A travers des choix de gouvernance publique, c'est réellement une morale de la citoyenneté qui est en jeu. Actuellement, trois travers graves sont à constater. 1) Les débats interviennent souvent davantage sur les auteurs de propositions que sur le contenu même des propositions. Ce n'est pas l'auteur qui détermine ou pas la qualité d'une décision c'est son contenu. Ce poids dominant donné à l'auteur est une grave privation volontaire de liberté d'appréciation. Cette culture appauvrit beaucoup le débat d'idées. 2) L'autre travers grave c'est d'identifier une critique face à une réalité des faits à du "collectivité bashing". Si la démocratie ne permet plus de critiquer, que reste-t-il de la démocratie quand critiquer c'est estimer s'en prendre à la collectivité ? C'est une évolution surprenante quand elle est portée par des adeptes de mai 68 dont l'un des slogans étant "c'est interdit d'interdire". Quand les intéressés sont au pouvoir, l'interdiction retrouve un espace … 3) Et enfin le pire, c'est l'infantilisation actuelle des citoyens. Il y a une primauté du retour à l'antique : clientélisme et jeux. Cette logique c'est le mépris affiché à destination des citoyens. Par exemple pour St Paul de Varces, la Commune a davantage communiqué sur le "mois du Japon" que sur une opération immobilière de 80 logements avec des conséquences financières considérables pour tous les contribuables. Cette culture du "c'est important, surtout ne leur en parlons pas ..." est le marqueur d'un irrespect absolu des citoyens. Et pourtant, il y a une attente considérable d'informations. Cette semaine, sur ce dossier du Villarey1 à l'arrêt compte tenu du vice juridique d'incompétence que la Commune cherche à régulariser dans des conditions pour le moment inconnues de tiers, j'adresse une lettre détaillée de 4 pages avec tous les éléments. Pour en être destinataire, il suffit de me passer un message sur ma messagerie personnelle ou via messenger. Quand c'est important, à l'opposé de la situation actuelle, surtout parlons en ensemble.
Auteur : Denis Bonzy
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Risques naturels : les drames et la … chance
Hier, le dérèglement climatique a produit de façons très localisées des drames considérables notamment pour des producteurs agricoles dans la Drôme. Mais par la localisation, ces événements ont évité d'autres territoires. Ce fut heureusement le cas pour le sud de l'agglomération grenobloise. Et c'est une chance considérable car jamais les protections contre les risques naturels ont été aussi mal entretenues dans ce secteur. La dernière alerte date des 4 et 5 janvier 2018 (photo ci-dessus). Qu'est ce qui a été fait depuis ? Rien. Sur le terrain, mes 13 premiers choix ont été à destination des 13 points historiquement sensibles de la Commune exposée à des risques naturels particuliers car en fond de vallée (sur Relive, toutes les photos disponibles par secteur). Je n'ai jamais vu autant de barrages bouchés, de digues encombrées par des arbres morts donc prédisposés à être emportés par un fort débit… Hier, nous avons eu une chance considérable car si nous avions été exposés à ce phénomène violent, les dégâts aujourd'hui seraient gigantesque avec de telles "protections" à l'abandon. Mais la chance n'est jamais éternelle …
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Et si la Métro commençait enfin par respecter la loi …
Dans le Dauphiné Libéré d'aujourd'hui, Eric Piolle propose une évolution de la représentation des Communes au sein de la Métro selon des modalités qui ne me paraissent pas respecter la loi. Le cadre légal en la matière est simple. 1) A la base, une décision du Conseil Constitutionnel (décision n°2014-405 QPC du 20 juin 2014 Commune de Salbris). Cette décision affirme "les organes délibérants doivent être élus sur des bases essentiellement démographiques". C'est un tournant dans la logique traditionnelle de l'intercommunalité française. 2) Le principe affirmé, il faut ensuite en préciser les modalités. Dans ce cadre sont clarifiés des repères incontournables : un plancher : chaque Commune, même la plus petite, a droit à au moins 1 représentant. Un plafond : même si une Commune représente + de 50 % d'une intercommunalité, elle ne peut prétendre à + de 50 % des délégués dans une intercommunalité. Et la faculté d'un" accord local". L'accord local c'est quoi ? C'est à l'intérieur du principe de la proportionnalité stricte la faculté de faire varier les sièges attribués à chaque Commune à l'intérieur d'un pourcentage de 20 % par rapport à la stricte proportionnalité. Pour des Métropoles (hors Aix Marseille) a été avancée la faculté de majorer de 10 % la représentation initiale de base pour des ajustements. Mais cette majoration de 10 % permet-elle d'échapper au quota des 20 % à l'intérieur du principe de stricte