Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Vision / Gestion : la vraie différence

    DdV 25 04 16

    Hier sur BFM TV, Dominique de Villepin a donné la démonstration en quelques minutes du contraste avec la mièvrerie qui caractérise l'actuelle vie politique française. Comment l'opinion publique française pourrait-elle avoir du punch quand elle observe une vie politique aussi nulle, sans souffle, composée pour une grande partie par un personnel politique incapable de faire autre chose que de débiter toujours les mêmes formules destinées à caresser l'opinion dans le sens du poil du moment ?

    Les vrais enjeux sont ailleurs. D'abord avoir une vraie vision qui passe par un cap précis sur plusieurs années. Ensuite, avoir la "vision contagieuse" c'est à dire faire partager un enthousiasme par le grand nombre donc l'appeler à se dépasser. Enfin, avoir des représentants dont on peut être fiers par leur culture, par leurs compétences, par leurs capacités à mobiliser comme à se réaliser en dehors du cercle politique.

    Que ce constat soit aussi l'occasion pour moi de remercier toutes celles et tous ceux qui ont gardé une amitié solide du temps où, avec Sihame Arbib, Dominique de Villepin m'avait confié l'organisation nationale du réseau de la mobilisation citoyenne. Quand la solidarité naît à l'écart des sondages, elle dure. C'est d'ailleurs probablement le vrai effet pervers des sondages pour Juppé : lui avoir ramené un cortège d'opportunistes portés par les premiers sondages et les jours personnels faciles qu'ils en déduisaient …

    Le jour où les "Villepin" reviendront en politique, la France pourra retrouver de l'espoir. Pour le moment, elle se contente de candidats de faibles divisions à deux ou trois exceptions près. Peut-être que c'est finalement l'ajustement du pays à sa vraie dimension … ?

  • Une démission climatique en toute discrétion …

    Espèces d'ours 2 13 10 16

    Il y a 15 jours, la COP22 décalait à la COP24 (2018) l'arbitrage sur les mesures concrètes visant à appliquer les orientations de la COP21 (Accord de Paris de décembre 2015). Précisément, l'Accord de Paris ne trouvera pas application avant le 1er semestre 2019 puisque la COP24 se tiendra en novembre 2018. 3 ans de perdus. 

    Le débat des primaires de la Droite s'est terminé il y a une semaine. A-t-il été question du réchauffement climatique ? Jamais. Comme si le sujet n'existait pas. 

    Et la liste pourrait continuer longtemps. Ainsi, exemple parmi d'autres, au Canada, Justin Trudeau vient de céder sur deux nouveaux oléoducs…

    Tout se passe comme si la démission climatique s'installait. C'est ce qui explique que le Pape en soit conduit à demander aux scientifiques de se mobiliser parce qu'il ne croit plus aux politiques. Une situation irréelle. 

    Sur un sujet décisif pour son devenir, la planète court manifestement à une crise de plus en plus grave mais au moins elle y va avec discrétion, comme si de rien n'était … bref avec la même méthode que les années qui ont précédé la crise financière de 2008. 

  • L’événement le plus important de la semaine écoulée : Viadeo !

    Viadeo

    Mardi 29 novembre, Viadeo a été placée en redressement judiciaire. C'est le marqueur le plus important d'un tournant des marchés.  L'étape pendant laquelle des sociétés pouvaient vivre des placements des investisseurs et non pas des recettes des clients est passée. Finie. Ce tournant était annoncé depuis une quinzaine de mois. Je l'ai évoqué à de nombreuses reprises. C'est une étape nouvelle qui s'ouvre.

    Ce nouveau cycle s'ouvre dans un contexte qui mérite l'attention. L'énergie repart à la hausse. Les taux d'intérêt vont redémarrer aussi. Le protectionnisme gagne du terrain notamment aux Etats-Unis où l'Administration Trump semble solide ce volet. C'est dans ce contexte que les Français vont prendre conscience des occasions manquées ces 5 dernières années. Aux Etats-Unis, le taux de chômage vient de passer en novembre 2016 en-dessous des 5 % de la population active c'est à dire au niveau de 2007 soit avant la crise de 2008 ! En France, ce taux est de plus du double.

    Est-ce le moment dans ce contexte où la crise sous de nouvelles formes est devant qu'il faut lever des pans entiers de couverture sociale ? La sagesse veut que c'est en période de croissance saine qu'il faut alléger la couverture sociale. Si cette évolution se produit en période de crise, la "casse humaine" est considérable. 

