Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Animaux : l’âge de faire : la belle initiative de la Ville de Meylan (Isère)

    Rob Kugler 23 08 16

    Cette semaine dans le magazine Le Monde, un article remarquable : échappées sauvages. Le sujet : notre rapport aux animaux. Et un constat : l'étrangeté de perceptions croissantes indifférentes voire ennemies. 

    Le réchauffement climatique menace des espèces animales. Et la COP21 à Paris en décembre 2015 s'avère à ce jour une immense foire médiatique sans lendemain. Début août 2016, l’ONU a publié un tableau dont le contenu était redoutable. A fin juillet 2016, 22 Etats ont ratifié l’accord de la COP21. Ces 22 Etats représentent 1, 08 % du total des émissions de gaz à effet de serre !

    22 Etats sur 195 Etats présents à la COP21 !

    22 Etats qui ont jugé nécessaire de donner un contenu concret à ce qui est présenté officiellement comme le « défi du siècle ».

    C’est un chiffre terrible 8 mois plus tard.

    Pour 173 Etats, 8 mois plus tard, le contenu de la COP21 n’est qu’une déclaration de « bonnes intentions » sans valeur juridique contraignante.

    Si on doit attendre "l'exemple des Etats", la défaite est assurée.

    Ces enjeux là notamment dépendent de la proximité : les collectivités locales et les citoyens. Il faut faire et non pas parler, promettre … Faire ! 

    Il est déjà possible de faire pour ses animaux. La cause de Bella est exemplaire.

    Puis il y a … les autres, ceux qui ont été abandonnés. Une Commune dans l'Isère vient de prendre une initiative remarquable : la Ville de Meylan. Elle a adopté 2 chats et précise : …si vous circulez aux abords de l’hôtel de ville, vous croiserez peut-être les chats Tony et Maurice. Les nouvelles mascottes de la Commune, âgées de 5 ans et 7 ans, arrivent droit du refuge pour chats « Droit de vivre » de Vif …".

    Ville de Meylan 23 08 16

    Dans les territoires lointains, des espèces animales sont menacées. Dans les territoires de proximité, des animaux sont abandonnés en nombre record. Ce sont des initiatives comme celle de la Commune de Meylan qui inverseront la courbe. Comme les initiatives des citoyens.

    Pour ce qui concerne notre famille, nous finançons des causes sur les espèces animales menacées. Chaque samedi des périodes rudes de l'automne ou de l'hiver, Marie ou moi nous allons chez Gamm Vert pour acheter la nourriture pour aider des animaux sauvages à se nourrir. Puis nous la disposons à des endroits bien sécurisés que les premiers intéressés connaissent si bien et à voir leurs réactions rapides donnent le sentiment de … surveiller.

    La cause animale comme celle de l'environnement méritent la mobilisation quotidienne de tous. Bravo Meylan. Belle action. Beau symbole ! Un bel exemple à suivre par d'autres Communes.

  • Le bon sens, c’est quoi ?

    Livre Detoeuf 22 08 16

    Hier, Thomas m'a prêté un livre qu'il avait beaucoup apprécié cet été : "Propos de OL Barenton Confiseur". 220 pages sur des constats inspirés par la vie. Bref, un recueil sur le bon sens. Un délice.

    Ma première rencontre avec le bon sens date de ma seconde année de droit et des discussions avec un Professeur de droit public, Gustave Peiser. Il délivrait comme des confidences ou des recommandations humbles des phrases qui me semblaient d'une réelle profondeur, méritant le temps de la réflexion pour en bénéficier pleinement. De nos entretiens, je remplissais des fiches aussitôt l'entretien terminé puis, heureusement, j'ai eu la bonne idée d'ouvrir un petit carnet pour noter systématiquement les expressions du bon sens. Un tiers venait de me faire entrer dans une dimension qui allait continuer ensuite en permanence. Toujours la même méthode depuis cette date. Une fiche puis le temps de la réflexion pourvoir si la formule méritait d'entrer dans le carnet.

