Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Des médias français en zone de tempête

    Kayla Mueller

    A quoi voit-on clairement qu'un pays a la "fièvre" ? Lorsque des institutions (publiques ou privées) hier respectées deviennent ouvertement et vertement … critiquées, perçues comme insupportables. C'est le cas pour la Justice en France et pour le système d'information. Des médias sont aujourd'hui contestés non seulement pour l'information donnée mais surtout pour l'information qui n'est pas … donnée. Deux exemples de cette semaine :

    • les personnes tuées au Bataclan ont-elles en plus subi des sévices ? (Nb : Cliquer sur la phrase ci-avant de couleur bleue pour accéder aux extraits de la commission d'enquête). Et si oui lesquels ? Des extraits de dépositions circulent. Ce sujet n'a jamais été abordé par les "médias institutionnels". Pourquoi ? Et si l'information des sévices est fausse, pourquoi ne pas la démentir clairement ? Que sont les extraits publiés de la commission d'enquête ?
    • l'affaire Kayla Mueller qui secoue les Etats-Unis (photo ci-dessus) qui connait des rebondissements avec les révélations d'ABC. Cette jeune femme de 25 ans tuée par EI après avoir été otage pendant des mois. Il est avéré qu'elle a été traitée comme "esclave sexuelle" des chefs de l'EI. Puisque les médias français vont chercher les infos dans la presse américaine sur le burkini, pourquoi n'évoquent-ils pas l'affaire qui fait la Une de ces médias mettant notamment en cause Médecins sans Frontières qui aurait refusé toute aide à la famille de Kayla Mueller alors que cette jeune femme travaillait en Syrie pour le compte de … Médecins sans Frontières ?

    Les médias institutionnels ne peuvent plus vivre comme s'il y avait deux mondes séparés : l'information classique et l'information digitale. Ce sont deux mondes qui interagissent. Si les médias classiques continuent à tenter d'ignorer l'information digitale, ils vont accélérer leur discrédit déjà grand et contribuer à alimenter une fièvre collective qui a déjà franchi les températures d'alerte en France depuis longtemps avec une nette accélération pendant l'été 2016…

    Infos supplémentaires : via Twitter ce jour à 17 heures 15, MSF a apporté des précisions importantes :

    MSF 26 08 16

     

    Pour prendre connaissance de cette déclaration qui contient des informations de 1ère importance, cliquer sur le lien suivant : MSF.

  • La cause perdue des espaces naturels protégés en France ?

    Maine 25 08 16

    Hier, Barack Obama a étendu la superficie de protection d'un espace naturel protégé dans l'Etat du Maine. C'est un endroit magnifique. Ceux qui aiment la nature sauvage trouveront toujours un "paradis naturel" dans le New Hampshire ou dans le Maine, loin des modes donc loin des foules.

    En France, la cause des espaces naturels protégés semble perdue à une ou deux exceptions près. Pourquoi ? 1) Il n'y a plus d'argent public. Donc il faut trouver un autre paradigme. La communauté concernée en est incapable. 2) Une fois de plus, la définition d'un mot n'est suivie d'aucun effet. Qu'est ce qu'un parc où notamment les motos, quads … peuvent troubler l'espace naturel ? Faire un bruit irréel. Creuser les chemins. Rendre incompatible la pratique de la randonnée douce. La France veut lutter contre la radicalité religieuse mais elle est déjà incapable de faire respecter la Charte des Parcs naturels. Il y a un moment où il faut cesser de s'enivrer de mots ou de se laisser piéger par de faux objectifs. 

    Cette cause perdue est un échec collectif terrible.

    Des générations remettront en héritage en France aux générations futures non seulement un déséquilibre global catastrophique mais même pas des sanctuaires protégés : quelques témoins de ce que la nature a pu faire de plus beau sans que l'être humain ne le détruise. 

