Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Les vrais bons discours ne meurent jamais. Ils font date !

    RFK 03 04 17

    L'actuelle présidentielle française est peut-être en train de revaloriser l'impact des discours ? La poussée d'un candidat est expliquée par ses qualités … d'orateur. Une photo peut vieillir et perdre une partie de sa signification. En revanche, les vieux vrais bons discours ne meurent jamais. Ils font date. Qu'est ce qu'un "vrai bon discours" ? C'est un contenu qui est en prise directe avec la vie. Une tranche de vie collective exprimée par une voix. Le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné. En deux occasions distinctes, Robert Kennedy va effectuer deux discours qui vont changer le cours des événements. Le premier est bref, totalement improvisé. Mais il porte une séquence de vie puisqu'il est le discours du frère d'un Président assassiné. Ce discours va calmer les émeutes. Le second, le lendemain, est une réflexion plus profonde sur la violence et la nécessité que la violence ne soit pas la réponse à la violence. Ce discours est entré dans l'Histoire. Ses mots sont toujours aussi forts. Il a rejoint les plus beaux discours de Churchill, De Gaulle, Mandela, Nehru, Pierre Trudeau … Malheureusement, les actuels discours sont éloignés d'une telle portée. Le meilleur d'entre eux gagne par la comparaison avec le plein de vide des autres mais aussi, voire surtout, pour tant d'autres critères : une musique de la parole, une sincérité des thèmes, une force des convictions, un ancrage dans l'Histoire … Il serait quand même temps que la présidentielle 2017 nous réserve au moins un discours qui fera date. Elle commence à en prendre le chemin. Une façon aussi pour se faire alors pardonner du piètre niveau jusqu'à ce jour.

  • Aujourd’hui, qui va dire non ?

    Obama 10 01 17

    Le "oui" le plus fort passe souvent par l'affirmation d'un "non" ferme. Affirmer l'égalité des sexes c'est dire non aux discriminations des sexes (salariales, harcèlements …). Dire "oui" à la cause animale c'est dire "non" aux consommations qui ne respectent pas des règles de respect élémentaire des animaux. Et la liste d'exemples de ce type pourrait durer longtemps … Aujourd'hui la question du non concerne les Etats-Unis. Donald Trump réussira-t-il à faire passer le projet de loi anti-Obamacare programmé aujourd'hui à la Chambre des Représentants ? C'est la réforme forte des "années Obama". Est-il possible de trouver 20 Républicains qui disent non et viennent gonfler les voix des Démocrates ? Un échec de ce type pour Trump changerait la donne. Ce serait la première sanction politique après les résistances judiciaires. Le poids de cet échec serait considérable. Qui va dire "non" et combien seront-ils au total ? Question importante.

     

  • L’urgence d’une VI ème République est incontestable

    Senate hearings

    La Vème République a oublié deux valeurs fondamentales : l'efficacité et l'exemplarité. Quand des décideurs publics deviennent inefficaces et non exemplaires, la sanction est lourde et incontournable. Depuis 15 ans, en France, l'efficacité est inversement proportionnelle au niveau des responsabilités. Plus l'interlocuteur est bas dans la hiérarchie, plus il est efficace. Plus il est élevé dans la hiérarchie, moins il est efficace. Des élus de petites Communes dans des territoires difficiles font "tourner la baraque" dans des conditions fabuleuses tandis que des députés donnent un sentiment de vide, voire de nullité, tel qu'on se dit à la sortie d'un rendez-vous "que pourrait-il (ou elle) faire en dehors de la politique ?". Il en est très souvent de même pour l'exemplarité. Quand ces deux valeurs sont à l'abandon à ce point, la répulsion populaire est au coin de la rue avec une formule qui résume tout "à quoi servent-ils donc en dehors de se servir à eux-mêmes … ?". Si la Vème République est à cet état de délabrement, c'est qu'elle n'aime pas les contre-pouvoirs. Or une démocratie saine et respectable se nourrit de vrais contre-pouvoirs actifs, indépendants, solides. Pourquoi Trump sera terriblement moins dangereux qu'il n'y parait ? Parce qu'aux Etats-Unis les contre-pouvoirs existent ! La Cour Suprême est d'abord composée de juristes et non pas comme le Conseil Constitutionnel d'ex copains politiques qui vivent une pré-retraite dorée. Les parlementaires se consacrent qu'à cette fonction et non pas à des sorties dans la Capitale pour passer à la télé. Les "collectivités locales" ont leurs pouvoirs clairs. Sur tous ces domaines, la France est en total décalage. Même sur la mesure dite révolutionnaire ici (le pouvoir de révocation), elle fonctionne déjà très bien là bas. Signe des temps difficiles, la France importe que ce qui pose problèmes (primaires) par refus des vraies réformes. Une période qui sera jugée terrible avec le recul du temps.