    Carnet de formules 22 08 16

    Mon père ne l'avait pas fait car, en dehors des 6 derniers mois de sa vie, il devait considérer qu'il était difficile de parler avec son fils. Et maman ne procédait pas par conseils mais par directives sachant que je n'aurais pas la volonté de les discuter car lui faire plaisir était le 1er de mes objectifs. 

    Ce petit carnet acheté en 1975 n'a pas de marque. Je ne connaissais pas les "marques" à l'époque et n'aurais pas eu les moyens de m'en acheter un de "marque". Il est tout simple, très scotché à l'intérieur car recouvert de tant de formules pendant tant d'années.

    Hier, avec le livre prêté par Thomas, il y a matière à ajouter de très nombreuses nouvelles formules.

    Le bon sens, c'est un chemin avec trois étapes :

    1) Il faut vivre une situation pour en extraire la leçon,

    2) Il faut prendre le temps du retour sur expérience pour formaliser la leçon,

    3) il faut avoir envie de partager avec autrui ce retour sur expérience. Franchir l'étape du "pourquoi dire à autrui ce qu'on a mis tant de temps à découvrir et peut-être le livrer à une contestation inutile". 

    L'auteur de ce livre a manifestement franchi ces trois étapes et en plus il est maître dans l'art des phrases courtes. 

    En reprendre les meilleures serait une liste trop longue. Juste deux sur la vie des affaires et les "puissances rarement reconnues" :

    • "L'argent est comme la foule qui s'entasse dans le café où il y a foule et déserte le café d'en face. Non parce qu'on y est mal servi mais parce qu'il est vide !",
    • il y a des gens dont la puissance est faite de tout l'argent qu'ils ont prêté. Il y en a d'autres dont toute la force est dans l'argent qu'ils doivent".

    Et 200 pages de ce type sur tous les volets de la vie quotidienne. Remarquable !

     

  • Au moins savoir …

    Nice attentat fleurs

    Pour des raisons que je n'arrive pas à m'expliquer et que je regrette ce jour, je n'ai jamais consacré du temps à bien connaître la région du Proche-Orient. Et cela dès la période de mes études pendant lesquelles déjà cette géographie ne m'intéressait pas. Aujourd'hui je regrette terriblement cette situation. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour me faire une opinion sérieuse, pour identifier des causes donc des voies de solutions durables. Par conséquent, je lis désormais tout ce qui concerne le sujet avec le sentiment d'un retard à rattraper. Mais, chaque fois que je lis des contributions sérieuses, je suis atterré par les "révélations". C'est le cas du dernier numéro de la Revue des Deux Mondes consacré à l'Islam et au terrorisme reçu vendredi.

    143 pages consacrées à ce sujet avec les contributions d'experts. Quand on a terminé la lecture attentive de toutes ces contributions, des sentiments lourds à porter :

    • l'énoncé des erreurs commises pour lutter contre Daesh avec efficacité y compris dans ses déploiements au sol. Les exemples donnés d'inactions sont terribles. Pire encore, les exemples de complicités manifestes révoltent jamais sanctionnées,
    • les erreurs sur les Printemps Arabes,
    • la paralysie d'Obama,
    • le sentiment que Poutine est finalement le seul "Chef d'Etat" à avoir une vision à long terme,
    • la fragilité de la France qui fait du spectacle mais pas d'action sérieuse,

    Syrie 19 08 16

    Vous fermez ce numéro et vous avez le sentiment terrible que votre sort vous échappe et que vous avez été complice d'une médiocrité crade et suicidaire au sein de pays qui ne "veulent pas voir".

    Quand au même moment, on "tombe" sur l'article de Brice Couturier, chroniqueur sur France Culture, qui décrit de l'intérieur le système médiatique parisien, il y a un vrai sentiment de colère et de révolte face à une telle irresponsabilité. Pour lire l'article terrible en question, cliquer sur le lien suivant : Brice Couturier.

