Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Le vrai tournant : « la gĂ©nĂ©ration si j’veux ! »

    Impossible

    Le vrai tournant actuel en France, l'éclosion d'une "génération si j'veux". C'est un état d'esprit qui change tout. Les conduites individuelles échappent aux codes, aux instructions, aux normes, aux affectations classiques.

    Le marchĂ© privĂ© a dĂ©jĂ  donnĂ© le signal de dĂ©part. L'Ă©conomie dite collaborative vit sur cette mentalitĂ© Ă  la caricature sur toutes les Ă©tapes de la chaĂźne. Le marchĂ© va mĂȘme plus loin actuellement dans le refus des codes par exemple dont celui de cĂ©der Ă  l'hyper-consommation vestimentaire Ă  l'exemple des campagnes Patagonia qui connaissent un succĂšs accĂ©lĂ©rĂ© : l'Ă©quipement vieux durable vaut le neuf ou le refus de cĂ©der Ă  la consommation Ă©phĂ©mĂšre.

    Patagonia Worn Wear 2 15 05 16

    Cette mentalitĂ© du choix individuel change tout. Sur le fond, c'est un immense progrĂšs puisque c'est d'abord l'affirmation de la responsabilitĂ© et de l'autonomie individuelles. C'est une avancĂ©e de libertĂ©. 

    Cette avancĂ©e de libertĂ© change totalement la donne pour la vie politique. C'est la fin des directives qui tombent du haut. C'est l'inversion des tendances. Le devenir ne doit plus descendre du "sommet" pour ĂȘtre vouĂ© Ă  ĂȘtre appliquĂ© par la "base". Le devenir doit monter de la base. La base qui a compris qu'elle a pour elle le nombre et que c'est elle qui finance le systĂšme. La "base" a compris que dans une dĂ©mocratie d'opinion, elle est le "sommet" ! Le socialisme historique et l'Ă©tatisme y compris de droite sont des hors jeux culturels dans ces circonstances.

    Plus tardivement la classe politique détachée des réalités du marché acceptera ce tournant, plus elle se fragilisera dans une gouvernance qui devient insupportée. C'est le vrai divorce idéologique actuel en France.

    Des vainqueurs immĂ©diats vont rĂ©sulter de cette nouvelle mentalitĂ©. L'environnement sera le grand gagnant. DĂšs que chacun a conscience que l'environnement dĂ©pend d'abord des comportements individuels quotidiens, c'est un pas en avant considĂ©rable. 

    Les politiques français n'ont pas encore pris ce tournant. Il leur est demandĂ© de faire peu mais bien sur des fonctions collectives que, par dĂ©finition, les individus ne peuvent pas traiter : ordre public, sĂ©curitĂ© internationale … Mais pour le reste, il faut maintenant accepter la place de la libertĂ© individuelle. Donc moins rĂ©glementer dans le dĂ©tail. Moins administrer. Moins encadrer.

    Cette génération "si j'veux" va changer beaucoup de vieilles habitudes. Il y a de nouveaux équilibres collectifs à trouver pour ne pas sombrer dans l'anarchie avec un tel changement. Mais c'est une évolution intéressante à vivre.

     

  • Quand mĂȘme l’humour se perd

    Coluche 1986

    30 ans dĂ©jĂ  ! Dans quelques jours, les français auront une pensĂ©e Ă©mue pour Coluche Ă  l'occasion du 30 Ăšme anniversaire de sa disparition (19/06/1986). Le plus inquiĂ©tant dans la pĂ©riode actuelle en France, c'est la chute des niveaux dans la quasi-totalitĂ© des domaines. MĂȘme dans le rire.

    Il y eut la gĂ©nĂ©ration de Pierre Dac et Francis Blanche. Puis ce furent les Raymond Devos, Jean Yanne, Pierre Desproges, Coluche …

    Un texte de Devos, à la 5Úme lecture, il y a encore matiÚre à découvrir une subtilité remarquable.

    Maintenant c'est qui ? Cyril Hanouna !

    C'est la France qui dĂ©visse mĂȘme dans le rire.

    Un texte de Coluche, de Desproges, mieux encore de Devos, c'est une pensée portée par le rire ou le rire porté par une pensée. Mais une pensée d'abord, surtout.