  • Les trois vraies leçons fortes de l’introduction en Bourse de Snapchat

    Snpas Inc 02 03 17

    Le véritable fait majeur sur le plan économique international du début 2017, c'est l'introduction en Bourse de Snapchat. "L'atypisme" de ce fait majeur est actuellement banalisé dans des conditions irréelles. Les faits : une entreprise qui lance son application Internet en septembre 2011 connait en 2016 un CA de 400 M€. Elle n'a connu que des pertes et pour des montants significatifs (515 M€ en 2016). Et cette entreprise âgée de moins de 6 ans lève plus de 3 milliards de dollars en Bourse (c'est à dire davantage qu'hier Twitter en 2013 ou Google en 2004) et elle est valorisée 20 milliards de dollars ! Voilà pour les faits.

    Ces faits peuvent conduire au "complotisme actuel" sur l'irresponsabilité de la "bulle Internet" … Mais la réalité est très éloignée de ce "complotisme". Les trois leçons de l'introduction en Bourse de Snapchat sont essentielles :

    1) Par la méthode des comparables, la "nouvelle économie" a installé progressivement ses propres critères de valorisation. Quand la communauté financière les valide à ce niveau là, c'est la reconnaissance officielle durable incontestable d'une "nouvelle économie" à part entière,

    2) Parmi ces critères distinctifs, il faut noter la part attendue des recettes publicitaires sur des segments de marchés très ciblés par le profil homogène d'utilisateurs avec des critères référents précis. Pour que ce critère distinctif soit reconnu à ce point c'est l'assurance du transfert considérable du marché publicitaire sur les réseaux sociaux. Par conséquent, une nouvelle donne absolue à ce point pour les autres supports dits traditionnels parce que le marché publicitaire n'est pas extensible à ce point. Pour qu'un tel transfert de recettes publicitaires intervienne à ce point sur des supports nouveaux, c'est la reconnaissance que, peut-être pour la première fois dans l'histoire des médias, un nouveau support va totalement déstabiliser les autres, les vouer à des disparitions progressives. Sous ce volet, c'est une nouvelle donne totale,

    3) La levée se fait aux Etats-Unis, pays qui détient déjà la quasi-totalité des nouveaux leaders mondiaux sur ce segment de marché. Si la France reste confinée dans ses réseaux institutionnels de financements de proximité avec les petites levées récurrentes, c'est l'installation assurée de la France dans les "petites divisions" de cette nouvelle économie. C'est ce à quoi nous assistons actuellement en douceur mais avec certitude.

  • Les 18 – 35 ans et le temps de l’épicerie personnalisée créative : au-delà de la seule alimentation …

    Marché Goodfood

    Surprenant débat en France actuellement sur le devenir d'un régime politique à bout de souffle. Bien sûr que le système politique français actuel est mort sous un amas d'échecs, de scandales, d'affaires permanentes à répétition, de problèmes jamais résolus … A quel titre ne serait-il pas mort quand tout bouge par ailleurs de façon accélérée même dans les domaine sa priori les plus traditionnels ? Prenons l'exemple du rapport à l'alimentation qui est par excellence le secteur le plus traditionnel. Les 18 – 35 ans sont en train de changer totalement la donne. L'entreprise Marché Goodfood s'annonce comme l'une des introductions en bourse les plus prometteuses dans les prochaines semaines. La foodtech vit des révolutions considérables comme le révèle une étude récente Kantar TNS. Ces personnes nées entre 1980 et 2000 ont un poids démographique croissant qui lui fait déjà atteindre un tiers de la population mondiale et bientôt 50 % de la population active en France. Ils sont en train de casser tous les codes classiques du fonctionnement dans ce qu'il y a de plus quotidien et traditionnel : le rapport à la nourriture et aux boissons. Et alors que cette génération casse tous les codes, elle se soumettrait aux codes classiques de la politique, domaine par excellence devenu répulsif. Ce raisonnement ne résiste à aucune logique. Tout l'équilibre institutionnel de la V ème république est déjà mort. Cette génération l'a condamné sans appel. Mais l'équilibre suivant n'est pas encore né. C'est actuellement la seule incertitude réelle : quelles institutions demain ? 

     

     

  • L’Accord de Paris : c’est fini !

    Maine 3 25 08 16

    Dans le temps, même dans la neige, le bilan positif de Hollande ne laissera aucune trace. En décembre 2015 les contribuables français ont pris en charge des millions d'euros pour payer les frais de l'Accord de Paris (Cop21) présenté comme destiné à "sauver la planète". Les scientifiques avaient alerté demandant de profiter de la présidence Obama pour bien finaliser les engagements. Mais les publicitaires français ont préféré que pour que l'accord soit signé par le plus grand nombre et réussir ainsi l'opération de communication, ce soit un simple papier de bonnes intentions mais sans valeur juridique. Et avec l'élection de Trump, le piège s'est refermé sur les mauvais tacticiens de départ. Jeudi, l'administration Trump a dénoncé l'accord toute heureuse de ne pas avoir à récuser la signature des Etats-Unis puisqu'il ne s'agit pas d'un traité international. Quand on constate le péril du réchauffement climatique, du vrai n'importe quoi de tous les côtés ! 