    Dernièrement, je lisais avec intérêt l'optimisme d'une personne sur Facebook indiquant face au terrorisme et avec certaines réactions "ils vont nous rendre notre vraie France". Et la personne listait toutes les réactions positives qui allaient en résulter. La France des "villages de Pierre Bonte" retrouvait une nouvelle jeunesse. Ce qui est sûr, c'est qu'ils doivent nous rendre une nouvelle citoyenneté. Pour ma part, c'est en route (pour ne pas dire En Marche ce qui serait connoté …).

     

  • François Hollande : celui qui a vidé les mots de leur sens

      Le Point 19 08 16

    François Mitterrand faisait vivre les mots. Au hasard des discours, il nous faisait même découvrir des mots. François Hollande a tué les mots. Avec lui, ils ne signifient plus rien. Dernier exemple en date : Le Point qui fait un article sur les "conversations privées". Que sont des "conversations privées" quand elles s'étalent dans un livre de surcroît faisant l'objet de la "Une" d'un grand hebdomadaire national ? Dans ces conditions, que sont donc des "conservations … publiques" ? 

    Au moment où la présidentielle 2017 va s'engager, pour moi, le principal reproche à faire à Hollande c'est d'avoir tué les mots, vidés de tout sens. Et la liste du cimetière des mots est longue sous sa présidence. Le mot "gauche" signifie quoi aujourd'hui ? Celui de "grâce présidentielle" de même…

    Il va même dézinguer le mot "guerre". Comme l'indique sérieusement dernièrement un spécialiste en la matière "nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en spectacle !". 

    Comment communiquer avec quelqu'un qui n'utilise jamais le mot juste ? Comment lui faire confiance ? Impossible. En octobre 2011, nous n'avons pas attaché toute l'attention nécessaire à la déclaration de Martine Aubry quand elle dénonçait le "flou permanent" de François Hollande. Elle le connaissait de longue date et alertait sur le tempérament connu par tous les Français depuis 2012.

    Et quelle tristesse de voir des journalistes se prêter à ce triste jeu. Surtout quand il tourne à la caricature à ce point puisqu'un mot (privé) est utilisé à total contre-sens (public). 

    Dans le même hebdomadaire, Philippe Labro avait eu un entretien avec François Mitterrand dans les années 90. Quand on compare les deux contenus on se demande où on est … tombé ! Comment expliquer une telle chute d'étages ? On n'est même plus dans le même "immeuble". 

    Dans l'Histoire, la France était supposée être le "pays de la pensée". Elle est devenue le cirque des mots. Mais dans cette comédie, le spectacle va coûter très cher parce que la guerre internationale qui est déjà en cours est implacable. Et les cirques en temps de guerre sont rarement un bouclier efficace.

     

  • Le meilleur ambassadeur du cinéma

    Robert Redford

    Hier, Robert Redford a fêté ses 80 ans. Il est pour moi le meilleur ambassadeur du cinéma. Il sait remarquablement être filmé. Mais il sait aussi filmer les autres (Et au milieu coule une rivière). Il a anobli le cinéma en réalisant des films sur des belles causes en les popularisant et en les sortant de conceptions élitistes. "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" est un plaidoyer sublime pour la cause animale : la complicité, la douceur pour faire naître la confiance. Il a beaucoup combattu pour l'environnement. Il a tourné la page des stars à la vie dépravée, livrées à l'addiction de l'exposition médiatique permanente. Avec Sundance, il a même ouvert la bataille pour le cinéma indépendant. 

    Il s'engage pour des causes politiques mais avec économie. Pas pour n'importe quoi ni pour n'importe qui. Ses films sont de merveilleux rendez-vous. Et plusieurs années plus tard, avec la énième rediffusion, toujours le même plaisir pour découvrir un détail de plus qui avait échappé : une lumière, un paysage …

    Les thèmes de fond qui sont traités sont des vrais sujets de sens :

    • que peut-on acheter dans la vie ? = Proposition indécente,
    • le vrai leadership = Le dernier château
    • la solidarité dans les moments difficiles = Spy Game
    • et même un film sans un mot = Lost

    Un vrai privilège que d'avoir pu compter au nombre de tous ceux qui aiment cette belle version du cinéma. 