    Maintenant oĂč est la pensĂ©e ? Tout n'est que moquerie, haine, sexe, gros mots … bref : vulgaritĂ©.

    Comment passer à ce point en 30 ans de la pensée à la vulgarité ?

    Pourquoi passer à ce point ainsi en 30 ans de la pensée à la vulgarité ?

    C'est un sujet qui m'interroge et qui me semble mĂ©riter une rĂ©flexion collective sĂ©rieuse. Quand un pays connaĂźt une telle chute mĂȘme dans le rire, Ă  quoi cela peut-il ĂȘtre dĂ» ?

  • Tennis : la belle saison des tournois locaux

    Varces Tennis

    C'est parti. S'ouvre la belle saison des tournois locaux de tennis : Grenoble, St EgrĂšve, Echirolles, Varces … C'est toujours un moment particuliĂšrement agrĂ©able. Le moment pour vĂ©rifier si la forme est restĂ©e constante. Le plaisir de retrouver des organisateurs toujours sympathiques et dĂ©vouĂ©s. Et le plaisir Ă©galement de disputer des rencontres dans un excellent esprit sportif. 

    Le dynamisme des clubs locaux est remarquable. Sur le plan de l'agglomĂ©ration grenobloise, une logique financiĂšre diffĂ©rente aurait dĂ» ĂȘtre mise en oeuvre pour mieux rĂ©partir les montants considĂ©rables allouĂ©s Ă  la nouvelle halle de tennis (13 millions d'euros !). Une halle d'un esthĂ©tisme intĂ©rieur superbe mais qui n'a toujours pas rĂ©glĂ© son problĂšme de parking. Heureusement, celui de l'eau glacĂ©e dans les vestiaires vient d'ĂȘtre rĂ©solu.

    Tennis grenoble 1 07 01 16

    En revanche, l'ancienne halle de tennis de Grenoble livrée aux tags altÚre considérablement l'image du quartier.

    L'occupation spatiale des sports dans l'agglomĂ©ration grenobloise est un Ă©chec assez irrĂ©el. Tout a Ă©tĂ© dĂ©sorientĂ© par le choix de l'implantation du Stade des Alpes. A la diffĂ©rence de la belle rĂ©ussite de Lyon avec le Stade des LumiĂšres et l'organisation d'une "plaine des sports", l'agglomĂ©ration grenobloise a ratĂ© une organisation rationnelle dans l'espace de l'implantation de ses principaux Ă©quipements sportifs. Toujours difficile de comprendre un tel Ă©chec. 

     

     

  • 2017 : Ă©lection gĂ©nĂ©rale ou l’Ă©lection d’une cause ?

    Manifestations 18 05 16

    En politique, il y a deux familles trĂšs distinctes d'Ă©lections : d'un cĂŽtĂ© les Ă©lections Ă  vocation gĂ©nĂ©rale comme test de gouvernance globale dans des circonstances oĂč aucun enjeu ne se dĂ©tache vĂ©ritablement et d'un autre cĂŽtĂ© les Ă©lections d'une ou deux cause(s), celles oĂč un ou deux dossiers occultent tous les autres. Il faut se mĂ©fier de ces derniĂšres. Elles rĂ©servent toujours de fortes surprises car les causes en question troublent gĂ©nĂ©ralement les "cartes habituelles".

    Il y a en France actuellement trois causes qui s'installent comme enjeux forts : l'ordre, l'identitĂ©, la prĂ©caritĂ©. Ce sont les trois sujets qui clivent l'Ă©lectorat en positionnant des groupes trĂšs radicalisĂ©s. 

    Ces radicalitĂ©s s'expriment dĂ©jĂ  actuellement dans des dĂ©mocraties occidentales : Autriche, Trump aux Etats-Unis…

    Si l'ampleur de quelques causes occupe Ă  ce point l'actualitĂ© Ă  partir de la rentrĂ©e de septembre 2016, des alignements nouveaux pourraient en rĂ©sulter dans des proportions inĂ©dites. 

    La caractĂ©ristique commune actuellement des opinions en France : ĂȘtre Ă  bout de nerfs. GĂ©nĂ©ralement, la crise des esprits anticipe la crise des votes …

  • L’impuissance politique acceptĂ©e jusqu’oĂč en France ?