    La détresse des Parcs en France est une situation irréelle. Dans l'indifférence quasi-généralisée. C'est un des sujets qui me révolte le plus quand on constate l'affaissement des Parcs sur les 30 dernières années. Pour quel sujet la classe politique française est-elle encore capable de se mobiliser en dehors des carrières personnelles des intéressés ? Montebourg n'a pas tort quand il évoque le tirage au sort pour le Sénat. Nous sommes à un niveau tel qu'un citoyen indépendant aurait aujourd'hui davantage d'impact qu'un politicien professionnel prisonnier de son parti et de sa dépendance matérielle de sa ré-élection.

    Dans ce dossier, il y a un niveau de détresse qui est franchi depuis longtemps dans une indifférence particulièrement scandaleuse.

  • Information numérique : le vrai tournant a eu lieu

    Le monde est à nous

    En France, en dehors des événements dramatiques, l'été 2016 c'est pour moi le vrai tournant de l'information numérique. Une étape majeure est intervenue. En nombre de participants. En qualité de contenus. En diversité de supports. Ce système d'informations a franchi une étape décisive. Je le constate dans mon fonctionnement personnel. Des blogs comme Nous sommes le monde ou Comme une française sont désormais parmi mes sources permanentes d'informations. Les audiences sont considérables. Le blog Nous sommes le Monde, c'est 300 000 pages vues par mois. Une vidéo de Géraldine Lepère sur YouTube a atteint 179 000 vues !

    Comme une française

    Qu'apportent ces blogs ? : une nouvelle écriture de l'information. Une fraîcheur. Une indépendance avec parfois une partialité enfin assumée. Une vitalité. L'une des plus belles réussites sur ces qualités a été le blog de Noemie : un blog une fille. Sympa. Décalée. Stylée.

    Mais bien au-delà, par exemple, les photos d'amis en déplacements permettent de visualiser immédiatement des lieux aimés comme si on y était. J'effectue désormais souvent des achats à partir de photos sur la page Facebook de Catherine Stamboulian dont les commandes de bracelets. Je choisis des livres en fonction des commentaires lus sur tels ou tels blogs. Je lis les brèves sur Twitter qui agit comme filtre avant de me rendre sur les articles de fond. Des visites à programmer pour des déplacements sont désormais arrêtées à partir de signalements sur Instagram. Et les réactions ou sujets d'informations "d'amis" sur Facebook donnent des sources d'alertes qui ont désormais une importance particulière.

    Une véritable étape vient d'être franchie. Le système a atteint un seuil de participants comme de contenus qui lui ont donné une réelle dynamique nouvelle. Au moment où la période des vacances d'été 2016 va prendre fin, c'est pour moi le véritable tournant majeur de l'été.

    C'est un tournant qui va beaucoup compter en 2017. 

  • Animaux : l’âge de faire : la belle initiative de la Ville de Meylan (Isère)

    Rob Kugler 23 08 16

    Cette semaine dans le magazine Le Monde, un article remarquable : échappées sauvages. Le sujet : notre rapport aux animaux. Et un constat : l'étrangeté de perceptions croissantes indifférentes voire ennemies. 

    Le réchauffement climatique menace des espèces animales. Et la COP21 à Paris en décembre 2015 s'avère à ce jour une immense foire médiatique sans lendemain. Début août 2016, l’ONU a publié un tableau dont le contenu était redoutable. A fin juillet 2016, 22 Etats ont ratifié l’accord de la COP21. Ces 22 Etats représentent 1, 08 % du total des émissions de gaz à effet de serre !

    22 Etats sur 195 Etats présents à la COP21 !

    22 Etats qui ont jugé nécessaire de donner un contenu concret à ce qui est présenté officiellement comme le « défi du siècle ».

    C’est un chiffre terrible 8 mois plus tard.

    Pour 173 Etats, 8 mois plus tard, le contenu de la COP21 n’est qu’une déclaration de « bonnes intentions » sans valeur juridique contraignante.

    Si on doit attendre "l'exemple des Etats", la défaite est assurée.

