Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Inscrire des rêves dans les mémoires …

    JFK Library 09 07 16

    Il y a deux catégories de temps. Le temps que l'on vit directement. Celui dont on est spectateur parfois même lointain en écoutant ce qui est rapporté sur un temps non vécu personnellement. Cette seconde vie du temps peut être obscure si les rapports sont confus, contradictoires. Elle peut être jamais assumée si le déni s'est installé. Mais elle peut être positive si la part des rêves collectifs est toujours respectée. Parce que ces rêves ont existé même s'ils ont été mal exprimés ou jamais atteints. Hier, à Chicago, Obama a présenté le détail de son "musée présidentiel". Le terrain d’environ 20 500 m² ouvert sur le lac Michigan accueillera un musée en forme de tour hexagonale, ainsi que deux édifices de plain-pied : une bibliothèque à proprement parler et un lieu de forum, tous deux surmontés de toits aménagés en espaces verts. L’édifice comprendra des salles de classe, des laboratoires, des espaces extérieurs et de rencontre, ainsi évidemment que des bureaux pour la fondation Obama et un lieu où seront exposés des documents liés aux huit années de la présidence de Barack Obama.

    Obama Library 04 05 17

    Barack Obama a également vanté l’intérêt d’un lieu de vie, en présentant avec enthousiasme un terrain de basketball, un sport qu’il pratique régulièrement, ou encore un lieu pour faire du barbecue ou de la luge.

    Voilà une belle façon d'inscrire des rêves dans les mémoires comme la JFK Library à Boston qui est une réussite remarquable à tous égards. 

    Voilà ce que la France ne sait plus faire : inscrire des rêves dans les mémoires. Or quand un pays n'a pas de mémoire saine, il ne peut être que violent parce qu'il est ballotté entre des "vérités trop contradictoires", parce qu'il est sans attache. Depuis son désastre de la seconde guerre mondiale, la France ne s'aime plus. Elle ne s'assume plus. Le jour où cette étape avec les suivantes indissociables dont la décolonisation sera établie avec davantage de justesse, de lucidité, de vérité, beaucoup de choses changeront. Dont la capacité à faire revivre de beaux rêves collectifs et non pas des disputes permanentes comme le débat dit présidentiel d'hier soir.

  • 556 jours !

    Boston 1

    Dans 556 jours, le mardi 8 novembre 2018, les citoyens américains vont avoir l'occasion de s'exprimer sur la gestion Trump lors des élections dites intermédiaires. Si les actuels contacts se vérifient, c'est un raz de marée historique de votes hostiles qui attend l'actuel locataire de la Maison Blanche. Chaque pays porte un tempérament, une personnalité. En 2008, dès les premiers jours d'avril, la tendance pro-Obama se manifestait sur place. Elle allait progresser encore et toujours jusqu'en novembre. Sur place, le rejet de Bush était tel qu'il était tangent qu'aucun candidat républicain, fut-il le "rebelle McCain", ne pourrait inverser la tendance. Aujourd'hui, de tous les contacts, il ressort que la même étape est en gestation. Le rejet se témoignera de façon différenciée mais fort. Le plus fort sera très probablement la Californie.

    Jerry Brown 30 03 17

    Or la Californie c'est 1 Américain sur 8.  L’Etat pèse autant que la 6ème économie du monde. Au sein de cet Etat, Et 27 % des habitants, soit près de 11 millions, sont nés dans un pays étranger. Depuis 100 jours, cet Etat symbolise la révolte contre Trump.  Sur le démantèlement de l’Obamacare, des dizaines de millions de dollars de subventions fédérales pourraient être perdues. Sur l’environnement et sur la défense des immigrants, c'est le dos tourné à l'identité de la Californie. Le dispositif des « villes sanctuaires » risque de priver de certaines contributions fédérales si elles ne coopèrent pas avec la police en charge de l’immigration. Dans la vallée centrale de la Californie, les agriculteurs, grands exportateurs vers l’Asie, déplorent déjà les conséquences du retrait du TPP, le traité commercial trans-pacifique, annoncé le 22 janvier. Et la liste pourrait continuer longtemps comme la remise en cause de sanctuaires naturels pour des animaux. 

