Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Les trois vraies leçons fortes de l’introduction en Bourse de Snapchat

    Snpas Inc 02 03 17

    Le véritable fait majeur sur le plan économique international du début 2017, c'est l'introduction en Bourse de Snapchat. "L'atypisme" de ce fait majeur est actuellement banalisé dans des conditions irréelles. Les faits : une entreprise qui lance son application Internet en septembre 2011 connait en 2016 un CA de 400 M€. Elle n'a connu que des pertes et pour des montants significatifs (515 M€ en 2016). Et cette entreprise âgée de moins de 6 ans lève plus de 3 milliards de dollars en Bourse (c'est à dire davantage qu'hier Twitter en 2013 ou Google en 2004) et elle est valorisée 20 milliards de dollars ! Voilà pour les faits.

    Ces faits peuvent conduire au "complotisme actuel" sur l'irresponsabilité de la "bulle Internet" … Mais la réalité est très éloignée de ce "complotisme". Les trois leçons de l'introduction en Bourse de Snapchat sont essentielles :

    1) Par la méthode des comparables, la "nouvelle économie" a installé progressivement ses propres critères de valorisation. Quand la communauté financière les valide à ce niveau là, c'est la reconnaissance officielle durable incontestable d'une "nouvelle économie" à part entière,

    2) Parmi ces critères distinctifs, il faut noter la part attendue des recettes publicitaires sur des segments de marchés très ciblés par le profil homogène d'utilisateurs avec des critères référents précis. Pour que ce critère distinctif soit reconnu à ce point c'est l'assurance du transfert considérable du marché publicitaire sur les réseaux sociaux. Par conséquent, une nouvelle donne absolue à ce point pour les autres supports dits traditionnels parce que le marché publicitaire n'est pas extensible à ce point. Pour qu'un tel transfert de recettes publicitaires intervienne à ce point sur des supports nouveaux, c'est la reconnaissance que, peut-être pour la première fois dans l'histoire des médias, un nouveau support va totalement déstabiliser les autres, les vouer à des disparitions progressives. Sous ce volet, c'est une nouvelle donne totale,

    3) La levée se fait aux Etats-Unis, pays qui détient déjà la quasi-totalité des nouveaux leaders mondiaux sur ce segment de marché. Si la France reste confinée dans ses réseaux institutionnels de financements de proximité avec les petites levées récurrentes, c'est l'installation assurée de la France dans les "petites divisions" de cette nouvelle économie. C'est ce à quoi nous assistons actuellement en douceur mais avec certitude.

  • Les 18 – 35 ans et le temps de l’épicerie personnalisée créative : au-delà de la seule alimentation …

    Marché Goodfood

    Surprenant débat en France actuellement sur le devenir d'un régime politique à bout de souffle. Bien sûr que le système politique français actuel est mort sous un amas d'échecs, de scandales, d'affaires permanentes à répétition, de problèmes jamais résolus … A quel titre ne serait-il pas mort quand tout bouge par ailleurs de façon accélérée même dans les domaine sa priori les plus traditionnels ? Prenons l'exemple du rapport à l'alimentation qui est par excellence le secteur le plus traditionnel. Les 18 – 35 ans sont en train de changer totalement la donne. L'entreprise Marché Goodfood s'annonce comme l'une des introductions en bourse les plus prometteuses dans les prochaines semaines. La foodtech vit des révolutions considérables comme le révèle une étude récente Kantar TNS. Ces personnes nées entre 1980 et 2000 ont un poids démographique croissant qui lui fait déjà atteindre un tiers de la population mondiale et bientôt 50 % de la population active en France. Ils sont en train de casser tous les codes classiques du fonctionnement dans ce qu'il y a de plus quotidien et traditionnel : le rapport à la nourriture et aux boissons. Et alors que cette génération casse tous les codes, elle se soumettrait aux codes classiques de la politique, domaine par excellence devenu répulsif. Ce raisonnement ne résiste à aucune logique. Tout l'équilibre institutionnel de la V ème république est déjà mort. Cette génération l'a condamné sans appel. Mais l'équilibre suivant n'est pas encore né. C'est actuellement la seule incertitude réelle : quelles institutions demain ? 

     

     

  • L’Accord de Paris : c’est fini !

    Maine 3 25 08 16

    Dans le temps, même dans la neige, le bilan positif de Hollande ne laissera aucune trace. En décembre 2015 les contribuables français ont pris en charge des millions d'euros pour payer les frais de l'Accord de Paris (Cop21) présenté comme destiné à "sauver la planète". Les scientifiques avaient alerté demandant de profiter de la présidence Obama pour bien finaliser les engagements. Mais les publicitaires français ont préféré que pour que l'accord soit signé par le plus grand nombre et réussir ainsi l'opération de communication, ce soit un simple papier de bonnes intentions mais sans valeur juridique. Et avec l'élection de Trump, le piège s'est refermé sur les mauvais tacticiens de départ. Jeudi, l'administration Trump a dénoncé l'accord toute heureuse de ne pas avoir à récuser la signature des Etats-Unis puisqu'il ne s'agit pas d'un traité international. Quand on constate le péril du réchauffement climatique, du vrai n'importe quoi de tous les côtés ! 

