Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Les discours inspirants …

    Obama Canada 2020 29 09 17

    Sur les dernières années, les relations entre les textes et les photos ont été inversées. Hier, la photo illustrait un joli texte. Aujourd'hui, un texte bref légende une belle photo. Le coeur du message a changé. Et pourtant, il y a des moments où le texte "prend sa revanche" sur l'image. Ce fut le cas hier en deux occasions. D'abord Obama à Toronto avec sa présentation de l'économie de demain, les effets de la robotisation, ceux du numérique … Ensuite, Macron sur le numérique. Il est possible d'être pour ou contre sa politique, mais son discours d'hier sans la moindre note tranchait particulièrement avec le niveau souvent nullissime du personnel politique français. C'est le meilleur service qui puisse être rendu à l'opinion publique que d'avoir des discours inspirants. Les "bas" services se périment très vite. L'opinion moderne oublie à qui elle "doit" telle avancée ou telle "imposition". Tout s'oublie si vite. En revanche, exprimer clairement des points de passages incontournables pour une réflexion collective, c'est le meilleur service qui puisse être rendu à tout le monde. Ces deux discours mériteraient une diffusion la plus large possible. 

  • 2018 : l’année où les budgets publics français explosent …

    Yanet Ellen 2 24 09 17

    Débat public français irréel actuellement. Les directions des grandes administrations rognent sur tout ce qu'elles peuvent. Des exemples concrets. Les primes de déplacements des CRS sont fiscalisées et mensualisées pour différer des paiements. Les redevances aux Agences de l'eau pourraient être payées par les distributeurs (publics et privés) à facturation et non à encaissement, ce qui signifie concrètement une avance de trésorerie aux Agences au moment où l'Etat siphonne leurs finances à hauteur de 200 millions d'euros … Et la liste pourrait continuer longtemps. Tout est bon pour faire les fonds de tiroirs. Pourquoi ? Parce que le stimulus monétaire post crise 2008 a pris fin. C'est le tournant du 19 septembre 2017 avec les déclarations de la FED. Pour jouer sur un "effet édredon", la complaisance monétaire a duré 9 ans. C'est une séquence temps énorme. 9 ans pour purger, pour restructurer, pour repartir sur des bases plus saines. Qu'a fait la France pendant ces 9 ans ? Rien. Bloquée. Figée. Immobile. Avec les taux d'intérêt qui repartent à la hausse, c'est un nombre considérable de budgets publics français qui vont exploser en 2008. Impossibles à tenir. Et pendant ce temps, la classe politique française débat sur le point de savoir si "la rue a chassé ou pas les nazis"…  Un hors sujet absolu. Irresponsable !

  • Quand l’intérêt n’a plus de mémoire …

    Wish 2

    Il y a quelques jours, Wish a levé 250 millions de dollars. Wish, c'est une plateforme d'e-commerce. Le parti pris est simple : des prix cassés 265 jours sur 365 ! Bref, des soldes à 90 % (au moins) tous les jours de l'année. Voilà contre quoi un "commerçant traditionnel" français doit désormais lutter. Pour acheter auprès d'un "commerçant traditionnel", il faut trouver où se garer. Puis payer le parc-mètre. Puis ne pas dépasser la durée achetée au parc-mètre sinon c'est l'amende garantie … Et de temps en temps seulement, profiter d'embellie sur les prix à – 30 ou – 50 %. Et la concurrence : se mettre devant son clavier. Chercher un produit. Cliquer. Payer en ligne. Et le coût de l'expédition (quand il est facturé selon les conditions d'achat) est moins élevé que 30 minutes de parc-mètre ! Pour des produits interchangeables, sans fonction de conseil pour le vendeur, des produits qui ne craignent ni la casse ni la péremption : comment lutter ? La fonction du prix dans la séduction d'un produit est désormais telle qu'elle cache les autres volets d'un produit. Nous sommes entrés dans un cycle où l'intérêt du prix n'a plus de mémoire, ne se rappelle de rien, jamais d'un service rendu, d'une réparation assurée, d'une recherche particulière qui avait demandé beaucoup de temps …  Avec de telles conditions de consommation, si les villes ne s'adaptent pas de façon très urgente (plages horaires gratuites pour les véhicules, animations récurrentes, opérations commerciales quasi-permanentes …), nous ne sommes qu'au début d'un massacre considérable. Ce d'autant plus que la bataille financière globale est tellement inégale. Pour des entreprises d'Internet situées dans la seule localité de San Francisco, au cours des trois  dernières semaines, 528 millions de dollars ont été levés auprès de capitaux risqueurs. Pas sûr que ce montant ait été levé sur toute l'année 2016 (12 mois) pour les entrées de ce segment de marché sur la Bourse de Paris. Si des modifications majeures urgentes ne sont pas apportées, les villes et villages de France ne sont pas prêts de voir arrêter la baisse des stores métalliques … Et ce constat est effectué par le client que je suis qui donne la préférence permanente au commerce indépendant de proximité avec une grande fidélité.