    La campagne de novembre 2018 s'annonce comme l'une des plus belles. 10 ans après celle de 2008. Le moment où chacun s'engage pour faire vivre un pays comme symbole des belles valeurs qu'il a toujours vocation à incarner pour la civilisation occidentale. Ces 556 jours vont être beaux à vivre. C'est le vrai rendez-vous de ce samedi et non pas la célébration des 100 jours de Trump. 

    Chicago running

  • Le dangereux enlisement dans l’arrogance

    Bears ears 2 27 04 17

    L'arrogance est un pays. Un univers à part. Quand on rencontre des personnes qui vivent dans l'arrogance, on n'est plus ni dans la vérité ni dans le doute. L'arrogance, c'est le pays de la fierté du mépris face à tous les obstacles possibles. C'est ce que vivent les Etats-Unis actuellement avec Trump. Ils sont tombés dans la caricature du pays de l'arrogance d'un président en exercice. Hier mercredi, il a signé un décret ordonnant un examen des décisions de classement comme «monument national» prises au cours des deux décennies écoulées. Donald Trump vise des décisions prises par Barack Obama pour sanctuariser certains territoires. Ces désignations ont parfois été sources de polémiques dans la mesure où elles sont synonymes d’interdiction de nouveaux forages ou exploitations d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), ou encore de limitations à l’agriculture ou la pêche. Depuis janvier 2020, les Etats-Unis vivent au pays de l'arrogance. Sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, quand des décisions sont prises contre tous les avis techniques des meilleurs spécialistes. Et sur la forme quand l'intéressé expose le document en question qui doit compter une page entière pour accueillir … sa signature. Car le pays de l'arrogance a aussi ses illustrations comme la photo ci-dessous.

    Trump 27 04 17

  • Snapchat ou le parcours boursier qui mérite des réponses solides à des questions sérieuses

    Snapchat CEO

    Qu'est ce qui reste à un porteur d'actions quand il n'a ni le droit de vote ni la faculté de capitaliser son "placement" ? Dès l'origine, l'action Snapchat était dépourvue de droit de vote lors de l'introduction en bourse. Par conséquent, l'intérêt d'investir résidait dans une logique spéculative. Mais le cours s'est effondré. Tant que le capitalisme fonctionnera sur de telles bases, il suscitera une répulsion qui alimentera ses plus déterminés détracteurs. Sur de telles "bases", le capitalisme "sponsorise" sa perte. Il privilégie manifestement l'enrichissement personnel des investisseurs initiaux en passant le mistigri de leur sortie à des … particuliers pour une grande partie. C'est une situation tellement opposée à l'éthique, au bon sens et au respect d'autrui qu'il ne faut pas s'étonner si des opposants irréductibles ont des autoroutes devant eux lors de suffrages démocratiques.

    Snapchat cours de bourse 19 04 17

  • Le beau et fort symbole du dossard 261

    Boston 18 04 17

    Hier, les organisateurs du marathon de Boston ont eu le sens des symboles beaux et forts. À 69 ans, Kathrine Switzer a couru le marathon. Elle a commencé par tirer le coup de pistolet de départ de la course d'élite féminine, en début de matinée, avant de s'élancer elle-même dans la compétition, avec les amateurs, deux heures plus tard. Portant, comme en 1967, le dossard 261. En 1967, Kathrine Switzer, alors jeune étudiante de 20 ans s'était inscrite avec les initiales de ses prénoms et son nom de famille au marathon qui était alors réservé aux … hommes. Sous un survêtement, sous le dossard 261, elle avait débuté la course sans être repérée, avant d'être agressée par des hommes.

    261

    L'image fait alors le tour du monde. Il faudra attendre 1972 pour que le marathon de Boston soit ouvert aux hommes et aux … femmes. Hier, tout naturellement, avec le même numéro de dossard 261, Kathrine Switzer a parcouru le marathon avec de très nombreuses autres participantes. Naturellement. Simplement. A égalité. Il y a encore de nombreux pays où le symbole du dossard 261 n'a toujours pas gagné. C'est ce qui devrait mériter l'attention internationale avec davantage de vigueur.