  • Snapchat et la véritable « nouvelle économie »

    Snpas Inc 2 02 03 17

    Au début des années 2 000, les critères de valorisation des sociétés .com introduites en bourse suscitaient des commentaires quasi hystériques de la part des observateurs classiques. AuFéminin.com, Cyberdeck, et surtout Artprice avaient déchaîné des passions. Artprice, entreprise alors toute récente lors de son introduction, avait été valorisée sur la base d'un multiple élevé (20) de son CA prévisionnel à n + 2 ! Avec Snapchat, près de 17 ans plus tard, la communauté financière montre que les critères de valorisation de la nouvelle économie n'ont aucun rapport avec les valeurs de rendement qui prévalaient hier. C'est une véritable nouvelle économie qui est née, qui fonctionne, qui a installé ses critères différents sur des bases techniques nouvelles : le nombre d'utilisateurs, leurs profils, leur fidélisation, la place de marché, la croissance du CA … : il y a une immatérialité nouvelle dans certains postes importants. Ce qui est sûr c'est que Snapchat est une introduction réussie. Avec le recul de la semaine, le cours est largement supérieur au cours d'introduction. Les volumes journaliers d'échanges sont très élevés. Le cours est élevé alors même que les investisseurs de départ ont probablement capitalisé leurs mises, ce qui peut toujours tirer le cours à la baisse. C'est un exemple de vitalité qui montre, si besoin était, combien la France a cassé son financement par les introductions en bourse notamment par la restructuration d'Euronext et la disparition des places régionales. Un très lourd handicap pour les start-up françaises dans la compétition internationale des prochaines années.

    Snap valo bourse 10 03 17

  • Quand les marchés achètent de l’avenir

    Snap. Inc 02 03 17

    + 47 % d'augmentation du nominal de l'action Snap. Inc dans la journée d'hier. Les marchés ont passé un message clair : ils achètent de l'avenir. Lors d'une introduction en bourse, deux hypothèses : c'est le couronnement d'un processus vertueux de bons résultats financiers dans la durée ou c'est le démarrage d'un processus innovant jusqu'alors confronté à des pertes. Hier avec Snapchat, les marchés ont montré qu'ils voulaient acheter de l'avenir. Parier positivement sur la jeunesse des utilisateurs de Snapchat, la clientèle major de demain. Parier sur les nouveaux produits que la levée de fonds va accélérer. Face à la France qui veut taxer les robots ou condamner Heetch entre autres, les Etats-Unis viennent de passer un autre message plus prometteur. Heureusement !

  • Snapchat et le fort message d’optimisme

    Evan Spiegel 02 03 17

    Après les suppositions, c'est le temps des réalités. Et les réalités sont belles pour l'introduction en bourse de Snapchat aujourd'hui. 200 millions d'actions vont être levées à un prix d'introduction de 17 dollars. C'est une levée de fonds de plus de 3 milliards de dollars ! Mais surtout le livre des engagements a été sur-souscrit 10 fois ! C'est un formidable message d'optimisme qui est passé et qui va compter pour d'autres entreprises dans les prochains mois. Et un tel engouement pour des actions qui ne sont pas assorties de droit de vote. Le programme de Trump booste les indicateurs boursiers qui franchissent de nouveaux records. Bien loin de l'actuelle morosité française. 

  • La « vallée de la mort » prend naissance … ?

    Evan Spiegel 27 02 17

    Dans l'actuel climat, deux signaux passent inaperçus en France de façon irréelle. 1) Avec son actuel niveau d'investissement public, c'est le plus bas niveau en France depuis 1952. Depuis 2008, l'investissement public en France a chuté de 15 milliards d'euros par an en moyenne. A ce stade, c'est un pays qui non seulement ne livre plus des équipements nouveaux significatifs mais qui n'assure plus la maintenance des équipements actuels. Concrètement, les prochaines générations vont avoir la "double peine" : une dette record + des équipements délabrés. 2) Alors que le cabinet In Extenso publie une étude passionnante sur le "second âge des start-up française" avec une alerte sérieuse, aux Etats-Unis cette semaine Snapchat va lever 3 milliards de dollars dans le cadre d'une introduction en bourse sur-souscrite. Une sur-souscription qui va encourager des entreprises françaises à aller chercher ailleurs les financements qui font défaut dans la "vallée de la mort" que devient la France. La drôle de campagne présidentielle risque de plus en plus d'aboutir à une réalité qui va précipiter la France dans un déclassement accéléré manifeste.