proportionnalité ? Non. Le schéma proposé ce jour par Eric Piolle ne me parait pas légal. Il serait quand même temps que la Métro respecte la loi. Le mécanisme des CLECT lors des transferts de compétences a été très mal appliqué. L'article 1609 nonies C du CGI a été très peu respecté. Des nouvelles équipes municipales devront rouvrir ce sujet dans l'intérêt de la défense de leurs contribuables. Le PLUi devait être finalisé en 1 er et non pas en dernier pour donner de la cohérence à tous les autres actes conséquences. Des actes comme des OAP interviennent dans des cadres parfois manifestement bâclés. A St Paul de Varces, le Villarey 1 est signé dans un cadre illégal avec un acte de base frappé par une illégalité dite d'ordre public, c'est dire la gravité de la faute. Et que dire du simple respect de la Loi dans le cadre de l'accès aux documents publics … Si l'intercommunalité locale est malade, c'est certes le fait de ses échecs mais aussi le fait qu'elle a perdu sa respectabilité par des actes qui partent du principe que "le droit suivra" la volonté politique. Une intercommunalité ne peut pas fonctionner comme cela. Une génération d'élus a perdu la confiance en se soumettant docilement à de telles méthodes. Là aussi, après mars 2020, ces mauvaises habitudes doivent changer pour davantage de Liberté, davantage de contestations et davantage de défenseurs du droit dans le fonctionnement de cette Métro devenue désormais la caricature répulsive des intercommunalités XXL.
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Quand la campagne est une fête …
Avant hier soir, en début de soirée, une annonce qui me plonge dans la tristesse à la lecture d'un billet de Gilles Toureng : le décès de Laurent Revol. Je ne l'avais pas revu depuis des années. Puis sur un commentaire (M. Patrick Drevon), une photo (cf ci-dessus empruntée à M. Patrick Drevon) et d'un coup tant de souvenirs qui remontent en surface. Il y a ceux qui ont "l'engagement public triste" et il y a ceux pour qui la campagne va être une fête, un temps heureux. Laurent Revol pour moi, c'est le symbole d'une époque où la campagne a été une fête. 1983, deux jeunes inséparables : Laurent Revol et Richard Juillet. Deux tempéraments très différents. Mais une joie de vivre contagieuse. Quand dans une équipe, vous rassemblez des tempéraments aussi complémentaires que la jeunesse de Laurent Revol et Richard Juillet, l'expérience de René Michal, de Pierre de Villard ou de Robert Jules Laurent, le punch d'un Yves Machefaux, le militantisme de JJ Guillemot, la sérénité élégante d'un Pierre Gascon, la douce et séduisante féminité d'une Eliane Bellot ou de Françoise Soldano, la subtilité d'esprit d'un JP Saul-Guibert ou de J. Folco et tant d'autres qu'il n'est pas possible de citer (avec mes excuses) … : la victoire ne peut qu'être au rendez-vous parce que tous les profils de la société sont là. Les réunir c'est une étape. Les faire travailler ensemble dans le plaisir et dans la confiance de se retrouver, c'est autre chose. Quand cette seconde étape est franchie, la campagne devient une fête. Et si la victoire est le dénouement, la soirée de cette annonce restera un souvenir inoubliable. J'ai vécu, 5 fêtes de ce type, et je suis très reconnaissant à la vie de m'avoir accordé ce privilège. Des 5, parce que la première, la fête de 1983 reste particulière. Et je revois Laurent dans la grande salle du "Cercle", selon le nom traditionnel du local d'alors, exploser de joie, René Michal soulever du sol chaque personne qu'il croisait, Pierre de Villard rire avec un enthousiasme inhabituel pour lui si souvent réservé … Et surtout Alain Carignon avec sa compagne Jacqueline prendre conscience d'un coup de l'immensité des nouvelles obligations. L'appel téléphonique d'Alain Carignon à sa maman (le 1 er appel après l'annonce assurée de victoire par le Secrétaire Général de la Préfecture) : l'un des plus beaux appels qu'il m'ait été donné d'entendre. La joie de son papa et de sa famille. Laurent Revol et Richard Juillet ont rendu cette étape inédite parce que leur jeunesse animait un oeil neuf, une jeunesse ambitieuse parce que leur énergie permettait l'assaut des montagnes et tellement chaleureuse parce qu'ils avaient alors le bonheur d'une vie entière devant eux. Une vie qui a permis une autre rencontre dans le cadre de Sciences Po Grenoble pour mon cours où ils s'étaient inscrits. Leur épreuve à l'oral en fin d'année reste l'un des meilleurs souvenirs car ils avaient mis du travail pour ne pas décevoir notre relation d'alors. Toutes mes condoléances à la famille. Tous mes remerciements à Laurent pour la qualité des moments d'alors. Il vivait la "politique heureuse" comme elle doit toujours l'être car l'engagement public repose sur le volontariat et pourquoi faire ce pas si ce devait être pour un engagement triste ?