  • Pourquoi Jeff Bezos ne pouvait pas être français …

    Amazon siège

    Remarquable article des Echos du jeudi 7 septembre sur les 5 leçons a retenir de Jeff Bezos. Jeudi 7 septembre, Jeff Bezos a annoncé la construction d'un second siège : 5 milliards de dollars de travaux, 50 000 emplois créés … Amazon, c'est déjà 380 000 salariés soit le 8ème employeur des Etats-Unis ! Parmi les 5 leçons très instructives, il y a la leçon 4 : accepter de perdre de l'argent. Quand il était venu en France en 2 000 (29 août), Amazon c'était un CA de 70 millions de dollars de CA avec 25 millions de dollars de pertes sur l'exercice 1999. A l'issue de son point professionnel sur une péniche à Paris, j'avais brièvement parlé avec lui. Il avait reçu un orage de grêle des journalistes français annonçant l'éclatement de la "bulle Amazon" et datant même pour certains le moment de sa … liquidation. En France, il faut gagner de l'argent … tout de suite. Les seuls organismes qui peuvent perdre de l"argent, c'est le public sans que là des questions soient jamais posées comme s'il avait vocation, même dans des domaines concurrentiels, à cumuler les trous à boucher et les grandes entreprises avec beaucoup de salariés qui peuvent engager un chantage à l'emploi pour obtenir des renflouements. Pour les autres, accepter le long terme, c'est impossible. Le mécanisme est verrouillé : le commissaire aux comptes lance des alertes. L'expert comptable est pris d'angoisse. Les concurrents agitent le drapeau rouge en ayant comme argument de vente que l'entreprise en question ne peut plus survivre longtemps. Il maque plus que la convocation dans la salle d'attente du tribunal de commerce et la "messe est dite" : le sapin est avancé … C'est certains que Jeff Bezos ne pouvait pas être français. Mais en attendant l'essentiel des emplois qu'il crée ne le sont pas non plus. Un constat qui mériterait d'être analysé plus sérieusement que d'actuels débats bien éphémères …

  • « Il était si laid que, lorsqu’il faisait des grimaces, il l’était moins … »

    John Doerr bis 01 09 17

    Cette formule de Jules Renard résume la vie politique française. Il ne s'agit pas d'avancer tous positivement. Il faut d'abord lever des épouvantails pour que chacun puisse se réjouir ensuite d'être parvenu à écarter certains épouvantails. Le projet doit être tellement laid à l'origine qu'à l'issue des "grimaces" deviennent tolérables. Hier, en France, avec le projet de réforme du code du travail, c'était au tour de chacun d'accepter des "grimaces" pour éviter la "laideur" globale esquissée à certaines étapes. Au même moment, la même journée, aux Etats-Unis, près de 300 entrepreneurs leaders signent une lettre publique pour défendre un texte clair, précis. La lettre est publique. Ce ne sont donc pas des discussions de coulisses. Tant que l'économie française sera "gérée" entre une représentation patronale collabo qui cède à toutes les sirènes du pouvoir fut-il même bien de gauche comme si en France être patron devait être une croix permanente à porter et un syndicalisme ouvriériste qui rêve toujours de la lutte des classes et du "grand soir", l'économie est mal barrée dans ce pays. 

