Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Quand la campagne est une fête …

    Laurent Revol

    Avant hier soir, en début de soirée, une annonce qui me plonge dans la tristesse à la lecture d'un billet de Gilles Toureng : le décès de Laurent Revol. Je ne l'avais pas revu depuis des années. Puis sur un commentaire (M. Patrick Drevon), une photo (cf ci-dessus empruntée à M. Patrick Drevon) et d'un coup tant de souvenirs qui remontent en surface. Il y a ceux qui ont "l'engagement public triste" et il y a ceux pour qui la campagne va être une fête, un temps heureux. Laurent Revol pour moi, c'est le symbole d'une époque où la campagne a été une fête. 1983, deux jeunes inséparables : Laurent Revol et Richard Juillet. Deux tempéraments très différents. Mais une joie de vivre contagieuse. Quand dans une équipe, vous rassemblez des tempéraments aussi complémentaires que la jeunesse de Laurent Revol et Richard Juillet, l'expérience de René Michal, de Pierre de Villard ou de Robert Jules Laurent, le punch d'un Yves Machefaux, le militantisme de JJ Guillemot, la sérénité élégante d'un Pierre Gascon, la douce et séduisante féminité d'une Eliane Bellot ou de Françoise Soldano, la subtilité d'esprit d'un JP Saul-Guibert ou de J. Folco et tant d'autres qu'il n'est pas possible de citer (avec mes excuses) … : la victoire ne peut qu'être au rendez-vous parce que tous les profils de la société sont là. Les réunir c'est une étape. Les faire travailler ensemble dans le plaisir et dans la confiance de se retrouver, c'est autre chose. Quand cette seconde étape est franchie, la campagne devient une fête. Et si la victoire est le dénouement, la soirée de cette annonce restera un souvenir inoubliable. J'ai vécu, 5 fêtes de ce type, et je suis très reconnaissant à la vie de m'avoir accordé ce privilège. Des 5, parce que la première, la fête de 1983 reste particulière. Et je revois Laurent dans la grande salle du "Cercle", selon le nom traditionnel du local d'alors, exploser de joie, René Michal soulever du sol chaque personne qu'il croisait, Pierre de Villard rire avec un enthousiasme inhabituel pour lui si souvent réservé … Et surtout Alain Carignon avec sa compagne Jacqueline prendre conscience d'un coup de l'immensité des nouvelles obligations. L'appel téléphonique d'Alain Carignon à sa maman (le 1 er appel après l'annonce assurée de victoire par le Secrétaire Général de la Préfecture) : l'un des plus beaux appels qu'il m'ait été donné d'entendre. La joie de son papa et de sa famille. Laurent Revol et Richard Juillet ont rendu cette étape inédite parce que leur jeunesse animait un oeil neuf, une jeunesse ambitieuse parce que leur énergie permettait l'assaut des montagnes et tellement chaleureuse parce qu'ils avaient alors le bonheur d'une vie entière devant eux. Une vie qui a permis une autre rencontre dans le cadre de Sciences Po Grenoble pour mon cours où ils s'étaient inscrits. Leur épreuve à l'oral en fin d'année reste l'un des meilleurs souvenirs car ils avaient mis du travail pour ne pas décevoir notre relation d'alors. Toutes mes condoléances à la famille. Tous mes remerciements à Laurent pour la qualité des moments d'alors. Il vivait la "politique heureuse" comme elle doit toujours l'être car l'engagement public repose sur le volontariat et pourquoi faire ce pas si ce devait être pour un engagement triste ? 

