Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Ras le bol du fascisme du « tout vaut rien »

    Vitrines cassées

    Extrême lassitude actuelle face à un fascisme sournois qui s'installe dans une culture du "tout vaut rien" en dehors de quelques rarissimes exceptions fondées sur un égalitarisme irréel. D'abord parce que le nihilisme n'a jamais porté le progrès. Ensuite parce qu'il y a une culture de la haine généralisée qui sous-tend ce discours et qui est très grave. Mais surtout parce que c'est faux. La réalité de la vie est à l'opposé : tout a une valeur et généralement une belle valeur.

    Prenons des exemples concrets. Les plus récents sujets de "détestations". L'information locale. A Grenoble, mardi soir, les "vitrines" d'un journal local ont été cassées lors d'une manifestation et sur des réseaux sociaux il était question du "Daubé". Mais gardez-le longtemps le Dauphiné Libéré parce que sa qualité d'informations peut servir d'exemples dans de nombreuses autres localités françaises pour bien les connaître à titre professionnel et constater les informations données. Et quand je dis cela, je le dis avec une liberté totale. Mon dernier entretien avec un journaliste du Dauphiné Libéré date d'un coup de téléphone en route pour Lyon le jeudi 27 mars 2014 à 10 heures 30 avec M. Echinard (l'un des responsables de la rédaction).

    Il y a la valeur d'une équipe plurielle composée de professionnels qui aiment leur métier et qui l'exercent avec honnêteté.

    Il y a la valeur des emplois représentés par une entreprise privée qui embauche (ce qui mérite d'être souligné) et qui lance des initiatives nouvelles fortes comme le journal à destination des scolaires qui est une Très belle initiative.

    Il y a la valeur de tout un tissu de journalistes locaux qui font bien leur métier de FR3 Alpes à FB Isère en passant par l'impertinence du Postillon, les nouvelles technologies de Place Gre'Net, le classicisme sérieux des Affiches, en passant par le dynamisme de TéléGrenoble …

    Que de belles valeurs dans tous ces cas concrets d'un beau et sain pluralisme local d'informations.

    Prenons les policiers. Ils font leur travail dans des conditions remarquables. Qui aimerait passer la nuit dehors à mettre de l'ordre en sachant qu'en face le "jeu" consiste à attenter à leur santé ?

    Voilà un métier qui a de la valeur.

    De même pour les commerçants dont les vitrines sont cassées alors que leur entreprise est leur moteur, prend un temps considérable de leur vie, mobilise leur énergie. Là encore, que de belles valeurs !

    Et la liste pourrait être très très longue. La vraie vie est faite de valeurs fortes exprimées, défendues par des personnes de valeur. Même la discrétion de l'immense majorité est une très belle valeur, peut-être même la plus belle. Hier après-midi, j'ai participé à l'enterrement d'une personne que je connaissais depuis près de 40 ans. Elle avait été à l'une de mes premières réunions à la maison des associations à Pont de Claix. Pour un témoignage, un de ses cousins a effectué une présentation vraie donc superbe sur les valeurs de la discrétion, de la modestie, du bien-être simple. 

    Ce qui est le plus inquiétant actuellement c'est que face à ce fascisme du "tout vaut rien", il y a une forme de passivité comme si la haine de tout devait l'emporter. La haine de tout c'est la défaite de tous en bout de course.

    Il serait temps de commencer à ne plus rester indifférent face à cette culture de haine qui est la négation de tout progrès et surtout qui est la négation du respect élémentaire des beaux efforts de l'immense majorité de toutes les personnes dans leur vie de tous les jours.

    En France, le silence face à cette culture de haine devient insupportable. 

  • Le partage de l’eau de Rochefort : un vrai projet d’agglomération

    Arc en ciel

    La qualité de l’eau dans l’agglomération grenobloise : des alertes graves et des inquiétudes croissantes ! Des interrogations gagnent du terrain face à toutes les menaces objectives qui existent désormais sur la qualité de l’eau dans l’agglomération grenobloise. 5 menaces méritent des réponses claires, précises qui se font terriblement attendre. Ces menaces doivent être examinées avec lucidité sans esprit polémique ni étroitesse d'esprit militant. Il faut regarder des faits et donner des réponses urgentes.