    Kathrine Switzer

  • La France et la face cachée de ses mots

    Tara Houska 12 04 17

    En France, il y a une série de mots qui sont la face cachée de réalités. Actuellement, dernier exemple en date, Mélenchon dit mener "une campagne à la Bernie Sanders". Il ne viendrait pas à l'idée d'indiquer que "Mélenchon mène une campagne à l'américaine comme celle de Bernie Sanders", ce qui serait plus juste. Cette réalité est inavouable puisque pour Mélenchon, l'Amérique ne peut pas être une référence. Donc la référence, c'est Sanders comme si Sanders était sans patrie, sans nationalité. Dernier exemple en date d'un pays qui n'ose pas nommer. Ainsi, en France, on ne décède jamais d'un cancer mais d'une … "longue maladie". On ne "s'adonne pas" à l'alcool mais à la "convivialité entre copains". On n'est pas fainéant mais on "profite des charmes de la vie" … Et la liste des mots à déchiffrer est très longue. Il y a un moment où la pudeur cède même le pas à la tromperie intolérable. Quand il était candidat, Trump était un "clown grossier" pour les journalistes français. Depuis qu'il est élu, les journalistes parlent de Trump comme un … "président atypique". La nuance est grande dans l'expression. Mais quand l'atypisme c'est autoriser la chasse aux ours en Alaska, traverser des réserves naturelles protégées comme la lutte actuellement conduite par Tara Houska (cf photo ci-dessus), Trump est un nul arrogant lamentable qui doit prendre une sévère défaite dès 2018 parce que les mots ne doivent jamais cacher la réalité surtout quand elle est triste, dangereuse et aussi irresponsable pour le collectif.

  • La présidentielle va entrer dans le dur …

    Bourse 12 12 16

    Aujourd'hui, l'écart entre le taux d'emprunt à 10 ans de la France et celui de l'Allemagne a brutalement grimpé de 70 points de base. Les marchés financiers n'excluent plus un second tour Le Pen / Mélenchon. Il y a des indicateurs "discrets" qui méritent l'attention. Hier, Sur YouTube, la retransmission du meeting Mélenchon à Marseille = 400 000 visites (exactement 386 497 !). Fillon, même en cumulant tous les supports, on arrive au dixième de … Mélenchon. Après le "vote caché", il faudrait aussi croire à une "audience cachée" … Ces signes ne trompent pas en marqueur de dynamique à ce jour. Maintenant, on va voir deux réalités. La "peur" des marchés financiers va-t-elle frapper ? Ou le niveau de révolte populaire est tel qu'aucun "grand tuteur" dont les marchés financiers ne peut canaliser un vote ? Et demain comment la France pourrait fonctionner avec sa dette gérée face à une poussée brutale significative des taux d'intérêt ? La présidentielle 2017 est en train de changer de dimension.

  • Les bienfaits de réussir ses échecs pour de bon

    Caroline Kennedy

    A ce rythme, lors des élections intermédiaires de novembre 2018, les Etats-Unis vont probablement donner une belle leçon de vie : tirer les bienfaits de réussir ses échecs pour de bon. Trump massacre les actes forts pris par Obama pour protéger la planète. Résultats : 17 Etats engagent des contentieux. Trump envoie les missiles à partir d'un discours officiel qui est la consécration d'une impulsion d'émotion (l'impact de photos) ou pire encore des missiles à portée très limitée pour organiser une "guerre d'opérette" avec les Russes de façon à mettre un terme aux soupçons avancés de collusions …  Dans les deux cas, c'est très inquiétant de voir le "gendarme du monde" se comporter ainsi. Conséquence : des référents solides font le pas de l'engagement parce qu'il devient de s'engager face à un tel niveau de "non sérieux". Les noms qui circulent actuellement ont valeur d'électrochoc à l'exemple de Caroline Kennedy. L'échec de l'élection de 2016 est reconnu : la responsabilité des Clinton, les débordements d'une information devenue folle par la seule course à l'audience … Une fois pour un échec de ce type mais pas davantage. Que fait la France face à ses échecs ? L'opposé. D'abord, elle ne les reconnait pas. C'est le déni généralisé. Ensuite, elle ne les purge pas à l'exemple des affaires qui polluent encore et toujours. Enfin, elle s'éloigne des réalités avec des candidats dont les contenus sont totalement non applicables. Avec de tels réflexes, les solutions ne sont pas pour demain. C'est bien la seule chose dont on peut être sûr à ce jour dans cet univers particulièrement insaisissable. 