    Ces enjeux là notamment dépendent de la proximité : les collectivités locales et les citoyens. Il faut faire et non pas parler, promettre … Faire ! 

    Il est déjà possible de faire pour ses animaux. La cause de Bella est exemplaire.

    Puis il y a … les autres, ceux qui ont été abandonnés. Une Commune dans l'Isère vient de prendre une initiative remarquable : la Ville de Meylan. Elle a adopté 2 chats et précise : …si vous circulez aux abords de l’hôtel de ville, vous croiserez peut-être les chats Tony et Maurice. Les nouvelles mascottes de la Commune, âgées de 5 ans et 7 ans, arrivent droit du refuge pour chats « Droit de vivre » de Vif …".

    Ville de Meylan 23 08 16

    Dans les territoires lointains, des espèces animales sont menacées. Dans les territoires de proximité, des animaux sont abandonnés en nombre record. Ce sont des initiatives comme celle de la Commune de Meylan qui inverseront la courbe. Comme les initiatives des citoyens.

    Pour ce qui concerne notre famille, nous finançons des causes sur les espèces animales menacées. Chaque samedi des périodes rudes de l'automne ou de l'hiver, Marie ou moi nous allons chez Gamm Vert pour acheter la nourriture pour aider des animaux sauvages à se nourrir. Puis nous la disposons à des endroits bien sécurisés que les premiers intéressés connaissent si bien et à voir leurs réactions rapides donnent le sentiment de … surveiller.

    La cause animale comme celle de l'environnement méritent la mobilisation quotidienne de tous. Bravo Meylan. Belle action. Beau symbole ! Un bel exemple à suivre par d'autres Communes.

  • Le bon sens, c’est quoi ?

    Livre Detoeuf 22 08 16

    Hier, Thomas m'a prêté un livre qu'il avait beaucoup apprécié cet été : "Propos de OL Barenton Confiseur". 220 pages sur des constats inspirés par la vie. Bref, un recueil sur le bon sens. Un délice.

    Ma première rencontre avec le bon sens date de ma seconde année de droit et des discussions avec un Professeur de droit public, Gustave Peiser. Il délivrait comme des confidences ou des recommandations humbles des phrases qui me semblaient d'une réelle profondeur, méritant le temps de la réflexion pour en bénéficier pleinement. De nos entretiens, je remplissais des fiches aussitôt l'entretien terminé puis, heureusement, j'ai eu la bonne idée d'ouvrir un petit carnet pour noter systématiquement les expressions du bon sens. Un tiers venait de me faire entrer dans une dimension qui allait continuer ensuite en permanence. Toujours la même méthode depuis cette date. Une fiche puis le temps de la réflexion pourvoir si la formule méritait d'entrer dans le carnet.

    Carnet de formules 22 08 16

    Mon père ne l'avait pas fait car, en dehors des 6 derniers mois de sa vie, il devait considérer qu'il était difficile de parler avec son fils. Et maman ne procédait pas par conseils mais par directives sachant que je n'aurais pas la volonté de les discuter car lui faire plaisir était le 1er de mes objectifs. 

    Ce petit carnet acheté en 1975 n'a pas de marque. Je ne connaissais pas les "marques" à l'époque et n'aurais pas eu les moyens de m'en acheter un de "marque". Il est tout simple, très scotché à l'intérieur car recouvert de tant de formules pendant tant d'années.

    Hier, avec le livre prêté par Thomas, il y a matière à ajouter de très nombreuses nouvelles formules.

    Le bon sens, c'est un chemin avec trois étapes :

    1) Il faut vivre une situation pour en extraire la leçon,

    2) Il faut prendre le temps du retour sur expérience pour formaliser la leçon,

    3) il faut avoir envie de partager avec autrui ce retour sur expérience. Franchir l'étape du "pourquoi dire à autrui ce qu'on a mis tant de temps à découvrir et peut-être le livrer à une contestation inutile". 

    L'auteur de ce livre a manifestement franchi ces trois étapes et en plus il est maître dans l'art des phrases courtes. 

