Trump vient de réduire le pays qu'il annonçait vouloir grandir. Parce qu'il reste prisonnier d'une conception financiarisée de la notion de dette qui limite considérablement la réalité de la portée de toute action collective. En matière financière, la notion de dette, c'est reporter sur autrui une responsabilité non assumée immédiatement. C'est parfois justifié lorsque la nature d'un équipement le voue à durer dans le temps, donc à profiter à plusieurs générations. Cette durabilité d'usages justifie la durabilité du financement. Progressivement, dans le domaine public, la notion de dette est devenue celle d'un puits sans fond. Conception qui annonce des réveils difficiles. Mais il y a de nombreuses autres dettes qui n'ont pas de valeur financière stricte mais dont l'importance va dépasser considérablement des volets financiers. Il y a aujourd'hui par exemple une dette éducative qui se creuse : le temps éphémère immédiat tue la mémoire, l'Histoire, le sens des racines dans tous les domaines y compris culturels dont la richesse de l'apprentissage par des auteurs fondamentaux. Il y a une dette environnementale : dans quel état une génération lègue la planète aux générations futures ? C'est l'enjeu du choc de Trump : son insensibilité exposée, assumée aux valeurs qui ne sont pas financiarisables. C'est le contre-sens culturel majeur de sa gouvernance. Bush avait oublié la dimension morale avec la guerre du Golfe : prétextes mensongers pour une aventure guerrière dramatique dans la durée. Obama a corrigé cette faute. Il ne peut pas y avoir de leadership sans valeur morale. Des valeurs qui dépassent le seul volet financier pour donner une sens collectif partagé. La réalité de la puissance d'un Etat comme d'une collectivité ne peut se réduire à sa puissance financière ou militaire. Il faut une dimension morale. Cette dimension morale aujourd'hui prend de nombreux visages : la diversité des droits, le respect des libertés, le respect de l'environnement pour ne pas créer une dette insurmontable pour les générations futures. Ne pas ajouter d'autres espèces à celle des espèces animales déjà perdues. Ne pas ajouter d'autres espaces naturels à la liste de ceux perdus à jamais. Trump vient en effet de réduire le pays qu'il voulait grandir. Il est en train de s'inscrire sur la liste des présidents honteux dans le temps : Nixon, Bush Jr … Surprenant à ce point.
Catégorie : Etats-Unis
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L’air d’un cadeau …
Il y a des causes que l'on aime aussi, voire encore davantage, parce qu'elles sont détestées par des individus qui mettent tous les moyens pour être … détestés. C'est le cas de Trump aujourd'hui s'il retire les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Le mariage entre l'environnement et Trump semble impossible d'avance tant Trump incarne d'abord la vulgarité là où l'environnement a si souvent l'air d'un cadeau de beauté et de finesse. Une harmonie de couleurs si éloignée d'un bling bling brutal et primaire. Ce qui est le plus révoltant dans ce dispositif c'est que des personnes n'estiment pas utile de mobiliser toute leur énergie pour respecter les cadeaux de la nature. Il y a des endroits où rien n'est à retoucher. On peine même à imaginer que le cadeau puisse être aussi parfait. Et comment accepter l'égoïsme de ne pas le respecter pour les générations futures ? Les plus beaux cadeaux durent. Ceux qui ne sont pas capables de respecter de telles valeurs ne devraient pas mériter la confiance populaire qui se salit par de tels votes.
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Bon goût + bonne conscience = fait maison !