    Robert Redford 2

  • En démocratie, l’opinion a toujours raison

    Justin Trudeau 18 08 16

    Deux faits sont actuellement trop souvent oubliés ou sous-estimés. D'une part, la défiance (pour le pas dire le dégoût) vis à vis du "système" est désormais telle que ce qui est présenté comme réel compte moins que ce que l'on croit réel. On n'attend plus "la vérité officielle annoncée" mais la défense de ce que l'on croit vrai, ce qui est une différence considérable. D'autre part, en démocratie, l'opinion a toujours raison. Dès qu'un pouvoir se fait à l'impopularité donc à ne plus être d'accord avec l'opinion, c'est la reconnaissance du divorce donc de l'échec cinglant. 

    Toute la qualité de ceux qui dirigent doit être appréciée à leur capacité à garder cette "harmonie" avec l'opinion. Ce qui demande des efforts des deux côtés. Regardons actuellement le Canada et sa "lune de miel" avec Justin Trudeau. Quand une démocratie fonctionne de façon pacifiée, quelle beauté ! Quand un leader élu trouve les mots, les gestes pour canaliser une énergie collective positive, quel temps radieux.

    Trudeau bis 18 08 16

    La France est à l'opposé d'une telle "météo".

    Pire, à circonstances constantes, la France avance vers un séisme considérable par le cumul de 4 facteurs :

    • une partie croissante de l'opinion publique française ne croit plus au "système" donc le "système" ne peut plus jouer son rôle de régulateur : des médias en crise, des corps intermédiaires discrédités, des élus désavoués …
    • les caisses sont vides de tous les côtés (Etat + Collectivités locales) : donc l'Etat n'a plus les moyens "d'acheter" une paix intérieure (aides, allocations diverses, recrutements …)
    • il lui est demandé aujourd'hui de traiter dans l'urgence des sujets qu'il n'a jamais su ou voulu traiter depuis 30 ans (religions, quartiers hors de l'Etat de droit, niveau de la dépense publique, économie qui achète l'exclusion par la couverture chômage plutôt que le travail par le mérite… ) : le bon sens impose une question simple : pourquoi et comment l'Etat pourrait résoudre aujourd'hui des problèmes qu'il a portés pendant 30 ans en tolérant une aggravation de chacun d'eux année par année d'inaction ?
    • et le tout au moment où il y a "le feu à la maison" : car sur chacun de ces sujets, il y a sérieusement le "feu à la maison". Les "incompatibilités d'humeurs" sont manifestes. Les records de dépenses publiques sont toujours battus. Le chômage ne connait pas de baisse significative structurelle sérieuse…

    Je ne vois pas dans le discours des actuels candidats pour 2017 l'électrochoc qui puisse, dans de telles circonstances très particulières, susciter la rupture pour ouvrir un rebond. Ce constat signifie que très probablement chaque sujet va encore s'aggraver. Pour entendre avec attention autour de moi ce qui se dit de la part de personnes traditionnellement modérées, la prochaine étape devient désormais totalement imprévisible. 

    Les candidats des Républicains comme du PS devraient considérer que la bataille de fond actuelle n'est pas la collecte des signatures pour participer à la primaire mais la tenue de ce discours de fond de vraie rupture qui devrait susciter tout naturellement … la mobilisation des signatures pour participer à la primaire

    SVP donnez nous envie de participer. Parce que c'est toujours plus agréable de participer dans une démocratie. Mais surtout parce que les actuelles mobilisations annoncent des chocs très redoutables si le grand nombre reste à l'écart.

  • Travailler moins pour … bronzer plus !