    En reprendre les meilleures serait une liste trop longue. Juste deux sur la vie des affaires et les "puissances rarement reconnues" :

    • "L'argent est comme la foule qui s'entasse dans le café où il y a foule et déserte le café d'en face. Non parce qu'on y est mal servi mais parce qu'il est vide !",
    • il y a des gens dont la puissance est faite de tout l'argent qu'ils ont prêté. Il y en a d'autres dont toute la force est dans l'argent qu'ils doivent".

    Et 200 pages de ce type sur tous les volets de la vie quotidienne. Remarquable !

     

  • Au moins savoir …

    Nice attentat fleurs

    Pour des raisons que je n'arrive pas à m'expliquer et que je regrette ce jour, je n'ai jamais consacré du temps à bien connaître la région du Proche-Orient. Et cela dès la période de mes études pendant lesquelles déjà cette géographie ne m'intéressait pas. Aujourd'hui je regrette terriblement cette situation. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour me faire une opinion sérieuse, pour identifier des causes donc des voies de solutions durables. Par conséquent, je lis désormais tout ce qui concerne le sujet avec le sentiment d'un retard à rattraper. Mais, chaque fois que je lis des contributions sérieuses, je suis atterré par les "révélations". C'est le cas du dernier numéro de la Revue des Deux Mondes consacré à l'Islam et au terrorisme reçu vendredi.

    143 pages consacrées à ce sujet avec les contributions d'experts. Quand on a terminé la lecture attentive de toutes ces contributions, des sentiments lourds à porter :

    • l'énoncé des erreurs commises pour lutter contre Daesh avec efficacité y compris dans ses déploiements au sol. Les exemples donnés d'inactions sont terribles. Pire encore, les exemples de complicités manifestes révoltent jamais sanctionnées,
    • les erreurs sur les Printemps Arabes,
    • la paralysie d'Obama,
    • le sentiment que Poutine est finalement le seul "Chef d'Etat" à avoir une vision à long terme,
    • la fragilité de la France qui fait du spectacle mais pas d'action sérieuse,

    Syrie 19 08 16

    Vous fermez ce numéro et vous avez le sentiment terrible que votre sort vous échappe et que vous avez été complice d'une médiocrité crade et suicidaire au sein de pays qui ne "veulent pas voir".

    Quand au même moment, on "tombe" sur l'article de Brice Couturier, chroniqueur sur France Culture, qui décrit de l'intérieur le système médiatique parisien, il y a un vrai sentiment de colère et de révolte face à une telle irresponsabilité. Pour lire l'article terrible en question, cliquer sur le lien suivant : Brice Couturier.

    Dernièrement, je lisais avec intérêt l'optimisme d'une personne sur Facebook indiquant face au terrorisme et avec certaines réactions "ils vont nous rendre notre vraie France". Et la personne listait toutes les réactions positives qui allaient en résulter. La France des "villages de Pierre Bonte" retrouvait une nouvelle jeunesse. Ce qui est sûr, c'est qu'ils doivent nous rendre une nouvelle citoyenneté. Pour ma part, c'est en route (pour ne pas dire En Marche ce qui serait connoté …).

     

  • François Hollande : celui qui a vidé les mots de leur sens

      Le Point 19 08 16

    François Mitterrand faisait vivre les mots. Au hasard des discours, il nous faisait même découvrir des mots. François Hollande a tué les mots. Avec lui, ils ne signifient plus rien. Dernier exemple en date : Le Point qui fait un article sur les "conversations privées". Que sont des "conversations privées" quand elles s'étalent dans un livre de surcroît faisant l'objet de la "Une" d'un grand hebdomadaire national ? Dans ces conditions, que sont donc des "conservations … publiques" ? 

