Remarquable documentaire hier soir sur FR3 sur Robert Kennedy. C'est un espace de respiration entre des programmes TV dominés par un abêtissement manifeste avec une succession de séries policières, des variétés où la course à l'audience passe par la vulgarité et la bêtise … Ce qui est flagrant dans ce documentaire, c'est que finalement chaque société porte des blocages durables qu'elle parvient peu à régler une fois pour toutes. C'est vrai que sous cet angle, tout ne parait que répétitions. 50 ans plus tard, la société américaine n'a pas réglé sa violence notamment dans son rapport avec les armes. Elle n'a pas davantage réglé la brutalité de ses poches de pauvretés. La question raciale reste au coeur de ses conflits potentiels permanents même durant et après la présidence de son 1er président métis (Obama). Dans le rapport à l'expression de sa puissance internationale, le choix de l'arme de la guerre reste culturellement très présente. Ce documentaire était terrible de constats que si peu change dans les décennies comme si les nations restaient irrémédiablement structurées par des tendances permanentes.
Catégorie : Etats-Unis
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La fin des bocaux sur les étagères …
Je ne suis pas d'accord avec toute la politique mise en oeuvre par Emmanuel Macron, mais il y a actuellement deux ruptures particulièrement positives à mes yeux. 1) Il remet de l'esprit dans la politique. On sort progressivement, y compris dans l'expression, de l'affaissement permanent voulant que même le Président de la République parle aux citoyens comme si nous étions accoudés au comptoir en parlant des sujets de la cage d'escalier. Cette démagogie réductrice, d'abord méprisante pour le peuple, prend fin progressivement. Ouf ! 2) Et la seconde rupture, c'est la fin du prêt à penser figé une fois pour toutes. La fin des bocaux sur les étagères. Chacun prenait son bocal de droite ou de gauche et il fallait s'y tenir avec les incontournables. Parmi les incontournables, jusqu'alors la coutume demandait de céder à l'américanophobie ambiante en France. Lui, même avec Trump au pouvoir, il n'y cède pas. Et le faire avec Trump à la Maison Blanche, il faut le faire … Même si je ne suis pas d'accord sur tout, je préfère quand même voir les intérêts de mon pays défendus par quelqu'un d'intelligent, qui travaille ses dossiers pour pouvoir répondre aux questions sans avoir à plonger en permanence dans les fiches rédigées par ses collaborateurs et qui a du tempérament. Ce sont toujours des qualités (intelligence, travail, compétence et refus de la démagogie) qui sont de bons boucliers face à des très mauvaises décisions.
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Nouvelle monarchie et Ancien Régime
Les Français ne sont pas sortis de la mentalité de l'Ancien Régime : noblesse, monopoles, privilèges comparés. Cette semaine un exemple fort : un député évoque la nécessité de supprimer des avantages de gratuité de déplacements de cheminots. Et un auditeur lui indique "mais les députés en bénéficient". Et le député répond "ne devenez pas populiste". Tout le choc est résumé par cette formule. Dans la culture des "privilèges comparés" la classe politique doit sortir de son cocon avant de demander des efforts aux citoyens. Cette mentalité de l'Ancien Régime n'est compatible qu'avec un "Roi Républicain" qui passe par le suffrage universel direct pour une fonction honorifique et décorative s'exprimant pour incarner ce qui unit la Nation. C'est cette culture qui a fait la popularité de Chirac à l'Elysée. Il allait être le bouclier contre les protestations trop violences allant même jusqu'à lever l'application d'une loi votée (CPE), ce qui est irréel dans une République. Est-ce que cette mentalité de l'immobilisme est encore possible ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut une explication à un fait : comment le pays des taux records d'impositions et d'endettement peut fonctionner aussi mal avec des services publics qui crient "misère" ? L'argent doit pourtant passer quelque part. A ce stade, le problème, c'est que face à un pays avec sa mentalité d'Ancien Régime, il y a une nouvelle monarchie qui veut changer les règles appliquées aux autres mais à pas à elle-même. Parce que la monarchie demande l'exemplarité, les économies … aux autres et pas à elle-même. Elle est au-dessus de ces "contraintes matérielles", de ces "vicissitudes ponctuelles". C'est ce choc qui est en train de creuser un divorce en France qui ne peut pas se régler dans la douceur. Parce qu'il y a là deux mentalités incompatibles.
