Une véritable révolution culturelle est en route. La "génération fun" a pris le pouvoir. Hier marginale ou rebelle, cette mentalité progresse considérablement. Elle est en train de changer la donne. Elle fonctionne sur la logique de l'utilité ludique. C'est une mentalité entièrement différente des anciennes générations. Elle ne supporte pas le comportement surveillé, arbitré, programmé, uniforme. Elle veut concilier l'utile et l'agréable, le nécessaire et le plaisir. Mais surtout, elle personnalise le produit. Elle s'approprie un produit. Depuis plusieurs années, avec Eric Merlen, Béatrice Metenier et Lydia Menut notamment, nous avions anticipé cette évolution alors naissante avec des collections de guides pratiques (balades gourmandes, bivouacs sous les étoiles …). Mais depuis 4 à 5 ans, le phénomène a changé d'ampleur. Et nous ne sommes qu'au début d'une probable vague considérable. Le circuit de l'alimentation sera révolutionné. Actuellement ,l'une des plus belles ventes de l'édition c'est "jardiner dans 1 m²". Une excellente idée que de montrer que le jardinage est compatible avec le petit espace même le plus symbolique : 1 m² ! Idée excellente du possible partout. Des sociétés comme marché goodfood, Une Petite Mousse … font vivre cette culture. Quand l'environnement entre de cette façon par … le jardin, sa place dans le débat politique ne sera plus jamais la même. C'est l'un des plus beaux succès actuels à l'exemple des jardiniers urbains et des opérations "cultivons nos toits".
Catégorie : Etats-Unis
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Nous sommes faits de l’étoffe des rêves …
Remarquable discours de Mark Zuckerberg à Harvard jeudi 25 mai. Son actuelle tournée sur le terrain suscite de nombreuses interrogations sur ses objectifs à terme. Ce qui est déjà sûr, c'est que Zuckerberg a délivré un discours de grande qualité qui est d'abord une invitation aux rêves individuels et à la lucidité collective. Au départ de tout, il y a un rêve. Ceux qui l'oublient s'engagent souvent dans une triste bouderie avec la vie.
Pour prendre connaissance des principaux extraits, cliquer sur le lien suivant : Mark.
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Climat : la Californie et la notion de leadership local
Un article est passé inaperçu en France alors qu'il marque un enjeu de 1ère importance : l'article dans le New York Times du 23 mai par lequel Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, défend la "guerre intérieure" que cet Etat va mener contre Trump sur le thème du réchauffement climatique. En 1 seul article, tout le travers culturel de la vie politique française éclate. En France, le local, c'est la logistique pour une carrière politique nationale. Rien d'autre dans les faits. C'est une salle d'attente et une façon de collectiviser la logistique matérielle et humaine pour la carrière nationale. La preuve : à la moindre occasion, le local est abandonné pour une carrière ministérielle. Il y a en permanence une culture selon laquelle rien ne serait possible en dehors de l'Etat. Certes aux Etats-Unis, notamment les dimensions ne sont pas comparables, mais la mentalité est différente. Le "local" existe et il peut même faire vivre une réelle différence avec la politique fédérale. Alors que Trump veut renverser les politiques de l'administration Obama sur le changement climatique, la Californie s'engage à devenir le modèle d'une autre politique. C'est l'affirmation d'une capacité à un leadership local. Le local comme référence concrète d'une véritable autre politique. Une culture qui mériterait de gagner du terrain en France.
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Bourse : Snapchat ou la consécration du critère de la place de marché
Beaucoup de commentaires accompagnent actuellement la chute de la valeur Snapchat. Il y a un enseignement simple à en tirer : la consécration du critère de la place de marché. Pour avoir été pendant 7 ans comme professionnel extérieur intervenant à l'Institut Supérieur Européen de Gestion à Lyon pour le cours sur les introductions en Bourse, je suis aujourd'hui satisfait de voir à ce point la reconnaissance de l'importance essentielle de ce critère que je mettais en relief en permanence bien au-delà des chiffres classiques habituels (CA, RN …). En Bourse, les investisseurs achètent de l'avenir. Seule la place de marché est le critère de l'avenir.
