Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Mode : la fausse bataille du matin

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    La France commence à connaître à son tour la "bataille du matin" ou la mise en évidence des avantages à se lever tôt. Une bataille ouverte en France avec beaucoup de retard après les Etats-Unis dans la foulée du livre d'Hal Elrod "Miracle Morning". C'est une fausse bataille. Comme toutes les autres fausses batailles, elle va être livrée dans une logique binaire artificielle : faire corps ou faire face. Faire corps c'est défendre cette théorie selon laquelle "la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt". Face face, c'est dire non. Mais l'essentiel n'est pas de faire face ou de faire corps, c'est de faire soi. Qu'est ce qui convient à son propre rythme ? 

    La quasi-totalité du moule de l'enseignement vise à faire entrer dans des "modèles de pensées". Pas un cours sur la découverte de soi, son horloge biologique … La vraie liberté n'est pas dans la capacité de choix entre des modes de pensées ou de comportements mais dans le choix du comportement qui convient à soi. Comment d'abord être bien avec … soi-même. C'est d'ailleurs probablement le sujet le plus important d'une vie. 

    Je m'y suis ouvert lors des épreuves de santé de mes parents puis avec encore davantage d'intensité lors du choc de leur disparition. 

    La fausse bataille du matin, c'est celle des horaires du début d'une journée.

    La vraie bataille du matin, c'est celle du début du rendez-vous avec soi. C'est une conquête qui ne coûte rien. Elle ne se tartine sur aucun discours préparé par autrui. Elle est d'une douceur exquise. Elle libère des modes. Elle émancipe du jugement du regard d'autrui. Elle fait même gagner en recul pour tenter de convaincre autrui comme si chercher à enfermer l'autre dans une logique pouvait être d'imposer à autrui ce que l'on refuse pour soi. Là est la vraie bataille du matin. Une seule recommandation : livrez-là et la journée de la vie deviendra différente. 

  • Grenoble : qui va expliquer le miracle de la multiplication des voies sur emprise constante de la chaussée ?

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    On connaissait le miracle de la multiplication des pains, Grenoble promet le miracle de la multiplication des voies de circulation à emprise constante de la chaussée. Dans le premier cas, la foi tolère l'inexplicable. Dans le second cas, par expérience, la foi étant significativement moindre, l'inexplicable suscite les railleries. Mais ce n'est pas une blague. Dans la photo ci-dessus, sur cette emprise globale de la chaussée, l'AREA et les politiciens promettent de mettre 3 voies là où il n'y a déjà pas de voie dite de sécurité.

    C'est la question de bon sens que se posent les dizaines de milliers d'utilisateurs qui connaissent le terrain. Une question toujours restée sans réponse. Le "système" avance avec ses affirmations déconnectées des réalités. Le jour où les réalités devront être mieux considérées, il y aura nécessairement des réveils difficiles soit pour ceux qui attendent 3 voies soit pour ceux qui croient au non-élargissement de la chaussée… 

    Dans la "vraie vie", l'inexplicable ne le reste pas toujours durablement comme dans les … vraies religions.

    A 480 2 22 09 16

  • Quand des médias cautionnent le ridicule qui tue

    Trump 19 09 16

    L'actuel "phénomène Donald Trump" c'est quoi ? Et peut-il frapper la France ? Trump, c'est la troisième étape d'une tendance ancienne aux Etats-Unis qui a connu la perte de crédit d'un système, puis la répulsion et qui s'ouvre à la sanction d'un système qui n'est plus supporté. Les citoyens américains n'attendent plus rien de ce système. Donc ils peuvent le sanctionner, c'est leur ultime "délice". Et plus le système s'acharne contre celui qui est perçu comme l'outil de la sanction plus il grimpe dans les intentions de votes en dépit de toutes ses exagérations, ses fautes ou ses erreurs manifestes.

    Les intellectuels français qui commentent la présidentielle américaine ne peuvent pas exprimer cette réalité puisqu'elle les met en cause comme acteurs d'un système. Le citoyen américain au fond du Colorado, dans l'Ohio … n'attend rien du système fédéral. Mais il ne supporte plus la classe politico-médiatique. Le vrai marqueur a été la défaite cinglante de Jeb Bush à la primaire républicaine. 

    L'objectif n'est pas de cautionner un "nouvel élu", c'est de sanctionner le système !

