtes nationales mériterait une plus grande attention.
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Un d’entre nous !
A chaque mercredi, lendemain de primaires aux Etats-Unis en cette période d'élections intermédiaires de novembre 2018, c'est la liste des "têtes couronnées tombées". "Têtes couronnées" par des années d'élections, de titres, d'appartenance à un milieu politique. Mais tombées parce que les "indéboulonnables" sont … déboulonnés. Non seulement le 26 juin n'a pas échappé à ce mouvement. Mais un record a été battu notamment à New York avec la défaite de Joe Crowley. Elu depuis 1999 avec une moyenne de 70 % des voix et hier battu par une jeune candidate de 28 ans. A la longue, l'affairisme, l'inefficacité, #MeToo et les scandales d'harcèlements … : les élections deviennent la revanche des citoyens sur leurs représentants professionnels. Du jamais vu. #OneOfUs est la formule magique. Dans chaque "formule magique", il y a la rencontre avec l'attente du moment. Le "en même temps" d'Emmanuel Macron en 2017 témoignait de la volonté de sortir des affrontements permanents droite / gauche. Parfois quelques mots résument toute une offre de fond. C'est le cas du #OneOfUs : la campagne des pairs. Les citoyens veulent d'autres citoyens pour les représenter. Une réalité à méditer.
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Les alertes et les jours d’après …
En démocratie, l'opinion a toujours raison. Et contrairement à bon nombre d'expressions erronées, l'opinion est d'une redoutable constance. Elle passe des messages et moins elle est entendue, plus elle augmente la force de ses messages. Aux Etats-Unis, en 2016, l'opinion a passé trois messages très forts. 1) La défaite de Jeb Bush condamné au retrait rapide face aux scores dramatiques pour le fils et le frère d'un ex-Président. 2) La bataille très difficile d'Hillary Clinton face à Bernie Sanders avec des conditions de victoire d'ailleurs assez opaques au point de vouer la chairman du parti démocrate à la démission. 3) La victoire de Trump. Plus Trump faisait exploser les règles classiques, plus il progressait dans les intentions de votes. Un monde politique prenait fin. En 2018, ce monde d'hier est encore davantage renvoyé à l'histoire. Les primaires actuelles montrent un dégagisme considérable. La féminisation des personnels politiques va battre des records. Les tenants du système ne voulant pas intégrer les alertes amplifient la vague. Quand l'opinion publique moderne n'est pas entendue, elle n'écoute plus ses supposés ex-directeurs des pensées, elle amplifie la vague du temps des alertes. La France aurait probablement intérêt à tirer les conséquences de ce constat car les scrutins de 2017 sont aussi des alertes à bien des égards.
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La roue tourne …
Deux phénomènes récents méritent l'attention. 1) L'opinion éjecte ceux qui ne sont pas ce qu'ils avaient dit être. Le double discours (campagne / gouvernance) n'est plus supporté. Ceux qui font le contraire de ce qu'ils avaient annoncé sont voués à la sanction brutale car l'opinion se sent abusée et elle ne l'accepte pas. 2) Dans la première démocratie au monde (les Etats-Unis), les femmes sont en train de prendre le pouvoir. Aujourd'hui, 5 Etats connaissent des primaires : Maine, Nevada, North Dakota, South Carolina, Virginia. Si les tendances des dernières primaires sont respectées, en 2018, les femmes peuvent être majoritaires dans le Congrès américain. Peut-être de peu (2 % ?). Mais majoritaires. C'est un fait considérable. Une réalité qui ouvre la question sur le jour d'après. Ces femmes vont-elles faire vivre une démocratie moderne nouvelle ? Et si oui en quoi peut-elle consister ? Pour l'instant, elles gagnent d'abord parce qu'ayant été écartées du "vieux système", elles ne sont pas emportées par la sanction de ce "vieux système". Il leur restera à montrer qu'elles peuvent incarner une nouvelle gouvernance. Mais ce qui est sûr, c'est que la roue tourne manifestement …
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Ne jamais sous-estimer les tournants qui changent la vraie direction …
C'est très instructif de confronter actuellement la vie politique américaine et la vie politique française. La première a vécu en 2010 un tournant avec la naissance du Tea Party. A 3 mois du vote, bon nombre d'observateurs se moquaient de candidats défendant les "héros du quotidien" contre les élites politiques comme cette candidate du Dakota du Sud dont la carte de visite était : mère de famille et fermière. L'élection des pairs naissait … 6 ans plus tard, les idées du Tea Party accédaient à la Maison Blanche avec Trump. Et actuellement ce courant construit les majorités des primaires républicaines pour les élections intermédiaires du 6 novembre 2018. Le tournant de 2010 est ainsi devenu une véritable nouvelle direction.
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AcheterCela devrait donner de l'humilité aux vieilles formations politiques françaises. Il y a des tournants qui changent la vraie direction. Par conséquent, rien ne voue En marche à être un événement éphémère du printemps 2017. C'est peut-être également un tournant pour un changement durable ? Les Français gagneraient à observer la politique américaine avec le Tea Party qui occupe un autre registre d'idées. En 8 ans, ce pays au bipartisme séculaire a changé. Pourquoi la France devrait-elle rester à l'écart de changements de ce type ? L'assurance culturelle des membres des vieux partis politiques français est irréelle. Cette semaine, il suffisait de regarder le documentaire de France 3 sur Edouard Philippe pour entendre des commentaires terribles sur des tendances de qui doit gagner et surtout sur qui … ne gagnera jamais. Un an plus tard, ce vieux monde s'est écroulé. Pourquoi cet écroulement devrait-ils être passager ? Rien ne peut le laisser penser comme si peu pouvait laisser imaginer le printemps 2017. Il faut avoir cette impertinence d'esprit toujours présente. Cette semaine, avec plusieurs contributeurs d'Exprimeo, nous avons "fêté" des chiffres d'audiences sympathiques. Des produits sont en tête sur des supports gratuits qui sont des appels efficaces pour des suppléments payants. Nous avons maintenant l'ancienneté pour établir la justesse d'analyses, voire de prévisions. Pour les analyses, la lettre sur le Tea Party réalise de bons scores. Et pour les prévisions, nous avons toujours plaisir à mettre en relief notamment cette couverture du 7 mars 2011. A cette époque, Hugues Renson était peu connu. Il est aujourd'hui Député, Vice-Président de l'Assemblée Nationale et postulant sérieux à la Mairie de Paris en 2020. Il y a en effet des tournants qui font changer des directions pour de bon.