Une véritable révolution culturelle est en route. La "génération fun" a pris le pouvoir. Hier marginale ou rebelle, cette mentalité progresse considérablement. Elle est en train de changer la donne. Elle fonctionne sur la logique de l'utilité ludique. C'est une mentalité entièrement différente des anciennes générations. Elle ne supporte pas le comportement surveillé, arbitré, programmé, uniforme. Elle veut concilier l'utile et l'agréable, le nécessaire et le plaisir. Mais surtout, elle personnalise le produit. Elle s'approprie un produit. Depuis plusieurs années, avec Eric Merlen, Béatrice Metenier et Lydia Menut notamment, nous avions anticipé cette évolution alors naissante avec des collections de guides pratiques (balades gourmandes, bivouacs sous les étoiles …). Mais depuis 4 à 5 ans, le phénomène a changé d'ampleur. Et nous ne sommes qu'au début d'une probable vague considérable. Le circuit de l'alimentation sera révolutionné. Actuellement ,l'une des plus belles ventes de l'édition c'est "jardiner dans 1 m²". Une excellente idée que de montrer que le jardinage est compatible avec le petit espace même le plus symbolique : 1 m² ! Idée excellente du possible partout. Des sociétés comme marché goodfood, Une Petite Mousse … font vivre cette culture. Quand l'environnement entre de cette façon par … le jardin, sa place dans le débat politique ne sera plus jamais la même. C'est l'un des plus beaux succès actuels à l'exemple des jardiniers urbains et des opérations "cultivons nos toits".
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Nous sommes faits de l’étoffe des rêves …
Remarquable discours de Mark Zuckerberg à Harvard jeudi 25 mai. Son actuelle tournée sur le terrain suscite de nombreuses interrogations sur ses objectifs à terme. Ce qui est déjà sûr, c'est que Zuckerberg a délivré un discours de grande qualité qui est d'abord une invitation aux rêves individuels et à la lucidité collective. Au départ de tout, il y a un rêve. Ceux qui l'oublient s'engagent souvent dans une triste bouderie avec la vie.
Pour prendre connaissance des principaux extraits, cliquer sur le lien suivant : Mark.
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Climat : la Californie et la notion de leadership local
Un article est passé inaperçu en France alors qu'il marque un enjeu de 1ère importance : l'article dans le New York Times du 23 mai par lequel Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, défend la "guerre intérieure" que cet Etat va mener contre Trump sur le thème du réchauffement climatique. En 1 seul article, tout le travers culturel de la vie politique française éclate. En France, le local, c'est la logistique pour une carrière politique nationale. Rien d'autre dans les faits. C'est une salle d'attente et une façon de collectiviser la logistique matérielle et humaine pour la carrière nationale. La preuve : à la moindre occasion, le local est abandonné pour une carrière ministérielle. Il y a en permanence une culture selon laquelle rien ne serait possible en dehors de l'Etat. Certes aux Etats-Unis, notamment les dimensions ne sont pas comparables, mais la mentalité est différente. Le "local" existe et il peut même faire vivre une réelle différence avec la politique fédérale. Alors que Trump veut renverser les politiques de l'administration Obama sur le changement climatique, la Californie s'engage à devenir le modèle d'une autre politique. C'est l'affirmation d'une capacité à un leadership local. Le local comme référence concrète d'une véritable autre politique. Une culture qui mériterait de gagner du terrain en France.
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Bourse : Snapchat ou la consécration du critère de la place de marché
Beaucoup de commentaires accompagnent actuellement la chute de la valeur Snapchat. Il y a un enseignement simple à en tirer : la consécration du critère de la place de marché. Pour avoir été pendant 7 ans comme professionnel extérieur intervenant à l'Institut Supérieur Européen de Gestion à Lyon pour le cours sur les introductions en Bourse, je suis aujourd'hui satisfait de voir à ce point la reconnaissance de l'importance essentielle de ce critère que je mettais en relief en permanence bien au-delà des chiffres classiques habituels (CA, RN …). En Bourse, les investisseurs achètent de l'avenir. Seule la place de marché est le critère de l'avenir.
La place de marché, c'est quoi ? C'est la conjonction de 4 critères :
1) Etre numéro 1 sur son segment de marché : on ne retient qu'un leader de segment de marché. Le n°2 a un handicap immédiat : il doit clarifier ce qu'il fait d'autre et de mieux que le n°1 perçu. Ce qui est aujourd'hui le problème de Snapchat face à Facebook.
2) Disposer de fortes barrières de protection face aux concurrents : la barrière de protection c'est l'assurance que soit les concurrents vont devoir acheter soit qu'il y a du temps pour qu'ils rejoignent le leader. Dans les deux cas, c'est une protection considérable.