    1) L’eau polluée de Vif – Le Gua – Varces : près de 15 jours après la réunion historique de Vif (1 200 personnes présentes : chiffre jamais vu jusqu'alors !), toujours pas de réponse claire. Et pourtant, l’action conduite par Mme Karine Maurinaux pour la défense des consommateurs donne aux pouvoirs publics la chance d’une interlocutrice compétente, sérieuse, responsable. C'est une chance qui doit être saisie, respectée, considérée. C'est la chance des élus que d'avoir une interlocutrice qui est une vraie porte-parole avec une force morale incontestable et qui exerce cette fonction avec tolérance, honnêteté intellectuelle exemplaire et goût de la vérité. Une démarche renforcée par le pouvoir d'expertise d'UFC Que Choisir. 

    Vif eau 2 vue panoramique

    2) Le fonctionnement de la Régie publique des Eaux de Grenoble (sous la forme juridique de SPL) suscite à son tour des questions : le dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes (28 juillet 2014) a mis en évidence des questions sérieuses. Pas de réponse à ce jour. Parmi les questions posées par le rapport :

    2a) «Comptes non sincères» (cf page 13/47) : pour de multiples raisons dont l’irrespect de l’annualité des comptes, les comptes de la Régie sont considérés comme non sincères.

    2b) Par ailleurs, dans ce contexte général, des indicateurs financiers d’alertes sont nombreux :

    – l’augmentation des créances irrecouvrables : 254 985 € sur l’exercice 2011 soit une très forte augmentation (cf page 14/47),

    – forte augmentation de l’endettement : + 63 % de 2008 à 2011 et sur la base d’emprunts aux critères techniques qui les rendent très onéreux dans le temps (cf page 18/47),

    Eau grenoble bis 03 10 07

    2c) Toutes ces dépenses sont-elles de nature à produire un réseau performant ?

    Réponse :

    (suite…)

  • Entre le ticket pour l’oubli et le ticket pour … l’usure

    SMP guide 2

    Il y a 30 ans déjà à quelques semaines près, dans la foulée de cours que je donnais alors sur le marketing public, je publiais un guide des campagnes électorales que Libération présentait alors comme "l'équivalent des annales du Bac pour un candidat à une élection". L'opération d'édition la plus rentable que j'ai connue car les onglets en bordure de chaque page comme un fin tramé en coeur de pages rendaient impossible toute photocopie sans perdre des pans entiers de textes … 

    Guide SMP 3

    A cette époque, l'enjeu était dans la cohérence du positionnement. Ce qui est intellectuellement passionnant. Identifier une demande et construire avec patience son offre. D'où l'importance à cette époque des sondages pour bien analyser les enjeux de fond.

    Dernièrement, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt la contribution d'une ex-collaboratrice de Raph Nader expliquant pourquoi la campagne de Bernie Sanders à la différence de celle de Trump était voué à … l'échec !

    Parmi de nombreuses observations techniques intéressantes, une remarque clef : désormais en politique, l'enjeu est d'abord de gérer son exposition pour éviter l'oubli et l'usure. 

    L'oubli est le danger n°1 parce que le flux excessif d'informations a fait naître une génération amnésique. La durée de mémoire collective est d'une semaine. Chaque événement chasse l'autre. Donc l'oubli guette en permanence.

    Pour éviter l'oubli, il faut s'exposer. Mais s'exposer sans s'user. Donc sans trop se répéter. Là avait été le vrai talent de Trump : "avoir mis le feu à toute la prairie". Trump s'est exposé sans s'user puisqu'il a mis le feu à la quasi-totalité des sujets politiques. Il a "parcouru toute la prairie", tout l'espace politique, et il en a modifié les règles, les repères …

    Il fallait de l'audace, voire de l'inconscience (?). Il a eu cette audace. Il a gagné la première étape.