  • Snapchat et ses nouveaux produits : les belles innovations de demain …

    Evan Spiegel

    Jeudi 2 mars, Snpachat compte lever plus de 2 milliards de dollars lors de son introduction en bourse. Cette introduction va susciter beaucoup d'attention. Beaucoup de commentaires. Les commentaires vont porter sur un volet : est-ce que Snapchat mérite la valorisation permettant cette levée ? La bulle Internet … ? La vraie question est ailleurs : que va faire Snpachat avec ces fonds levés ? Deux aspects méritent en effet une attention particulière :

    1) Beaucoup des marques qui "font le monde moderne" datent de moins de 15 ans. Au cours des 15 dernières années, avec une accélération inouïe, la vie quotidienne a totalement changé. Prenons des exemples concrets :

    • Twitter date de mars 2006,
    • Facebook date de février 2004,
    • Instagram date d'octobre 2010,
    • WhatsApp date de 2009,
    • et Snapchat date de septembre 2011.

    En 15 ans, chacune de ces marques a changé le monde. Quand l'économie vit à un tel rythme, quel décrochage avec une vie publique qui ne bouge pas sur les 35 dernières années …

    2) Que va faire Snapchat avec les 2 milliards levés ? Certes changer ses relations avec les levées de fonds pour boucher ses pertes. Mais aussi "récompenser" ses capitaux risqueurs qui vont se désengager en douceur pour ne pas heurter la bonne vie du cours de l'action. Mais surtout continuer le rythme des nouveaux produits. Et quand sont évoqués les "nouveaux produits", on imagine les "surprises" à venir comme les lunettes qui prennent les photos en un clin d'oeil, le smartphone de demain avec une fonction privilégiée pour la messagerie … Quand tout bouge aussi vite dans la sphère économique augmentant la liberté individuelle, la vie publique ne peut s'enliser dans un immobilisme implacable au risque de décrocher totalement de la vie de la société.

  • Le 2 mars 2017 et les 7 péchés capitaux.

    Evan Spiegel

    C'est très probablement le 2 mars 2017 que Snap. Inc va connaitre sa première journée de cotation en Bourse. C'est un rendez-vous d'une extrême importance parce que le marché va devoir se positionner sur 7 critères concrets :

    1) la méthode de valorisation : comment valoriser une société qui n'a connu que des pertes et qui s'engage peu sur les résultats à venir ? La méthode choisie, si elle est confortée par le marché, deviendra une composante des comparables pour les autres introductions sur 2017.

    2) L'appréciation sur l'étendue du segment de marché : jusqu'où des entreprises aux profils très voisins peuvent-elles se développer sans se vampiriser ? Et quelles barrières de protection pour chacune d'elles ?

    3) Comment accepter la dissociation entre la détention d'actions et le droit de vote ? C'est une logique "particulière" de gouvernance que de compter avec des actionnaires qui ne peuvent pas voter lors d'AG.

    4) Jusqu'où et jusqu'à quand les locomotives de Facebook ou de Google peuvent-elles actionner un effet de souffle ? Une partie des investisseurs expriment les réticences sur Snapchat mais font le parallèle avec Facebook et regrettent l'expression d'alors.

    5) Dans ce segment de marché, existe-t-il encore une place pour un prochain leader mondial ?

    6) Pourquoi Snapchat devrait-il avoir un "lien de famille" avec les parcours boursiers réussis (Facebook …) et non pas avec ceux échoués (Twitter …) ?

    7) Comment réussir une introduction en Bourse avec les 6 interrogations ci-dessus qui d'ordinaire fermeraient la porte à toute perspective de ce type ? Si les péchés capitaux ne frappent pas, c'est que la confiance est là prête à échapper à toute frilosité de la raison. Ce constat sera très important pour toute l'année 2017.

  • La belle lettre d’Howard Schultz

    Howard Schultz 2

    "Vivre avec nos valeurs dans une époque incertaine" : le titre de cette lettre d'Howard Schultz est en lui même un résumé de grande qualité. L'époque est incertaine : une évidence. Parce qu'elle est incertaine, cette époque doit consister aussi à ré-affirmer des valeurs fortes qui doivent gagner par leur attractivité comme par leur réalité dans la vie de tous les jours. Et le PDG de Starbucks d'énoncer des critères avec lesquels il va, pour des milliers d'emplois, respecter le "rêve américain". Un pays est fort bien au-delà des budgets de ses armées quand il défend des valeurs universelles qui donnent un sens à une civilisation. Et ces valeurs doivent reposer sur des critères solides, clairs qui constituent "la règle du jeu". Comment un interprète qui a travaillé pour les forces militaires en Irak ou en Syrie pourrait-il considérer qu'il a fait le bon choix si ce pays lui ferme ensuite ses portes en le traitant de façon aveugle comme ceux contre qui il luttait ? Depuis plusieurs années déjà, la victoire en temps de guerres ne débouche plus jamais sur la paix. Mais si les valeurs sont abandonnées, ces victoires en temps de guerres deviendront même impossibles. Une lettre qui mériterait une audience et des engagements considérablement plus forts.