  • La fin des héritiers du suffrage

    Db agora 7

    La France n'aime pas les héritiers. Sa fiscalité sur l'héritage est d'ailleurs un signe : devoir encore payer sur ce qui a déjà été tellement imposé. Irréel. Il y a un domaine où elle acceptait encore les héritiers : la politique avec ses héritiers du suffrage. Jusqu'en 2017, les héritiers du suffrage étaient supposés indétrônables. Une marque par le label d'un parti politique avec une petite valeur ajoutée personnelle et l'héritage politique était assuré : hériter pour longtemps. L'élection était presque alors parfois perçu comme une simple formalité administrative : passer devant les électeurs, c'était comme passer devant le notaire pour acter une situation. Toute une structure mentale reposait sur cette logique. Les héritiers du suffrage étaient voués à durer : les monarchies républicaines. Or, depuis 2016, la règle ne fonctionne plus. Trump, le candidat sans chance vu depuis la France, a battu Hillary, la toujours future Présidente assurée depuis 2008 déjà. En 2017, en France, un jeune candidat a explosé les partis traditionnels. Idem pour les législatives dans la foulée. Et depuis, pas un scrutin dans une démocratie occidentale qui ne sanctionne pas les héritiers du suffrage, ces professionnels de la politique qui vivent de la politique. Et les municipales échapperaient à cette tendance ? Pourquoi ? A quel titre ? L'ambiance actuelle est surréaliste sur ce sujet. Le dégagisme sévit partout mais il resterait au vestiaire pour les municipales. Les réseaux sociaux ont tout gagné mais pour les informations locales ce serait encore le règne de la bonne vieille information papier. Le client demande partout davantage de respect et de réactivité mais dans la démocratie locale il accepterait avec plaisir d'être méprisé, d'écrire sans avoir la moindre réponse et la liste pourrait durer longtemps. Comme pour les vues basses d'hier, de l'incapacité à prévoir Trump au succès de Macron, le même traditionalisme intellectuel sévit. En France, on ne "prévoit" les tsunamis que quand la vague est passée. Et à cette étape, les explications justificatives sont d'autant plus nombreuses qu'elles avaient été défaillantes auparavant. La vague se prépare et elle s'annonce manifestement dévastatrice. 

  • Une société droguée à la mélodie du moment

    Do it 1

    La fin du "Just do it". Le slogan de Nike, celui qui a contribué au succès de cette marque, c'était le symbole du "oser", "ne pas avoir peur", bref la "révolution personnelle" qui autorise la différence. Aujourd'hui, l'essentiel ne semble plus là. C'est presque l'opposé. Il faut suivre le nombre. Dans la foulée des européennes, des élus quittent un parti politique parce que ce parti ne fait plus nombre. Une émission devient sans intérêt si elle n'a pas fait de l'audience donc du nombre. Des idées s'imposent, même fausses, au motif qu'elles sont celles du grand nombre. Une "culture" qui donne d'ailleurs un impact nouveau aux sondages. Ils deviennent le véritable 1er tour en politique. Puisqu'il s'agit ensuite de voter pour l'un des deux capables d'arriver en tête, s'associer au nombre. Dans les affaires, même logique. Un produit devient compétitif quand il peut aligner son nombre de clients. A un moment donné, la "référence" commerciale suprême était "vu à la télé". Maintenant c'est "vu par 500 000 personnes". Les affaires sont menées par les clients du nombre. La politique est gagnée par les citoyens du nombre. Atmosphère surréaliste avec des standards très codés. Ceux qui s'en éloignent apparaissent souffrants, deviennent même suppliciés lorsqu'il s'agit du débat public : comment peuvent-ils encore ne pas penser comme le nombre ?  Aux Etats-Unis ce culte du nombre a même donné naissance aux … faux nombres sur les réseaux sociaux avec les comptes robotisés : faux noms voués à créer du nombre donc à creuser le sillon pour ceux qui vont vouloir s'ajouter. Le nombre c'est la mélodie du moment. La "musique" que chacun aime co-écrire. Les mélodies passent vite. Dans une telle ambiance, difficile d'imaginer que les sujets sérieux puissent trouver des solutions. C'est le règne du ripolinage. D'ailleurs sur le fond, face aux problèmes réels de fond, qu'est ce qui change réellement actuellement ? Des mots pour rebaptiser une situation. Mais au-delà ? Les mêmes problèmes restent et s'aggravent. La mélodie du nombre a ses limites.

