Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Hollande et son coiffeur : « ni rire, ni pleurer, ni haïr mais comprendre »

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    Que les cheveux blancs d'Obama sont sympas face à la noirceur artificielle de ceux de F.Hollande. C'est la maxime de Spinoza qui devrait inspirer les réactions face aux révélations sur Hollande et son coiffeur : "ni rire, ni pleurer, ni haïr mais comprendre". Il faut comprendre ce que cache l'affaire de la perruque du roi. Rire, car c'est la caricature du monarque qui fait gérer sa "perruque" comme aux belles heures des rois d'hier avant 1789. Pleurer, car aucun parlementaire ne surveille le budget de l'Elysée pour dissuader face à des dépenses de ce type et il a fallu l'indiscrétion d'un journal impertinent pour le découvrir. Quel échec terrible pour tous les autres. Haïr, c'est ce que va susciter cette révélation de trop sur celui qui se voulait le président … normal.

    Face à ces réactions, il n'y en a qu'une qui mérite la pratique : comprendre. Comment penser qu'un coup de peigne pour passer devant les caméras puisse justifier l'appel à un tiers mobilisable à plein temps et payé à un tarif hors du commun ? C'est comme la teinture des cheveux qui est devenue la caricature de l'artificialité. 

    Une artificialité qui fait que tout ce jeu politique a perdu de son intérêt. Aujourd'hui l'intervention présidentielle sera probablement très peu regardée. Même pas par volonté de boycotter. Plus simplement par désintérêt naturel du "plus rien à attendre". Triste quand même d'en arriver là. Et les journalistes qui sont toujours les "Monsieur Loyal" pour attiser la promo d'un spectacle qui n'intéresse plus personne. La vraie descente aux enfers d'un système politique répulsif.

  • Le 3 ème bureau (sur 10), il y a 30 ans déjà …

    DB bureau 21 02 15

    En juillet 1986, je quittais le troisième bureau de ma vie professionnelle (cf article du Monde du 24/07/1986). Le 3 ème sur les 10 bureaux connus jusqu'à ce jour. Mon 1er bureau, j'y suis resté 3 heures. RMO Grenoble comme chargé des questions juridiques. Recruté le samedi, débutant le lundi matin à 9 heures, à 12 heures j'informais le Directeur du personnel (M. Jacky Glatre) que je ne pouvais rester. Je me sentais "prisonnier" de trop d'obligations qui ne correspondent pas à mon tempérament. Le second bureau fut à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble toujours pour les sujets juridiques (3 ans). Et le troisième bureau (Ville de Grenoble) a duré lui aussi 3 ans (1983 – 1986). 

    Le meilleur souvenir dans ce cadre : les parties de baby foot entre 12 heures 30 et 13 heures 30 avec un sandwich dans le local syndical de la CGT. Une ambiance au top.

    Le plus mauvais souvenir dans ce cadre : les leçons données par des proches du maire d'alors qui étaient manifestement fâchés avec le travail mais doctement le lundi après-midi passaient leur temps à nous raconter ce qu'il aurait fallu faire. Insupportable. Usant. Il faut dire qu'il y avait des pros du "fallait faire". Certains le sont restés d'ailleurs à lire leurs déclarations actuelles … Donc 1986 en juillet, le départ de la mairie de Grenoble. Une libération : ne plus avoir à vivre les réunions du lundi après-midi.

    Le monde_juillet1986

    Lors des municipales de 2014 dans un climat d'une nullité aberrante qu'est ce que j'ai pu entendre parler de ces trois années. Ce 3 ème bureau allait effacer les 7 suivants. C'est quand même étonnant. Il faut dire que le copinage entre des politiciens grenoblois et certains journalistes tronque beaucoup la façon de traiter certains sujets.

    Mon sentiment global, dès le début : la conviction que mon bureau serait …ma tête. Donc ne jamais s'attacher à un lieu. Heureusement.

    L'endroit qui m'a le plus peiné de quitter : aucun. Je passe parfois devant ces ex-locaux et il n'y a pas de pincement de coeur. 

    Celui que j'ai le plus apprécié : toujours le prochain à la condition qu'il soit très éclairé et sans contrainte horaire fixe. 

  • Patagonia : nouvelle avancée pour l’environnement

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    Les avancées sur les principaux sujets de société (environnement, respect des animaux …) vont dépendre des entreprises et des citoyens.

    Pour sanctionner les conditions scandaleuses d'abattage d'animaux, il faut boycotter l'achat de viandes animales.

    Pour récompenser les entreprises qui agissent pour l'environnement, il faut choisir les bonnes marques. L'une d'entre elles (Patagonia) effectue des progrès considérables. Elle a effectué la promotion des réparations sur les vêtements pour qu'ils durent et qu'on sorte du cycle infernal de la consommation éphémère. Un volet déjà évoqué dans mes articles. Et Patagonia vient de vivre une nouvelle avancée en changeant le mode de fabrication de certains vêtements : le surf et le néoprène. Il s'agit d'une matière issue de ressources non renouvelables dont la fabrication requiert énormément d'énergie.

