Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • 168 ans !

    London Breed San Francisco 11 07 18

    Hier mercredi, à San Francisco, la première femme maire afro-américaine a prêté serment pour accéder à cette fonction dans cette ville. Il aura donc fallu attendre 168 ans pour qu'une femme afro-américaine accède à cette fonction dans une ville de 4 700 000 habitants. Il avait fallu attendre 128 ans pour qu'une femme soit maire. Et 40 ans de plus pour que ce soit une "femme de couleur". Ce sont là des séquences temps qui méritent la réflexion. Comment une démocratie peut-elle être inclusive quand une fonction donne ainsi le sentiment d'être hors de portée d'une partie importante de ses membres ? Un réel sujet de fond. Et quelle belle ténacité pour la nouvelle maire que de penser pouvoir ainsi rompre les si vieilles habitudes.

  • Si deux suspens ne deviennent pas trop lourds …

    Clinton bis le président a disparu

    Si le suspens de la coupe du monde de football n'a pas déjà trop usé les nerfs de fervents supporters, je recommande la lecture du "Président a disparu". Bien rédigé. Présentation intéressante des mécanismes du pouvoir comme des flatteries nécessaires pour amadouer des politiques. Sympa en cette période d'été. Mais encore faut-il que deux suspens à la fois ne soient pas trop lourds à endosser … Merci Thomas pour cette recommandation. 

    Clinton le Président a disparu

  • La fête de l’indépendance

    Libération Grenoble 04 07 18

    Aujourd'hui aux Etats-Unis, c'est un jour de réelle fête populaire : l'Independence Day. La célébration de la déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. D'immenses fêtes familiales, populaires, municipales ont lieu. Deux mots formidables : fêter c'est à dire avoir la mémoire joyeuse. Et l'indépendance : être maître de son devenir. Libre ! En France, je suis surpris par la marginalisation progressive des vraies dates d'indépendance. Parfois au fond d'une vallée on tombe sur un monument aux morts. On lit des noms et des âges. Une fois par an, ils ont droit à la visite d'officiels qui l'espace de 30 minutes déposent des fleurs puis repartent souvent très rapidement. Plus le temps passe, moins la fête est partagée populairement. C'est choquant à ce point là. Comme s'il n'y avait en France qu'à célébrer la chute de la monarchie alors que le pays a si rapidement remplacé la monarchie du sang par celle de l'entre soi. Et surtout comme si la monarchie pouvait être un péril pire que le … nazisme. Il y a des moments où le ré-ajustement des fêtes nationales mériterait une plus grande attention.

  • Un d’entre nous !

    Alexandria Ocasio Cortez 3

    A chaque mercredi, lendemain de primaires aux Etats-Unis en cette période d'élections intermédiaires de novembre 2018, c'est la liste des "têtes couronnées tombées". "Têtes couronnées" par des années d'élections, de titres, d'appartenance à un milieu politique. Mais tombées parce que les "indéboulonnables" sont … déboulonnés. Non seulement le 26 juin n'a pas échappé à ce mouvement. Mais un record a été battu notamment à New York avec la défaite de Joe Crowley. Elu depuis 1999 avec une moyenne de 70 % des voix et hier battu par une jeune candidate de 28 ans. A la longue, l'affairisme, l'inefficacité, #MeToo et les scandales d'harcèlements … : les élections deviennent la revanche des citoyens sur leurs représentants professionnels. Du jamais vu. #OneOfUs est la formule magique. Dans chaque "formule magique", il y a la rencontre avec l'attente du moment. Le "en même temps" d'Emmanuel Macron en 2017 témoignait de la volonté de sortir des affrontements permanents droite / gauche. Parfois quelques mots résument toute une offre de fond. C'est le cas du #OneOfUs : la campagne des pairs. Les citoyens veulent d'autres citoyens pour les représenter. Une réalité à méditer. 