  • Le début du voyage de mille lieues

    Baseball 09 06 19

    Période passionnante que de voir notre petit-fils découvrir les sensations que nous observions avant-hier chez nos enfants. La semaine dernière, il a vécu sa première promenade sur le siège à l'arrière du vélo de sa maman. Et hier en fin d'après-midi, avec l'aide très efficace de sa maman, il a vécu sa première partie de baseball. Il ne peut pas encore se servir de la batte en bois de son papa ou celle de son oncle mais il aime manifestement ce jeu qui mêle si bien habileté manuelle et vélocité physique. C'est beau de le voir courir aussi motivé pour marquer un point puis de partager ce succès avec son papa ou sa maman. C'est aussi instructif de constater combien sa maman qui sait très bien jouer au tennis a pris des repères rapides de distance avec la balle, de position pour bien la frapper … Des sports créent manifestement des prédispositions pour d'autres, ce que j'ai souvent déjà constaté. Notre petit-fils fait ainsi les premiers pas de son voyage de mille lieues qui devrait le conduire à se découvrir à travers le sport. Découvrir sa ténacité, son goût de gagner, son sens du collectif, sa résistance au risque de perdre : le sport est la plus belle école. Dommage qu'il n'ait pas la place qu'il mérite dans le dispositif institutionnel de l'enseignement en France. Un beau voyage l'attend. Emouvant de revivre de tels moments du début d'une route que nous lui souhaitons la plus longue et la plus agréable possible. 

  • Le Villarey 1 : les faits précis au 8 juin 2019 : le point d’étape nécessaire

    Le Villarey 28 05 19

    En préalable, deux précisions essentielles s'imposent. 1) L'enjeu c'est : la défense de l'identité de village, la modération des impôts municipaux (NB : dans leurs écrits quand les actuels élus de la municipalité sortante étaient dans l'opposition ils évoquaient le doublement des impôts municipaux pour 58 logements / aujourd'hui c'est 80 !), le droit au calme des riverains des immeubles comme ceux des voiries. La réalisation du Villarey1 c'est l'agrandissement des voiries à court terme c'est à dire un chantier considérable d'expropriations pour gagner sur les actuelles propriétés privées. 2) Engager un recours c'est très lourd. 7 recours ont été déposés : le permis d'aménager + les 6 permis de construire destinés à autoriser 80 logements (dont 76 identifiés à ce jour). Chaque recours c'est une requête détaillée de 8 pages + 12 annexes dont certaines de nombreuses pages. Chaque recours a été déposé en LR avec AR auprès de l'autorité qui a pris la décision (la Commune de St Paul de Varces) + (en LR avec AR) pour information à destination des bénéficiaires du Groupement (au nombre de 3) + D. Richard + JL Bénis. 

    Le Grand Sorbier 20 04 19

    Cette étape est franchie dans les délais légaux. A ce jour, quels constats ? 1) L'illégalité grave que j'ai soulevée dès l'origine sur le vice affectant l'autorité compétente (c'est à dire le signataire des actes administratifs) est avérée. Il y a 3 semaines, l'évocation de ce vice grave d'ordre public suscitait les railleries d'élus de la municipalité sortante de St Paul de Varces. Aujourd'hui, ils savent que le vice juridique grave est reconnu. Donc les actuels permis ne pourront pas vivre en l'état. 2) Parce que le vice juridique est reconnu, la mairie travaille à une tentative d'éventuelle régularisation de l'illégalité. Plusieurs hypothèses techniques sont possibles. C'est une étape très délicate parce que régulariser une irrégularité, c'est un sujet de droit qui ouvre de nombreuses complications éventuelles.

    Ma position est la suivante. 1) Les élus de la municipalité sortante devraient déjà tirer les enseignements de cette première étape. Ils enregistrent aujourd'hui un camouflet juridique majeur. Souhaitent-ils les collectionner ? 2) Les élus de la municipalité sortante doivent rendre des comptes sur le coût des conseils juridiques sur ce dossier payés par tous les contribuables. Sur 2018, ce budget global des seuls honoraires juridiques s'élevait déjà à 13 000 €. Au rythme des consultations nécessaires, cette information sur une dépense publique est indispensable. Les contribuables ont le droit de savoir y compris ceux qui sont contre le Villarey et qui payent des conseils qui travaillent pour que le Villarey se … réalise. 3) Nous sommes à 260 jours des élections municipales. Et ce foncier est porté par l'EPFL depuis 10 ans. Qu'est ce qu'attendre 260 jours dans ces circonstances ? Les habitants de St Paul de Varces retrouveront en mars 2020 la parole sur ce dossier puisque celle donnée en janvier 2012 a été jetée à la poubelle. Ce respect des habitants c'est la sagesse. Toute autre hypothèse traduit une obstination enfiévrée qui n'est pas raisonnable.  