    C'est finalement, ce qui manque en France, des candidats qui ont l'audace de "mettre le feu à toute la prairie" … pour gérer leur exposition en évitant l'oubli et sans s'user pour autant. Et pourtant, il y aurait matière …

  • Jean Tirole, les médias et les faits

    NH debate 07 02 16

    En octobre 2014, Jean Tirole recevait le prix Nobel d'Economie. Une distinction rare pour un Français. Surtout en économie. On était donc en droit de penser que cet universitaire français, reconnu par la communauté internationale pour la qualité scientifique de ses travaux, occuperait une place de référence dans le débat public français. Puis après le Nobel, rien. A l'écart des débats intérieurs.

    Hier, sur Europe1, Jean Tirole était de retour. Enfin. 

    La surprise des journalistes a été grande sur un volet inattendu : la place des faits. Il y aurait donc des faits à accepter, à admettre avant de passer à d'autres sujets. Et à un moment l'un des journalistes pose une question essentielle : " …vous reprochez aux médias de ne pas défendre les faits …?

    C'est actuellement le sujet le plus intéressant aux Etats-Unis dans le débat de la présidentielle 2016. Les "grandes plumes" s'interrogent publiquement sur le thème "avons-nous créé Trump ?". 

    Et les intéressés font leur auto-critique. Par exemple pour le projet de "mur avec le Mexique", avons-nous posé les bonnes questions : est-ce que le mur est une réponse efficace ? Comment un Président américain peut-il contraindre le Mexique à le financer ? Et dans ce cas, quel calendrier ? Et si le Mexique refuse de le financer, quelles conséquences ? …

    Avec de telles questions, les faits se ré-invitent dans le débat. Et le débat change. 

    Qui pourrait défendre en dehors de la politique qu'un problème peut être résolu si les faits sont ignorés ou mal posés ? Personne. Les faits doivent être considérés parce qu'ils sont la 1ère étape incontournable pour apporter des solutions. 

    Hier, cette meilleure considération des faits a été la 1ère valeur ajoutée de ce débat. Ce qui reste à souhaiter c'est que cette meilleure considération ne se limite pas à cette émission là.

  • Wanted#bonsplans : le tournant de l’économie collaborative

    Wanted

    Le périmètre de l'autonomie des citoyens s'élargit en permanence. Hébergements, déplacements … ont été les premiers domaines. Le succès de Wanted#bonsplans marque une étape supplémentaire puisque le conseil direct est général. L'idée est simple : profiter des bons conseils de tous les membres d'une communauté.

    Les questions sont les plus diverses. C'est très pratique. Chaque jour, des demandes sont postées pour vendre des objets, pour demander un conseil, pour trouver un restaurant où aller dîner …. 

    Tout repose sur la volonté d'entraide des membres de la communauté. Sur Bordeaux, cette opération fonctionne très bien. D'autres groupes ont déjà vu le jour à Lyon, Marseille, Toulouse, Londres et New York.

    Des groupes thématiques sont envisagés.

    Pourquoi cela fonctionne bien ? Parce que la période est à la crédibilité de la réponse des pairs. En dehors des métiers techniques, la société se prépare à s'organiser de façon autonome, sans intermédiaire. L'intermédiaire a perdu sa "valeur ajoutée". Son conseil est entouré de suspicions : pourquoi, quel prix …

    C'est une évolution qui n'est pas exemple de dangers : pourquoi la réponse donnée par un inconnu serait-elle de meilleure qualité que celle donnée par un professionnel ? Il n'y a pas de critère technique fiable permettant de fonder une telle évolution. Mais elle est là. C'est aussi une étape de plus vers une économie qui permet des économies. Puisque ce conseil du pair est gratuit. 

    Les détracteurs disent que cette économie collaborative est "l'économie du vide grenier". C'est à la fois dédaigneux et irrespectueux de la réalité du phénomène. Il s'agit bien d'un phénomène et en France il est lancé avec vitalité. Les conséquences sur l'économie classique seront considérables à terme. Il en sera de même sur la politique. Parce que le consommateur qui gagne en autonomie est aussi un citoyen qui est prêt à se passer des intermédiaires …

  • Gouverner est-ce se dissoudre ?

