Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Qui sera le 1er à avoir l’honnêteté de s’excuser ?

    Victime terrorisme 17 07 16

    Quand on effectue un diagnostic serein détaillé de l'état de la France et qu'on constate l'immensité des désastres généralisés alors que ce sont les mêmes dirigeants qui s'échangent le pouvoir depuis 30 ans, il y a une question de bon sens qui vient immédiatement à l'esprit : qui sera le 1er à avoir l'honnêteté de s'excuser ? 

    C'est un sujet ancien pour moi. Il a été ouvert dans la foulée de la réunion de Dominique de Villepin du 4 décembre 2010. Puis tout particulièrement dans les semaines avant sa conférence de presse du 14 avril 2011. Nous avons été plusieurs à défendre que tout candidat ayant été associé au pouvoir devait présenter ses excuses avant de présenter sa candidature. Les formulations étaient différentes mais revenaient à ce principe là. 

    Le mot très fort "d'excuses" n'a jamais été employé comme si en France pour pouvoir prétendre au pouvoir il fallait surtout ne jamais reconnaître s'être trompé. 

    Comment est-il possible de reconstruire des bases solides à une confiance si cette étape de la prise de conscience des erreurs n'est jamais exprimée ?

    La France est au milieu d'un champ de ruines (sécurité, finances, chômage …) et personne n'a l'honnêteté de dire clairement "nous nous sommes trompés : voilà où et voilà pourquoi !".

    Comment est-il possible d'attendre un changement de comportement de la part d'une personne qui n'éprouve même pas la nécessité de reconnaître ses torts ?

    C'est l'une des raisons actuelles de la colère actuelle en France. C'est l'échec généralisé et pourtant ils ne se sont jamais … trompés. C'est donc que les intéressés ont un problème grave puisqu'ils n'ont même pas le recul pour effectuer leur propre analyse.  

  • Le prêt à penser au bord de l’explosion !

    Trump 2 02 08 16

    Je suis très surpris et inquiet face à l'actuelle volonté de ne pas regarder en face des faits à la matérialité incontestable. Prenons 3 exemples concrets récents. Tout d'abord, la campagne américaine et le phénomène Trump. Où est la question principale : que révèle le "phénomène Trump" ? Des foules immenses se déplacent à chaque meeting. Des stades sont pleins. Et autant de personnes dehors qui attendent. Les médias locaux évoquent des audiences historiques jamais atteintes. Le candidat casse tous les codes, fracasse les usages, commet des "irrévérences" irréelles et … il gagne, progresse, reste dans la course pour la victoire. Cette réalité mérite une explication.

    Trump 3 02 08 16

    Ensuite, second exemple récent, la compassion de l'Eglise catholique. A titre personnel, je n'ai jamais entendu autant de catholiques prendre fermement et publiquement autant leurs distances avec cette parole officielle compassionnelle, presque sacrificielle de l'Eglise catholique. Du jamais entendu autour de moi ! Là encore c'est une réalité qui mérite d'être considérée, analysée, expliquée. 

    Enfin, la contestation des médias. Aujourd'hui, les discussions ne sont plus sur les sujets traités par les médias mais sur les sujets non traités par les médias. Il suffit qu'une information n'ait pas été donnée par un média classique pour qu'elle soit … importante et perçue comme … vraie ! 

    Que traduisent toutes ces réalités que chacun peut constater ? Le prêt à penser est au bord de l'explosion. 

    Aux Etats-Unis actuellement, les colères contre le prêt à penser s'exposent, s'expriment, votent. Et quand un électorat ne veut pas voir les fautes graves d'un candidat c'est que sa colère est le passeport pour l'excuse, pour le complot qui justifient de ne pas s'en détacher. La colère emporte tout sur son passage.

    De même en France, quand des personnes traditionnellement modérées renvoient le Pape à ses "salons dorés du Vatican", à son âge pour ne pas dire plus …, c'est que la colère est là, désireuse d'être exprimée, impossible à contenir.

    En plusieurs décennies d'observation et de participation à la vie publique, jamais les colères n'ont été aussi fortes, tenaces, violentes. Si cette réalité est ignorée, des secousses considérables sont en préparation. Car une démocratie incapable d'entendre les voix du peuple est toujours en graves difficultés.

  • Vous cherchez du contenu solide sur un sujet : Medium

    Evan Willimas Medium

    Vous êtes saturé(e) par les articles classiques superficiels du creux de l'été ? Une solution : Medium.com. Medium est en train de s'affirmer comme le support d'informations à contenus. C'est le site qui s'affirme actuellement sous cet angle dans le cadre de la présidentielle américaine 2016. Et avec beaucoup de réussites. Hillary Clinton veut expliquer pourquoi elle a choisi Tim Kaine. Elle le fait sur Médium. La Maison Blanche veut expliquer sa politique pour lutter contre les discriminations raciales : Medium.