    Une réalité qui montre aussi, si besoin était, le décrochage dans le temps entre l'adoption d'une politique et l'impact concret. Pour Obama, il lui a fallu 5 ans pour infléchir la tendance de 2008 et avec des mesures volontaristes considérablement plus élevées qu'ailleurs puisqu'il a opéré des nationalisations ponctuelles provisoires. 

    La France risque de payer très cher dans ce nouveau contexte l'amateurisme des dernières années car un sérieux "gros temps" s'annonce et cette tempête très sérieuse va être affrontée par un pays très fragile.

  • La fin des plafonds de verre

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    Le concept du plafond de verre est né dans les 10 dernières années en politique. L'idée est simple : il y aurait des seuils infranchissables pour tel ou tel candidat. C'est presque une approche d'analyse boursière appliquée à la politique : l'idée de tunnels quantitatifs à l'intérieur desquels une valeur ou une marque politique peut fluctuer mais avec la sécurité de ne pas franchir un plancher technique ni un plafond technique. 

    Les plafonds de verre sautent les uns après les autres. Dernier exemple en date, en France, Fillon qui manque de peu de passer dès le 1er tour après avoir été 15 jours auparavant dans le "plafond de verre" du 15 % au mieux. 

    L'opinion publique a gagné en maturité de décision comme en pluralité d'informations. Elle se libère donc des "tunnels" dans lesquels les analyses quantitatives l'emprisonnaient. C'est une nouvelle donne majeure. 

    L'article paru dans Les Echos du 30/11/16 sur les nouvelles sources d'informations dont la part nouvelle des "fausses informations" présente de façon très réussie l'un des volets nouveaux de cette réalité. A l'intérieur de cet article globalement de qualité, des points sérieux méritent la contestation. Ce qui est sûr c'est qu'une nouvelle démocratie d'opinion est en train de naître avec des contingences fondamentalement nouvelles. Une période très intéressante.

  • La révolution de l’information géographique

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    Le salon Pollutec 2016 porte de nombreux enseignements. L'un d'entre eux concerne la révolution de l'information géographique. Dans des domaines comme l'eau ou plus globalement l'environnement, l'information géographique connait une révolution au contenu quasi-irréel. Par la précision des données, par leur visualisation, par la réactivité immédiate des informations à partager … : c'est un univers totalement nouveau qui est engagé. Avec Didier Richard, dès 1998, nous avions été les premiers à nous engager sur le "chemin" du numérique appliqué à l'information géographique. C'était tôt. Les moyens ne faisaient pas la différence avec "l'info papier". Maintenant, ces deux supports ne partagent plus la même division. L'écart a été creusé. Il va s'amplifier de façon considérable dans les deux prochaines années.

    De même, autre révélation de ce salon remarquable : les possibilités de l'impression 3D notamment en matière de santé. Les champs d'applications ouvrent des perspectives considérables. 

    Trois autres constats sur le terrain :

    1) les exposants étrangers stupéfaits par la morosité française ambiante,

    2) le stand "Nouvelle Aquitaine" qui surclasse tous les autres stands des collectivités territoriales,

    3) une affirmation considérable de ce salon technique professionnel qui pourrait vivre de 2014 à 2016 un passage de 60 000 à 100 000 participants (exposants et visiteurs). Ce qui montre, si besoin était, que des salons d'excellence en région ont toute leur place. Et ils constituent une formidable locomotive pour l'ensemble du tissu économique local dont les commerces, restaurants et hôtels.

  • Gouvernance et impopularité ne sont pas irrémédiablement jumelles

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    Il faut reconnaître au moins une qualité aux nuls : leur capacité à dénicher des plus nuls qu'eux pour ne pas avoir à souffrir la comparaison. Sur le fond, c'est un vrai savoir faire qui rythme actuellement la vie publique française. En conséquence, progressivement, elle s'est installée dans cette culture que gouvernance et impopularité seraient jumelles. Ce qui est faux. Hier, un institut de sondages fiable (Quinnipiac University) a publié un sondage sur Obama affichant une cote d'insatisfaction de … 22 % ! La défiance est pour lui le double de la cote de confiance pour le Président français c'est dire qu'à confiance comparée Obama inflige un 4 / 0 à Hollande. Mais en France maintenant, même en dehors de l'approche la plus difficile qu'est l'intention de votes, les sondages sont disqualifiés. Tout est disqualifié : les chiffres publics, les sondages privés … Un néant abyssal comme si la nullité devenait irrémédiablement contagieuse sans frontière … Heureusement qu'il existe encore des chefs d'Etat qui échappent à ce terrible constat. Les raisons sont évidentes. Mais il peut encore exister en France de la Cour et des obscurantistes pour se demander pourquoi … 

  • Les Français échappent-ils à la vague anti-establishment ?