    Bush senior

    Aux Etats-Unis, les campagnes négatives sont bien plus féroces qu'en France. Et dans ce cadre, ce sont les images qui impactent davantage que les mots. En 1992, lors d'un séjour aux Etats-Unis, j'avais pris connaissance d'un magazine qui avait réalisé un bilan féroce du "père Bush". 14 pages pour énoncer les 1 000 raisons de ne plus voter Bush senior. Les raisons sont numérotées, une à une. Et les raisons consistent à montrer que Bush senior n'a pas respecté ses engagements. Et page après page, Bush senior efface son portrait avec la gomme de son crayon. C'est implacable. A la fin, Bush senior s'est gommé. Il ne reste plus rien de visible, de réellement perceptible. J'ai mis de côté ce magazine dont est extraite la photo ci-dessus. C'était l'une des présentations les plus implacables de l'échec d'un bilan.

    Et si gouverner c'était se dissoudre, se gommer ?

    Que reste-t-il à la fin d'une semaine ? A la fin d'un mois ? Donc pire, à la fin de plusieurs années ? Une immense confusion. Hier, avec le bilan des 4 ans de Hollande, qu'ont mis en relief les médias en dehors des échecs et de l'impopularité ?

    C'est cette confusion qui fragilise la gouvernance publique et qui valorise la gouvernance privée. La première devient aléatoire, contradictoire, éphémère. La seconde se charge d'efficacité, de durée, de clarté. C'est presque l'inversion des appréciations d'antan.

    C'est ce qui assèche la gouvernance publique de ses jeunes talents. Patagonia, Tompkins … ne font-ils pas davantage pour le climat que l'accord de papier de la COP21 aux effets pratiques toujours incertains ? 

    Tant que cette question demeurera, la vie publique traversera une période très difficile à tous égards : profils des candidats, taux de votation, taux de participation civique entre deux scrutins … Parce que le centre d'utilité s'est transféré.

     

  • Quand l’échec est inscrit dans la nature

    Alberta incendies 2 06 05 16

    Les actuels incendies dans l'Alberta (Canada) mettent en évidence un décalage que l'opinion peine de plus en plus à accepter. D'un côté, des moyens techniques et l'intelligence collective pour prévoir de plus en plus loin avec de plus en plus de détails et de justesse. D'un autre côté, la gouvernance publique "à la petite semaine" dans l'immédiat et dans l'éphémère.

    En Alberta, l'une des plus belles régions au monde, la question de l'organisation des villes dans des espaces forestiers a été posée et traitée de longue date. Dès 1998, un programme FireSmart a été mis en oeuvre avec des chercheurs canadiens et américains. Il a effectué des propositions très précises, nombreuses, détaillées pour prévenir et limiter les dégâts. Mais ce programme n'a pas été mis en oeuvre.

    Si bien qu'à la sortie des actuels incendies, les annonces de règlements de comptes vis à vis des politiques menées ces dernières décennies seront musclées.

    Derrière ce sujet, c'est tout le sens de la gouvernance publique qui accepte d'être trop soumise au quotidien et de ne pas traiter des sujets de fond jusqu'au jour où les faits se vengent.

    Avec le réchauffement climatique, il y a des échecs nombreux et graves qui sont désormais inscrits dans la nature : rupture d'alimentation en eau, conflits d'usages en période sèche faute de retenues d'eau (alimentation humaine / étiages des cours d'eau / agriculture …), entretien des forêts pour éviter des incendies dévastateurs, objets connectés pour surveiller le 5ème âge à domicile…

    Le réchauffement climatique avance. Mais il est le seul à avancer. Le reste ne bouge pas. Les urgences des prochaines générations vont s'avérer une sacrée liste …

    Climat chaleur graphe 20 01 16

  • Patagonia et sa belle campagne contre le gaspillage

    Patagonia 05 05 16

    A partir d'aujourd'hui, Patagonia débute une tournée pour promouvoir les vêtements à réparer. Nouvelle campagne remarquable de cette belle marque : Worn Wear.

    1) Avec cet effort, la planète est allégée d'une gestion de "déchets de vêtements" qui a été chiffrée à des dizaines de milliards d'euros.

    2) Mais surtout, un vêtement porte une histoire. Réparer un vêtement c'est respecter une séquence de sa vie.