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Facebook confronté au nouveau concept des … « données publiques privées »
La bataille qui est actuellement engagée à destination de Facebook dans le dossier Cambridge Analytica relève de l'irréel. Les faits sont simples. Aujourd'hui sur les réseaux sociaux, des personnes s'exposent dans les moindres gestes de leurs vies privées. Cette exposition est de leur fait. Il faudrait que des données qu'elles rendent publiques deviennent … privées. Instagram est ainsi actuellement au coeur d'un contentieux notoire pour reconstituer un pays de résidence donc un statut fiscal. Personne n'obligeait les intéressés à poster des photos. Des personnes qui mettent des données privées dans le domaine public, comment peuvent-elles ensuite demander à ce que ces données soient considérées comme … privées ? Cela n'a aucun sens. Sur le fond, cette bataille irréelle, c'est la revanche de l'ancien système qui est désormais très ébranlé par le "nouveau monde" et qui cherche tout ce qui est possible pour poser de nouvelles barrières : les fake news, maintenant les données publiques mais privées … L'ancien monde n'a jamais imaginé le souffle de ces nouvelles technologies. Jamais imaginé l'ampleur des véritables révolutions. Facebook est exposé à une réelle bataille d'arrière garde.
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Quand il y a l’audace de ne pas tout attendre du pouvoir central …
Dans la lutte contre le dérèglement climatique, plusieurs déclarations sont passées inaperçues en France la semaine dernière de façon étonnante. D'abord les chiffres sur les risques sur la biodiversité. Des chiffres terribles à très court terme. Mais aussi la déclaration officielle du Secrétaire général des Nations Unies indiquant que les Etats-Unis étaient en passe de respecter les engagements de la COP21. Le "pays de Trump" pourrait tenir des engagements que ni la France ni le Canada ne seraient en passe de … respecter à leurs niveaux. Pourquoi ? Parce que des pouvoirs décentralisés ont mobilisé tous leurs moyens pratiques et juridiques pour y parvenir. Certes les contraintes institutionnelles dans un cadre fédéral sont différentes. Mais il y a surtout l'audace de faire. En France, même sous la force de la décentralisation, tout est attendu du pouvoir central. Il est surtout devenu le prétexte pour ne pas faire. Ce n'est pas avec une idéologie que ce pays doit se réconcilier mais d'abord avec la mentalité d'agir, de faire, de tenter, de prendre des initiatives … Et sur ce domaine, cela semble un effort de plus en plus hors de portée du milieu politique bien tristement.
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Quand Jackie Kennedy habitait à … Grenoble
Hier mardi, la Fondation Kennedy a désigné son lauréat 2018 : le maire de La Nouvelle Orléans pour l'action qui a été la sienne en faveur de la cohabitation raciale. L'occasion pour mettre en relief un fait souvent peu connu. En 1949, Jackie Kennedy, alors Jacqueline Bouvier, a habité au 20 rue Hébert à Grenoble. Elle figure sur la liste des étudiantes accueillies alors par l'Université sous le n° 658 pour la période concernée avec la mention de son adresse de résidence aux Etats-Unis. Elle a alors été hébergée chez la famille Des Francs. Au 4ème étage du 20 rue Hébert. Elle avait 20 ans à l'époque. Avant son décès, des journalistes ont tenté d'obtenir un témoignage de sa part sur cette "époque grenobloise". En vain, sa collaboratrice d'alors, Nancy Tuckerman, a fait part avec courtoisie que l'intéressée ne contribuait à aucune publication de près ou de loin, fut-ce pour des témoignages personnels. Un passage qui explique pour partie peut-être le goût durable pour la France toujours témoigné par l'épouse de JFK ? Un rappel sympa quand la Fondation Kennedy effectue tant d'efforts louables pour toujours faire vivre la mémoire des actions de l'ex Président.