    Quand des médias cautionnent le "système" en faisant des "tonnes" hier sur le prix reçu par Hollande "comme chef de l'Etat de l'année" ou sur son discours à l'ONU quand il fait la "leçon" à la terre entière lui qui incarne l'échec le plus sévère dans son propre pays, c'est une avancée sur la trumpisation.

    Quand Debré, ex président du Conseil Constitutionnel, passe son temps à rire sur Europe 1 pour la moindre banalité de comptoir de l'animatrice qui bavasse sur n'importe quelle banalité, il favorise la trumpisation. Idem pour Bachelot recyclée dans les opérations TV de mauvais goût.

    La trumpisation ce n'est pas des citoyens "coupables", c'est un système tellement corrompu, nul et répulsif que les citoyens sont prêts à tout pour s'en séparer. Même au pire. Cette trumpisation avance à grandes enjambées en France actuellement.

     

  • « C’est la faute de la Métro … » : l’excuse qui ne suffit plus !

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    Dans l'agglomération grenobloise, le refrain politicien "ni responsable ni coupable" avait trouvé son bouclier depuis 2014 : la Métro. Les élus municipaux avaient le paratonnerre idéal : "un problème non résolu = "c'est la faute à la Métro !". Mais hier, dans une Commune de l'agglomération grenobloise, une réunion importante sur l'eau. 3 fonctionnaires de la Métro, un représentant d'un cabinet d'études, un représentant de la société Colas sont présents pour exposer un dossier mené "cul par-dessus tête" au point de lever un tollé général : absence totale de concertation, organisation de la réunion dite de concertation 3 mois après l'attribution de l'appel d'offres, projet de lancement des travaux sans même avoir l'autorisation indispensable de propriétaires pour traverser des propriétés privées …

    Dans la lassitude de s'exposer aux critiques fondées mais vives (toujours exprimées dans la courtoisie pour respecter le statut des fonctionnaires), ces derniers exposent alors tout le processus. Et d'un coup les masques tombent ! Le projet a été élaboré à la demande des élus de la Commune concernée, dans la concertation la plus totale avec les élus de la Commune…. Et deux élus municipaux sont là au premier rang et ne prennent jamais la parole pour dire le contraire ! C'était le moment de la vérité : soit les élus gardaient le silence et c'était le "bruit de leur culpabilité" soit ils prenaient la parole et c'était le cri de leur innocence. Et ils ont gardé le … silence face aux révélations détaillées des services de la Métro !

    Une étape est franchie. La Métro n'accepte plus de jouer le paratonnerre et les élus ne peuvent nier leur responsabilité directe dans un dossier bouclé dans la solitude la plus totale pour tenter de mettre tout le monde devant le fait accompli.

    La confiance est brisée dans des conditions inédites. Et on est scandalisé par le double langage d'élus municipaux qui oublient le lien direct qui devrait être le leur auprès des citoyens pour se livrer à des jeux qui deviennent ainsi la pire caricature de la politique que chacun n'accepte plus.

    Les responsables et les coupables sont à la fois la Métro lointaine et arrogante mais aussi des élus municipaux qui n'ont pas le courage de rendre compte des vraies priorités qui sont les leurs lors des travaux à la Métro. L'agglomération grenobloise s'enfonce dans une triste "démocratie inversée".

  • La France : le pays où l’on se s’engage plus ou du moins si peu …

    Obama Hope 19 09 16

    Pour ceux qui aiment les Etats-Unis, ce qui marque actuellement c'est le nombre de panneaux devant les propriétés privées où les particuliers s'engagent : voter Trump ou Clinton … Pour avoir connu de très nombreuses campagnes US, le records fut en 2008. Obama était partout : affiches sur les pelouses, autocollants sur les véhicules, casquettes, Tshirts … Mais même actuellement, l'engagement reste fort, public, assumé.

    Quel décalage avec la France, pays historiquement de la liberté d'opinion et d'expression. Il reste heureusement un dernier carré d'engagés à droite comme à gauche. Hollande qui aime tant les médailles devrait les décorer lui qui a tant contribué à décourager les engagés. Il ne reste que des enragés isolés mais prêts à tout casser. La seule lettre qui change entre "enragés" et "engagés" fait aussi changer d'univers.

    Plus sérieusement et plus tristement au-delà de cette crise de confiance dans un engagement, c'est le refus de s'exposer. Comme s'il n'y avait plus de courage collectif pour passer à l'assaut de "bastilles". Pour défendre des causes. Pour retrousser les manches pour tenter de convaincre. Pour dire non ou oui. C'est l'ère des soumis. Des défaits. Pire encore des indifférents.

