Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Même sous les plus belles images, les faits gagnent toujours

    NYC bis 23 11 15

    Quand une société refuse de traiter ses violences intérieures, ces dernières éclatent toujours dans le drame. C'est ce que vivent les Etats-Unis actuellement. J'ai toujours été surpris par la terrible violence de la société américaine. D'où vient cette violence ? Pour l'essentiel d'une pauvreté qui impose des contrastes trop forts. Même dans les capitales les plus emblématiques de la "réussite" sur la cote Est, il y a des quartiers où il est possible de se demander : comment est-il possible d'y vivre ? 

    Pour bien connaître la réalité de l'Amérique, il faut sortir des "vitrines" pour connaître aussi "l'arrière boutique". Et là, les inquiétudes ne peuvent qu'être fortes. La pauvreté qui saute aux yeux entraîne une exclusion qui est le terreau des pires violences y compris raciales.

    Il y a une autre réalité qui mérite l'attention. Le système américain est capable de produire de magnifiques intelligences. Mais, là aussi, les "vitrines" ne doivent pas cacher toutes les réalités. La France traîne un large cortèges de beaufs insupportables. L'Amérique n'est pas en reste avec une cohorte de "réels cons" manifestement butés, hostiles à tous les autres surtout quand la nationalité et la couleur de peau ne sont pas dans la lignée de leurs repères classiques.

    Tant que cette "autre Amérique" ne sera pas traitée sérieusement, le pire sera toujours possible, voire probable. Paradoxalement, Trump est le produit de cette "autre Amérique". 

    Au-delà de ce pays, cette réalité montre aussi, voire surtout, que même sous les plus belles images, les faits gagnent toujours. Sous cet angle, la France ne devrait pas considérer que les faits américains sont si lointains. Il y a de nombreux chemins, de plus en plus nombreux, que la France se met à emprunter qui risquent de produire des effets aussi graves.

    JFK Library 04 06 16

  • Le bel oiseau métallique de Lyon St Ex

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    Lyon St Exupéry, c'est l'équipement public que j'utilise le plus. Et  quand le matin comme hier, vers 6 heures, le soleil levant se reflète sur ses parois de verre, c'est toujours un moment de réel embellissement. J'ai participé au choix de nombreux équipements publics. Lyon St Exupéry a été l'une des désignations les plus originales. Ce jour là à la Région, en qualité de VP chargé des Finances, je suis aux côtés de Pierre Dumas (ancien Ministre du Général de Gaulle) qui préside la commission en qualité de Vice-Président de la Région chargé des Transports. Nous voyons arriver pour l'ultime choix un architecte catalan (Calatrava) faisant l'effort de parler français avec un accent à couper au couteau et qui nous explique qu'il a la vision d'un immense oiseau métallique prenant son envol. Une grande partie de la commission est manifestement conquise. Elle est conquise par le symbole mais aussi par le charisme de cet architecte qui nous fait parcourir le monde en quelques minutes pour nous donner des exemples de "la conception d'architecture animalière" qui est la sienne : un animal comme symbole d'un équipement dans un espace.

    Face à la technicité de l'autre architecte, la compétition est difficile. Le vote a lieu. Stricte égalité. Le Président du Conseil Régional ayant voix prépondérante mais étant absent de la commission, Pierre Dumas demande à ce que Charles Millon soit invité à venir à la réunion. Un bref résumé est effectué. Mais Charles Millon avec beaucoup de sagesse s'en remet au choix de Pierre Dumas, homme remarquable de sagesse et de compétence, qui avait suivi le dossier avec excellence. Et Calatrava est choisi. Quelques mois plus tard, les ailes de l'oiseau métallique allaient réserver des surprises face à l'aire de transmission d'une tour de contrôle. Mais le choix était fait.

    Et ce choix voué à vivre des décennies et des décennies reste à mes yeux l'une des plus belles réussites architecturales de la région Rhône-Alpes.

    Lyon st ex 2 08 07 16

  • 4 ans de plus !

    Obama 27 07 15

    Avant-hier, dans la belle ville de Charlotte en Caroline du Nord, Barack Obama a tenu son 1er meeting électoral de soutien à Hillary Clinton. Comment ne pas éprouver le douloureux sentiment que les démocraties modernes s'alimentent trop souvent d'excès contraires.

    Aux Etats-Unis, Obama ne peut plus concourir après 8 ans de mandat présidentiel quand, dans d'autres démocraties, ce sont toujours les mêmes qui font les compétitions électorales présidentielles depuis 30 ans à des fonctions diverses !

    Obama 3 08 08 15

    La participation élective de Barack Obama à la vie publique fédérale a duré 12 ans. Il a été élu Sénateur de l'Etat de l'Illinois fin 2004. Puis Président en 2008. On est loin d'une vie entière de carrière politique.

    Pour lui, on aurait tant envie de dire 4 ans de plus ! Quand pour tant d'autres en France souhaiter des années en moins … Des extrémités qui méritent quand même la réflexion …

    Obama 2 08 08 15

  • La politique est-elle devenue d’abord une course à la moindre détestation ?

