Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Jack Dorsey et l’expérimentation du revenu minimum universel

    Jack Dorsey 27 03 15

    Jack Dorsey s'engage pour une expérimentation en faveur d'un revenu minimum universel. Une belle initiative à trois égards. 1) Il est certain que la lutte contre la grande pauvreté et contre l'exclusion doit être un priorité. 2) Encore faut-il définir le contenu du "contrat" en contrepartie de ce revenu minimum universel. Et 3) seules des expérimentations ponctuelles peuvent progressivement permettre de définir les droits et obligations. Que le privé participe au financement de telles expérimentations est une idée intéressante. Une initiative à suivre qui va probablement intervenir dans les villes suivantes d'abord : Newark, Atlanta, Compton, St Paul, Seattle, Los Angeles, Jackson, Pittsburgh, Oakland. 

  • L’âge protège de … l’âge

    JFK Library 18 10 19

    Dimanche 20 octobre, le Musée Kennedy à Boston va célébrer le 40 ème anniversaire de son inauguration par Jimmy Carter. A mes yeux, c'est l'exemple le plus réussi de musée présidentiel. Il faut attendre celui d'Obama à Chicago pour peut-être franchir encore une étape supplémentaire ? Pourquoi c'est réussi à ce point ? 1) Parce qu'il y a d'abord une remarquable architecture (Pei) au bord de l'atlantique. C'est un "musée ouvert" sur les paysages. 2) Parce qu'il y a un nombre de pièces d'époques considérables parfaitement agencées de façon chronologique. Pour l'avoir fréquenté pendant tant d'années depuis leur plus jeune âge, nos enfants doivent pouvoir le parcourir presque les … yeux fermés.

    Boston 1985 19 03 18

    3) Mais surtout parce que ce musée dégage une impression solide d'acceptation de l'histoire : des échecs comme des réussites. C'est la différence avec la France. trop de Français haïssent l'Histoire de leurs pays, l'Histoire de leur Nation (sans parler de ceux de plus en plus nombreux qui ne la connaissent pas du tout). La rupture décisive date de la seconde guerre mondiale. Les Français ne se sont jamais remis des conditions de leur libération : avoir besoin à ce point des autres après s'être tant perdus dans la collaboration (Vichy). Puis le rapport à l'Histoire a oscillé entre haine et honte. La honte de la colonisation alors même qu'elle n'avait pas apporté que des problèmes aux pays concernés, doux euphémisme. C'est triste un pays au sein duquel un nombre élevé de ses habitants peut à ce point détester son Histoire ou porter une honte qui ruine la capacité à faire partager l'énergie de vivre sur la même terre et accepter les mêmes valeurs. Un climat qui pèse beaucoup dans l'actuel débat sur le choc des religions. Après la visite de JFK Library, on repart avec de l'énergie. Parce que l'une des belles leçons de la vie c'est que l'âge protège de l'âge. Il faut apprendre de chaque âge. Ce doit être la force aussi d'une Nation, gagner en avancées en tirant les leçons des périodes anciennes. 

    Thomas John Boston

  • Maltraitance animale en France : combien de temps encore ?

    Chiens orvis

    Le système public français fonctionne à partir de règles trop faciles à décoder pour cacher un immobilisme gravissime : n'organiser des comparaisons notamment via les chaînes de la TV d'Etat qu'à la condition que les comparaisons ne soient pas trop défavorables à la France. Les coups d'éclairages sont très sélectifs. Prenons la maltraitance animale qui bat des records en France actuellement : abandons d'animaux, coq vivant décapité par les dents avec vidéo sur Internet, chiens traînés par des scooters dans des quartiers dits avec pudeur "difficiles" …  Que se passe-t-il ailleurs ? Exemple récent : dans le Rhode Island (USA) : a été approuvée dernièrement une loi sur le fichage des individus coupables de maltraitance animale. La chambre des représentants de l’État de Rhode Island aux États-Unis a approuvé un projet de loi qui vise à ficher toutes les personnes qui ont maltraité des animaux. Ceux qui ont fait preuve de cruauté envers les animaux ne pourront plus en posséder pendant 15 ans. Si elles sont reconnues coupable une deuxième fois, l’adoption sera interdite à vie. Les personnes fichées devront également payer une taxe de 125 dollars qui sera utilisée pour maintenir le registre en ligne. Ce registre sera visible par tous les refuges pour animaux ainsi que par les agences d’adoption d’animaux. Ils auront le devoir de vérifier la liste des personnes fichées avant chaque adoption. En août 2018, Charlie Baker dans l'Etat du Massachusetts avait promulgué une loi remarquable. Désormais, le Rhode Island, remarquablement géré par Gina Raimondo, met en place un dispositif dissuasif. Et en France, dans le même temps, les mornes parlementaires français n'ont même pas été capables de limiter les transports collectifs d'animaux par temps de canicule. Il y a des comparaisons qui font mal. 