    Le 1er à avoir utilisé ce support : Mitt Romney au tout début du lancement de Medium. Mitt Romney s'interroge sur son retour dans la course 2016. Il veut commencer à corriger son image. Il choisit Medium : en juillet 2014 !

    Mais le contenu va bien au-delà de ce volet. La classification des articles par thèmes est très utile et pratique.

    C'est un support à signaler. Aujourd'hui, c'est probablement le support où l'on est assuré de trouver sur des sujets d'actualité un contenu détaillé de grande qualité de quoi alimenter sa réflexion. Une belle réussite pour son fondateur : Evan Williams.

  • Heureusement, Bella va bien …

    Bella 2 31 07 16

    Le politiquement correct et le mimétisme sont en train de fausser totalement le débat sur la sécurité intérieure en France. La question de fond, c'est la détermination de la frontière entre la tolérance et le respect de soi. Se respecter c'est veiller à la durée de certaines valeurs. Etre tolérant, c'est accepter que d'autres puissent fonctionner sur la base d'autres valeurs mais à la condition que cette cohabitation n'entraîne pas la disparition de ses propres valeurs. C'est le réel débat de fond. Le débat qui n'est pas livré en France. La France aime le pacifisme intérieur mais veut donner l'exemple de la guerre à l'extérieur. La guerre est mise à toutes les sauces. A l'étranger, elle est légitimée. A l'intérieur, elle est présentée comme ce qui doit être évité à tout prix. Une incohérence qui montre, si besoin était, que la France n'a pas arbitré entre deux pacifismes.

    Le pacifisme absolu, c'est pas de guerre du tout. Ni à l'intérieur. Ni à l'extérieur. C'est un changement de statut international de la France. Le débat de fond mérite d'être livré.

    L'autre pacifisme, c'est le pacifisme conditionnel. La paix ne peut vivre sans le respect de certaines valeurs. C'est vrai à l'international comme sur le plan intérieur. Les valeurs doivent être affirmées. Et en cas de violation, les guerres trouvent alors une légitimité. Là aussi, c'est un débat de fond très sérieux. 

    Le problème aujourd'hui, c'est que la France défend les deux pacifismes à la fois, ce qui est impossible. 

    Un problème de plus comme si les gouvernants avaient la flemme de poser les vraies questions pour ne pas avoir à les résoudre pour de bon. Désespérant à la fin. 

    Par conséquent, autant profiter d'embellies de satisfaction. Bella va bien. Chaque jour, son maître poste les photos du périple. J'avais évoqué le périple de ce chien atteint d'un cancer et que son maître accompagne sur les plus beaux lieux pour vivre ensemble tous leurs moments partagés. C'est moins ambitieux que de débattre du pacifisme mais c'est bien plus concret et utile. L'impuissance de la politique française mérite un vrai cordon sanitaire intellectuel. Les images de Bella y contribuent.

    Bella 31 07 16

     

  • A 100 jours d’un vote inédit … : la campagne du mal-être

    JFK Library 04 06 16

    Dans 100 jours, la campagne américaine prendra fin et le jour de vote débutera. C'est la 9 ème campagne présidentielle que je suis avec attention. La première date de 1984 où à Boston, je découvrais un "autre univers". 4 campagnes ont mérité des qualificatifs particuliers.

    2008 : la campagne de l'espoir : je n'ai jamais rencontré une telle fièvre collective qu'en 2008. Au printemps 2008, on commençait à sentir une ambiance particulière. Mais dans les dernières jours de la campagne, à Boston, la fièvre était totale : nombre de volontaires (photo ci-dessous du QG de campagne à Boston), assurance d'une victoire historique, militantisme généralisé, longueur des files d'attentes pour voter …

    Obama QG 03 11 08

    2004 : la campagne la plus pénible pour la nationalité française : les pro-Bush expriment leur hostilité contre les français qui viennent de les "trahir" dans la guerre contre l'Irak. Et les pro-Kerry cachent leurs amitiés habituelles. La 1ère fois et la seule à devoir s'expliquer sur son pays. 

    Boston convention 04

    2000 : la campagne du rejet des années Clinton : le second mandat de Bill Clinton a pris fin en réalité au printemps 1998 quand il s'est pris les pieds dans le tapis avec l'affaire Lewinsky. Nous étions à Washington en juillet 1998 lors des auditions par le Procureur Starr. Je n'ai jamais rencontré une ambiance aussi glauque. Chaque matin avec la presse du petit-déjeuner se succédaient des détails plus glauques les uns que les autres. Une opinion qui en veut à un jeune président aussi talentueux incapable de résister à ses travers de tempéraments et abaissant la fonction en conséquence.