    Au moment où la présidentielle 2017 va s'engager, pour moi, le principal reproche à faire à Hollande c'est d'avoir tué les mots, vidés de tout sens. Et la liste du cimetière des mots est longue sous sa présidence. Le mot "gauche" signifie quoi aujourd'hui ? Celui de "grâce présidentielle" de même…

    Il va même dézinguer le mot "guerre". Comme l'indique sérieusement dernièrement un spécialiste en la matière "nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en spectacle !". 

    Comment communiquer avec quelqu'un qui n'utilise jamais le mot juste ? Comment lui faire confiance ? Impossible. En octobre 2011, nous n'avons pas attaché toute l'attention nécessaire à la déclaration de Martine Aubry quand elle dénonçait le "flou permanent" de François Hollande. Elle le connaissait de longue date et alertait sur le tempérament connu par tous les Français depuis 2012.

    Et quelle tristesse de voir des journalistes se prêter à ce triste jeu. Surtout quand il tourne à la caricature à ce point puisqu'un mot (privé) est utilisé à total contre-sens (public). 

    Dans le même hebdomadaire, Philippe Labro avait eu un entretien avec François Mitterrand dans les années 90. Quand on compare les deux contenus on se demande où on est … tombé ! Comment expliquer une telle chute d'étages ? On n'est même plus dans le même "immeuble". 

    Dans l'Histoire, la France était supposée être le "pays de la pensée". Elle est devenue le cirque des mots. Mais dans cette comédie, le spectacle va coûter très cher parce que la guerre internationale qui est déjà en cours est implacable. Et les cirques en temps de guerre sont rarement un bouclier efficace.

     

  • Le meilleur ambassadeur du cinéma

    Robert Redford

    Hier, Robert Redford a fêté ses 80 ans. Il est pour moi le meilleur ambassadeur du cinéma. Il sait remarquablement être filmé. Mais il sait aussi filmer les autres (Et au milieu coule une rivière). Il a anobli le cinéma en réalisant des films sur des belles causes en les popularisant et en les sortant de conceptions élitistes. "L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" est un plaidoyer sublime pour la cause animale : la complicité, la douceur pour faire naître la confiance. Il a beaucoup combattu pour l'environnement. Il a tourné la page des stars à la vie dépravée, livrées à l'addiction de l'exposition médiatique permanente. Avec Sundance, il a même ouvert la bataille pour le cinéma indépendant. 

    Il s'engage pour des causes politiques mais avec économie. Pas pour n'importe quoi ni pour n'importe qui. Ses films sont de merveilleux rendez-vous. Et plusieurs années plus tard, avec la énième rediffusion, toujours le même plaisir pour découvrir un détail de plus qui avait échappé : une lumière, un paysage …

    Les thèmes de fond qui sont traités sont des vrais sujets de sens :

    • que peut-on acheter dans la vie ? = Proposition indécente,
    • le vrai leadership = Le dernier château
    • la solidarité dans les moments difficiles = Spy Game
    • et même un film sans un mot = Lost

    Un vrai privilège que d'avoir pu compter au nombre de tous ceux qui aiment cette belle version du cinéma. 

    Robert Redford 2

  • En démocratie, l’opinion a toujours raison

    Justin Trudeau 18 08 16

    Deux faits sont actuellement trop souvent oubliés ou sous-estimés. D'une part, la défiance (pour le pas dire le dégoût) vis à vis du "système" est désormais telle que ce qui est présenté comme réel compte moins que ce que l'on croit réel. On n'attend plus "la vérité officielle annoncée" mais la défense de ce que l'on croit vrai, ce qui est une différence considérable. D'autre part, en démocratie, l'opinion a toujours raison. Dès qu'un pouvoir se fait à l'impopularité donc à ne plus être d'accord avec l'opinion, c'est la reconnaissance du divorce donc de l'échec cinglant. 

    Toute la qualité de ceux qui dirigent doit être appréciée à leur capacité à garder cette "harmonie" avec l'opinion. Ce qui demande des efforts des deux côtés. Regardons actuellement le Canada et sa "lune de miel" avec Justin Trudeau. Quand une démocratie fonctionne de façon pacifiée, quelle beauté ! Quand un leader élu trouve les mots, les gestes pour canaliser une énergie collective positive, quel temps radieux.