3) La place de marché doit être associée à un marché perçu comme porteur dans le temps. Tout l'enjeu est sur la perception de croissance. Il n'est pas nécessaire que cette croissance soit incontestablement justifiée. Il est indispensable que cette croissance soit "la raison partagée". Le marché a par définition un comportement moutonnier puisque la "raison partagée" est le filet de sécurité des investisseurs en cas d'échecs quand ils n'ont pas engagé leur argent personnel. "Avoir fait comme les autres" est l'argument pour se dé-responsabiliser vis à vis des réels propriétaires des fonds.
4) Face à la place de marché de base, les démultiplications ultérieures éventuelles doivent être perçues comme des niches de croissance à moindre coût.
Snapchat est faible sur les 4 critères. La période s'annonce délicate dans l'attente d'un repositionnement.
NB : je saisis l'occasion de ce billet pour remercier tous les anciens étudiants qui me passent régulièrement des messages très sympathiques via des réseaux sociaux dont LinkedIn. Cela me touche beaucoup et j'en félicite le très grand nombre pour la qualité remarquable de leurs parcours professionnels.
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Marché Goodfood : étape clef le 17 mai ou les messages passés à la … France
Dès début mars, j'annonçais l'introduction en Bourse à venir de Marché Goodfood. Elle est désormais confirmée avec une date clef : le 17 mai. C'est un tournant dans un moment clef de la vie de chacun : la cuisine. Le succès de Marché Goodfood (200 000 repas livrés chaque mois dans plusieurs régions du Canada) atteste d'une évolution de fond : la personnalisation de l'alimentation avec le goût de la découverte. Un créneau déjà vécu avec succès par Freshii sur la base de l'alimentation santé à petits prix. A 17 heures, 70 % des personnes ne savent pas quel sera leur repas du soir. Plus il est question de jeunes générations, plus ce chiffre est élevé. Quoi de plus simple que d'être livré à domicile : juste ce qu'il faut, avec toutes les garanties sur la qualité des produits et les informations sur la recette à mettre en oeuvre en quelques minutes. C'est le même esprit que Le Petit Ballon ou Une Petite Mousse. Ce qui est intéressant dans le parcours de Marché Goodfood, c'est l'étape par le passage par la Bourse de Toronto dont les valeurs sur 2016 ont été les plus actives en moyenne. Pour qu'un marché financier soit performant, il faut des étapes avant la "grande cotation" sur un marché majeur. La France a déstructuré les places régionales d'Euronext. Ce faisant, elle a liquidé des étapes initiatrices utiles. C'est un échec considérable qui pénalise beaucoup les startups. Si ce dispositif n'est pas rapidement corrigé, c'est un facteur d'expatriation qui va beaucoup impacter les emplois en France. la Bourse reste une étape de développement qui mérite d'être mieux considérée parce qu'elle permet des opérations mixtes (cessions de titres et augmentations de capital), parce qu'elle assure une indépendance face aux banques … Faute de corrections rapides dans les deux ou trois prochaines années, avec une telle faiblesse, la France décrochera significativement de la seconde étape de vie d'une startup.
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Le beau printemps des valeurs technologiques
La France progressivement, c'est le bonheur d'être … triste. Le mal de vivre est partout. Avant le 1er tour de la présidentielle, il faut chasser les … anciens. Puis au second tour de la présidentielle dans la foulée du débat, il faut chasser les … nouveaux. Tout est toujours comme cela : le pays qui a la flemme d'aller bien. C'est ce même réflexe qui a animé bon nombre de commentaires par le passé à mesure de recommandations sur des valeurs technologiques. Les valeurs vouées hier à "subir l'éclatement de la bulle" sont en train de vivre un très beau printemps. Sur une simple séquence temps de novembre 2016 à début mai 2017 :
- Twitter : + 12, 5 %
- Alibaba : + 29 %
- Facebook : +32 %
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Même Snapchat a évité le "gadin" promis par tant de "spécialistes" français.
Dans les prochains mois, 7 introductions en Bourse doivent performer sur le marché américain. En France, elles seront présentées comme les "prochaines bulles" et ne feront parler d'elles qu'à l'occasion d'un vrai "gadin". Parce que quand des valeurs vivent des progressions du type de celles ci-dessus, bien entendu il n'y a pas matière à en parler et encore moins à s'en réjouir. Dans un tel climat, bon courage au vainqueur du 7 mai …