    Clinton lettre DB 1992

    1984 : la formalité administrative : la victoire évidente : dans le choc entre Reagan et Mondale, pour la première fois à ce point le sentiment que Mondale est candidat parce qu'il en faut un mais qu'il ne pense jamais pouvoir vaincre Reagan. 

    Reagan 1980

    Et … 2016 : la campagne du mal-être : Trump est une caricature de l'arrogance vulgaire. Et Hillary Clinton est une caricature du recyclage très daté, prête à tout pour accéder au pouvoir. Décevant pour une démocratie qui compte tant de talents. Et le score s'annonce très serré. Bien plus serré que les pronostics des médias français qui annonçaient comme une évidence la défaite de Trump aux primaires …

  • L’effondrement !

    Hollande CGT 29 07 16

    Sous nos yeux actuellement c'est l'effondrement d'un système politique incapable d'avoir le courage de regarder des réalités en face, incapable par clientélisme électoral de choisir les mots justes avec les conséquences concrètes immédiates. Toujours les mêmes méthodes : la compassion, les célébrations … autant de paravents qui ne règlent rien !

    Et même en temps dit officiellement de "guerre", les passe-droits continuent comme le fait de caser l'ex-secrétaire de la CGT pour créer une agence de la langue française. Entrant dans le secteur public, il va échapper à la loi dite "travail" au sujet de laquelle il devait manifester il y a encore un mois … Des dépenses administratives nouvelles (salaires, bureaux …) quand des militaires en opérations extérieures doivent demander à leurs familles de leur payer des équipements essentiels … C'est certain que tout le monde ne bataille pas sur le même front.

    Et l'église catholique française qui est incapable de trouver les mots pour sortir de son discours classique qui a fait déserter les églises. Finalement il n'y a que contre les mariages de personnes du même sexe quand elles ne demandent qu'à s'aimer en paix que l'église catholique déclare … la guerre ! 

    Quand la France livre la "guerre" dans de telles conditions, qui peut encore trembler parmi ses ennemis potentiels ? Pathétique. Mais surtout dramatique dans les circonstances actuelles. L'effondrement de tout un système décadent qui refuse de voir la réalité des dangers sérieux. Très inquiétant.

  • 44 / 0 : enfin fini ?

    Hillary Clinton 2 27 07 16

    Il y a des réalités qui méritent d'être particulièrement considérées. Il a fallu attendre 2008 pour que la 1ère démocratie au monde accorde l'investiture puis élise un Président métis. Il a fallu attendre 2016 pour que cette démocratie accorde l'investiture à la première femme pour devenir éventuellement présidente. Irréel. 44 Présidents depuis la fondation des Etats-Unis et jamais une femme. Pareil en France comme dans tant d'autres pays. Ce qui est regrettable en l'espèce c'est le profil d'Hillary Clinton. Les Clinton et leur concert permanent de casseroles. La certitude qu'un mandat d'Hillary deviendrait aussi le 3ème mandat de Bill Clinton…

    Le danger pour les femmes et pour la politique c'est que leur entrée en politique devienne celle "d'hommes en jupes" : mêmes pratiques, mêmes tempéraments, mêmes acceptations d'usages à répudier. 

    La politique a besoin de valeurs féminines mais de vraies valeurs féminines. Des femmes qui ne cherchent pas à "faire comme" mais qui assument totalement leurs différences. Et en 2016, c'est dommage que la 1ère femme à honorer ce formidable défi aux Etats-Unis soit Hillary Clinton qui incarne à la caricature tous les clichés de la politique qu'il faut changer.

  • La page blanche et les deux colonnes

    St Etienne de Beuvray 27 07 16

    Le drame d'hier pose une question immédiate : la prochaine étape c'est quoi ? Puis cette réaction passée, une seconde question se fait jour : la réponse est-elle adaptée ? Il y a près d'une quinzaine d'année, une personne pour qui j'ai de l'estime m'a confié sa façon de prendre les décisions importantes : la page blanche et les 2 colonnes. Pour prendre connaissance avec beaucoup d'attention de commentaires sur les réseaux sociaux, je recommande l'application de cette méthode que j'applique méthodiquement face aux situations qui me posent question. 

    1) Plus le sujet à traiter est sérieux, plus il faut prendre son temps pour atteindre le calme nécessaire pour bien raisonner.

    2) Au sommet de la page blanche, poser la question posée à résoudre de façon la plus résumée possible.

    3) Sur la colonne de gauche, résumer les attitudes actuellement observées : quelles sont-elles ? Concrètement en quoi consistent-elles ? 