    Charlie Baker dog

     

     

  • Quand la parcelle de lumière chez un autre fait perdre la raison

    Tulsi Gabbart Hawaï

    La jalousie est un lien tenace. Ses conséquences sont nombreuses. L'une d'entre elles mérite une attention particulière : la place excessive laissée aux humeurs. Les humeurs sont en train de tout gagner dans la vie politique française. Elles gagnent d'autant plus qu'il y a désormais un vide quasi-dramatique de talents. Aux Etats-Unis, la primaire Démocrate débute. C'est un arc en ciel de talents. Depuis l'ex professeur de droit à Harvard (Elizabeth Warren) à la jeune Gouverneure d'Hawaï (Tulsi Gabbard / photo ci-dessus) en passant par un ex- VP (Joe Biden) ou des entrepreneurs comme Bloomberg ou Schultz. Ils seront nombreux sur la ligne de départ. Donc la compétition sera belle. Comment une compétition peut-elle être belle si elle manque de … compétiteurs ? Les caractères sont très différents. Les parcours professionnels ont existé en dehors de la politique. Donc les intéressés connaissent la vraie vie. Les âges diffèrent. Les femmes sont dans la course sérieusement. Nombreuses. Motivées. Chaque déclaration de candidature est d'abord l'exposé de priorités claires. Bref, la démocratie vit. Parce que la démocratie c'est d'abord la diversité. Donc la liberté du choix. Et en France, dans le même temps, c'est le règne du pouvoir de nuisances. Surtout avec les réseaux sociaux devenus si souvent d'abord un déversoir de haines. L'un des pays historiques de la démocratie s'enfonce ainsi quasi-naturellement dans ce qui peut exister de pire : la violence, l'anonymat, les casses, la haine … Une ambiance irréelle où la parcelle de lumière chez un autre fait perdre immédiatement la raison. Son argent. Sa voiture. Ses idées. Son commerce. Son statut … Un jeune Président talentueux (même si on n'adhère pas à ses idées) suscite une détestation qui épargnait son prédécesseur à la nullité référente. Sa femme, pour son âge, fait l'objet de moqueries scandaleuses. D'une indignité absolue. Et les parlementaires deviennent d'abord les porteurs de voix des écuries présidentielles potentielles à venir. Il ne leur viendrait pas à l'esprit d'exister par eux-mêmes. Ils sont l'ombre. En quelques décennies, la France ne serait-elle pas devenue le visage de ce qu'une Démocratie peut réserver de moins attractif ? Pourquoi à ce point ? 

  • Quand en une soirée le « nouveau monde » saute aux yeux … : les révolutions silencieuses !

    Periscope-Twitter

    La vie est surprenante. On s'habitue à des modifications. Et d'un coup, sous l'effet d'ailleurs d'événements inattendus, on s'aperçoit que tant a changé. Ce fut le cas pour moi hier soir. D'abord sur Arte une émission remarquable sur le journalisme à l'heure de Donald Trump. Je n'avais encore jamais perçu à ce point grâce à un documentaire remarquable sur Arte combien désormais la densité de la course à la vitesse pour être le premier à informer pouvait être soutenue. Et d'ailleurs l'un des responsables des rédactions reconnaissait cette évolution. Et seconde "révélation", la soirée sur … Periscope. Et là, d'un coup, tout accessible en live : depuis la diversité des chaînes de TV jusqu'aux réactions des candidats. Des pages significatives sont réellement tournées. C'est impressionnant à ce point dans tant de domaines et avec tant de révolutions silencieuses qui ont manifestement enterré un ancien monde. 