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Attention aux armes de distraction massive …
Plus on entre dans le détail de l'opération Cambridge Analytica via Facebook, plus les risques de cette mode de la sur-exposition via les réseaux sociaux explose au grand jour. Derrière l'organisation de jeux sur Facebook sollicitant une multitude de renseignements personnels à donner, l'équipe de campagne de Donald Trump dressait les micro-profilages de couches électorales pour des messages électoraux hyper précis. C'est une histoire digne des films d'Hollywood. Un candidat décide de faire le clown sur la tribune. Pendant ce temps, ses équipes hyper-professionnelles mobilisent les dernières nouveautés technologiques pour faire campagne. Et elles n'ont même pas à creuser pour trouver des infos pour que les électeurs mordent aux pièges et les procurent d'eux-mêmes. Irréel et pourtant très probablement exact. Période fabuleuse où la sur-exposition fait que des services de renseignements au sens large du terme n'ont plus à investiguer pour trouver des infos mais il faut définir des grilles pour trier dans le … trop d'infos. Et là pour collecter les infos, il s'agissait de jeux très anodins. Comme quoi, il faut aussi se méfier des armes de distraction massive …
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81 jours !
Vendredi 16 mars c'était le 50 ème anniversaire de la déclaration audio de candidature de Robert Kennedy pour la présidentielle 1968. Sa campagne allait 81 jours : du 16 mars au 5 juin : date de son assassinat. Mais 81 jours pendant lesquels rarement à ce point des discours de fond allaient être prononcés. La semaine dernière Elizabeth Warren a mis en relief le remarquable discours prononcé à l'Université du Kansas. Depuis l'été 1984, j'ai toujours avec moi dans une poche une pièce commémorative de l'action de RFK (cf photo ci-dessus). Elle est usée, patinée. Mais j'y suis attaché. D'abord elle me rappelle en permanence notre première période sur Boston dont les années avec nos enfants encore très jeunes à cette époque. Ensuite, les parcours politiques de JFK et RFK qui restent des parcours intemporels. Mais surtout, enfin, le fait de s'engager dans l'action publique qu'à la condition de vouloir réellement défendre de belles causes, faire bouger les choses sinon s'occuper de ses propres affaires reste un moteur suffisant. C'est actuellement cette capacité à vouloir changer réellement les choses qui fait tant défaut comme si l'action publique c'était une logique de guichetiers sauvant leurs carrières en gérant le quotidien au jour le jour. J'espère que ce 50 ème anniversaire permettra de mettre en lumière ce besoin de souffle.
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Et si c’était elle … ?
Dans le cadre de la journée internationale de la Femme, comment ne pas évoquer un défi manqué en 2017 : l'installation d'une femme à la tête de la première puissance au monde ? En 2008, Obama avait fait vivre un rêve : le premier président métis des Etats-Unis. En novembre 2016, Hillary Clinton a manqué un rendez-vous historique : être la première femme présidente des Etats-Unis. Mais ce n'est que partie remise. Peut-être en 2020 ? Si c'est le cas, la mieux placée pour ce rendez-vous c'est Elizabeth Warren. Cette Sénatrice de Boston, âgée de 68 ans, a un parcours remarquable. En novembre 2012, elle gagne contre Scott Brown, un jeune leader Républicain qui avait créé la surprise dans la circonscription de Ted Kennedy. Universitaire, Elizabeth Warren est aussi une remarquable femme de terrain. Au Sénat, ses interventions sont unanimement reconnues comme de très grande qualité. C'est l'anti-Trump. Or les présidentielles américaines se nourrissent de contrastes très forts. Presque des anti-portraits entre le sortant et son challenger. Pas d'histoire sexuelle dans les tiroirs. Ni de question d'éthique pour cette femme qui, bénévolement, a longtemps donné des leçons gratuites à des enfants de quartiers difficiles. Si en 2020, les Etats-Unis devaient rouvrir le défi de la première femme présidente, Elizabeth Warren serait alors difficilement contournable.