  • Quand la politique est défaillante, c’est le printemps des contentieux !

    Tribunal

    Il y a 15 jours, Trump annule une partie des dispositions du Clean Power Plan. 17 Etats engagent un contentieux pour obtenir l'annulation de cette décision.  La bataille de fond ne se fera pas au Congrès mais devant les tribunaux. Concernant l'immigration, c'est aussi le cas. Aux Etats-Unis, le transfert du "bouclier" pour les citoyens est déjà intervenu. C'est le juge. La France s'engage sur ce chemin. Prenons des exemples récents. Agglomération grenobloise mars 2016 : une crise sanitaire historique. Les investigations sérieuses ne sont pas menées au sein d'assemblées politiques. Elles l'ont été par une association indépendante et les responsabilités seront jugées suite à un … contentieux. La campagne présidentielle 2017 n'a pas basculé sur des débats sur des propositions. Mais le jour où l'honnêteté de deux candidats a été mise en cause en … justice. Des habitants contestent une opération immobilière. Que font-ils ? Ils engagent un …contentieux. Et la liste des exemples pourrait durer longtemps. En France, face à cette évolution, les problèmes sont au nombre de trois pour l'essentiel : 1) la justice est longue. Très longue pour des raisons fondées dont le respect du contradictoire mais aussi par manque de moyens humains. Et cette lenteur est très préjudiciable dans ce contexte. Le contentieux actif intervient dans un calendrier trop déconnecté des faits. 2) La Justice est chère et la gauche a volontairement ou pas (?) totalement manqué la réforme des actions de groupes. Seule une réforme large de ce type pouvait changer la donne, pouvait rendre de la force aux faibles. 3) La Justice appartient trop à la mentalité d'Etat et non pas à la mentalité de la formule qui est au sommet de chaque jugement :"au nom du peuple". Le pire est dans la composition du Conseil Constitutionnel avec son cortège de politiques en retraite et non pas de juristes confirmés reconnus. Et la présidentielle 2017 va bientôt prendre fin sans que ce sujet essentiel n'ait été sérieusement abordé. Très inquiétant pour identifier le contenu concret du contrat sur lequel le prochain président pourra ancrer son action.

  • Le véritable enjeu de la bataille engagée par la Californie : le choc entre l’exemple local et le pouvoir central

    Jerry Brown 30 03 17

    Depuis mardi dernier, date de l'abolition par Trump de mesures engagées par Obama en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, plusieurs Etats ont changé de ton dont la Californie. L'enjeu de fond dépasse et de loin le seul défi du climat : c'est la gouvernance publique moderne et le choc entre l'exemple local et le pouvoir central. Jusqu'où des territoires doivent-ils accepter les cadres imposés par une capitale, fédérale ou pas ? A partir d'où des territoires peuvent-ils faire vivre des alternatives concrètes ? Et comment ces alternatives peuvent sortir du mimétisme ambiant ou le "faire comme les autres" ? Le jour où en France s'exprimera cette capacité concrète à faire et non pas seulement à dire et à faire avec une véritable valeur ajoutée différenciée, la vie publique tournera la page de son actuelle morosité. C'est d'ailleurs tout l'enjeu dans la vie des autres métiers : comment apporter une valeur ajoutée différenciée à un service ou à un savoir faire. Seule la politique a échappé à cette culture d'où son décrochage.