    4) Sur la colonne de droite, face à chaque attitude actuellement observée, placer l'attitude que votre raison profonde vous guide à retenir comme solution raisonnable efficace. Sans tabou. Aucun interdit. La "raison pure". Implacable. D'une honnêteté absolue.

    5) Si les écarts sont grands entre les attitudes mises en oeuvre et celles que votre raison profonde vous recommande, il faut interpréter les raisons et les conséquences de l'écart.

    Pour ma part, actuellement quand j'applique cette méthode à ce sujet du terrorisme, deux conclusions s'imposent rapidement tant l'écart est grand :

    1) comment est-il possible d'inverser rapidement les tendances d'une guerre perdue manifestement tant l'écart est grand entre les attitudes mises en oeuvre et les attitudes nécessaires ?

    2) face à un tel écart, pourquoi ce pays et ces dirigeants, à circonstances constantes, seraient-ils capables de résoudre un problème sérieux alors même qu'ils ont été incapables de résoudre des sujets tellement plus faciles ?

    A vous d'appliquer la méthode si vous le voulez bien, vous verrez c'est instructif.

  • En France, le lampiste a toujours tort …

    Valls BFM TV 25 07 16

    "Ne mettez pas au même niveau un Ministre de l'Intérieur et une policière municipale …" : cette phrase terrible est de Manuel Valls hier sur BFM TV à 4 minutes 30 de son entretien. En une phrase, Manuel Valls montre, sous le vernis des précautions habituelles, l'esprit monarchique des gouvernants français avec leur culture de la "démocratie inversée". Il faut rendre des comptes au pouvoir et non pas le pouvoir qui rend des comptes aux citoyens. Quelques heures plus tard, sur la 5, Roland Cayrol (sondeur attitré du PS) a une formule analogue mettant en cause "une petite fonctionnaire". 

    Pour le moment, trois faits sont établis :

    1) Les chiffres de policiers présents donnés par le Ministre de l'Intérieur dans sa déclaration au début de la journée du 15 juillet sont faux.

    2) Dans les moments clefs délicats, les médias français sont presque à s'excuser de devoir poser des questions et pire encore d'imaginer pouvoir relancer pour obtenir des réponses précises, fiables.

    3) Il est bien difficile de contester le pouvoir dans des circonstances importantes. Pour ma part, j'ignore qui dit vrai. Ce qui est sûr c'est qu'une employée municipale mérite davantage de respect avant qu'il ne soit prouvé éventuellement qu'elle ait menti. Finalement, en France, rien ne change : le lampiste a toujours tort. Et les attaquants de l'esprit de classe dans les discours ont une sacrée mentalité de classes dans les faits. Dommage et inquiétant. Cela aurait été tellement agréable d'entendre un Premier Ministre dire "je comprends le choc de cette personne. Je respecte l'impact de ce choc comme les difficultés de son travail. Comme tous les agents des polices municipales, je la remercie pour leurs efforts considérables. Je ne doute pas de sa bonne foi. L'enquête en cours doit intervenir dans le calme et elle fera alors toute la vérité dans le respect du contradictoire permettant à chacun de s'exprimer ...".

  • Les dernières heures d’une vie d’écureuil …

    Ecureuil 23 07 16

    Pendant des mois, cet écureuil a été un réel plaisir. L'observer. Voir jusqu'où il pouvait s'approcher. Placer chaque matin ses graines et noisettes au pied des arbres qu'il affectionnait. Puis en fin de semaine dernière, le découvrir recroquevillé aux côtés de l'un des endroits où il trouvait sa nourriture. Il paraissait épuisé, fatigué. Il paraissait âgé avec plein de poils blancs sur la tête. Avec précaution, nous l'avons pris. Il n'a fait aucun effort pour se dégager. Puis nous avons tenté de le lui donner de l'eau ce qui manifestement le "réveillait". Constatant qu'il ne reprenait pas des forces rapidement, nous l'avons déposé dans une cage avec de l'eau et les graines qu'il affectionnait tant. Le sentant fragile et pour le protéger d'animaux qui auraient pu le tuer pendant la nuit, il a passé la nuit dans la maison bien au calme. Nous sommes allés le voir à plusieurs reprises espérant qu'il reprendrait ses forces. Mais au petit matin, c'était fini. Avec beaucoup d'attention, nous l'avons enterré puis posé de belles fleurs sur l'endroit où il allait "reposer". Une vie d'écureuil avait pris fin. Il ne faut pas toujours chercher à trop interpréter les actes d'animaux mais son effort pour venir à proximité de sa nourriture habituelle nous a beaucoup touché comme s'il voulait passer ses dernières heures à côté d'une belle "réserve" de nourriture. Une fin qui nous a rendu tristes à hauteur du plaisir qu'il nous avait donné en nous choisissant comme "jardin de confiance et de détente".