Ce qui caractérise la période présente, c'est que les schémas classiques de représentation dans les démocraties occidentales ont explosé. Ils sont fracassés. Partout. C'est le point commun entre la quasi-totalité des démocraties occidentales à de très rares expressions près (Allemagne, Grande-Bretagne …). Trump, Tsipras, Macron, Trudeau … mais aussi le Mouvement des 5 étoiles en Italie ou les partis populistes des ex pays de l'Est … : tous ne sont que le résultat de fins d'une vision traditionnelle de la représentation. Ces opinions savent d'abord ce qu'elles ne veulent plus : mensonges, scandales, corruptions, tromperies multiples … Les vieux partis battus aux élections sont bien des cadavres. Ils ont été tués par ce rejet. Ils n'avaient pas vu ou pas voulu voir le phénomène, ils commettent actuellement la même erreur pensant que, comme les cadavres, ils vont revenir à la surface. Mais quand les cadavres reviennent à la surface, ils sont … décomposés. Il en sera de même pour ces vieux partis incapables de se réformer, de s'ouvrir sérieusement à la société civile, pris dans les vieilles habitudes du mimétisme. Une période très particulière est ainsi ouverte. Savoir ce que l'on ne veut plus est une chose. Mais ignorer pour une grande partie, ce qui devient possible en est une autre. Le dégagisme n'est qu'à son début. Comme au début de sanctions expéditives surprises lors d'élections y compris à destination d'actuels bénéficiaires de cette première vague …
Catégorie : Etats-Unis
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« Mais il connait pas Raoul ce mec ! »
Pendant des années, lorsqu'une personne me semblait exprimer une opinion sur autrui différente de ma perception, c'était ma formule préférée :"mais il connait pas Raoul ce mec !" me rappelant les formules d'Audiard si remarquables. Maintenant le "moindre Raoul" est connu de tous, parce qu'il a tout fait pour être … connu. De lui-même sans avoir à chercher. En effet, Raoul a tout mis sur les réseaux sociaux : âge, centres d'intérêts, déplacements, amis, même ses vacances … A force de connaître tous les "Raoul", les commerces et la politique changent de méthodes. L'enjeu n'est plus de chercher à connaître mais de synthétiser tout ce qui est connu. Hier, c'était pas assez. Aujourd'hui, c'est gérer le trop. Dans cette gestion du trop d'infos, le Parti Républicain américain a-t-il pris une avance technologique. La question s'était posée en novembre avec la victoire de Trump (le rôle de Palantir, Cambridge Analytica …). Depuis la victoire surprise totalement inattendue mardi de Karen Handel, les mêmes suppositions repartent de plus belle. Les campagnes électorales sont peut-être en train de vivre un réel nouveau tournant ?
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Un leader sinon rien
Il y a des périodes où l'économie et la politique traduisent des tendances communes de façon impressionnante. Aujourd'hui, une entreprise compte si elle est leader de son segment de marché ou si elle porte la promesse de le devenir rapidement. Dernier exemple en date, Eve Sleep, 31 mois d'existence, elle change l'offre des matelas, introduite en bourse de Londres en mai 2017. Elle lève 40 M€ pour devenir leader européen du matelas et des dérivés. Il n'y a plus d'introduction réussie sans une promesse visible de leadership sur une offre. La période actuelle ne s'occupe plus des seconds et encore moins des au-delà. Etre le leader sinon pas de salut.
C'est la même règle que la politique française vient de consacrer en 2017 avec une force d'une brutalité probablement inédite. Les partis traditionnels ont vécu des primaires qui ont décapité leurs leaders. A cette étape, occupés par leurs guerres internes, ils laissaient l'espace libre à une start-up politique (En Marche). Son leader prenait le segment du marché du changement. Et il allait affronter dans la présidentielle deux autres leaders reconnus (Le Pen et Mélenchon). Pour les autres, leur présidentialité disparaissait avec leur statut de seconds. Et pour les législatives, tout a été amplifié puisqu'en les partis traditionnels partaient au combat sans le moindre leader reconnu. faute de leader reconnu, ils n'ont même pas eu d'exposition, de visibilité. Mieux qu'Eve Sleep qui a attendu 31 mois pour une introduction irréelle en bourse, En Marche a raflé le marché parlementaire en 13 mois. Du jamais vu en temps de paix dans une démocratie ancienne. C'est vraiment la période du "un leader sinon rien".
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Grenoble et la belle réussite du street art
Le graffiti est au street art ce que le juron est au goût des mots. Et si finalement la seconde vie des murs passait par les couleurs du street art ? L'institutionnalisation de cet art hier rebelle peut être une réelle réussite. Bien loin d'un graffiti posé à la va vite sur un mur. C'est ce qu'est en train de vivre Grenoble actuellement. A l'angle d'une rue ne plus voir seulement les montagnes, ce qui est déjà un merveilleux cadeau, mais découvrir l'inspiration d'artistes. Dans de nombreuses villes étrangères, cet art désormais à part entière est un succès considérable réconciliant avec un beau réflexe : la rue n'appartient pas qu'à ceux qui l'habitent, elle est aussi à partager avec ceux qui la traversent épisodiquement. Tout ce qui permet de rompre la monotonie du gris (béton) et du noir (bitume) est une belle initiative. Une pratique à partager largement notamment via les nombreuses photos qui se multiplient actuellement sur les réseaux sociaux à l'exemple de celle ci-dessous.