    Voilà les faits à ce jour. Il n'y a de ma part aucune agressivité, aucune polémique. Nous sommes dans un Etat de droit. Cette opération est un tournant irréversible dans le futur de notre village. Cette bataille sera conduite avec calme comme ce fut le cas lors de mon appel téléphonique au signataire pour l'informer de ce qu'il peut à ce jour constater. Si la suspension de toute décision jusqu'aux élections municipales n'intervient pas, il est à penser que nous venons de vivre seulement l'épisode 1. La démocratie s'est exprimée en janvier 2012 sur ce dossier. Elle doit être respectée sauf si les citoyens devaient, dans des conditions analogues, en décider autrement ce qui est leur droit démocratique. De telles valeurs méritent d'être respectées. C'est un enjeu collectif essentiel. 

    Les Ruines 20 04 19

  • Quand pas un seul mot ne contient une fausse note …

    Débarquement 06 06 19

    Hier, Emmanuel Macron a lu un extrait de la lettre de Henri Fertet, jeune Résistant exécuté. Remarquable choix. Puis Matthieu Gariel m'a communiqué le lien pour prendre connaissance de toute la lettre (cf ci-dessous). Pas un seul mot ne contient une fausse note. Des moments où la mort si proche et incontournable rend la vérité implacable. L'âme humaine devient lumineuse. Tout y juste pour les mots forts comme pour les plus petits détails. La pensée est là sans artifice. Des lettres de combattants de 14-18 avaient une force identique. Eric Conan, un ami de nos études en commun, avait effectué pour L'Express un reportage d'une extrême qualité sur des lettres d'enfants de camps de concentration. Dans des circonstances différentes, j'ai connu une lettre atteignant un tel niveau de qualité : son auteure, une jeune fille prénommée Laurence. Elle a la mucoviscidose. Elle est hospitalisée à Lyon. Elle vient juste de franchir ses 18 ans, donc sa majorité. Elle sait qu'elle est en train de vivre ses dernières heures. Elle écrit une lettre pour sa maman qui vient de quitter l'hôpital pour prendre un peu de repos parce qu'elle est exténuée de la veiller. Laurence sait alors qu'à son retour, elle ne pourra probablement pas reparler à sa maman. C'est la lettre la plus fracassante qui soit. D'optimisme. D'amour. De vérité sur la vie. Marie-Madeleine Rebreyend connait très bien cette situation que nous avions vécue ensemble avec Jean-François, son époux et avec Marie. Quand nous avons construit le Groupe Scolaire, j'ai demandé à ce que cette lettre avec d'autres documents soit dans une stèle sous l'entrée du groupe scolaire. J'avais personnellement veillé à choisir un papier d'une qualité technique le vouant à résister au temps. De telles lettres changent les regards sur l'existence. Elles mériteraient des relectures collectives fréquentes. 

    La lettre d'Henri Fertet appartient à cette catégorie : pas un mot ne contient une fausse note.

    Henri Fertet est arrêté en juillet chez ses parents.  Le 18 septembre, il est jugé par un tribunal de guerre allemand. Condamné à mort. Le jour de l’exécution est fixé au 26 septembre. Quand lui et ses compagnons partent pour le peloton d'exécution, ils chantent La Marseillaise. A 07 heures 30, ils sont attachés à des poteaux et exécutés.

    Avant, il a écrit une lettre pour ses parents dont voici l'intégralité : 

    Besançon, prison de la Butte (Doubs) le 26 septembre 1943.

    Chers parents,

    Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

    Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin. Pendant ces quatre-vingt-sept jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et, souvent, je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait. Vous ne pouvez douter de ce que je vous aime aujourd’hui, car avant, je vous aimais par routine plutôt mais, maintenant, je comprends tout ce que vous avez fait pour moi. Je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial. Peut-être, après la guerre, un camarade parlera-t-il de moi, de cet amour que je lui ai communiqué ; j’espère qu’il ne faillira point à cette mission désormais sacrée.

    Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi, et particulièrement mes plus proches parents et amis, dites-leur toute ma confiance en la France éternelle. Embrassez très fort mes grands-parents, mes oncles, mes tantes et cousins, Henriette. Dites à M. le Curé que je pense aussi particulièrement à lui et aux siens. Je remercie Monseigneur du grand honneur qu’il m’a fait, honneur dont, je crois, je me suis montré digne. Je salue aussi en tombant mes camarades du lycée. À ce propos, Hennemay me doit un paquet de cigarettes, Jacquin, mon livre sur les hommes préhistoriques. Rendez le “Comte de Monte-Cristo” à Emeurgeon, 3, chemin Français, derrière la gare. Donnez à Maurice Andrey de La Maltournée, 40 grammes de tabac que je lui dois.

    Je lègue ma petite bibliothèque à Pierre, mes livres de classe à mon cher Papa, mes collections à ma chère maman, mais qu’elle se méfie de la hache préhistorique et du fourreau d’épée gaulois.

    Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.

    Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.

    Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout et je chanterai “Sambre et Meuse” parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’a appris.

    Avec Pierre, soyez sévères et tendres. Vérifiez son travail et forcez-le à travailler. N’admettez pas de négligence. Il doit se montrer digne de moi. Sur les “trois petits nègres”, il en reste un. Il doit réussir.

    Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille.

    Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

    Maman rappelle-toi : “Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

    Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

    Mille baisers. Vive la France. Un condamné à mort de 16 ans.

    H. Fertet.

    Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire.

    Expéditeur : Monsieur Henri Fertet, au ciel, près de Dieu.

    DSCN1086 (Copier)

  • Après avoir passé du temps à chercher la 7 ème compagnie, à St Paul de Varces on est à la recherche de 4 permis de construire qui ont décroché du peloton …

    La 7 ème compagnie

    Plus un sujet est sérieux, plus il faut garder son calme et si possible un peu d'humour. Sur le dossier du #Villarey1, ces qualités de calme et d'humour sont très utiles. La situation est souvent atypique, "originale". Le permis d'aménager dit : il y a  80 logements ! Mais quand on fait le décompte par lot on arrive à … 76 et non pas à 80 ! Où est passée la "compagnie des 4 derniers logements" ? Le "mystère" a débuté un vendredi matin, le 19 avril. Je suis installé sur une petite table à l'accueil de la mairie avec d'énormes piles de dossiers avec à mes côtés la DGS de la mairie de St Paul de Varces qui de temps à autre me jette un regard en coin du type "tu vas y passer un moment avec la masse des pièces …". A la fin de la consultation des pièces, pour toujours respecter les racines paysannes qui sont les miennes, je fais un décompte : finalement combien de logements ? On nous annonce 80 et surprise : 76 et pas 80 ! On refait le décompte avec la DGS et mon chiffre est bon. Pourquoi 4 logements manquent à l'appel ? Réponse : il faudra contacter le service urbanisme. Contact est pris : les 4 sur les 80 ne sont pas là ? Pourquoi ? Impossible à dire. Ils ont décroché du peloton des 76 ? Devant ? Derrière ? A l'écart du peloton ? Pourquoi ce décrochage d'une "compagnie de 4 logements" ? Quand vont-ils ré-apparaître ? Impossible de savoir. Même lors d'une relance téléphonique opérée hier soit largement plus d'un mois après la découverte de ce décrochage. Celui ou celle qui va pouvoir nous dire où sont passés les 4 logements qui ont décroché du peloton des 76 et pourquoi ce décrochage (?) va mériter une récompense. On a retrouvé la 7 ème compagnie, on finira bien par retrouver ces 4 logements. 