  • 223 jours et déjà … à la prochaine

    Mark Zuckerberg 2 20 04 17

    Il y a un moment où l'accélération du temps doit quand même commencer à poser question. Ce qui me surprend beaucoup actuellement, c'est l'importance considérable dans les médias américains de la perspective d'une candidature de Mark Zuckerberg en 2020. Certes, l'intéressé s'y prête. Sur Google, il y a accès à des centaines d'articles sur ce sujet dans des médias importants. Et il y a seulement 223 jours que Trump est installé. Rien ne semble pouvoir calmer la fuite dans le temps. A peine installé, il est déjà question de la prochaine élection. Et ce matin, des médias français s'engagent dans cette voie en ouvrant expressément la course à Matignon. La question est désormais à l'après éventuel Edouard Philippe. Là, on est à 108 jours entre la date d'installation et celle d'aujourd'hui. A ce rythme, l'installation annonce presque le départ virtuel. Difficile de gérer sérieusement dans de telles circonstances. L'opinion commence peut-être à zapper un peu trop vite … ?

  • Le vrai décrochage français : l’engagement et l’exemple de la bataille de l’arrondi

    Micro dons

    Le Sud Est du Texas (soit l'équivalent d'une partie considérable des territoires français)  subit actuellement un désastre. Il se reconstruira très vite. Des sportifs emblématiques, des entrepreneurs, des particuliers … vont abonder des sommes considérables pour effacer le plus rapidement possible les traces de cette épreuve historique. La faculté de résilience sera spectaculaire. Les fonds fédéraux et ceux de l'Etat fédéré ne manqueront pas. Mais les particuliers vont changer la donne. Dès hier soir, sur Instagram, un joueur de basket lançait l'opération au moins 25 000 dollars pour le Texas. Et la liste des donateurs d'au moins 25 000 dollars s'allongeait de minute en minute. Il y a 3 jours pour défendre les sanctuaires naturels, Yvon Chouinard (Patagonia) achetait pour 700 000 dollars une pub TV pour appeler à la mobilisation face aux menaces de l'administration Trump. Et la liste d'exemples des engagements privés pourrait durer longtemps. En France, historiquement, la donation a été d'abord le fait de l'Eglise dans sa vocation sociale. Puis cette source s'est appauvrie. L'Etat lui a succédé. Mais l'Etat s'est appauvri à son tour perdu dans une foultitude d'aides le détournant de ses fonctions essentielles comme le montrent actuellement dramatiquement par exemple les photos des moyens de forces de l'ordre ou de Défense. Il n'y a pas d'étape suivante en France. C'est toujours à l'Etat de faire. Si l'Etat ne fait pas tout de suite, c'est le scandale, l'impopularité. On le vit actuellement avec l'installation de Macron. On peut être pour ou contre sa politique. Ce n'est pas la question. Mais qui le désenclave ? Le patronat français demande des mesures mais explique-t-il pourquoi elles seraient utiles au grand nombre ? Non. Il y a un choc seulement entre ceux qui doivent faire et ceux qui s'opposent. Et les autres sont où ? Ils observent. Ils attendent. C'est le véritable décrochage français : l'engagement est en berne. Des engagés peuvent perdre. Ils peuvent aussi gagner. Ce qui est sûr, c'est que faute d'engagement les personnes concernées ont beaucoup moins de chance de gagner. Tant que la bataille de l'engagement de chacun ne sera pas livrée, l'immobilisme et les blocages seront les seuls vainqueurs. Or cet engagement peut revêtir des aspects parfois simples aux conséquences pourtant considérables comme la bataille de l'arrondi. Des sites se multiplient dans ce cadre. Des sommes parfois significatives sont collectées. S'engager ce n'est pas que voter. S'engager c'est faire respecter sa qualité de citoyen chaque jour et non pas un seul jour tous les 5 ou 6 ans. Le jour où l'engagement aura changé en France, la vie publique changera alors bien au-delà du seul état civil de son Président.

  • Où est la France qui fait ?