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La fin des héritiers du suffrage
La France n'aime pas les héritiers. Sa fiscalité sur l'héritage est d'ailleurs un signe : devoir encore payer sur ce qui a déjà été tellement imposé. Irréel. Il y a un domaine où elle acceptait encore les héritiers : la politique avec ses héritiers du suffrage. Jusqu'en 2017, les héritiers du suffrage étaient supposés indétrônables. Une marque par le label d'un parti politique avec une petite valeur ajoutée personnelle et l'héritage politique était assuré : hériter pour longtemps. L'élection était presque alors parfois perçu comme une simple formalité administrative : passer devant les électeurs, c'était comme passer devant le notaire pour acter une situation. Toute une structure mentale reposait sur cette logique. Les héritiers du suffrage étaient voués à durer : les monarchies républicaines. Or, depuis 2016, la règle ne fonctionne plus. Trump, le candidat sans chance vu depuis la France, a battu Hillary, la toujours future Présidente assurée depuis 2008 déjà. En 2017, en France, un jeune candidat a explosé les partis traditionnels. Idem pour les législatives dans la foulée. Et depuis, pas un scrutin dans une démocratie occidentale qui ne sanctionne pas les héritiers du suffrage, ces professionnels de la politique qui vivent de la politique. Et les municipales échapperaient à cette tendance ? Pourquoi ? A quel titre ? L'ambiance actuelle est surréaliste sur ce sujet. Le dégagisme sévit partout mais il resterait au vestiaire pour les municipales. Les réseaux sociaux ont tout gagné mais pour les informations locales ce serait encore le règne de la bonne vieille information papier. Le client demande partout davantage de respect et de réactivité mais dans la démocratie locale il accepterait avec plaisir d'être méprisé, d'écrire sans avoir la moindre réponse et la liste pourrait durer longtemps. Comme pour les vues basses d'hier, de l'incapacité à prévoir Trump au succès de Macron, le même traditionalisme intellectuel sévit. En France, on ne "prévoit" les tsunamis que quand la vague est passée. Et à cette étape, les explications justificatives sont d'autant plus nombreuses qu'elles avaient été défaillantes auparavant. La vague se prépare et elle s'annonce manifestement dévastatrice.
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Une société droguée à la mélodie du moment
La fin du "Just do it". Le slogan de Nike, celui qui a contribué au succès de cette marque, c'était le symbole du "oser", "ne pas avoir peur", bref la "révolution personnelle" qui autorise la différence. Aujourd'hui, l'essentiel ne semble plus là. C'est presque l'opposé. Il faut suivre le nombre. Dans la foulée des européennes, des élus quittent un parti politique parce que ce parti ne fait plus nombre. Une émission devient sans intérêt si elle n'a pas fait de l'audience donc du nombre. Des idées s'imposent, même fausses, au motif qu'elles sont celles du grand nombre. Une "culture" qui donne d'ailleurs un impact nouveau aux sondages. Ils deviennent le véritable 1er tour en politique. Puisqu'il s'agit ensuite de voter pour l'un des deux capables d'arriver en tête, s'associer au nombre. Dans les affaires, même logique. Un produit devient compétitif quand il peut aligner son nombre de clients. A un moment donné, la "référence" commerciale suprême était "vu à la télé". Maintenant c'est "vu par 500 000 personnes". Les affaires sont menées par les clients du nombre. La politique est gagnée par les citoyens du nombre. Atmosphère surréaliste avec des standards très codés. Ceux qui s'en éloignent apparaissent souffrants, deviennent même suppliciés lorsqu'il s'agit du débat public : comment peuvent-ils encore ne pas penser comme le nombre ? Aux Etats-Unis ce culte du nombre a même donné naissance aux … faux nombres sur les réseaux sociaux avec les comptes robotisés : faux noms voués à créer du nombre donc à creuser le sillon pour ceux qui vont vouloir s'ajouter. Le nombre c'est la mélodie du moment. La "musique" que chacun aime co-écrire. Les mélodies passent vite. Dans une telle ambiance, difficile d'imaginer que les sujets sérieux puissent trouver des solutions. C'est le règne du ripolinage. D'ailleurs sur le fond, face aux problèmes réels de fond, qu'est ce qui change réellement actuellement ? Des mots pour rebaptiser une situation. Mais au-delà ? Les mêmes problèmes restent et s'aggravent. La mélodie du nombre a ses limites.