  • La France et la culture du gaspillage de l’argent public

    Larcher 04 06 19

    En France, dès que l'argent devient public, c'est à dire après l'étape de la collecte de l'impôt, il devient l'argent de … personne. A ce titre, il peut être gaspillé sans souci. Il n'est pas l'argent de tous pour lequel une moindre dépense deviendrait une économie pour chacun, il devient l'argent de personne, donc de "l'autre" que l'on ne connait pas et qui peut être dépensé sans souci. C'est une culture irréelle. C'est comme le fait de détenir une fonction publique pour s'en servir comme logistique pour une autre cause. La caricature est donnée actuellement par le président du Sénat. Comme président du Sénat, cette fonction ne lui donne pas assez de travail. Il se mobilise donc pour une autre priorité : la ré-organisation d'un parti politique. Il se déplace probablement aux frais des contribuables en faisant état de sa présidence du Sénat. Il a probablement deux ou trois collaborateurs qui suivent le dossier de ce parti politique financés par les contribuables. Sa fonction institutionnelle devient une base logistique et financière pour faire autre chose. Autre forme de gaspillage de l'argent public. Aux Etats-Unis ou au Canada, ce serait inconcevable. Mais en France, avec l'argent public, tout est possible. Avec de telles mentalités, la France ne s'attaquera jamais à une priorité absolue : baisser la dépense publique. Elle ne s'y attaquera que quand la classe moyenne aura quitté en masse ce pays. Les grandes fortunes sont déjà organisées. Les revenus faibles échappent à l'impôt. Il reste les classes moyennes toujours taxées, imposées, surtaxées, surimposées … Mais le mouvement de ces départslà  est engagé. C'est la prochaine étape dans l'affaissement de ce pays : avoir toujours moins de moyens publics parce que les contribuables ont quitté le pays. A cycle de 20 ans, c'est une crise majeure qui est annoncée. 

  • Et si nous avions plusieurs chances ?

    Ottawa ballon 01 06 19

    Depuis 1981, avec Marie, nous avons toujours eu des chiens. Toujours notamment une chienne briard. Dans cette chaîne, il y a eu des interruptions car le décès de chaque chienne a été une épreuve tellement dure que nous nous sommes toujours interrogés sur la peine à vivre avec l'éventuel futur compagnon. Parfois plus d'une année à s'interroger. Mais à chaque reprise a gagné le choix de revivre des temps forts avec un animal qui sera un membre à part entière de notre famille. Depuis quelques mois, ce que nous vivons avec Ottawa, c'est du jamais connu : une réplique dans l'ultime détail de notre dernière chienne briard Aspen. Elle n'appartiennent pas au même élevage. Mais c'est une copie conforme : centres d'intérêts, attitudes, gentillesse, façon de bouger, de manger, de manifester son besoin d'affection même la façon de s'arrêter si une toute petite brindille se prend dans les poils de ses pattes arrières. Une copie conforme. Irréel à ce point. Du jamais connu jusqu'à ce jour. C'est à un niveau tel que j'arrive à me tromper de nom comme si l'apparence n'était qu'une illusion de différence. C'est la première fois que j'en suis à me poser une question simple : et si nous avions plusieurs chances ? 

  • #LeVillarey1 : jusqu’à quel niveau d’explosion des impôts communaux peut conduire l’opération si elle devait être mise en oeuvre ?

    Les Ruines 30 05 19

    En 2012, ceux qui signent aujourd'hui pour 80 logements dénonçaient alors les conséquences fiscales terribles pour une opération de … 58 logements contre laquelle ils protestaient à cette date vivement alors même que l'équilibre financier collectif était objectivement considérablement plus équilibré pour les contribuables. Et la liste des travaux à mener en conséquence était alignée par les intéressés : voiries, réseaux, groupe scolaire … Contrairement aux engagements publics pris par David Richard lors de la réunion publique du jeudi 6 juillet 2017, jamais la liste des impacts, dont les impacts financiers, n'a été publiée. Et à ce jour il n'est question que du Villarey1 (le chiffre 1 dans la dénomination officielle mérite l'attention car il annonce d'autres "épisodes")alors que circulent des chiffres hallucinants de densité pour LeVillarey2 et qu'il est question désormais d'un Villarey3 … Ce à quoi nous assistons actuellement dans le péri-urbain, c'est à un transfert des charges derrière des mesures d'urbanisme. Le Club 20 a publié ce jour un document qui expose la volonté claire des élus de la Métro : doublement de certaines taxes dans le péri-urbain. C'est dit dans le texte même. Pour en prendre connaissance, cliquer sur le lien suivant : impôts municipaux. C'est également un déplacement de populations qui va faire exploser certains budgets jusqu'alors marginaux. Et des déplacements subis alors même que des Communes de moins de 3 500 habitants n'ont pas à les vivre légalement. Et alors même qu'il y a 17 400 logements vacants, vides dans les seules Communes du centre de la métropole (chiffres officiels INSEE !). Tous ces aspects concrets montrent, si besoin était, que les actuels débats sur le PLUi sont bien un enjeu de vision collective et pas d'égoïsme territorial de riverains.