    Charlie Baker dog

    A continuer à ne mettre en relief que la France qui parle ou celle qui dérape, des médias vont dissuader les dernières personnes qui ont encore envie de faire. La France qui parle, c'est la "France politique" qui parle encore et toujours sans même avoir souvent quelque chose d'innovant ou de sérieux à dire. C'est un "gavage" de la pensée avec la méthode des éléments de langage qui accompagnent la tournée des plateaux TV ou radios. Entendre les mêmes mots. Les mêmes formules. Comme si à force de répéter, une vérité fut-elle fausse pouvait s'imposer. La France qui dérape, c'est celle des faits divers. Plus la France dérape dans le glauque, plus des médias couvrent. C'est une ambiance insupportable. Où est la France qui agit ? Celle qui crée, qui innove ? C'est la grande différence entre l'information outre-atlantique (Canada, Etats-Unis / je ne peux pas parler d'autres pays car je ne les connais pas assez) et l'information française. En France, celui qui agit n'existe pas. Il faut parler ou déraper pour compter aux yeux de médias. Et d'ailleurs la France qui parle est tellement proche des médias que ceux qui ont été virés par les urnes reviennent par les ondes en constatant le nombre désormais irréel de politiques usés, dévalorisés, décrédibilisés qui deviennent … journalistes. Pourquoi cette situation ? Parce qu'agir en France, c'est ce qui se compte le moins : les faits, les comparaisons, les chiffres justes, les innovations prometteuses …. Prenons des exemples concrets :

    Cette situation est insupportable. Elle use une majorité politique en un seul été. Et elle lasse les citoyens qui s'écartent de ce climat irresponsable même pour les plus engagés d'entre eux désormais.

  • La bataille des sanctuaires naturels

    Orvis nature 2

    Il y a des paysages qui ont été réussis par le génie de la nature dans des conditions de perfection que l'être humain ne parviendrait probablement pas à inventer. Lorsque c'est le cas, il devrait s'agir de sanctuaires naturels, c'est à dire des parcelles de territoires que nous jugeons comme "intouchables", appartenant au noyau dur de l'actif à transmettre aux prochaines générations. C'est une préoccupation peu présente en France. Aux Etats-Unis, Obama a beaucoup fait en la matière notamment pour les sanctuaires marins. Mais la chance des Etats-Unis réside dans la mobilisation de privés. Il y a des marques qui sont associées à ces espaces : Orvis, Patagonia, The North Face … Grâce aux réseaux sociaux, ces marques effectuent un travail pédagogique de très grande qualité. Les films d'Orvis par exemple célèbrent la nature dans des conditions d'un professionnalisme hors du commun (cf vidéo ci-dessous). Des séquences de vie d'harmonie avec la nature et les animaux. C'est très préoccupant de constater l'immobilisme en France en la matière. Il y a pourtant de nombreux sanctuaires naturels qui mériteraient d'être reconnus, protégés, promus. Peut-être un signal de plus d'une génération qui a beaucoup reçu et qui se pose de moins en moins la question de savoir ce qu'elle peut laisser à son tour … ? 

  • Quelle modestie de viser la Maison Blanche quand d’autres envisagent de tuer … la mort

    Zuckerberg

    Cette semaine L'Express ouvre avec retard le dossier de l'éventuelle candidature de Zuckerberg à la Maison Blanche en 2020. La génération des vainqueurs de la Silicon Valley n'est qu'au début des surprises. Une partie d'entre eux ont des fortunes constituées en moins de 10 ans. Ils n'ont jamais imaginé construire une entreprise qui ne soit pas leader mondial. Leurs entreprises battent la capitalisation de groupes classiques constitués avec soin pendant des décennies. Avec les cessions d'actions, ils ont protégé des générations entières de descendants. Leurs nouveaux défis ont pour noms : les loisirs sur la lune, la visite de mars, hyperloop … et pour certains d'entre eux pas moins que l'immortalité ou comment tuer la … mort. Face à de tes défis que représente la conquête de la Maison Blanche ? Sous cet angle, il n'y a plus de surprise dans ce défi mais juste s'inquiéter qu'il ne soit pas assez … ambitieux. Cette génération donne le sentiment de n'être qu'au début des paris fous…