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Le début du voyage de mille lieues
Période passionnante que de voir notre petit-fils découvrir les sensations que nous observions avant-hier chez nos enfants. La semaine dernière, il a vécu sa première promenade sur le siège à l'arrière du vélo de sa maman. Et hier en fin d'après-midi, avec l'aide très efficace de sa maman, il a vécu sa première partie de baseball. Il ne peut pas encore se servir de la batte en bois de son papa ou celle de son oncle mais il aime manifestement ce jeu qui mêle si bien habileté manuelle et vélocité physique. C'est beau de le voir courir aussi motivé pour marquer un point puis de partager ce succès avec son papa ou sa maman. C'est aussi instructif de constater combien sa maman qui sait très bien jouer au tennis a pris des repères rapides de distance avec la balle, de position pour bien la frapper … Des sports créent manifestement des prédispositions pour d'autres, ce que j'ai souvent déjà constaté. Notre petit-fils fait ainsi les premiers pas de son voyage de mille lieues qui devrait le conduire à se découvrir à travers le sport. Découvrir sa ténacité, son goût de gagner, son sens du collectif, sa résistance au risque de perdre : le sport est la plus belle école. Dommage qu'il n'ait pas la place qu'il mérite dans le dispositif institutionnel de l'enseignement en France. Un beau voyage l'attend. Emouvant de revivre de tels moments du début d'une route que nous lui souhaitons la plus longue et la plus agréable possible.
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Le Villarey 1 : les faits précis au 8 juin 2019 : le point d’étape nécessaire
En préalable, deux précisions essentielles s'imposent. 1) L'enjeu c'est : la défense de l'identité de village, la modération des impôts municipaux (NB : dans leurs écrits quand les actuels élus de la municipalité sortante étaient dans l'opposition ils évoquaient le doublement des impôts municipaux pour 58 logements / aujourd'hui c'est 80 !), le droit au calme des riverains des immeubles comme ceux des voiries. La réalisation du Villarey1 c'est l'agrandissement des voiries à court terme c'est à dire un chantier considérable d'expropriations pour gagner sur les actuelles propriétés privées. 2) Engager un recours c'est très lourd. 7 recours ont été déposés : le permis d'aménager + les 6 permis de construire destinés à autoriser 80 logements (dont 76 identifiés à ce jour). Chaque recours c'est une requête détaillée de 8 pages + 12 annexes dont certaines de nombreuses pages. Chaque recours a été déposé en LR avec AR auprès de l'autorité qui a pris la décision (la Commune de St Paul de Varces) + (en LR avec AR) pour information à destination des bénéficiaires du Groupement (au nombre de 3) + D. Richard + JL Bénis.
Cette étape est franchie dans les délais légaux. A ce jour, quels constats ? 1) L'illégalité grave que j'ai soulevée dès l'origine sur le vice affectant l'autorité compétente (c'est à dire le signataire des actes administratifs) est avérée. Il y a 3 semaines, l'évocation de ce vice grave d'ordre public suscitait les railleries d'élus de la municipalité sortante de St Paul de Varces. Aujourd'hui, ils savent que le vice juridique grave est reconnu. Donc les actuels permis ne pourront pas vivre en l'état. 2) Parce que le vice juridique est reconnu, la mairie travaille à une tentative d'éventuelle régularisation de l'illégalité. Plusieurs hypothèses techniques sont possibles. C'est une étape très délicate parce que régulariser une irrégularité, c'est un sujet de droit qui ouvre de nombreuses complications éventuelles.