    Voilà une belle philosophie. Je la pratique depuis longtemps déjà. J'ai même pris l'habitude de mettre de côté des pièces qui me paraissent vouées à bien réparer des vêtements au cas où … C'est une satisfaction de constater qu'une marque aussi forte que Patagonia se lance à juste titre dans une campagne de ce type refusant la course permanente à l'éphémère et au jetable immédiat. Tous mes voeux de succès.

  • Le vrai tournant actuel : le pouvoir change de sexe

    La crise économique durable va emporter avec elle une génération de responsables politiques caricatures de machisme avec l'emphase, l'enflure du siècle dernier, cette fausse gravité qui est le "bouclier de sots" selon la si vraie formule de Montesquieu. Tout en douceur, le vrai tournant actuel : le pouvoir change de sexe.

    Poser cette affirmation ne signifie pas seulement que le pouvoir passerait des hommes aux femmes. Il signifie aussi, voire surtout, que le pouvoir passe à des femmes qui vivent le pouvoir comme femmes et non plus comme "apprentis hommes". 

    Il suffit de regarder autour de soi.

    Aux Etats-Unis, Hillary Clinton s'approche de la présidence comme jamais une femme ne l'a fait. Sa directrice de campagne est une … femme : Huma Abedin.

    Huma Abedin 01 07 15

    Pour se réconcilier avec les femmes, Trump sera contraint de prendre une femme sur le ticket républicain. Sa fille Ivanka Trump a joué un rôle très important ces dernières semaines dans la campagne de son père.

    Jamais les femmes n'auront donc été aussi présentes dans le duel d'une présidentielle américaine.

    Au Canada, le chef du parti d'opposition est une femme : Rona Ambrose. Et le Parti Québécois va probablement passer dans les mains d'une femme : Véronique Hivon.

    Rona Ambrose 04 05 16

    En Espagne, une femme dirige l'une des capitales européennes les plus dynamiques : Madrid dont le Maire est Manuela Carmena. Le parti montant (Ciudadanos) a pour vedette aux côtés de Alberto Rivera une femme : Begona Villacis.

    Begona Villacis bis

    Une fois de plus, la France a du retard. La plus belle et réelle fonction de pouvoir est assumée par Anne Hidalgo à la tête de la mairie de Paris ou Valérie Pécresse à la région Ile de France. 

    En réalité, quand le pouvoir change de sexe, c'est surtout parce le nouveau sexe change le pouvoir. Il devient plus concret, plus quotidien, moins dogmatique. Il y a une séduction ambiante qui détend les crises, qui installe un rapport moins guerrier. 

    C'est le refus des mimétismes avec le pouvoir d'hier. 

    C'est le tournant en cours le plus intéressant actuellement.

  • Quand la comparaison dans le temps a de quoi inquiéter …

    Waterton.Lakes.National.Park.original.1407
    Pour ne pas être prisonnier de "l'air du temps" avec tous les commentateurs qui ont le "nez sur le guidon", la bonne méthode me semble être sur un même thème de se plonger dans des témoignages écrits espacés dans le temps. C'est pourquoi, pour des sujets qui me tiennent à coeur, j'ai toujours veillé à rattraper des témoignages d'il y a 40 ou 50 ans. Dans le domaine de l'information géographique qui m'intéresse beaucoup, l'échec des parcs naturels français est saisissant. La décentralisation a été le tombeau de cette initiative intéressante à l'origine.

    On s'aperçoit de trois phénomènes intéressants :

    1) le décrochage manifeste dans ce domaine des initiatives françaises par rapport à des initiatives étrangères tout particulièrement en Amérique du Nord. Globalement, la France perd du terrain. Je comparais un reportage récent sur Waterton Glacier (Canada) avec un reportage dans cette revue datant de 60 ans. On constate un progrès considérable. Immense sur de nombreux points importants.

    National Geographic mai 1956

    2) A l'opposé, en France, la décentralisation a été la bouée de sauvetage ponctuelle à la fin des années 80 au moment où l'Etat commençait à décrocher. Quand l'Etat régionalisait ou départementalisait un dossier, il lui accordait une survie à cette époque : parcs naturels, lycées, collèges, TER …,

    3) et maintenant c'est le décrochage généralisé. L'Etat s'est

    (suite…)