Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Snapchat et ses nouveaux produits : les belles innovations de demain …

    Evan Spiegel

    Jeudi 2 mars, Snpachat compte lever plus de 2 milliards de dollars lors de son introduction en bourse. Cette introduction va susciter beaucoup d'attention. Beaucoup de commentaires. Les commentaires vont porter sur un volet : est-ce que Snapchat mérite la valorisation permettant cette levée ? La bulle Internet … ? La vraie question est ailleurs : que va faire Snpachat avec ces fonds levés ? Deux aspects méritent en effet une attention particulière :

    1) Beaucoup des marques qui "font le monde moderne" datent de moins de 15 ans. Au cours des 15 dernières années, avec une accélération inouïe, la vie quotidienne a totalement changé. Prenons des exemples concrets :

    • Twitter date de mars 2006,
    • Facebook date de février 2004,
    • Instagram date d'octobre 2010,
    • WhatsApp date de 2009,
    • et Snapchat date de septembre 2011.

    En 15 ans, chacune de ces marques a changé le monde. Quand l'économie vit à un tel rythme, quel décrochage avec une vie publique qui ne bouge pas sur les 35 dernières années …

    2) Que va faire Snapchat avec les 2 milliards levés ? Certes changer ses relations avec les levées de fonds pour boucher ses pertes. Mais aussi "récompenser" ses capitaux risqueurs qui vont se désengager en douceur pour ne pas heurter la bonne vie du cours de l'action. Mais surtout continuer le rythme des nouveaux produits. Et quand sont évoqués les "nouveaux produits", on imagine les "surprises" à venir comme les lunettes qui prennent les photos en un clin d'oeil, le smartphone de demain avec une fonction privilégiée pour la messagerie … Quand tout bouge aussi vite dans la sphère économique augmentant la liberté individuelle, la vie publique ne peut s'enliser dans un immobilisme implacable au risque de décrocher totalement de la vie de la société.

  • Le 2 mars 2017 et les 7 péchés capitaux.

    Evan Spiegel

    C'est très probablement le 2 mars 2017 que Snap. Inc va connaitre sa première journée de cotation en Bourse. C'est un rendez-vous d'une extrême importance parce que le marché va devoir se positionner sur 7 critères concrets :

    1) la méthode de valorisation : comment valoriser une société qui n'a connu que des pertes et qui s'engage peu sur les résultats à venir ? La méthode choisie, si elle est confortée par le marché, deviendra une composante des comparables pour les autres introductions sur 2017.

    2) L'appréciation sur l'étendue du segment de marché : jusqu'où des entreprises aux profils très voisins peuvent-elles se développer sans se vampiriser ? Et quelles barrières de protection pour chacune d'elles ?

    3) Comment accepter la dissociation entre la détention d'actions et le droit de vote ? C'est une logique "particulière" de gouvernance que de compter avec des actionnaires qui ne peuvent pas voter lors d'AG.

    4) Jusqu'où et jusqu'à quand les locomotives de Facebook ou de Google peuvent-elles actionner un effet de souffle ? Une partie des investisseurs expriment les réticences sur Snapchat mais font le parallèle avec Facebook et regrettent l'expression d'alors.

    5) Dans ce segment de marché, existe-t-il encore une place pour un prochain leader mondial ?

    6) Pourquoi Snapchat devrait-il avoir un "lien de famille" avec les parcours boursiers réussis (Facebook …) et non pas avec ceux échoués (Twitter …) ?

    7) Comment réussir une introduction en Bourse avec les 6 interrogations ci-dessus qui d'ordinaire fermeraient la porte à toute perspective de ce type ? Si les péchés capitaux ne frappent pas, c'est que la confiance est là prête à échapper à toute frilosité de la raison. Ce constat sera très important pour toute l'année 2017.

  • La belle lettre d’Howard Schultz

    Howard Schultz 2

    "Vivre avec nos valeurs dans une époque incertaine" : le titre de cette lettre d'Howard Schultz est en lui même un résumé de grande qualité. L'époque est incertaine : une évidence. Parce qu'elle est incertaine, cette époque doit consister aussi à ré-affirmer des valeurs fortes qui doivent gagner par leur attractivité comme par leur réalité dans la vie de tous les jours. Et le PDG de Starbucks d'énoncer des critères avec lesquels il va, pour des milliers d'emplois, respecter le "rêve américain". Un pays est fort bien au-delà des budgets de ses armées quand il défend des valeurs universelles qui donnent un sens à une civilisation. Et ces valeurs doivent reposer sur des critères solides, clairs qui constituent "la règle du jeu". Comment un interprète qui a travaillé pour les forces militaires en Irak ou en Syrie pourrait-il considérer qu'il a fait le bon choix si ce pays lui ferme ensuite ses portes en le traitant de façon aveugle comme ceux contre qui il luttait ? Depuis plusieurs années déjà, la victoire en temps de guerres ne débouche plus jamais sur la paix. Mais si les valeurs sont abandonnées, ces victoires en temps de guerres deviendront même impossibles. Une lettre qui mériterait une audience et des engagements considérablement plus forts.