La place de marché, c'est quoi ? C'est la conjonction de 4 critères :
1) Etre numéro 1 sur son segment de marché : on ne retient qu'un leader de segment de marché. Le n°2 a un handicap immédiat : il doit clarifier ce qu'il fait d'autre et de mieux que le n°1 perçu. Ce qui est aujourd'hui le problème de Snapchat face à Facebook.
2) Disposer de fortes barrières de protection face aux concurrents : la barrière de protection c'est l'assurance que soit les concurrents vont devoir acheter soit qu'il y a du temps pour qu'ils rejoignent le leader. Dans les deux cas, c'est une protection considérable.
3) La place de marché doit être associée à un marché perçu comme porteur dans le temps. Tout l'enjeu est sur la perception de croissance. Il n'est pas nécessaire que cette croissance soit incontestablement justifiée. Il est indispensable que cette croissance soit "la raison partagée". Le marché a par définition un comportement moutonnier puisque la "raison partagée" est le filet de sécurité des investisseurs en cas d'échecs quand ils n'ont pas engagé leur argent personnel. "Avoir fait comme les autres" est l'argument pour se dé-responsabiliser vis à vis des réels propriétaires des fonds.
4) Face à la place de marché de base, les démultiplications ultérieures éventuelles doivent être perçues comme des niches de croissance à moindre coût.
Snapchat est faible sur les 4 critères. La période s'annonce délicate dans l'attente d'un repositionnement.
NB : je saisis l'occasion de ce billet pour remercier tous les anciens étudiants qui me passent régulièrement des messages très sympathiques via des réseaux sociaux dont LinkedIn. Cela me touche beaucoup et j'en félicite le très grand nombre pour la qualité remarquable de leurs parcours professionnels.
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Marché Goodfood : étape clef le 17 mai ou les messages passés à la … France
Dès début mars, j'annonçais l'introduction en Bourse à venir de Marché Goodfood. Elle est désormais confirmée avec une date clef : le 17 mai. C'est un tournant dans un moment clef de la vie de chacun : la cuisine. Le succès de Marché Goodfood (200 000 repas livrés chaque mois dans plusieurs régions du Canada) atteste d'une évolution de fond : la personnalisation de l'alimentation avec le goût de la découverte. Un créneau déjà vécu avec succès par Freshii sur la base de l'alimentation santé à petits prix. A 17 heures, 70 % des personnes ne savent pas quel sera leur repas du soir. Plus il est question de jeunes générations, plus ce chiffre est élevé. Quoi de plus simple que d'être livré à domicile : juste ce qu'il faut, avec toutes les garanties sur la qualité des produits et les informations sur la recette à mettre en oeuvre en quelques minutes. C'est le même esprit que Le Petit Ballon ou Une Petite Mousse. Ce qui est intéressant dans le parcours de Marché Goodfood, c'est l'étape par le passage par la Bourse de Toronto dont les valeurs sur 2016 ont été les plus actives en moyenne. Pour qu'un marché financier soit performant, il faut des étapes avant la "grande cotation" sur un marché majeur. La France a déstructuré les places régionales d'Euronext. Ce faisant, elle a liquidé des étapes initiatrices utiles. C'est un échec considérable qui pénalise beaucoup les startups. Si ce dispositif n'est pas rapidement corrigé, c'est un facteur d'expatriation qui va beaucoup impacter les emplois en France. la Bourse reste une étape de développement qui mérite d'être mieux considérée parce qu'elle permet des opérations mixtes (cessions de titres et augmentations de capital), parce qu'elle assure une indépendance face aux banques … Faute de corrections rapides dans les deux ou trois prochaines années, avec une telle faiblesse, la France décrochera significativement de la seconde étape de vie d'une startup.
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Le beau printemps des valeurs technologiques
La France progressivement, c'est le bonheur d'être … triste. Le mal de vivre est partout. Avant le 1er tour de la présidentielle, il faut chasser les … anciens. Puis au second tour de la présidentielle dans la foulée du débat, il faut chasser les … nouveaux. Tout est toujours comme cela : le pays qui a la flemme d'aller bien. C'est ce même réflexe qui a animé bon nombre de commentaires par le passé à mesure de recommandations sur des valeurs technologiques. Les valeurs vouées hier à "subir l'éclatement de la bulle" sont en train de vivre un très beau printemps. Sur une simple séquence temps de novembre 2016 à début mai 2017 :
- Twitter : + 12, 5 %
- Alibaba : + 29 %
- Facebook : +32 %
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Même Snapchat a évité le "gadin" promis par tant de "spécialistes" français.