  • Les actions du bien-être …

    Boston Nov 08 01

    Dans une démocratie, personne ne doit humilier un citoyen sans sa permission. C'est la règle de base. Et la permission c'est le non engagement. Le pire c'est la permission inconsciente quand un système a tellement matraqué des repères que l'abandon du citoyen est devenu coutumier. C'est ce qui guette les Français. J'ai eu la chance de vivre 3 temps forts de mobilisations. La victoire de Grenoble en 1983. Une vague enthousiaste irréelle. Les derniers jours de campagne électorale quand aux feux rouges des automobilistes baissaient leurs vitres pour crier "allez-y !". Puis ma première campagne cantonale quand je constatais le nombre d'affiches posées de façon volontaire dans des propriétés privées.

    DB marché 89

    Et il y 10 ans, jour pour jour, la campagne Obama à Boston. Choisir des photos de cette époque est difficile tant elles sont nombreuses. Les auto-collants sur les voitures. Les salles pleines de volontaires pour les appels téléphoniques. Les volontaires aux coins des rues pour distribuer des tracts. Mais une photo que j'ai faite a ma préférence : les magasins fermés le jour du vote pour passer un message simple : "fermé. Parti voter et vous, faites de même". Au pays de l'argent et du commerce, l'acte civique un mardi avait la préférence sur le chiffre d'affaires. Un symbole très fort. Et ces affiches étaient nombreuses sur les vitrines des commerces. Des rues entières avec les commerces fermés.  Tant qu'un peuple est capable de telles actions, il montre sa confiance dans la citoyenneté. A moins de 500 jours des municipales, il me semble que l'action locale va réserver une mobilisation hors du commun. Actuellement les citoyens ne s'ennuient pas en manifestant peu. Ils patientent. C'est davantage qu'une nuance. Mais l'énergie intérieure à déverser est très vive lors des entretiens. S'engager, c'est une action de bien-être dans une démocratie. Car c'est se mobiliser pour garder la propriété de son sort dans la vie publique. 

  • Que restera-t-il après … ?

    Thomas USA 23 08 18

    Depuis longtemps déjà, c'est une question majeure de toute existence : que restera-t-il après ? Est-ce qu'une vie peut se résumer à une plaque avec deux dates : naissance / décès ? Depuis le début, je n'ai jamais eu d'illusion sur la mémoire collective. C'est un enjeu qui ne m'intéresse pas. Tout ce qui est collectif est éphémère, controversé, trop partagé. En revanche, quelques personnes sont des enjeux. Bien sûr d'abord ses enfants. Cette semaine, j'ai eu un réel plaisir à découvrir la tribune de notre fils Thomas dans les Affiches. Pendant près de 25 ans et dès leur plus petite enfance, avec Marie, nous avons veillé à faire partager à nos deux fils chacune de nos passions. Même dans un pays très souvent américanophobe comme la France, nous n'avons jamais caché notre intérêt pour les Etats-Unis, pour les grands espaces, pour une terre de libertés … Leurs séjours y ont donc été nombreux et diversifiés. Pendant toutes ces décennies, nous avons ainsi veillé à faire découvrir à nos enfants ces territoires, leur diversité. Mais aussi des interlocuteurs. A mesure que Jonathan et Thomas grandissaient, ils étaient associés à des réunions de travail. Puis j'ai constaté que Thomas était devenu Membre actif de la French-American Foundation, Membre  des Chambres Internationales de Commerce de New-York et de Boston. Et enfin cette semaine, découvrir l'article de Thomas dans les Affiches relatif aux Etats-Unis cela peut montrer qu'il peut quand même rester des traces durables de telles situations. C'est comme quand des anciens étudiants m'adressent via LinkedIn des informations sur leurs cursus professionnels avec un petit mot sympa. C'est toujours une embellie sérieuse. Quelques mots qui font du bien. Pour s'en priver de le reconnaître ? 

  • 34 / + de 200 ou quand la réalité des chiffres prendra enfin le dessus en France ?