    Cote d'impopularité 2016

    A l'exception de quelques rares démocraties, peut-être pour la première fois à ce point, la politique semble devenue d'abord la course à la moindre détestation. Aux Etats-Unis, un graphe est édifiant. Jamais dans l'histoire récente des campagnes, deux candidats ont été aussi détestés à cette étape de la campagne. Trump et Clinton battent tous les records de détestation. Une seule perspective, faire en sorte que l'autre soit toujours plus détesté par l'opinion. Donc une campagne négative qui fait rage. Comme la France récupère toujours les plus mauvais côtés de la politique américaine, il n'est pas à exclure que 2017 soit dans la lignée de la campagne US 2016…. 

  • Brexit : où est l’apocalypse boursière ?

    Brexit 05 07 16

    Hier, la Bourse de Toronto a effacé les traces des 48 heures post annonce Brexit. La Bourse de Wall Street était fermée pour cause d'Independence Day. Mais les traces étaient déjà effacées ou presque. A Londres de même (cf graphe ci-dessus). Et le tour des bourses pourrait être effectué sur de bases identiques.

    Mais où sont passés les oracles de l'apocalypse boursière ? 

    Nulle part. Ils sont passés à un sujet suivant.  En France les infos ne se trompent jamais. Donc ne reconnaissent jamais leurs erreurs. A ce rythme comment s'étonner de la perte de crédit des médias ?

  • Jusqu’où ira la vague de « l’antipolitique » en France ?

    Virginia Raggi 04 07 16

    Remarquable article de Jacques de St Victor dans le n° de juillet – août de la Revue des Deux Mondes sur la percée de l'antipolitique à la française. Furieux d'avoir été trop crédule face aux multiples promesses sans lendemain, le citoyen se réveille révolté contre tout ce qui est assimilable au "Palais". L'auteur dresse le panorama de cette nouvelle donne avec le dernier exemple en date en Italie avec le M5S qui a poussé l'antipolitique au bout de sa logique à savoir notamment un discours de guerre contre le système politique (photo ci-dessus Virginia Raggi, nouveau Maire de Rome, élue du Mouvement M5S). 

    C'est tout un système de pouvoir qui est déstabilisé : des élus aux échelons intermédiaires en passant les médias : la "caste" est devenue répulsive. 

    La crise de confiance gagne du terrain en permanence et partout. Cette crise de confiance est devenue indignation puis rébellion. Et l'auteur de montrer que cette rébellion gagne tous les fronts : Les Indignados en Espagne, Aganaktismeni en Grèce, Parti Pirate en Allemagne, Trump aux Etats-Unis mais aussi Occupy Wall Street, la "révolution des casseroles " en Islande … De partout l'antipolitique progresse. Il est peu probable que cette donne n'impacte pas la présidentielle 2017 en France. L'enjeu est d'en déterminer les conséquences.

    Remarquable article à lire dans la Revue des Deux Mondes.

  • LE rendez-vous

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    L'observation de la nature et des animaux est la plus belle agence de voyages. Elle peut même être un billet d'avion quotidien. Actuellement, mon rendez-vous, c'est une famille ou un groupe d'écureuils. Ils sont 3. Chacun d'eux à ses couleurs différentes mais surtout ses approches distinctes. Il y a le curieux, le farouche et le gastronome.

    Le curieux passe son temps le plus proche de nous. Il surveille, avance, veut découvrir. Il vient à moins d'un mètre.

    Le farouche part au moindre bruit rapidement. Témoignant une vélocité impressionnante.

    Le gastronome s'installe. Il prend son temps. Il goûte à toutes les tentations que nous avons déposées le matin. Sa gourmandise lui impose même parfois des équilibres précaires dans les arbres pour atteindre l'un de ses objectifs.

    Il a fallu du temps pour qu'ils prennent possession de cet espace. Et maintenant, ils s'y promènent avec calme. A la condition qu'il n'y ait pas de bruit et surtout pas de personnes "extérieures". Un réel délice. Un vrai rendez-vous.

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  • Encore 4 mois !

    Obama campagne 2012

    Depuis 1984, date d'un long séjour dans une équipe de campagne de John Kerry, chaque présidentielle américaine retient une attention particulière de ma part. Il y a eu des contrastes forts. En 2004, être pris à partie sur place comme français parce que la France n'avait pas suivi pour la guerre d'Irak. Puis l'enthousiasme des campagnes de Barack Obama avec un souffle local de fraîcheur rarement connu. Une ambiance de campagne d'un peuple qui semble renaître. La liesse dans les rues de Boston les soirs de résultats.

    Obama boston

    Mais là, cette campagne 2016 bat tous les records de nullité. D'ordinaire, une campagne présidentielle américaine c'est l'esprit du commencement. La première puissance mondiale va alors écrire une page nouvelle de son Histoire. En 2016, ce n'est pas de commencement que l'on envie mais de fin. La fin d'un épisode Trump qui multiplie les comportements scandaleux dont la caricature est la confusion des genres quand il se rend inaugurer un golf en Ecosse le lendemain du Brexit. Consternant. Quant à Hillary Clinton, elle est manifestement restée la même avec le plaisir à peine dissimulé de son époux heureux de retrouver la … Maison Blanche avec une sorte de mentalité de propriétaire du pouvoir. 