Ma position est la suivante. 1) Les élus de la municipalité sortante devraient déjà tirer les enseignements de cette première étape. Ils enregistrent aujourd'hui un camouflet juridique majeur. Souhaitent-ils les collectionner ? 2) Les élus de la municipalité sortante doivent rendre des comptes sur le coût des conseils juridiques sur ce dossier payés par tous les contribuables. Sur 2018, ce budget global des seuls honoraires juridiques s'élevait déjà à 13 000 €. Au rythme des consultations nécessaires, cette information sur une dépense publique est indispensable. Les contribuables ont le droit de savoir y compris ceux qui sont contre le Villarey et qui payent des conseils qui travaillent pour que le Villarey se … réalise. 3) Nous sommes à 260 jours des élections municipales. Et ce foncier est porté par l'EPFL depuis 10 ans. Qu'est ce qu'attendre 260 jours dans ces circonstances ? Les habitants de St Paul de Varces retrouveront en mars 2020 la parole sur ce dossier puisque celle donnée en janvier 2012 a été jetée à la poubelle. Ce respect des habitants c'est la sagesse. Toute autre hypothèse traduit une obstination enfiévrée qui n'est pas raisonnable.
Voilà les faits à ce jour. Il n'y a de ma part aucune agressivité, aucune polémique. Nous sommes dans un Etat de droit. Cette opération est un tournant irréversible dans le futur de notre village. Cette bataille sera conduite avec calme comme ce fut le cas lors de mon appel téléphonique au signataire pour l'informer de ce qu'il peut à ce jour constater. Si la suspension de toute décision jusqu'aux élections municipales n'intervient pas, il est à penser que nous venons de vivre seulement l'épisode 1. La démocratie s'est exprimée en janvier 2012 sur ce dossier. Elle doit être respectée sauf si les citoyens devaient, dans des conditions analogues, en décider autrement ce qui est leur droit démocratique. De telles valeurs méritent d'être respectées. C'est un enjeu collectif essentiel.
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Quand pas un seul mot ne contient une fausse note …
Hier, Emmanuel Macron a lu un extrait de la lettre de Henri Fertet, jeune Résistant exécuté. Remarquable choix. Puis Matthieu Gariel m'a communiqué le lien pour prendre connaissance de toute la lettre (cf ci-dessous). Pas un seul mot ne contient une fausse note. Des moments où la mort si proche et incontournable rend la vérité implacable. L'âme humaine devient lumineuse. Tout y juste pour les mots forts comme pour les plus petits détails. La pensée est là sans artifice. Des lettres de combattants de 14-18 avaient une force identique. Eric Conan, un ami de nos études en commun, avait effectué pour L'Express un reportage d'une extrême qualité sur des lettres d'enfants de camps de concentration. Dans des circonstances différentes, j'ai connu une lettre atteignant un tel niveau de qualité : son auteure, une jeune fille prénommée Laurence. Elle a la mucoviscidose. Elle est hospitalisée à Lyon. Elle vient juste de franchir ses 18 ans, donc sa majorité. Elle sait qu'elle est en train de vivre ses dernières heures. Elle écrit une lettre pour sa maman qui vient de quitter l'hôpital pour prendre un peu de repos parce qu'elle est exténuée de la veiller. Laurence sait alors qu'à son retour, elle ne pourra probablement pas reparler à sa maman. C'est la lettre la plus fracassante qui soit. D'optimisme. D'amour. De vérité sur la vie. Marie-Madeleine Rebreyend connait très bien cette situation que nous avions vécue ensemble avec Jean-François, son époux et avec Marie. Quand nous avons construit le Groupe Scolaire, j'ai demandé à ce que cette lettre avec d'autres documents soit dans une stèle sous l'entrée du groupe scolaire. J'avais personnellement veillé à choisir un papier d'une qualité technique le vouant à résister au temps. De telles lettres changent les regards sur l'existence. Elles mériteraient des relectures collectives fréquentes.
La lettre d'Henri Fertet appartient à cette catégorie : pas un mot ne contient une fausse note.
Henri Fertet est arrêté en juillet chez ses parents. Le 18 septembre, il est jugé par un tribunal de guerre allemand. Condamné à mort. Le jour de l’exécution est fixé au 26 septembre. Quand lui et ses compagnons partent pour le peloton d'exécution, ils chantent La Marseillaise. A 07 heures 30, ils sont attachés à des poteaux et exécutés.