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    L'establishment c'est quoi ? Selon le dictionnaire : " l'ensemble des gens en place qui contrôlent l'ordre établi et cherchent à se maintenir". Bref, aucun candidat politique français n'échappe à ce jour à l'appartenance à l'establishment. Voilà la réalité derrière les mots supposés "rebelles". Or cette réalité n'échappe pas aux citoyens et surtout pas aux jeunes.

    Il semblerait que les jeunes aient été très absents de la primaire de la Droite et du Centre. Le vrai phénomène actuel c'est que les électeurs se dérobent. Le Droite a mobilisé sa clientèle traditionnelle majorée de perturbateurs de gauche perdus dans un combat animé par une autre cause. 

    Ce phénomène est actuellement le plus important. Un électorat qui se dérobe montre qu'il est prêt aux votes les moins encadrés. C'est le vrai socle du "trumpisme" : quand la colère devient incontrôlable au point de s'émanciper des voies habituelles. Cet état d'esprit est très présent en France, probablement majoritaire et largement. Mais il n'y a pas encore de porte voix. C'est cette absence qui va poser problème et conduire à des votes protestataires considérablement majorés même sans illusion.

  • Qui a dit que les Français n’aimaient pas les gagnants ?

    TTSO

    Juppémania

     Le baromètre du JDD a quantifié la présence dans la presse de Juppé et Fillon entre le dimanche du 1er tour et le vendredi précédant le second tour.

    Les chiffres :

    1) Nombre de citations : Juppé : 3 401, Fillon : 4 190,

    2) Mentions en une : Juppé : 266, Fillon : 351,

    3) Mentions dans un titre d'article : Juppé : 731, Fillon : 1 668.

    Le baromètre a quantifié aussi les progressions entre l'avant 1er tour et l'après 1er tour : en moyenne une progression de + de 100 % des citations. La période d'octobre 2015 a vite été tournée. Comme quoi les Français aiment les gagnants à plus forte raison quand la victoire se dessine avec un pourcentage élevé de certitudes ... Ils auront presque tous été gagnants mais à des étapes différentes de la primaire …

  • La fin de régime

    Trump 2 06 03 16

    Au début, il y eut les crises dans le régime. Puis les crises devenant si nombreuses, ce fut l'étape de la crise de régime. Et maintenant c'est la fin de régime. Tout prend l'eau de tous les côtés. 600 000 personnes de gauche renient leur signature et leurs valeurs pour voter pour choisir le candidat de … droite. Et en plus bon nombre d'entre elles dont des élus le revendiquent fièrement. Les cadres du PCF désavouent leur secrétaire général dans le soutien à Mélenchon. Et maintenant les militants désavouent leurs "cadres". Au sein du PS, il y aura bientôt autant de candidats à la présidentielle que de membres de Gouvernement tellement chacun croit possible de prendre la place de Hollande à force d'avoir constaté ses faiblesses et désacralisé la fonction présidentielle. Au milieu de crises d'une extrême gravité (économie, religions, environnement), la France perd aussi son régime politique conçu en 1958 qui ne parvient plus à concilier monarchie et république. Tout avance pour un choc d'ampleur au printemps 2017.

  • STIG sous sa version définitive : la participation avance

    STIG

    Depuis le 24 novembre, STIG est sous sa version définitive. Avec STIG, le rapport de force est inversé : les citoyens proposent les idées, soumettent des amendements, votent en faveur ou contre les propositions. Chaque idée obtient une sorte de note, le Stigscore, qui prend en compte le nombre de votes et d’amendements. STIG, c'est le mouvement des "civic-techs". L’application tire son nom du mot «stigmergie» qui signifie pour les start-uppers «trouver une forme d’intelligence collective où les projets sont conduits par les idées plutôt que par les personnes»

    Dès le 5 mars 2016, j'avais évoqué cette application alors à venir. Elle est désormais disponible. Une application qui pourrait beaucoup compter pour les prochaines élections locales.