  • Les alertes et les jours d’après …

    Trump 2 06 03 16

    En démocratie, l'opinion a toujours raison. Et contrairement à bon nombre d'expressions erronées, l'opinion est d'une redoutable constance. Elle passe des messages et moins elle est entendue, plus elle augmente la force de ses messages. Aux Etats-Unis, en 2016, l'opinion a passé trois messages très forts. 1) La défaite de Jeb Bush condamné au retrait rapide face aux scores dramatiques pour le fils et le frère d'un ex-Président. 2) La bataille très difficile d'Hillary Clinton face à Bernie Sanders avec des conditions de victoire d'ailleurs assez opaques au point de vouer la chairman du parti démocrate à la démission. 3) La victoire de Trump. Plus Trump faisait exploser les règles classiques, plus il progressait dans les intentions de votes. Un monde politique prenait fin. En 2018, ce monde d'hier est encore davantage renvoyé à l'histoire. Les primaires actuelles montrent un dégagisme considérable. La féminisation des personnels politiques va battre des records. Les tenants du système ne voulant pas intégrer les alertes amplifient la vague. Quand l'opinion publique moderne n'est pas entendue, elle n'écoute plus ses supposés ex-directeurs des pensées, elle amplifie la vague du temps des alertes. La France aurait probablement intérêt à tirer les conséquences de ce constat car les scrutins de 2017 sont aussi des alertes à bien des égards.

  • La roue tourne …

    Kristi Noem 29 05 18

    Deux phénomènes récents méritent l'attention. 1) L'opinion éjecte ceux qui ne sont pas ce qu'ils avaient dit être. Le double discours (campagne / gouvernance) n'est plus supporté. Ceux qui font le contraire de ce qu'ils avaient annoncé sont voués à la sanction brutale car l'opinion se sent abusée et elle ne l'accepte pas.  2) Dans la première démocratie au monde (les Etats-Unis), les femmes sont en train de prendre le pouvoir. Aujourd'hui, 5 Etats connaissent des primaires : Maine, Nevada, North Dakota, South Carolina, Virginia. Si les tendances des dernières primaires sont respectées, en 2018, les femmes peuvent être majoritaires dans le Congrès américain. Peut-être de peu (2 % ?). Mais majoritaires. C'est un fait considérable. Une réalité qui ouvre la question sur le jour d'après. Ces femmes vont-elles faire vivre une démocratie moderne nouvelle ? Et si oui en quoi peut-elle consister ? Pour l'instant, elles gagnent d'abord parce qu'ayant été écartées du "vieux système", elles ne sont pas emportées par la sanction de ce "vieux système". Il leur restera à montrer qu'elles peuvent incarner une nouvelle gouvernance. Mais ce qui est sûr, c'est que la roue tourne manifestement … 

  • Ne jamais sous-estimer les tournants qui changent la vraie direction …

    Kristi Noem 31 01 16

    C'est très instructif de confronter actuellement la vie politique américaine et la vie politique française. La première a vécu en 2010 un tournant avec la naissance du Tea Party. A 3 mois du vote, bon nombre d'observateurs se moquaient de candidats défendant les "héros du quotidien" contre les élites politiques comme cette candidate du Dakota du Sud dont la carte de visite était : mère de famille et fermière. L'élection des pairs naissait … 6 ans plus tard, les idées du Tea Party accédaient à la Maison Blanche avec Trump. Et actuellement ce courant construit les majorités des primaires républicaines pour les élections intermédiaires du 6 novembre 2018. Le tournant de 2010 est ainsi devenu une véritable nouvelle direction.

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    Cela devrait donner de l'humilité aux vieilles formations politiques françaises. Il y a des tournants qui changent la vraie direction. Par conséquent, rien ne voue En marche à être un événement éphémère du printemps 2017. C'est peut-être également un tournant pour un changement durable ? Les Français gagneraient à observer la politique américaine avec le Tea Party qui occupe un autre registre d'idées. En 8 ans, ce pays au bipartisme séculaire a changé. Pourquoi la France devrait-elle rester à l'écart de changements de ce type ? L'assurance culturelle des membres des vieux partis politiques français est irréelle. Cette semaine, il suffisait de regarder le documentaire de France 3 sur Edouard Philippe pour entendre des commentaires terribles sur des tendances de qui doit gagner et surtout sur qui … ne gagnera jamais. Un an plus tard, ce vieux monde s'est écroulé. Pourquoi cet écroulement devrait-ils être passager ? Rien ne peut le laisser penser comme si peu pouvait laisser imaginer le printemps 2017. Il faut avoir cette impertinence d'esprit toujours présente. Cette semaine, avec plusieurs contributeurs d'Exprimeo, nous avons "fêté" des chiffres d'audiences sympathiques. Des produits sont en tête sur des supports gratuits qui sont des appels efficaces pour des suppléments payants. Nous avons maintenant l'ancienneté pour établir la justesse d'analyses, voire de prévisions. Pour les analyses, la lettre sur le Tea Party réalise de bons scores. Et pour les prévisions, nous avons toujours plaisir à mettre en relief notamment cette couverture du 7 mars 2011. A cette époque, Hugues Renson était peu connu. Il est aujourd'hui Député, Vice-Président de l'Assemblée Nationale et postulant sérieux à la Mairie de Paris en 2020. Il y a en effet des tournants qui font changer des directions pour de bon.