  • Barack Obama seul « président vert » à ce jour

    Obama 15 02 17

    Alors que la présidentielle française s'embourbe dans des sujets moraux qui semblent inexpugnables, deux sujets majeurs ne sont pas traités à ce jour à leur juste importance : le réchauffement climatique et l'état des finances publiques. Sur le réchauffement climatique, au moment où sort le second volet du manchot empereur, aucun programme français global historique. L'empereur manchot présenté comme menacé par le réchauffement climatique. Emmanuel Macron a effectué des premières propositions intéressantes. Mais au-delà ? Les Verts "officiels" vont rallier le PS moyennant en contrepartie des sièges points de passages pour des financements publics. Pour le reste, la gauche de la gauche a zappé ce sujet. Et la droite joue les cartes de l'ordre public et de l'identité. A ce jour, dans les faits, avec un actif concret, Barack Obama a été le seul "président vert" d'une démocratie occidentale moderne. Son actif en faveur des sanctuaires naturels est historique. Plus le temps passe, plus il ressort que Barack Obama reviendra dans la vie publique active sur ce sujet du réchauffement climatique. Ce sera alors peut-être le vrai tournant dans un sujet qui n'a toujours pas trouvé le moteur international populaire à hauteur de l'importance de l'enjeu. 

  • La différence entre 13 jours et 3 ans

    Trump 31 01 17

    Un volet dans l'actuelle procédure sur le décret migratoire de Trump passe trop inaperçu actuellement : les délais des décisions de justice. Le décret présidentiel est signé le 27 janvier. La première décision de justice est prise le 3 février : 7 jours. La décision en appel est prise le 09 février soit 6 jours après la décision de 1ère instance et 13 jours après l'adoption de l'acte en question. Certes, il s'agit de décisions sur des suspensions. Mais les délais sont d'une brièveté forte. Les noms des Juges sont connus. le détail des délibérations de chacun des 3 Juges en appel est connu. En France, 3 ans après, on serait encore dans des batailles de … procédures. Et alors quand la décision est rendue, le dossier de base a été oublié par l'opinion. La décision est rendue dans un cadre anonyme puisque l'institution est supposée protégée par … l'anonymat. Le jour où la France commencera à s'interroger sur de tels décalages, des améliorations deviendront possibles. Pour le moment, la seule façon concrète de protester en France c'est le concert de casseroles, méthode de protestation populaire importée des pays luttant contre des … dictatures (Chili, Argentine, Uruguay …). Voisinage inquiétant.

  • Les scandales à répétition d’un pays sans réel contre-pouvoir

    Elizabeth Warren bis

    La démocratie ne peut vivre de façon saine et positive qu'avec l'existence de réels contre-pouvoirs destinés à trouver un équilibre par définition toujours précaire entre le pouvoir et le reste des composantes d'une société. La Vème République était supposée être "la démocratie dans l'action" face à l'instabilité de la IV ème République. Plusieurs décennies plus tard, elle n'est ni l'une ni l'autre. La société est bloquée, allergique à toute action. Et la démocratie a quitté la sphère politique depuis longtemps : opacité, nominations monarchiques, décorations à la tête du récipiendaire, réserve parlementaire pour les subventions sur copinages … Regardons actuellement les Etats-Unis. La parenthèse a duré 14 jours. Mais le 15 ème jour, des juges ont fait front contre les executive orders. Et les procédures ne durent pas 8 ans. Puis au Sénat, des voix s'élèvent, fortes, motivées, talentueuses comme Elizabeth Warren, juriste émérite. Et la presse relève le défi, multiplie les investigations, ne laisse rien passer. Même les parlementaires républicains jouent leur rôle c'est à dire être exigeants. Bref l'opposé de la France. Tant ce que cet esprit de vrais contre-pouvoirs ne sera pas partagé, la démocratie française vivra de crise en crise n'arrivant même plus à sauver les apparences de sa vitrine.

  • Le temps des victoires surprises

    Scott Walker 18 08 15

    Depuis 2016, les démocraties occidentales sont entrées dans le cycle de la recherche des pays qui n'existent pas en s'en remettant à des victoires surprises supposées changer la donne de pays dont on ne veut plus. Cette attente change toutes les règles. Le Brexit c'est l'Europe qui n'existe plus. Le Mouvement 5 étoiles en Italie, c'est la corruption qui n'existe plus. Trump c'est l'étranger menaçant qui disparaît. Et en France, de même, Mélenchon, c'est la Vème République qui n'existe plus, Macron, c'est la vieille génération qui n'existe plus, Hamon c'est les années Hollandes qui n'existent plus … Dans cette recherche d'un devenir qui doit surtout ne plus être le présent, la conséquence pour les personnes est simple. C'est la différence entre qui a fait partie du présent que l'on veut quitter et qui en est resté extérieur. Les premiers n'ont plus de chance. Les seconds gagnent. Et c'est la force de Macron avec l'acte symbole de sa démission. Un acte qui a symbolisé ce que souhaite l'opinion vis à vis des époques actuelles : les quitter. Pour aller vers quoi demain ? C'est diffus. Mais surtout ne plus continuer dans le présent. Le temps des victoires surprises est bien ouvert avec cette conjoncture.