    Trudeau bis 18 08 16

    La France est à l'opposé d'une telle "météo".

    Pire, à circonstances constantes, la France avance vers un séisme considérable par le cumul de 4 facteurs :

    • une partie croissante de l'opinion publique française ne croit plus au "système" donc le "système" ne peut plus jouer son rôle de régulateur : des médias en crise, des corps intermédiaires discrédités, des élus désavoués …
    • les caisses sont vides de tous les côtés (Etat + Collectivités locales) : donc l'Etat n'a plus les moyens "d'acheter" une paix intérieure (aides, allocations diverses, recrutements …)
    • il lui est demandé aujourd'hui de traiter dans l'urgence des sujets qu'il n'a jamais su ou voulu traiter depuis 30 ans (religions, quartiers hors de l'Etat de droit, niveau de la dépense publique, économie qui achète l'exclusion par la couverture chômage plutôt que le travail par le mérite… ) : le bon sens impose une question simple : pourquoi et comment l'Etat pourrait résoudre aujourd'hui des problèmes qu'il a portés pendant 30 ans en tolérant une aggravation de chacun d'eux année par année d'inaction ?
    • et le tout au moment où il y a "le feu à la maison" : car sur chacun de ces sujets, il y a sérieusement le "feu à la maison". Les "incompatibilités d'humeurs" sont manifestes. Les records de dépenses publiques sont toujours battus. Le chômage ne connait pas de baisse significative structurelle sérieuse…

    Je ne vois pas dans le discours des actuels candidats pour 2017 l'électrochoc qui puisse, dans de telles circonstances très particulières, susciter la rupture pour ouvrir un rebond. Ce constat signifie que très probablement chaque sujet va encore s'aggraver. Pour entendre avec attention autour de moi ce qui se dit de la part de personnes traditionnellement modérées, la prochaine étape devient désormais totalement imprévisible. 

    Les candidats des Républicains comme du PS devraient considérer que la bataille de fond actuelle n'est pas la collecte des signatures pour participer à la primaire mais la tenue de ce discours de fond de vraie rupture qui devrait susciter tout naturellement … la mobilisation des signatures pour participer à la primaire

    SVP donnez nous envie de participer. Parce que c'est toujours plus agréable de participer dans une démocratie. Mais surtout parce que les actuelles mobilisations annoncent des chocs très redoutables si le grand nombre reste à l'écart.

  • Travailler moins pour … bronzer plus !

    Plage bronzage

    Si un doute existait encore sur la non-représentativité des réseaux sociaux, il se dissipe toujours pendant l'été. En effet, à parcourir les réseaux sociaux en France, tout le monde bronze. Un seul programme : travailler moins pour bronzer plus ! Et à voir tous les articles sur les belles plages, les amis retrouvés, les tables merveilleusement garnies … on peine à imaginer qu'il puisse encore y avoir des usines qui fonctionnent, des métros qui transportent des travailleurs, des emplois du temps qui ne soient pas uniquement garnis par un mot : plage.

    On se demande pourquoi le mot "crise" peut être encore chez lui en France quand on constate le prix des bouteilles de vins exposées, les hôtels fréquentés, les piscines généralisées …

    … Le décalage est impressionnant. Il m'est apparu évident quand dernièrement sur Facebook un "ami" indiquait combien il se sentait décalé à … repeindre sa cuisine. L'honnêteté de cette remarque m'est apparue touchante. 

    Pour ceux qui travaillent pendant l'été, parcourir les réseaux sociaux c'est le supplice, la torture. Parce que la mode n'est pas seulement à exposer les vacances mais elle est à faire naître une surenchère dans les vacances. 

    Une réalité qui montre, si besoin était, l'aspiration profonde des français à retrouver le calme, le bonheur, la douceur de vivre. Bref l'opposé de tout ce qui nous attend à partir de début septembre 2016 …