    Comment une démocratie qui fourmille de tant de talents manifestes peut-elle être réduite à un tel "choix" ? Faut-il en déduire que la politique fait maintenant fuir les talents à ce point pour se consacrer désormais exclusivement aux affaires ? 

    La vraie question 2016 n'est plus qui va gagner mais comment les Etats-Unis ont-ils pu tomber aussi bas pour un choix aussi décisif ? C'est le vrai mystère de la campagne 2016. Il reste encore 4 mois, puis 4 ans. La page post Obama s'annonce bien délicate à partager.

    Pour suivre la campagne au jour le jour, cliquer sur les liens suivants : Exprimeo et Blog Exprimeo.

    DB 3 Agora 06 12 12

  • Et si l’économie sans les risques existait toujours … ?

    Adore me

    Des étudiants m'ont souvent posé la même question : "à quels créneaux d'activités faites vous confiance ?". Cette question est désormais généralisée car la crise, donc les inquiétudes, a tout gagné. Pendant de nombreuses années, ma réponse était compliquée, très nuancée, ponctuelle, liée à des facteurs conjoncturels. Puis lors d'une discussion avec Alain Mérieux, sa réponse m'est apparue d'un extrême bon sens "tu sais, sans vent, le meilleur navigateur n'avancera jamais. Avec le vent, le plus mauvais navigateur avancera toujours. Il faut donc identifier le bon vent et si possible permanent". Tout était résumé dans cette formule de bon sens. Et j'ai vu l'économie sous un autre jour.

    Et depuis, à partir d'un panel, j'ai cherché à identifier si ce "bon vent permanent" existait. Et surtout où ?

    Il y a trois domaines qui sont apparus comme frappés d'un bon vent permanent :

    1) Le sexe et ses déclinaisons coquines : un marché formidable. Pour ceux qui connaissent de façon détaillée le parcours de réussites, leur passage par ce segment de marché a été instructif : Niel, Ehrmann, JB Descroix-Vernier et sa société "merveilleusement" dénommée "Golden Glaouis Invest" (couilles en or) … Pour avoir eu plusieurs propositions intéressantes tout particulièrement au lancement d'Internet avec alors les avancées notoires de Didier Richard sur le dispositif technique des ventes en ligne, je n'ai jamais pu "faire le pas". Trop contraire à mon éducation. Dommage mais c'est comme cela. L'une des dernières réussites remarquables sur les déclinaisons coquines : Adore Me. Un succès colossal.

    2) La boisson : à côté du marché de la nourriture très complexe, parfois saisonnier, difficile à gérer (délais de péremption …) la boisson reste une niche fantastique. C'est un marché compliqué. Là je n'ai jamais eu de proposition. Mais j'observe avec émerveillement le parcours d'Une Petite Mousse de mon fils Jonathan et de son équipe. Parvenir à cette croissance montre bien que le vent est là. C'est d'ailleurs un choix de segment de marché qui reste un mystère pour moi. Respecter son indépendance la plus totale mais quand même un jour parvenir à savoir pourquoi ce choix ? Le fruit de discussions de sa jeunesse ? D'autres critères ?

    3) Puis il y a les introductions en bourse. Ou plutôt les 5 premiers jours d'une introduction en bourse, voire même les premières 72 heures. La bourse c'est sulfureux. Des experts font tout, et souvent avec succès, pour multiplier les critères techniques destinés à conduire à des gestions déléguées. Il y a une "fenêtre de tir" qui est simple et quasi-sécurisée. Les 3 jours post introduction en bourse. Pourquoi ? Parce que les introducteurs ont mis comme "règle d'or" ne pas descendre en dessous du cours de la première cotation pour ne jamais sanctionner les investisseurs qui ont rendu l'introduction possible en remplissant le book. Par conséquent, une marge de sécurité est alors prise avec une décote. Dans les trois premiers jours, c'est la décote qui saute pour revenir aux fondamentaux de la valeur. Donc la hausse est quasi-assurée. C'est certain que ce n'est pas très "glorieux" sur l'analyse à terme d'une valeur. Mais c'est assez sécurisé. Faites le test avant de vous lancer et vous constaterez qu'il reste encore des îlots où le risque n'est pas le voisin obligé. 

  • #Brexit : et l’apocalypse boursière, elle est où ?

    FTSE 30 06 16

    Un graphe vaut mieux que de longues phrases. Hier, la Bourse de Londres a retrouvé son indice d'avant le Brexit. Indice qui était au plus haut depuis le 7 juin : 6 300 points. Une nouvelle passée quasi-inaperçue de façon étonnante. La semaine dernière annonçait l'apocalypse. Elle n'est manifestement pas au rendez-vous. Loin s'en faut. C'est la tendance que j'indiquais il y a quelques jours. La nation britannique, fière et pragmatique, va rebondir. L'enterrement n'est pas pour demain n'en déplaise à de vieilles nations décadentes comme la France qui aime toujours voir la crise chez les autres.