Hier lundi, la Chambre des Représentants des Etats-Unis a adopté une résolution pour plafonner à 500 000 dollars l'aide fédérale annuelle à chaque ex-Président américain. Pour rappel, les Etats-Unis = 325 millions d'habitants. Et la France (66 millions d'habitants) un ex président (VGE) coûte à lui seul en moyenne 2 millions d'euros par an aux contribuables français. En 2015 le seul service de sécurité de Nicolas Sarkozy a coûté 700 000 € aux contribuables c'est à dire davantage que la totalité de la prise en charge fédérale évoquée pour les ex-présidents américains ... Si l'exemple des économies pouvait aussi venir "d'en haut" en France, cela serait original et de nature à probablement faciliter l'acceptation des économies imposées classiquement ailleurs …
Catégorie : Etats-Unis
-
Justice : la comparaison de faits qui mérite la réflexion
Demain lundi, très probablement, Robert Mueller va publier les premières inculpations suite à un grand jury qui se serait tenu vendredi. Il a été désigné le 17 mai 2017 comme Procureur Spécial dans l'affaire du RussiaGate. Et il est même question d'une première arrestation. A quelques jours près, en France, François Bayrou devait quitter le Gouvernement ainsi que sa traditionnelle collaboratrice pour soupçons d'emplois fictifs. Quelles conséquences depuis ? A priori aucune. Les dossiers traînent dans les tiroirs. Et Fillon mis en examen depuis début mars 2017 ? Idem. Et on pourrait continuer la liste longtemps en évoquant en France des procédures de 5, 7, 10 ans pour des titulaires de pouvoirs. C'est une situation terrible puisque face à certains noms on ne sait même plus s'ils ont été condamnés ou pas, et si condamnés de quoi ? Et après le microcosme parisien s'interroge sur le sentiment d'impunité qui s'est répandu en province à destination des "élites". Et pourtant, Robert Mueller n'enquête pas sur une personne dépourvue de pouvoirs puisqu'il s'agit pas moins que du Président des Etats-Unis. Mais il y a la conviction que l'exemplarité doit accompagner le pouvoir. Comme l'impact juridique du parjure alors qu'en France à entendre tant de parties et leurs Conseils on a le sentiment que la Justice passerait son temps à condamner des … innocents. Tant que des modifications de ce type n'interviendront pas, il ne faudra pas s'étonner du discrédit si répandu en France.
-
Une réalité à mieux considérer : la personnalité géographique
Il m'a fallu beaucoup de déplacements pour me faire à une idée : la personnalité géographique existe. Un territoire a une Histoire qui forge un tempérament local. Et ces tempéraments peuvent changer considérablement d'un territoire à l'autre. Ces personnalités géographiques doivent être intégrées, respectées sinon les chocs sont terribles. Je ne connais pas bien la Catalogne, voire même pas du tout. Donc je ne peux pas en parler de façon détaillée. Une des rares fois où j'y suis allé c'était avec Alain Mérieux dans le cadre des moteurs de Rhône Alpes. Pour ce qui était pour moi une "région d'Espagne parmi d'autres", la rencontre avec Jordi Pujol m'était apparue irréelle : déjà un chef d'Etat. Puis, plus les déplacements ont été nombreux, plus cette réalité de la personnalité géographique m'est apparue manifeste. Avec parfois des surprises considérables entre les idées de départ et les réalités perçues à l'exemple des relations entre le Québec et les français. Cette personnalité géographique est construite par de nombreux facteurs dont l'Histoire. A force de marginaliser l'Histoire, trop de tendances durables sont sous-estimées, parfois même oubliées. Cette Histoire génère des codes, des usages, des réflexes. Et des divorces brutaux deviennent implacables si ces composantes sont inconnues ou méprisées. C'est tout le problème des néos dans une géographie. Il faut beaucoup d'humilité, de curiosité pour apprendre quand on est nouveau. Sinon des décalages naissent vite. Avec les migrations actuelles d'origines diverses (économiques, pauvretés, guerres …), c'est un enjeu qui va prendre une importance croissante manifeste. Cette réalité mériterait d'être mieux considérée dans de très nombreux endroits.