    Beto O'Rourke 25 03 18

    Hier soir à Dallas, 1er débat public contradictoire entre Ted Cruz et Beto O'Rourke (jeune espoir Démocrate qui peut créer la surprise) dans le cadre des élections du 6 novembre 2018. Le Texas c'est 28 millions d'habitants. Pour 28 millions d'habitants, sa représentation au sein des instances fédérales c'est 34 parlementaires : 2 Sénateurs + 32 élus à la Chambre des Représentants. En France, une région comme Auvergne Rhône Alpes, pour seulement 8 millions d'habitants (face aux 28 millions d'habitants du Texas) c'est 64 députés et plus de 30 Sénateurs. C'est à dire que pour près du quart de population, la Région Auvergne Rhône Alpes compte 3 fois plus d'élus dans une instance nationale ! Que signifie cette réalité ? 1) Un coût des institutions politiques qui est disproportionné. 2) Un émiettement paralysant des pouvoirs à l'exemple de la commission du sénat qui passe une matinée entière sur un port d'arme. 3) Un abaissement de la fonction qui ne devient plus attractive pour de jeunes talents. Si le pouvoir de faire d'un parlementaire français c'est de commenter sur le plateau de BFM TV, les vrais talents vont ailleurs. Tant que l'opinion publique française ne regardera pas en face des réalités de ce type, elle enfoncera le pays dans son véritable statut actuel : une moyenne impuissance. 

  • Ces images que l’on garde en mémoire si longtemps après le premier regard …

    Boston 20 04 13

    Il y a des dates qui sont tellement fortes que le jour vit de lui-même sans être rattachable à une année. C'est le cas du 11 septembre. Cette date est un tournant majeur. Chacun se rappelle où il était au moment de la découverte de ce drame. Ces images qui alors semblent irréelles. Deux enseignements me paraissent importants. 1) Une rupture brutale dans ce que nous pensions être le progrès universel. C'est l'époque où, probablement comme de très nombreuses personnes, je m'étais fait à l'idée qu'en dehors de théâtres précis de guerres, des morts collectives ne pouvaient naître que de défaillances techniques (accidents d'avions, trains …). Mais que la "main de l'être humain" ne pouvait volontairement souhaiter la mort d'autrui. Depuis ce 11 septembre, on sait que cette vision de l'évolution collective est fausse. De façon passagère ? A jamais ? Impossible à dire. 2) Il y a donc désormais une violence nouvelle dans le regard sur autrui. On sait que l'immense majorité des êtres humains aspire à vivre en paix, dans le respect d'autrui, dans le respect de la diversité qui fait la beauté des communautés, mais il y a des "arbres qui cachent cette forêt". Et ces arbres cachent tout le regard donné à la forêt. Le 11 septembre a emporté beaucoup de valeurs avec lui. Une journée dramatique qui mérite de rester en mémoire bien au-delà des seuls anniversaires liés à des repères de dates de décennies. 

  • Quand des médias de démocraties dites avancées perdent manifestement la raison …

    NYC 27 08 15

    Ce qu'a fait le NYT relayé par des médias notamment français est d'une extrême gravité. Il est possible de détester Donald Trump mais pour autant des actes ne doivent pas être cautionnés. Le New York Times ouvre une tribune majeure à un auteur anonyme. Donc il cautionne l'anonymat. Et que dit cet auteur anonyme ? De l'intérieur, nous luttons contre Trump c'est à dire une personne explique qu'elle mène la guerre contre celui qui a été désigné par le suffrage universel direct. A quel titre cette personne a reçu mandat pour une lutte de ce type ? Jusqu'où est-elle prête à aller pour mener ce combat ? De telles déclarations sont inqualifiables. Et en France des médias relayent l'information sans se distancer de telles pratiques alors même que cette information va bien au-delà de Trump. C'est cautionner l'anonymat et le blocage d'un élu au suffrage universel direct. Et ces enjeux là sont ignorés. Nous traversons quand même une période très particulière. Les pires détracteurs de Trump auraient dû critiquer de telles méthodes. Il ne faut pas s'étonner si ensuite une crise des médias se creuse.