    Valls Macron 19 01 16

    A quel moment, l'opinion se posera enfin la seule question de fond qui compte en dehors des agitations quotidiennes éphémÚres : "et finalement, ils ont réglé quoi comme problÚme sérieux durable ?".

    Prenons des exemples concrets les plus récents :

    1) une revue scientifique reconnue vient de rĂ©vĂ©ler qu'en 2050, avec les tendances actuelles, la mer comptera davantage de plastiques que de … poissons ! La COP 21 a Ă©tĂ© officialisĂ©e il y a 6 mois. Que change cet accord international dans les faits pour le moment ? Rien. Rien puisque le thĂšme officiel de la COP22 (novembre 2016) c'est de prĂ©voir les actes qui doivent ĂȘtre tirĂ©s de la … COP21 de Paris.

    2) Hier, BollorĂ© annonce que Canal + France va compter 400 M€ de pertes en 2016 (soit l'Ă©quivalent de 30 % du CA) par rapport Ă  258 M€ de pertes en 2015. Jusqu'Ă  quand l'information en France peut-elle ĂȘtre le domaine des pertes financiĂšres abyssales renflouĂ©es par des "mĂ©cĂšnes" et avec quelles consĂ©quences sur les lignes Ă©ditoriales que le profil de ces nouveaux actionnaires ? Question jamais posĂ©e donc jamais rĂ©glĂ©e.

    3) La France est paralysĂ©e par un mouvement populaire qui contamine une pagaille gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Il faut retirer le texte qui manifestement ne passe pas. Mais face Ă  ce retrait, le pouvoir a le comportement du faible qui veut aller vers une dĂ©monstration de … force : la catastrophe assurĂ©e. En attendant, c'est la pagaille dans le fonctionnement quotidien et une violence ambiante qui ne peut s'installer sans gravitĂ©, radicalisant toutes les positions. Et Ă  l'approche de l'Euro 2016, Ă  Ă©couter les uns et les autres, le sentiment que l'image internationale de la France sera d'abord celle de la pagaille gĂ©nĂ©ralisĂ©e …

    4) Les dettes toxiques : les premiers jugements tombent condamnant les CollectivitĂ©s Locales. Mais les condamnĂ©s font comme si c'Ă©tait rien puisqu'il y a la facultĂ© d'appel. Mais qui peut imaginer que cette facture puisse ĂȘtre Ă©pongĂ©e alors mĂȘme que des CollectivitĂ©s nĂ©gocient pour des accords amiables vers un "juste milieu" ? Toujours le mĂȘme cinĂ©ma pour repousser le moment de vĂ©ritĂ© Ă  demain. La France aura donc toujours sous le tapis un  vraie bombe financiĂšre. 

    5) Des enseignants cassent le cadre des notations lors d'Ă©preuves universitaires tandis que d'autres par les sujets posĂ©s cassent l'impartialitĂ© qui est le socle mĂȘme d'un fonctionnement perçu comme juste des enseignants. RĂ©ponse pour montrer que ces frontiĂšres ne peuvent ĂȘtre franchies ? Aucune !

    Et la mĂȘme ambiance rĂšgne souvent sur les dossiers locaux …

    Au coĂ»t de la dĂ©mocratie en France, cette incapacitĂ© Ă  rĂ©gler les problĂšmes sĂ©rieux annonce des rĂ©actions populaires qui mĂ©ritent une attention forte. Mais pourquoi ce problĂšme lĂ  serait-il rĂ©glĂ© quand tous les autres ne le sont pas … ? La pĂ©riode actuelle est marquĂ©e par le choix entre ceux qui font semblant et les autres, plus lucides et cyniques, qui se marrent sans prendre leurs responsabilitĂ©s. Jusqu'oĂč et jusqu'Ă  quand ?

     

  • Et les vainqueurs de l’Euro 2016 sont … Twitter et Periscope

    Jack Dorsey 11 03 16

    Depuis le 2 mai, avec des hauts et des bas, globalement le cours de Twitter a stoppĂ© sa chute et probablement est en train d'amorcer un rebond. Deux explications Ă  cette situation. D'une part, Twitter et Periscope (dans le pĂ©rimĂštre de Twitter) parient sur un effet Euro 2016. Twitter devrait d'ailleurs annoncer sous peu des innovations importantes pour les liens, les photos et les vidĂ©os.