-
Le temps des simulateurs
Hier, Trump a apporté à la transparence totale promise sur l'assassinat de JFK à Dallas la même efficacité que celle pour désarmer tout de suite la Corée du Nord ou pour juguler rapidement la dette fédérale : un tweet qui annonce la foudre qui n'arrive jamais. La communication moderne a ouvert le temps des simulateurs. Il ne faut jamais aller dans la nuance. Mais surtout il faut être habile à exprimer ce qui n'est pas éprouvé : colère, tristesse, compassion, vertu … Triste évolution. Le problème c'est quand cette règle devient sur-jouée. Il faut beaucoup de talent pour faire semblant très longtemps. Au rythme des actuelles révélations, c'est à craindre que ce talent là ne soit pas si partagé qu'on pouvait initialement l'imaginer dans plusieurs pays.
-
Comme si on envoyait des majorettes sur le front de guerre …
L'impréparation de la France aux mutations liées au réchauffement climatique annonce des réveils dramatiques. Regardons les faits récents. 1) Le second pollueur au monde se retire de ses engagements. Hier, le chef de l’Agence américaine de protection de l’Environnement (EPA), Scott Pruitt, a signé un projet de décision abrogeant un ensemble de mesures prises par l’administration Obama pour lutter contre le changement climatique. Cette abrogation intervient quelques mois après la décision du président américain de quitter l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il était défavorable aux États-Unis. Scott Pruitt avait annoncé lundi, devant des mineurs du Kentucky sa décision d’abroger le Plan climat de la précédente administration. Le «Clean Power Plan» (CPP, Plan pour une énergie propre), signé par Barack Obama en août 2015, avait pour but d’accélérer la transition énergétique et d’imposer aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 32% d’ici 2030 par rapport à 2005. Il aurait entraîné la fermeture des centrales thermiques à charbon les plus anciennes et les plus polluantes du pays. Le public a 60 jours pour soumettre ses commentaires avant l’adoption à terme d’un texte définitif. Les États-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effets de serre derrière la Chine. Avec l'administration fédérale Trump, le cinéma de la COP21 vole en éclats. Ne pas avoir profité de l'administration Obama pour sceller un accord juridique contraignant restera dans le temps d'une irresponsabilité notoire. 2) Au moment où la France découvre la sécheresse d'octobre, le Gouvernement coupe dans les crédits de … l'eau. 3) Et demain, il y a débat à l'Assemblée Nationale sur l'éventuel retour de la compétence eau aux Communes qui sera probablement rejeté pour être laissée aux intercommunalités, nouvelles technostructures administratives lointaines, confuses et irresponsables. Alors que la lutte contre le réchauffement climatique mériterait des vrais combattants, aujourd'hui, c'est comme si on envoyait des majorettes sur le front de guerre. Face à Trump et l'administration fédérale américaine, les gesticulations françaises pèsent rien et les décisions intérieures sont à contre-sens. Les retours aux réalités s'annoncent périlleux en France face aux conséquences graves et implacables du réchauffement climatique.
-
Nicolas Hulot face à 14 Etats !