    Quel déclic va changer cet état ? Que reste-t-il de l'héritage de 1789 ? Avant 68, Pierre Viansson-Ponté dénonçait "la France qui s'ennuie". Maintenant c'est la "France qui s'absente". Et pourtant, les défis ont rarement été aussi nombreux et surtout graves. Une ambiance bien incompréhensible à ce point.

  • Quand Grenoble revisite le sketch du bout du tunnel …

    Grenoble bouchons

    Vous connaissez le sketch remarquable de Raymond Devos sur le bout du tunnel ? Qu'est ce qui ressemble le plus à un bout de tunnel ? L'entrée dans un tunnel ! C'est ce que vivent les Grenoblois sur leurs voies de circulation. Ils sont dans le tunnel des embouteillages permanents. Pour résoudre ce problème, ils inventent la fluidité sur … la même emprise de circulation. Ou comment annoncer "sortir des bouchons" pour entrer dans les … nouveaux bouchons ?

    Dans les autres villes, pour améliorer la fluidité des véhicules, la recette est simple et unanime : augmenter l'emprise des axes routiers. Mais là, la situation est différente. Il faut mettre d'accord un maire écolo (soutien de Duflot) + un président PS d'agglo (soutien de Montebourg) + un président LR de département (soutien de Sarkozy) = une solution originale : le bouchon circulant. Parce que c'est bien là la conséquence du compromis impossible. La sortie du tunnel est comme l'entrée dans le tunnel … : cela dépend d'où on se place.

    C'est impossible d'améliorer la fluidité sans augmenter l'emprise des voies de circulation. C'est déplacer le bouchon quand on maintient le nombre de voies aux entrées et sorties de l'espace susceptible d'être décongestionné.

    Seul point acquis : les péages vont augmenter. Comme quoi il est possible de mettre trois sensibilités différentes autour de la même table et sur le financement pas la moindre originalité : toujours augmenter les taxes ou redevances. Réellement insupportable.

  • La photo de la vraie fête du patrimoine

    Boston 17 09 16

    Ce week-end la France fête son patrimoine. 2 jours qui sont le cache misère d'une politique particulièrement défaillante de protection et de promotion du patrimoine dans ce pays qui se veut un "musée" avec pas moins de 40 000 monuments historiques qui sont protégés par l’Etat (châteaux, cathédrales, églises, monastères…). Si chaque monument était visité à hauteur de 1 monument par jour, il faudrait 109 ans pour les voir tous…

    Le passé occupe une place permanente à part entière dans la culture française. Mais ce passé est de moins en moins respecté, pire encore valorisé.

    Pour moi, la vraie fête du patrimoine, c'est la photo ci-dessus. Dans le quartier de Copley Square à Boston, la Trinity Church se reflète dans la John Hancock Tower. Un bâtiment de 1733 vit dans la lumière d'une tour édifiée à la fin des années 70. A côté de la Trinity Church, il y a un point d'eau agréable. S'asseoir et prendre en pleine face le choc des âges, c'est la vraie fête du patrimoine. Les âges cohabitent, se dynamisent, sont complices. C'est une conception très rare en France où l'histoire est mise de coté, enrubannée, marginalisée, écartée de la vie quotidienne. Toujours la culture du musée …

    Respecter le patrimoine, c'est le faire vivre tous les jours, lui garder ce souffle de la vie qui lui donne un côté intemporel naturel. Bref, tout sauf un … musée.

  • J – 53 : et si Donald Trump gagnait …

    Trump 2 22 07 16

    Aujourd'hui, dans les chiffres les plus récents de sondages fiables avec des questions allant bien au-delà des seules intentions de votes brutes, la victoire de Donald Trump n'est plus à exclure. Elle est sérieusement possible. C'est le résultat de nombreux facteurs. Il en est un qui est peu traité : l'arrivée de Kellyanne Conway à la direction de campagne. C'est une disciple de Richard Wirthlin qui a été probablement l'un des meilleurs spécialistes de l'opinion américaine à l'origine de la trajectoire exceptionnelle de Ronald Reagan.

    L'ordinateur permet une logique électorale nouvelle. C'est la plus belle invention pour le marketing électoral après l'écriture et la photo. Il offre des facultés pour segmenter l'opinion dans des conditions inédites. Aux Etats-Unis, cette faculté est exploitée à fond. C'est la meilleure façon de respecter le corps électoral que de lui parler de ses priorités et de le faire en mettant à contribution les meilleurs professionnels bien loin de l'amateurisme diffus qui prévaut en France.