    Plage bronzage

    Si un doute existait encore sur la non-représentativité des réseaux sociaux, il se dissipe toujours pendant l'été. En effet, à parcourir les réseaux sociaux en France, tout le monde bronze. Un seul programme : travailler moins pour bronzer plus ! Et à voir tous les articles sur les belles plages, les amis retrouvés, les tables merveilleusement garnies … on peine à imaginer qu'il puisse encore y avoir des usines qui fonctionnent, des métros qui transportent des travailleurs, des emplois du temps qui ne soient pas uniquement garnis par un mot : plage.

    On se demande pourquoi le mot "crise" peut être encore chez lui en France quand on constate le prix des bouteilles de vins exposées, les hôtels fréquentés, les piscines généralisées …

    … Le décalage est impressionnant. Il m'est apparu évident quand dernièrement sur Facebook un "ami" indiquait combien il se sentait décalé à … repeindre sa cuisine. L'honnêteté de cette remarque m'est apparue touchante. 

    Pour ceux qui travaillent pendant l'été, parcourir les réseaux sociaux c'est le supplice, la torture. Parce que la mode n'est pas seulement à exposer les vacances mais elle est à faire naître une surenchère dans les vacances. 

    Une réalité qui montre, si besoin était, l'aspiration profonde des français à retrouver le calme, le bonheur, la douceur de vivre. Bref l'opposé de tout ce qui nous attend à partir de début septembre 2016 …

  • Les faits ont-ils encore une place dans « l’information » en France ?

    USA carte électorale 16 08 16

    Le traitement des heurts en Corse ce week-end montre une fois de plus la difficulté pour que les faits se fassent une place dans "l'information" en France. Il semble impossible de connaître même la réalité des blessures … Maintenant tout n'est que commentaires immédiats sans parler des journalistes qui considèrent qu'informer c'est leur ouvrir une tribune d'opinion. Les faits ont-ils encore une place dans "l'information" en France ?

    Prenons l'exemple de la campagne américaine. A écouter les journalistes français on imagine Trump battu à plate couture partout, incapable de tenir une réunion publique tant les manifestants sont nombreux, sur le point de tout raccrocher …

    La carte ci-dessus montre la réalité des victoires par Etat. Trump est en rouge et Clinton est en bleu (en rose les Etats incertains). Le fait majeur c'est la rupture entre "l'Amérique profonde" du coeur du pays et celle des "rivages". La vraie question de fond n'est pas que Trump soit battu mais qu'un discours comme celui de Trump puisse gagner dans tant d'Etats. Cela donne un sentiment de la "température" dans le pays !

    C'est comme pour la Corse. Les deux vraies questions sont : 1) pourquoi le burkini cette année à ce point ? 2) Et pourquoi autant d'hostilités face à ce port ? Avec ces deux questions et notamment en reconnaissant une poussée inhabituelle des réactions des deux côtés, c'est reconnaître des tensions nouvelles certaines. Et à ce moment, l'important c'est de les interpréter. Mais cette logique dérange parce qu'elle va à l'encontre de la volonté officielle qui est celle de "loups solitaires dans un pays apaisé". Comment est-il possible de régler un problème en refusant de poser les vraies questions qu'elles fassent plaisir ou pas ? Cette fuite en avant permanente décrédibilise tout le système et les supposés pros de l'information voient leur professionnalisme suivre la courbe des politiciens. Ils devraient s'alerter parce que ce n'est pas une compagnie à rechercher en matière de marqueur de confiance …

  • La démocratie oui mais surtout sans trop de peuple !

    Londres 28 06 16

    Le 23 juin, le Brexit passait. Deux moins plus tard, où en sommes-nous ? Les Bourses devaient connaitre une crise terrible. Elles sont au même niveau qu'au 20 juin quand le Brexit n'était pas attendu. L'économie de la City devait s'effondrer. Elle continue comme si de rien n'était. Et surtout le Brexit devait être appliqué tout de suite. Hollande en faisait un engagement personnel fort : tout de suite ! Le Brexit c'est comme la libération de Jacqueline Sauvage : à l'opposé des déclarations présidentielles. En effet, le Brexit ce sera fin 2019 au plus tôt. Selon le Sunday Times, des ministres britanniques ont prévenu en privé de hauts responsables du secteur financier de la City de Londres que le recours à l'article 50 pourrait n'avoir lieu que vers la fin de 2017, ce qui reporterait le Brexit à fin 2019 au plus tôt.