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La force actuelle des campagne disruptives
Depuis 2008, date de la crise financière occidentale, les campagnes disruptives font la victoire. En 2008, Obama en est le premier artisan. La rupture est partout : de la couleur de peau au choix des moyens de communication. Les publications sur slideshare notamment sur ce thème sont de plus en plus nombreuses et intéressantes (nb : merci aux nombreux lecteurs qui placent ma contribution en tête avec une audience de 5 663 visites à ce jour) A partir de 2010, dans d'autres démocraties, la disruption a pris d'autres formes : les mouvements "citoyens" : Podemos, Ciudadanos en Espagne, Syriza en Grèce … En France, Emmanuel Macron est indiscutablement une forme de campagne disruptive avec des ruptures nombreuses (cf article sur Medium du 7 avril 2016). Sous une autre forme, Trump a mené une campagne de ce type en 2016. Comme Bernie Sanders qui a réalisé une percée incroyable tout particulièrement dans le rapport nombre de voix obtenues / dépenses engagées. Tous ces succès, selon des modalités diverses, montrent quoi : la sanction de systèmes détestés progressivement pour avoir été dans l'incapacité de prévoir la crise, puis d'assurer une sortie rapide de crise et avec des "élites politiques" pas impactés par la crise. La campagne disruptive devient le label actuel d'un anti-système, la marque visible d'un refuge pour changer les choses. Pour les participants aux prochaines élections, c'est une réalité nouvelle à considérer : faire vivre la disruption mais comment et jusqu'où ?
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Environnement : après les mots, quels actes en France … ?
Après le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris, la mobilisation aux Etats-Unis est forte. Qu'en est-il en France ? Aux Etats-Unis, des entrepreneurs mobilisent leurs fondations pour compenser les pertes de dotations fédérales. Des Gouverneurs signent des accords pour … respecter l'Accord de Paris, trans-partis et trans-frontières avec le Canada. Le Gouverneur de Californie vient même de signer un accord avec la … Chine. Et reçu par le Président chinois, Jerry Brown s'est engagé à "porter la bonne parole de tels accords" auprès de ses collègues. Et la liste pourrait continuer encore longtemps. Pour la France, qu'en est-il en dehors de la formule "make our planet great again" ? Les entrepreneurs se mobilisent peu. Les élus locaux sont plongés dans les législatives. Quels actes concrets depuis le 1er juin ? Des régions françaises ont-elles pris des actes forts ? Non. Des villes ou des grandes métropoles ? Non. Des grandes entreprises du CAC 40 ont-elles annoncé des mesures ? Non. En France, un tweet présidentiel semble suffire … Surprenant quand même. Dans quelques mois, avec les chiffres, très probablement, des entreprises américaines auront fait davantage que l'Etat français. Une comparaison qui ne va pas plaider en faveur du "make France great again".
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GoDaddy ou la promesse d’un site commercial Internet en 1 heure pour 8 dollars par mois
La révolution numérique n'est qu'au début de ses potentialités. GoDaddy met une offre qui montre la diffusion accélérée qui s'annonce : réaliser un site commercial en 1 heure pour 8 dollars par mois avec, dans ce montant, la maintenance ultérieure de ce site. Ce spécialiste de la gestion des noms de domaines et de l'hébergement donne une perspective de ce qui attend. Ce qui est vécu sur le plan commercial a vocation à le devenir sur le plan civique. On assiste à une accélération des interactivités, à une croissance des audiences qui montrent que des seuils ont été franchis. Les évolutions techniques sont considérables depuis les premières offres dans ces domaines. Et l'affirmation du smartphone amplifie ces tendances. En France, les "véritables législatives" seront désormais dans la mobilisation sociale et dans la mobilisation numérique (pour rappel le phénomène des pigeons sous Hollande) tant les législatives "institutionnelles" sont le simple wagon de la locomotive qu'est la présidentielle.
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L’air d’un cadeau …
Il y a des causes que l'on aime aussi, voire encore davantage, parce qu'elles sont détestées par des individus qui mettent tous les moyens pour être … détestés. C'est le cas de Trump aujourd'hui s'il retire les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Le mariage entre l'environnement et Trump semble impossible d'avance tant Trump incarne d'abord la vulgarité là où l'environnement a si souvent l'air d'un cadeau de beauté et de finesse. Une harmonie de couleurs si éloignée d'un bling bling brutal et primaire. Ce qui est le plus révoltant dans ce dispositif c'est que des personnes n'estiment pas utile de mobiliser toute leur énergie pour respecter les cadeaux de la nature. Il y a des endroits où rien n'est à retoucher. On peine même à imaginer que le cadeau puisse être aussi parfait. Et comment accepter l'égoïsme de ne pas le respecter pour les générations futures ? Les plus beaux cadeaux durent. Ceux qui ne sont pas capables de respecter de telles valeurs ne devraient pas mériter la confiance populaire qui se salit par de tels votes.