    Patagonia lancera à l'automne 2016 la première combinaison sans néoprène au monde. Ainsi, la marque réduit jusqu'à 70 % les émissions de CO2 lors de la fabrication du polymère, par rapport au néoprène traditionnel. Ces combinaisons sont fabriquées en caoutchouc naturel Yulex qui élimine 99 % des impuretés et donne une matière naturelle plus solide et hypoallergénique. Les plantes sont arrosées avec l'eau de la pluie et de l'eau recyclée est utilisée lors du processus de fabrication.

    C'est une avancée considérable. Bravo.

  • Barack Obama et les questions de fond

    Obama bureau 24 06 15

    Hier dimanche, dans le quotidien espagnol El Pais, Barack Obama a donné un entretien très détaillé le conduisant à exposer sa grille de lecture des difficultés rencontrées par l'Europe. Il a identifié deux facteurs majeurs : l'austérité et la rupture entre gouvernants et gouvernés. Tout est dit.

    L'austérité a créé un cycle d'exclusions à son tour générateur de haines, de rancoeurs sur des bases pour partie compréhensibles d'ailleurs. Une société qui n'accueille pas notamment dans le cycle de l'emploi peine à être appréciée.

    Quant à la rupture entre gouvernants et gouvernés, rien n'est épargné. Le passage de Barroso dans une banque d'affaires est une caricature de la répulsion. Le Brexit avait été accompagné d'une pluie de déclarations qui consistaient à indiquer que "pour bien décider, il ne faut pas consulter les … citoyens". Comment vivre l'exemplarité dans de telles circonstances ?

    Ces deux sujets n'ont jamais été traités sérieusement par François Hollande. C'est le socle réel d'un divorce profond parce que l'opinion sait que la tromperie est née de l'absence de volonté de s'attaquer à de telles questions. Sur ces deux sujets essentiels, il n'a rien fait. Même pas tenté de faire. C'est ce qui met en colère l'opinion publique française.

  • Jusqu’où peut monter la « culture » de l’exagération ?

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    L'exagération gagne actuellement beaucoup de terrains. Communiquer est-ce surtout exagérer ? La période actuelle en France en donne des exemples quotidiens. Plus une expression de supporters de l'équipe de France de foot qui ne soit pas d'abord une forme d'hystérie et non pas de joie simple. Le peuple champion de la sinistrose monte dans les tours au moindre reportage en sautant l'étage de la joie pour immédiatement accéder à l'hystérie totale. Il faut crier, hurler, se maquiller, se bousculer … des scènes irréelles chauffées par les journalistes qui n'imaginent plus effectuer un reportage calme, serein, cool.

    Idem pour les manifestations du printemps : un texte nullissime devient un test de mobilisation puisqu'il remettrait en question pas moins qu'un siècle d'acquis sociaux à en croire les déclarations syndicales officielles.  A ce rythme, pourquoi s'arrêter à un siècle … ? Qu'est ce qui justifie cette rupture dans la remontée dans le temps ? 

    Hier en Grande Bretagne pour se féliciter de la désignation comme capitale de la Culture une ville organise une photo avec 3 200 personnes nues. Si elles n'avaient pas été nues, la scène aurait été moins … culturelle bien sûr. 

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    Et la liste des exagérations est interminable. Les exagérations n'apportent rien sur le fond mais la forme permet de retenir l'attention collective. 

    Le tam tam médiatique encadre ce phénomène. Il le perfuse, le booste. Et le système s'alimente de ce cycle. Pour faire parler de soi, il faut exagérer. L'exagération assure de l'audience donc elle suppose de toujours plus exagérer pour surprendre. Où s'arrêtera ce cycle ? Bien difficile à dire.  Ce qui est sûr c'est que dans la période actuelle il ne fait pas bon s'embarrasser des nuances et de la modération. 

  • Même sous les plus belles images, les faits gagnent toujours

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    Quand une société refuse de traiter ses violences intérieures, ces dernières éclatent toujours dans le drame. C'est ce que vivent les Etats-Unis actuellement. J'ai toujours été surpris par la terrible violence de la société américaine. D'où vient cette violence ? Pour l'essentiel d'une pauvreté qui impose des contrastes trop forts. Même dans les capitales les plus emblématiques de la "réussite" sur la cote Est, il y a des quartiers où il est possible de se demander : comment est-il possible d'y vivre ? 

    Pour bien connaître la réalité de l'Amérique, il faut sortir des "vitrines" pour connaître aussi "l'arrière boutique". Et là, les inquiétudes ne peuvent qu'être fortes. La pauvreté qui saute aux yeux entraîne une exclusion qui est le terreau des pires violences y compris raciales.

    Il y a une autre réalité qui mérite l'attention. Le système américain est capable de produire de magnifiques intelligences. Mais, là aussi, les "vitrines" ne doivent pas cacher toutes les réalités. La France traîne un large cortèges de beaufs insupportables. L'Amérique n'est pas en reste avec une cohorte de "réels cons" manifestement butés, hostiles à tous les autres surtout quand la nationalité et la couleur de peau ne sont pas dans la lignée de leurs repères classiques.