  • Snapchat et le vrai test pour les start-up

    Evan Spiegel

    La confirmation est intervenue. En mars, la maison mère de Snapchat doit être introduite en Bourse. Cette introduction sera un test important sur 5 marqueurs.

    1) L'importance des fonds levés : à cette occasion, à partir des premiers documents financiers publiés, Snap Inc. , maison mère de Snapchat, doit lever 3 milliards de dollars. C'est à dire qu'une seule société en une seule introduction en Bourse va lever près du double de tous les fonds levés sur 2016 par toutes les start-up françaises ! Et après, la France s'étonne de compter aussi peu de leaders mondiaux !

    2) Il va y avoir un moment où le marché va devoir fixer sa position sur un fait simple : jusqu'où peut-il accompagner des sociétés qui jusqu'à ce jour vendent des … pertes ! Sur 2016, le marché s'est éloigné des sociétés vivant sur les fonds levés et non pas sur les achats de clients. Ce constat peut-il être corrigé ?

    3) Des fonds levés avec quelles barrières de protection face à la concurrence pour le coeur de métier de Snapchat ? Les autres concurrents leaders n'ont-ils pas vocation et les moyens pour présenter des services très proches de ceux de Snapchat et très rapidement ? 

    4) Où peuvent être les recettes de demain ? Si les recettes ont manqué au début contraignant à vivre sur les fonds levés de façon récurrente, où sont les gisements sécurisés de recettes pour demain ? Ce qui reste la question principale.

    5) En quoi Snapchat peut avoir un modèle de développement qui distingue cette société des risques systémiques rencontrés par exemple par Twitter, GoPro … ? 

    Par l'importance générale des questions posées, cette introduction ne sera pas comme les autres. Où elle augure de la fin d'un cycle ou de l'ouverture d'un nouveau cycle. Sous cet angle, mars 2017 sera très intéressant.

  • Et dire qu’il y a 60 jours, des français se moquaient de la présidentielle américaine …

    Trump office 10 01 17

    La revanche de l'Histoire a des raccourcis de plus en plus brutaux. Il y a 60 jours, la mode en France était de se moquer de la présidentielle américaine, sa succession d'affaires sordides … Seulement 60 jours plus tard, le ton devient plus modéré. Il y a trois faits qui sont à ce jour de façon surprenante peu évoqués. Tout d'abord, le "niveau de vie réel" du foyer Fillon. Comme contribuables, nous lui payons à vie sa rémunération d'ex premier ministre + son chauffeur + sa berline + ses bureaux + son secrétariat + ses 2 gardes du corps. Très probablement, à cette "base" s'ajoute sa rémunération de député. Puis s'ajoute sa rémunération de sa société de conseils. Puis s'ajoutent les "recettes familiales". Au cumul, le chiffre doit être assez "coquet". Pourquoi n'est-il jamais calculé avec précision ? Ensuite, les médias prennent pour "argent comptant" l'affirmation selon laquelle "l'honneur serait atteint quand la mise en examen tombe". C'est la première fois que la mise en examen est ainsi posée comme socle d'une reconnaissance de culpabilité. D'ordinaire, dans un Etat de droit, la culpabilité est reconnue quand s'exécute l'ultime décision de Justice purgée de tout recours possible. Enfin, pourquoi autant de gesticulations ? Dans une "affaire de droit commun", la première étape aurait été l'immédiateté de la saisie des ordinateurs pour juger de la fréquence des échanges de travaux (au Parlement comme à la revue des 2 mondes). Les intéressés auraient peut-être inventé la mode "des pigeons porteurs" mais dans le droit commun il n'est pas sûr que cet argument serait recevable sérieusement. Finalement, là est le vrai problème : une caste qui considère qu'elle n'appartient plus au droit commun. C'est ce dont la classe politique française aura durablement le plus de difficulté à se remettre.

  • Rien de plus difficile que de ne pas revendiquer une victoire inattendue …

    Alexander Nix

    Il faut encore attendre quelques semaines et le véritable profil de la victoire de Trump pourra être dressé avec précision. Il n'y a rien de plus difficile que de ne pas revendiquer une victoire inattendue. Le véritable défi réside surtout dans la capacité à sélectionner les "vrais pères" tant le nombre augmente irrésistiblement. Conduite avec méthode, cette sélection est toujours possible. Il faut surveiller actuellement le dispositif de Cambridge Analytica. Comme il parait de plus en plus manifeste que Palantir n'est pas restée à l'écart. En 2012, des contacts avec des membres rapprochés de l'équipe Obama permettaient déjà de voir les progrès considérables grâce au dispositif Narwhal. Quand Mitt Romney était resté à l'âge de pierre avec son dispositif Orca. Le porte à porte ne visait pas alors qu'à la seule proximité affichée. Encore quelques semaines et la campagne Trump pourrait alors montrer son vrai visage avec un professionnalisme bien éloigné des caricatures du "fou d'estrades" …