    Les partisans du Brexit repoussé ont un argument fort : il n'est pas possible de négocier en 2017 avec la France qui connait sa présidentielle au printemps et avec l'Allemagne qui connait ses élections fédérales à l'automne 2017. Il faut donc attendre que ces deux échéances soient passées pour négocier.

    Toujours le même réflexe : la démocratie oui mais surtout sans trop de peuple et quand le peuple s'est prononcé comment ne pas respecter ses décisions rebelles. Situation très inquiétante.

     

     
  • Les belles rencontres …

    Bijoux

    Et vous, vous vous faites une opinion sur quelqu'un à partir de quels critères ? C'est un des sujets les plus importants. Rencontrer quelqu'un peu de temps mais émettre une opinion sur l'intéressé(e). Pour moi les critères sont simples. Pour une personne de sexe masculin, par ordre décroissant c'est : la capacité d'un regard franc dans la discussion, la fermeté de la poignée de main, la capacité dans la discussion à ne pas être d'accord, puis la montre et enfin l'éclat d'un sourire franc. Pour une femme, c'est le style épuré, le port de tête qui dégage la capacité d'un tempérament prompt à résister et l'harmonie des bijoux. 

    Dans tous les cas, lorsqu'il y a un doute, je pose une question sur les animaux. Et toute personne qui la balaye d'un revers de main, la mauvaise appréciation est consommée. 

    Cette approche m'a souvent inspiré des questions très décalées lors de participations à des jury universitaires. Mais l'essentiel n'est pas de juger un savoir ponctuel mais une personnalité.

    Pour revenir à la montre, le samedi 16 juillet, lors d'un événement familial, j'ai fait une belle rencontre. J'observais un photographe professionnel. Et comme je me mets à la photographie, j'étais soucieux de collecter des conseils pratiques de la part d'un professionnel. Puis tout d'un coup, je constate une montre datée. Et là, je tombe sur un "maître". Un vrai "maître". Les explications pleuvent : pourquoi cette montre, le souvenir de son épouse dramatiquement décédée dernièrement… Ce n'est jamais une question de prix mais de sentiments portés par un objet : quelle passion, quelle étape, quel événement … Et là surprise totale, l'intéressé sort un petit coffret métallique de la poche intérieure droite de sa veste. Un coffret cabossé, usé. Et à l'intérieur deux autres montres bien rangées dans des étuis de velours. Et chaque montre a son histoire. Elles sont vieilles, remarquablement entretenues. Ce coffret ne le quitte jamais ! Et la soirée fut passée à parler des montres. Un objet qui révèle tant sur le tempérament de chacun. 

    Pour ma part, l'un des souvenirs auxquels je suis le plus attaché est une montre Dreffa. Une marque disparue. La montre que ma mère à offert à mon père pour leur mariage au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle a 70 ans. Au décès de mon père, Annick, ma soeur aînée, a accepté de me la donner. Elle savait tous les souvenirs attachés à cette montre qui avait été notamment ma compagne lors d'un hospitalisation pendant mon enfance. Elle fonctionne toujours. Pour que son mécanisme ne se grippe pas, je la remonte chaque matin avec douceur, émotion et respect. Puis la repose pour ne pas l'exposer à un risque quelconque. C'est un moment important et profond pour moi. Ensuite la journée peut démarrer.

    Ce samedi 16 juillet a été l'occasion d'une belle rencontre. Les événements globaux actuellement si souvent pénibles rendent ces rencontres encore plus précieuses. Merci aux montres. Une fois de plus. Elles m'ont rarement trompé sur les belles personnes. Ce n'est pas une affaire de prix mais le marqueur de vrais sentiments.