Cette semaine, Nicolas Hulot a officialisé que le Gouvernement entendait effectuer une économie de 136 millions d'euros sur les Agences de l'Eau l'an prochain. Et des chiffres considérables circulent au sujet de la baisse de moyens dans le prochain contrat pluri-annuel. C'est grave face à l'actualité. Mais surtout, c'est la démonstration que le Gouvernement refuse de considérer l'environnement comme un vecteur de croissance économique. Au même moment, aux Etats-Unis, 14 Etats viennent de s'engager pour des efforts prioritaires à destination de l'environnement. Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Hawaï, Massachusetts, Minnesota, New York, Caroline du Nord, Oregon, Rhode Island, Vermont, Washington et Porto Rico (qui n’a pas le statut d’État) : voilà la liste à ce jour des 14 Etats qui entendent se démarquer des orientations fédérales américaines pour continuer à respecter les orientations de la COP21. Ces États représentent 40 % de la population américaine et, en cumulé, la troisième puissance économique de la planète. Ils entendent surtout montrer qu'il est possible de respecter une priorité donnée à l'environnement et vivre une forte croissance économique. A suivre avec intérêt pour voir qui de Nicolas Hulot ou de ces 14 Etats a raison…
-
Pour la disruption, le compte n’est pas bon
Trump, Macron, Trudeau, Catalogne … et la liste pourrait durer longtemps ; un point commun au-delà de la diversité des situations : la victoire de la demande de disruption. C'est une demande plus forte que le simple changement. C'est la rupture totale, radicale, brutale. La demande existe. Elle existe si fortement que chaque offre qui parait porteuse de ruptures de ce type connait le succès. Mais le succès quand ? Jusqu'où ? Le temps d'une campagne électorale et après ? L'opinion occidentale moderne est lasse de sa gouvernance classique : les partis, les syndicats, les corps intermédiaires qui coûtent si cher pour si peu de résultats … L'opinion est en avance sur la gouvernance. Elle a conscience que le "système actuel" ne peut plus continuer. Elle n'est plus dupe des mots comme des chiffres. Il n'est pas possible de gâcher la planète au point de voir les premiers novateurs monter officiellement un business model pour la recherche d'une … autre planète. Il n'est pas possible de ne pas vivre une démocratie plus respectueuse des citoyens. Il n'est plus possible d'accepter une guerre de religion où la réponse des uns puisse résider dans l'élaboration de cortèges compassionnels pour les victimes avec cellules psychologiques pour encaisser le choc dans l'attente du prochain. Et il n'est certes plus possible d'accepter un tel écart de richesses mais pas davantage un tel écart de travail entre ceux qui produisent et ceux qui vivent de la redistribution. Tant que "le système sortant" n'accepte pas cette nécessité de ruptures, il alimente les colères, les augmente et leur éclosion ne deviendra que plus redoutable. C'est la réalité du moment qu'il faut accepter. L'économie a vécu sa disruption avec le numérique sur une séquence temps d'une brièveté historique. Pourquoi la gouvernance publique ne vit-elle pas cette même rupture ? Tant qu'elle est reportée, les colères augmentent.
-
Le temps est un grand justicier …
De façon surprenante, la France reste actuellement à l'écart d'une tendance qui mérite l'attention en Amérique du Nord : la prise du pouvoir par les femmes. Prenons des exemples concrets récents qui sont autant de barrières qui volent en éclats. Le 25 septembre 2017, pour la première fois dans l'histoire des armées américaines, une jeune femme va commander une unité d'élite des US Marines vouée aux combats. Toujours aux Etats-Unis, à qui le Parti Démocrate confie-t-il la mission de redéfinir son positionnement pour les élections intermédiaires de novembre 2018 ? A Cheri Bustos, qui en 2016 a a gagné sa circonscription avec 20 points d'avance là où Trump le même jour de vote devançait Clinton de 2 points ! Et la présidentielle 2020 qui commence à démarrer, qui émerge dans les premiers sondages fédéraux ? Elizabeth Warren, Kirsten Gillibrand … Et du côté des Républicains, l'étoile montante c'est Nikki Haley, Ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU. En matière économique, l'un des pôles d'innovations les plus performants, c'est le MIT. Qui dirige l'un des laboratoires de recherches les plus stratégiques pour les prochaines années ? Daniela Rus ! Et tout dernièrement, hier soir, au Canada, lors d'une élection partielle dans une circonscription présentée comme "imprenable", qui gagne contre tous les pronostics ? Geneviève Guilbault, 34 ans ! Et la liste pourrait durer longtemps. Un changement est intervenu. Le temps des femmes et celui d'une nouvelle génération est arrivé. C'est étonnant combien la France est encore à l'écart de cette tendance qui s'explique ailleurs avec pourtant beaucoup de cohérence.