    Tant que cette "autre Amérique" ne sera pas traitée sérieusement, le pire sera toujours possible, voire probable. Paradoxalement, Trump est le produit de cette "autre Amérique". 

    Au-delà de ce pays, cette réalité montre aussi, voire surtout, que même sous les plus belles images, les faits gagnent toujours. Sous cet angle, la France ne devrait pas considérer que les faits américains sont si lointains. Il y a de nombreux chemins, de plus en plus nombreux, que la France se met à emprunter qui risquent de produire des effets aussi graves.

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  • Le bel oiseau métallique de Lyon St Ex

    Lyon St Exupéry 08 07 16

    Lyon St Exupéry, c'est l'équipement public que j'utilise le plus. Et  quand le matin comme hier, vers 6 heures, le soleil levant se reflète sur ses parois de verre, c'est toujours un moment de réel embellissement. J'ai participé au choix de nombreux équipements publics. Lyon St Exupéry a été l'une des désignations les plus originales. Ce jour là à la Région, en qualité de VP chargé des Finances, je suis aux côtés de Pierre Dumas (ancien Ministre du Général de Gaulle) qui préside la commission en qualité de Vice-Président de la Région chargé des Transports. Nous voyons arriver pour l'ultime choix un architecte catalan (Calatrava) faisant l'effort de parler français avec un accent à couper au couteau et qui nous explique qu'il a la vision d'un immense oiseau métallique prenant son envol. Une grande partie de la commission est manifestement conquise. Elle est conquise par le symbole mais aussi par le charisme de cet architecte qui nous fait parcourir le monde en quelques minutes pour nous donner des exemples de "la conception d'architecture animalière" qui est la sienne : un animal comme symbole d'un équipement dans un espace.

    Face à la technicité de l'autre architecte, la compétition est difficile. Le vote a lieu. Stricte égalité. Le Président du Conseil Régional ayant voix prépondérante mais étant absent de la commission, Pierre Dumas demande à ce que Charles Millon soit invité à venir à la réunion. Un bref résumé est effectué. Mais Charles Millon avec beaucoup de sagesse s'en remet au choix de Pierre Dumas, homme remarquable de sagesse et de compétence, qui avait suivi le dossier avec excellence. Et Calatrava est choisi. Quelques mois plus tard, les ailes de l'oiseau métallique allaient réserver des surprises face à l'aire de transmission d'une tour de contrôle. Mais le choix était fait.

    Et ce choix voué à vivre des décennies et des décennies reste à mes yeux l'une des plus belles réussites architecturales de la région Rhône-Alpes.

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  • 4 ans de plus !

    Obama 27 07 15

    Avant-hier, dans la belle ville de Charlotte en Caroline du Nord, Barack Obama a tenu son 1er meeting électoral de soutien à Hillary Clinton. Comment ne pas éprouver le douloureux sentiment que les démocraties modernes s'alimentent trop souvent d'excès contraires.

    Aux Etats-Unis, Obama ne peut plus concourir après 8 ans de mandat présidentiel quand, dans d'autres démocraties, ce sont toujours les mêmes qui font les compétitions électorales présidentielles depuis 30 ans à des fonctions diverses !

    Obama 3 08 08 15

    La participation élective de Barack Obama à la vie publique fédérale a duré 12 ans. Il a été élu Sénateur de l'Etat de l'Illinois fin 2004. Puis Président en 2008. On est loin d'une vie entière de carrière politique.

    Pour lui, on aurait tant envie de dire 4 ans de plus ! Quand pour tant d'autres en France souhaiter des années en moins … Des extrémités qui méritent quand même la réflexion …

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  • La politique est-elle devenue d’abord une course à la moindre détestation ?

    Cote d'impopularité 2016

    A l'exception de quelques rares démocraties, peut-être pour la première fois à ce point, la politique semble devenue d'abord la course à la moindre détestation. Aux Etats-Unis, un graphe est édifiant. Jamais dans l'histoire récente des campagnes, deux candidats ont été aussi détestés à cette étape de la campagne. Trump et Clinton battent tous les records de détestation. Une seule perspective, faire en sorte que l'autre soit toujours plus détesté par l'opinion. Donc une campagne négative qui fait rage. Comme la France récupère toujours les plus mauvais côtés de la politique américaine, il n'est pas à exclure que 2017 soit dans la lignée de la campagne US 2016…. 

  • Brexit : où est l’apocalypse boursière ?

    Brexit 05 07 16

    Hier, la Bourse de Toronto a effacé les traces des 48 heures post annonce Brexit. La Bourse de Wall Street était fermée pour cause d'Independence Day. Mais les traces étaient déjà effacées ou presque. A Londres de même (cf graphe ci-dessus). Et le tour des bourses pourrait être effectué sur de bases identiques.

    Mais où sont passés les oracles de l'apocalypse boursière ? 

    Nulle part. Ils sont passés à un sujet suivant.  En France les infos ne se trompent jamais. Donc ne reconnaissent jamais leurs erreurs. A ce rythme comment s'étonner de la perte de crédit des médias ?