Avant, il a écrit une lettre pour ses parents dont voici l'intégralité :
Besançon, prison de la Butte (Doubs) le 26 septembre 1943.
Chers parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin. Pendant ces quatre-vingt-sept jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et, souvent, je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait. Vous ne pouvez douter de ce que je vous aime aujourd’hui, car avant, je vous aimais par routine plutôt mais, maintenant, je comprends tout ce que vous avez fait pour moi. Je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial. Peut-être, après la guerre, un camarade parlera-t-il de moi, de cet amour que je lui ai communiqué ; j’espère qu’il ne faillira point à cette mission désormais sacrée.
Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi, et particulièrement mes plus proches parents et amis, dites-leur toute ma confiance en la France éternelle. Embrassez très fort mes grands-parents, mes oncles, mes tantes et cousins, Henriette. Dites à M. le Curé que je pense aussi particulièrement à lui et aux siens. Je remercie Monseigneur du grand honneur qu’il m’a fait, honneur dont, je crois, je me suis montré digne. Je salue aussi en tombant mes camarades du lycée. À ce propos, Hennemay me doit un paquet de cigarettes, Jacquin, mon livre sur les hommes préhistoriques. Rendez le “Comte de Monte-Cristo” à Emeurgeon, 3, chemin Français, derrière la gare. Donnez à Maurice Andrey de La Maltournée, 40 grammes de tabac que je lui dois.
Je lègue ma petite bibliothèque à Pierre, mes livres de classe à mon cher Papa, mes collections à ma chère maman, mais qu’elle se méfie de la hache préhistorique et du fourreau d’épée gaulois.
Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.
Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.
Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout et je chanterai “Sambre et Meuse” parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’a appris.
Avec Pierre, soyez sévères et tendres. Vérifiez son travail et forcez-le à travailler. N’admettez pas de négligence. Il doit se montrer digne de moi. Sur les “trois petits nègres”, il en reste un. Il doit réussir.
Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille.
Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?
Maman rappelle-toi : “Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”
Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.
Mille baisers. Vive la France. Un condamné à mort de 16 ans.
H. Fertet.
Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire.
Expéditeur : Monsieur Henri Fertet, au ciel, près de Dieu.
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Après avoir passé du temps à chercher la 7 ème compagnie, à St Paul de Varces on est à la recherche de 4 permis de construire qui ont décroché du peloton …
Plus un sujet est sérieux, plus il faut garder son calme et si possible un peu d'humour. Sur le dossier du #Villarey1, ces qualités de calme et d'humour sont très utiles. La situation est souvent atypique, "originale". Le permis d'aménager dit : il y a 80 logements ! Mais quand on fait le décompte par lot on arrive à … 76 et non pas à 80 ! Où est passée la "compagnie des 4 derniers logements" ? Le "mystère" a débuté un vendredi matin, le 19 avril. Je suis installé sur une petite table à l'accueil de la mairie avec d'énormes piles de dossiers avec à mes côtés la DGS de la mairie de St Paul de Varces qui de temps à autre me jette un regard en coin du type "tu vas y passer un moment avec la masse des pièces …". A la fin de la consultation des pièces, pour toujours respecter les racines paysannes qui sont les miennes, je fais un décompte : finalement combien de logements ? On nous annonce 80 et surprise : 76 et pas 80 ! On refait le décompte avec la DGS et mon chiffre est bon. Pourquoi 4 logements manquent à l'appel ? Réponse : il faudra contacter le service urbanisme. Contact est pris : les 4 sur les 80 ne sont pas là ? Pourquoi ? Impossible à dire. Ils ont décroché du peloton des 76 ? Devant ? Derrière ? A l'écart du peloton ? Pourquoi ce décrochage d'une "compagnie de 4 logements" ? Quand vont-ils ré-apparaître ? Impossible de savoir. Même lors d'une relance téléphonique opérée hier soit largement plus d'un mois après la découverte de ce décrochage. Celui ou celle qui va pouvoir nous dire où sont passés les 4 logements qui ont décroché du peloton des 76 et pourquoi ce décrochage (?) va mériter une récompense. On a retrouvé la 7 ème compagnie, on finira bien par retrouver ces 4 logements.