    D'autre part, l'ambiance tourne sur les "changeurs du monde". Ceux qui brassent d'abord des articles de presse, des reportages … mais trĂšs peu de cash solide, rentable passent de mode. Il n'y aura peut-ĂȘtre pas d'Ă©chec retentissant avec un effet dominos mais la mode est en train de passer. Il suffit de voir l'Ă©volution des valorisations et surtout les dĂ©calages des introductions en bourse pour le constater. La mode tourne aux vieux mĂ©tiers exercĂ©s de façon moderne. Et sous cet angle, Twitter et Periscope peuvent retrouver la forme. Le mĂ©tier d'informer avec de nouveaux moyens.

  • Avoir le courage de valeurs fortes

    Obama 16 05 16

    Hier Barack Obama participait à la remise des diplÎmes de l'Université Rutgers dans le New Jersey. Et une fois de plus, Barack Obama a effectué un discours remarquable montrant par comparaison l'immensité du vide des discours de ses successeurs potentiels comme du vide dans d'autres pays à l'exemple de la France.

    Qu'a-t-il déclaré pour l'essentiel ?

    1) Il a critiquĂ© les Ă©tudiants de cette UniversitĂ© qui, en 2014, avaient protestĂ© et fait annuler la venue de la rĂ©publicaine Condoleezza Rice, l’ex-secrĂ©taire d’Etat du PrĂ©sident George W. Bush, en raison de son rĂŽle dans le dĂ©clenchement de la guerre d’Irak.

    «Il est Ă  mon avis malavisĂ© de croire que cette communautĂ© ou ce pays ne puisse rien tirer de son intervention, et qu’il soit bĂ©nĂ©fique de ne pas lui donner la parole», a indiquĂ© Barack Obama.

    2) «En politique comme dans la vie, l’ignorance n’est pas une vertu. Ce n’est pas cool de ne pas savoir de quoi vous parlez. Cela n’a rien Ă  voir avec ĂȘtre franc ou dire la vĂ©ritĂ© ou lutter contre le politiquement correct. C’est juste que vous ne savez pas ce que vous dĂźtes».  Belle rĂ©action face Ă  une ambiance de populisme oĂč Ă©noncer des banalitĂ©s de cafĂ©s du commerce deviendrait le marqueur d'un discours vrai. C'est la tentation de la politique comme dĂźner de cons.

    3) Mais surtout, Obama a remis en question la "mode du retour au passĂ©". Le passĂ© n'Ă©tait un "Ăąge d'or", c'Ă©tait aussi le temps des discriminations raciales les plus radicales, la pauvretĂ© ou la place rĂ©duite des femmes dans la sociĂ©tĂ© …

    Une fois de plus, Barack Obama a montré le leadership que peu de responsables politiques manifestent actuellement dans des circonstances difficiles. Ce n'est pas le suivisme qui permettra de sortir de la crise mais le courage de valeurs fortes destinées à faire réfléchir et progresser chacun.

     

     

  • Et vous, cela dure depuis combien de temps ?

    Patagonia Worn Wear 2 15 05 16

    Hier Ă  Grenoble, la tournĂ©e #patagoniawornwear Ă©tait de passage. Cette campagne de communication est une formidable alliĂ©e. Bien avant son lancement, j'ai toujours Ă©tĂ© trĂšs attachĂ© aux vĂȘtements et autres objets. Pour les vĂȘtements, il y avait dĂ©jĂ  si longtemps que je pratiquais leur rĂ©paration. Pour les Ă©quipements sportifs, un outil simple : les Ă©cussons. Chaque Ă©cusson sur un vĂȘtement cache une cicatrice : chute en VTT, running trop proche d'arbres …

    Mon blouson ci-dessous qui est sur le site Instagram de Patagonia a 26 ans d'Ăąge Ă  quelques semaines prĂšs. J'y suis terriblement attachĂ©. Il porte donc de … nombreux Ă©cussons. 