    Couv 253 07 03 2011

  • Chaque société avec ses blocages durables

    RFK 04 06 15

    Remarquable documentaire hier soir sur FR3 sur Robert Kennedy. C'est un espace de respiration entre des programmes TV dominés par un abêtissement manifeste avec une succession de séries policières, des variétés où la course à l'audience passe par la vulgarité et la bêtise … Ce qui est flagrant dans ce documentaire, c'est que finalement chaque société porte des blocages durables qu'elle parvient peu à régler une fois pour toutes. C'est vrai que sous cet angle, tout ne parait que répétitions. 50 ans plus tard, la société américaine n'a pas réglé sa violence notamment dans son rapport avec les armes. Elle n'a pas davantage réglé la brutalité de ses poches de pauvretés. La question raciale reste au coeur de ses conflits potentiels permanents même durant et après la présidence de son 1er président métis (Obama). Dans le rapport à l'expression de sa puissance internationale, le choix de l'arme de la guerre reste culturellement très présente. Ce documentaire était terrible de constats que si peu change dans les décennies comme si les nations restaient irrémédiablement structurées par des tendances permanentes. 

  • 2018 et la disparition des marchands d’Amérique

    Indiana Jones 2 08 05 18

    Le phénomène majeur de l'époque actuelle, c'est la disparition des marchands d'Amérique. Les Etats-Unis ont toujours eu trois vendeurs talentueux de rêve et d'idéal : les leaders politiques, Hollywood et les inventeurs économiques. Pour la politique, il y avait le choix entre deux profils : le Démocrate ouvert, tolérant, universaliste (Kennedy, Clinton, Obama …) ou le Républicain qui est un mélange de John Wayne et d'Indiana Jones. Il emprunte au 1er les valeurs des prairies et au second le sens de l'aventure gagnante. Trump n'est ni l'un ni l'autre. Par conséquent, le leadership politique est en berne. Est-il remplacé par la force d'Hollywood ? Non, avec #MeToo, Hollywood vit sa descente aux enfers sur le thème du "impossible de tourner sans coucher ...". Et l'économie, c'est la crise des GAFA perçus comme une gigantesque entreprise à ficher autrui dans ses moindres données privées. Même au-delà de l'imagination d'Orwell. Rarement l'Amérique a perdu à ce point et au même moment ses marchands. Une donne inquiétante pour la première puissance des démocraties occidentales. 

  • La fin des bocaux sur les étagères …

    Macron 23 04 18

    Je ne suis pas d'accord avec toute la politique mise en oeuvre par Emmanuel Macron, mais il y a actuellement deux ruptures particulièrement positives à mes yeux. 1) Il remet de l'esprit dans la politique. On sort progressivement, y compris dans l'expression, de l'affaissement permanent voulant que même le Président de la République parle aux citoyens comme si nous étions accoudés au comptoir en parlant des sujets de la cage d'escalier. Cette démagogie réductrice, d'abord méprisante pour le peuple, prend fin progressivement. Ouf ! 2) Et la seconde rupture, c'est la fin du prêt à penser figé une fois pour toutes. La fin des bocaux sur les étagères. Chacun prenait son bocal de droite ou de gauche et il fallait s'y tenir avec les incontournables. Parmi les incontournables, jusqu'alors la coutume demandait de céder à l'américanophobie ambiante en France. Lui, même avec Trump au pouvoir, il n'y cède pas. Et le faire avec Trump à la Maison Blanche, il faut le faire … Même si je ne suis pas d'accord sur tout, je préfère quand même voir les intérêts de mon pays défendus par quelqu'un d'intelligent, qui travaille ses dossiers pour pouvoir répondre aux questions sans avoir à plonger en permanence dans les fiches rédigées par ses collaborateurs et qui a du tempérament. Ce sont toujours des qualités (intelligence, travail, compétence et refus de la démagogie) qui sont de bons boucliers face à des très mauvaises décisions.