    Tant que la France maintiendra le corset légal, totalement hypocrite et contourné par les vieilles formations politiques en totale impunité, dans lequel elle a enfermé la vie politique française pour assurer une rente de situation à ses vieilles formations politiques dépassées, elle entretiendra la paupérisation actuelle des candidats avec un niveau de décrochage qui est historique actuellement entre l'ampleur des défis collectif et le niveau de compétences des "décideurs" ministériels. 

    Pour ceux qui veulent découvrir la "méthode Wirthlin", je recommande ce livre disponible notamment auprès de la Fondation Nationale des Sciences Politiques.  Ordinateur livre

    Aujourd'hui Trump peut gagner.

    C'est triste de voir un profil de ce type arriver au pouvoir. Mais que c'est rafraîchissant de voir tout un système médiatico-politique bousculé ainsi par un schéma imprévu 15 mois plus tôt …

     

  • Problème actuel n° 1 : les démocraties grippées

    Hillary Clinton 13 09 16

    Le vrai sujet actuel d'inquiétude : les démocraties grippées. Les principaux rouages démocratiques semblent désormais grippés, bloqués, hors d'usages. Aux Etats-Unis, à 54 jours du vote, les véritables sujets de fond ont été traités avec une superficialité inédite : la santé des candidats, les réseaux de la Fondation Clinton, les impôts de Trump … La campagne va se terminer sans que sur ces sujets de fond, une matérialité des faits puisse être établie sérieusement. Du côté des Etats-Unis en 2016, c'est pas terrible. Mais en France, c'est pire !

    En France, pas un sujet de fond n'est traité à … fond :

    • le Brexit devait être un … tsunami : plusieurs mois plus tard, même pas une vaguelette; Et pas une explication (pas une excuse) sur ce décalage entre la pensée unique parisienne et la réalité des faits 3 mois plus tard,
    • Alstom : on ne saura jamais qui savait et qui savait pas tout en ayant quand même un doute considérable qu'un actionnaire à 20 % appelé Etat puisse être marginalisé à ce point,
    • les premières pluies provoquent les dégâts de l'an dernier qui était la reproduction des dégâts de trois ans plus tôt. Quelles leçons tirées entre temps pour quels travaux sur le terrain ? Rien manifestement ou si peu,
    • quand la France va-t-elle regarder en face l'endettement public global réel qui dépasse désormais les 100 % du PIB. La SNCF traîne 50 milliards d'euros de dette, la RATP dépasse les 5 milliards d'euros de dette … et la dette toxique des Collectivités locales n'est pas purgée …

    Sur les vrais sujets de fond (identité et réchauffement climatique), rien n'est appliqué de durable en dehors de mesures exceptionnelles d'urgence absolue. 

    La particularité actuelle : les démocraties sont grippées face aux crises. Et leurs responsables, très probablement pas dupes de ce grippage généralisé, n'ont pas le courage pour évoquer la remise à niveau de fond incontournable.

    Une telle ambiance augure rien de bon. C'est une vraie crise de régime qui est connue. Et pour le moment aucune sortie rapide, apaisée n'est esquissée en France tout particulièrement. 

  • Sauver Twitter : mission impossible ?

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    Trois chiffres donnent l'ampleur du défi. 1) Au soir de sa première journée d'introduction en Bourse, Twitter est à 44, 90 $ l'action. 2) Puis ces dernières semaines, Twitter flirte avec le seuil des 20 $. 3) Hier, Twitter descend dans la zone des 17 dollars.

    Une descente au moment où intervient pourtant l'annonce de nouveaux critères techniques pour élargir le champ des 140 caractères par extraction désormais de données (photos …) du champ du calcul des caractères. Même avec cette annonce pour un changement prévu dans les prochains jours, Twitter sombre. Les marchés considèrent que les fondamentaux vont revenir en force. Or Twitter c'est en moyenne 100 millions de dollars de pertes par trimestre ! Des pertes certes qui se réduisent mais qui dominent toujours largement le développement de Twitter.

    Avec le retour des fondamentaux, les marchés misent aussi sur le remontée des taux d'intérêt parvenus à un niveau irréel qui ne peut être "éternel".

    Le jour de la purge approche. Pour les entreprises qui sont sur un schéma de déficits permanents, le temps de la vie par les investisseurs et non pas par les clients arrive à la fin d'un cycle.