    Patagonia DB Instagram 15 05 16

    Et vous avec vos vĂȘtements, cela fait combien de temps que cela dure ? DĂ©couvrez la rĂ©paration, c'est un autre regard sur la complicitĂ© durable avec ses vĂȘtements, sa "seconde peau", sa "peau de surface" …

  • France : le peuple sans Ă©lu

    Trudeau 14 05 16

    Que reste-t-il encore Ă  perdre ? Depuis quelques mois, je suis trĂšs surpris par l'accĂ©lĂ©ration d'un processus de dĂ©litement de la vie publique française assez irrĂ©el Ă  ce point. La premiĂšre Ă©tape (2007 – 2012) a Ă©tĂ© le temps d'une rĂ©publique vulgaire : des mots violents, un militantisme aveugle (tout soutenir ou tout condamner), des accusations disproportionnĂ©es… La vie publique française perdait alors une partie de sa raison. Puis ce fut les Ă©lus sans le peuple. Une progression considĂ©rable de l'abstention et des votes protestataires avec la banalisation d'un vote par exclusion dont les rĂ©gionales de dĂ©cembre 2015 ont Ă©tĂ© la caricature.

    Et maintenant, nous sommes entrĂ©s dans une nouvelle Ă©tape : le peuple sans Ă©lu. Pour que le peuple ait dĂ©sormais le sentiment de s'exprimer, il doit selon les circonstances : 

    • lancer une pĂ©tition : un nombre records de pĂ©titions depuis 12 mois,
    • manifester,
    • protester via les rĂ©seaux sociaux,

    Bref, s'exprimer face aux Ă©lus et non plus avec les Ă©lus. 

    Une situation atypique qui est le divorce constatĂ© d'une vie publique française qui a perdu tant de belles valeurs au cours des derniĂšres annĂ©es. Le dialogue calme, le rire, la famille Ă  l'ElysĂ©e, les sondages positifs, la cool attitude … : que d'annĂ©es sans ces repĂšres simples qui font la vie et qui existent pourtant encore ailleurs : Canada, Italie, Etats-Unis, Angleterre …

    Dans la période actuelle, le plus inédit est le nombre comme le profil de

    (suite…)

  • Quand copier avec retard devient en France symbole … d’innovation et de progrĂšs

    Obama 2 13 05 16

    La lecture de l'Express cette semaine montre, si besoin Ă©tait, l'immensitĂ© du vide politique en France. De quoi est-il question ? 10 pages sur Emmanuel Macron avec un thĂšme majeur "Macron va innover en 2017 puisqu'il se prĂ©pare Ă  faire la campagne Obama de 2008". 

    Il y a des moments oĂč le sujet porte en lui-mĂȘme des contradictions qui devraient sauter aux yeux des rĂ©dacteurs. Comment est-il possible d'innover en … copiant ? Et comment est-il possible de "faire neuf" en reprenant des mĂ©thodes mises en oeuvre 8 ans plus tĂŽt ? 

    C'est une caricature des mots détachés de leur sens véritable.

    Innover, c'est mettre en oeuvre quelques chose de nouveau. Par conséquent, par définition, reprendre des méthodes déjà actionnées ne constitue pas une innovation.

    Et quand "l'innovation" réside dans le porte à porte (avec certes un fichage informatique adapté aux moyens modernes), il y a un décalage qui grandit. Dans le tissu urbain, il y a aujourd'hui des quartiers avec frontiÚres quasi-impénétrables, des allées d'immeubles impossibles. Puis des portes qui restent fermées par effet du travail donc de l'absence des occupants quand ce n'est pas le refus d'ouvrir la porte par peur de tout visage inconnu.

    Tout le parisianisme est résumé dans un tel reportage : s'enflammer pour des mots vidés de leur sens pour des méthodes qui ne correspondent plus à la gravité des faits.

    Faire une "campagne Obama" en France comme lui en 2008 aux Etats-Unis c'est inventer une mĂ©thode encore jamais mise en oeuvre. Un autre dĂ©fi. C'est aussi, voire surtout, l'audace de prendre le risque de s'engager dans un combat trĂšs difficile et non pas en marche avant puis en marche arriĂšre …

    L'innovation pour 2017 en France attend encore son auteur. Significatif et dommageable Ă  la fois.