  • Snapchat et la véritable « nouvelle économie »

    Snpas Inc 2 02 03 17

    Au début des années 2 000, les critères de valorisation des sociétés .com introduites en bourse suscitaient des commentaires quasi hystériques de la part des observateurs classiques. AuFéminin.com, Cyberdeck, et surtout Artprice avaient déchaîné des passions. Artprice, entreprise alors toute récente lors de son introduction, avait été valorisée sur la base d'un multiple élevé (20) de son CA prévisionnel à n + 2 ! Avec Snapchat, près de 17 ans plus tard, la communauté financière montre que les critères de valorisation de la nouvelle économie n'ont aucun rapport avec les valeurs de rendement qui prévalaient hier. C'est une véritable nouvelle économie qui est née, qui fonctionne, qui a installé ses critères différents sur des bases techniques nouvelles : le nombre d'utilisateurs, leurs profils, leur fidélisation, la place de marché, la croissance du CA … : il y a une immatérialité nouvelle dans certains postes importants. Ce qui est sûr c'est que Snapchat est une introduction réussie. Avec le recul de la semaine, le cours est largement supérieur au cours d'introduction. Les volumes journaliers d'échanges sont très élevés. Le cours est élevé alors même que les investisseurs de départ ont probablement capitalisé leurs mises, ce qui peut toujours tirer le cours à la baisse. C'est un exemple de vitalité qui montre, si besoin était, combien la France a cassé son financement par les introductions en bourse notamment par la restructuration d'Euronext et la disparition des places régionales. Un très lourd handicap pour les start-up françaises dans la compétition internationale des prochaines années.

    Snap valo bourse 10 03 17

  • Quand les marchés achètent de l’avenir

    Snap. Inc 02 03 17

    + 47 % d'augmentation du nominal de l'action Snap. Inc dans la journée d'hier. Les marchés ont passé un message clair : ils achètent de l'avenir. Lors d'une introduction en bourse, deux hypothèses : c'est le couronnement d'un processus vertueux de bons résultats financiers dans la durée ou c'est le démarrage d'un processus innovant jusqu'alors confronté à des pertes. Hier avec Snapchat, les marchés ont montré qu'ils voulaient acheter de l'avenir. Parier positivement sur la jeunesse des utilisateurs de Snapchat, la clientèle major de demain. Parier sur les nouveaux produits que la levée de fonds va accélérer. Face à la France qui veut taxer les robots ou condamner Heetch entre autres, les Etats-Unis viennent de passer un autre message plus prometteur. Heureusement !

  • Snapchat et le fort message d’optimisme

    Evan Spiegel 02 03 17

    Après les suppositions, c'est le temps des réalités. Et les réalités sont belles pour l'introduction en bourse de Snapchat aujourd'hui. 200 millions d'actions vont être levées à un prix d'introduction de 17 dollars. C'est une levée de fonds de plus de 3 milliards de dollars ! Mais surtout le livre des engagements a été sur-souscrit 10 fois ! C'est un formidable message d'optimisme qui est passé et qui va compter pour d'autres entreprises dans les prochains mois. Et un tel engouement pour des actions qui ne sont pas assorties de droit de vote. Le programme de Trump booste les indicateurs boursiers qui franchissent de nouveaux records. Bien loin de l'actuelle morosité française. 

  • La « vallée de la mort » prend naissance … ?

    Evan Spiegel 27 02 17

    Dans l'actuel climat, deux signaux passent inaperçus en France de façon irréelle. 1) Avec son actuel niveau d'investissement public, c'est le plus bas niveau en France depuis 1952. Depuis 2008, l'investissement public en France a chuté de 15 milliards d'euros par an en moyenne. A ce stade, c'est un pays qui non seulement ne livre plus des équipements nouveaux significatifs mais qui n'assure plus la maintenance des équipements actuels. Concrètement, les prochaines générations vont avoir la "double peine" : une dette record + des équipements délabrés. 2) Alors que le cabinet In Extenso publie une étude passionnante sur le "second âge des start-up française" avec une alerte sérieuse, aux Etats-Unis cette semaine Snapchat va lever 3 milliards de dollars dans le cadre d'une introduction en bourse sur-souscrite. Une sur-souscription qui va encourager des entreprises françaises à aller chercher ailleurs les financements qui font défaut dans la "vallée de la mort" que devient la France. La drôle de campagne présidentielle risque de plus en plus d'aboutir à une réalité qui va précipiter la France dans un déclassement accéléré manifeste.