Dans les prochains mois, 7 introductions en Bourse doivent performer sur le marché américain. En France, elles seront présentées comme les "prochaines bulles" et ne feront parler d'elles qu'à l'occasion d'un vrai "gadin". Parce que quand des valeurs vivent des progressions du type de celles ci-dessus, bien entendu il n'y a pas matière à en parler et encore moins à s'en réjouir. Dans un tel climat, bon courage au vainqueur du 7 mai …
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556 jours !
Dans 556 jours, le mardi 8 novembre 2018, les citoyens américains vont avoir l'occasion de s'exprimer sur la gestion Trump lors des élections dites intermédiaires. Si les actuels contacts se vérifient, c'est un raz de marée historique de votes hostiles qui attend l'actuel locataire de la Maison Blanche. Chaque pays porte un tempérament, une personnalité. En 2008, dès les premiers jours d'avril, la tendance pro-Obama se manifestait sur place. Elle allait progresser encore et toujours jusqu'en novembre. Sur place, le rejet de Bush était tel qu'il était tangent qu'aucun candidat républicain, fut-il le "rebelle McCain", ne pourrait inverser la tendance. Aujourd'hui, de tous les contacts, il ressort que la même étape est en gestation. Le rejet se témoignera de façon différenciée mais fort. Le plus fort sera très probablement la Californie.
Or la Californie c'est 1 Américain sur 8. L’Etat pèse autant que la 6ème économie du monde. Au sein de cet Etat, Et 27 % des habitants, soit près de 11 millions, sont nés dans un pays étranger. Depuis 100 jours, cet Etat symbolise la révolte contre Trump. Sur le démantèlement de l’Obamacare, des dizaines de millions de dollars de subventions fédérales pourraient être perdues. Sur l’environnement et sur la défense des immigrants, c'est le dos tourné à l'identité de la Californie. Le dispositif des « villes sanctuaires » risque de priver de certaines contributions fédérales si elles ne coopèrent pas avec la police en charge de l’immigration. Dans la vallée centrale de la Californie, les agriculteurs, grands exportateurs vers l’Asie, déplorent déjà les conséquences du retrait du TPP, le traité commercial trans-pacifique, annoncé le 22 janvier. Et la liste pourrait continuer longtemps comme la remise en cause de sanctuaires naturels pour des animaux.
La campagne de novembre 2018 s'annonce comme l'une des plus belles. 10 ans après celle de 2008. Le moment où chacun s'engage pour faire vivre un pays comme symbole des belles valeurs qu'il a toujours vocation à incarner pour la civilisation occidentale. Ces 556 jours vont être beaux à vivre. C'est le vrai rendez-vous de ce samedi et non pas la célébration des 100 jours de Trump.
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Le dangereux enlisement dans l’arrogance
L'arrogance est un pays. Un univers à part. Quand on rencontre des personnes qui vivent dans l'arrogance, on n'est plus ni dans la vérité ni dans le doute. L'arrogance, c'est le pays de la fierté du mépris face à tous les obstacles possibles. C'est ce que vivent les Etats-Unis actuellement avec Trump. Ils sont tombés dans la caricature du pays de l'arrogance d'un président en exercice. Hier mercredi, il a signé un décret ordonnant un examen des décisions de classement comme «monument national» prises au cours des deux décennies écoulées. Donald Trump vise des décisions prises par Barack Obama pour sanctuariser certains territoires. Ces désignations ont parfois été sources de polémiques dans la mesure où elles sont synonymes d’interdiction de nouveaux forages ou exploitations d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), ou encore de limitations à l’agriculture ou la pêche. Depuis janvier 2020, les Etats-Unis vivent au pays de l'arrogance. Sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, quand des décisions sont prises contre tous les avis techniques des meilleurs spécialistes. Et sur la forme quand l'intéressé expose le document en question qui doit compter une page entière pour accueillir … sa signature. Car le pays de l'arrogance a aussi ses illustrations comme la photo ci-dessous.