Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Quand la vacuité gagne haut la main …

    Cleveland 15 07 16

    A force de vivre les campagnes électorales comme des courses à l'audience par le spectaculaire, les lendemains sont redoutables. Hier soir, Trump est sorti de la fantaisie. Il a enregistré et publié sa 1ère vidéo officielle depuis qu'il est élu. Il présente ses 6 priorités immédiates. La choc Trump prend réalité. Climat, accords internationaux … : le choc est réel. Frontal. Il y a juste une mesure qui mérite l'intérêt positif : l'engagement de ne publier une nouvelle réglementation qu'à la condition d'en supprimer deux anciennes lors de la publication d'une nouvelle. Vendredi dernier, la lutte contre le réchauffement climatique a déjà pris deux ans de retard avec la conclusion de la COP22 décalant tout à 2018. Avec les déclarations de Trump d'hier, c'est 20 ans de plus.

    La vacuité avait régné pendant la campagne électorale : le vide sauf les grimaces de Trump, les tweets de Trump … Aujourd'hui, il est dans le fauteuil et le vide est occupé.

    Même dispositif en France. C'est au lendemain du 1er tour de la primaire qu'on commence à parler programmes de façon précise. Jusqu'alors les réalités étaient à contre-mots. C'est ainsi que Juppé est devenu … moderne, Fillon …anti-système, Copé … honnête et pourquoi pas Poisson … tolérant … 

    C'est la génération "fouzy" : "fouzy" un mot à la mode et la réalité s'adaptera. Ainsi tout dernièrement, le jeune Christian Estrosi (61 ans) a épousé la vieille Laura Tenordji (40 ans). La vie privée doit rester secrète jusqu'au jour où M6 publiera les photos bien sélectionnées d'un mariage anti-système entre un membre de la société civile (Christian Estrosi) qui n'a jamais cumulé les mandats politiques et une jeune femme totalement extérieure au milieu médiatique puisqu 'elle ne présente pas une émission télé chaque matin sur France 2… Et surtout que les militants n'hésitent pas à twetter et retweeter les éléments de langages officiels le plus possible. 

    A ce rythme, on ignore quel mur on va prendre de plein fouet mais l'accident est garanti. S'il n'y a qu'un mur ce sera déjà une réelle chance à ce rythme.

  • Le libéralisme peut-il être la solution comme sortie du cycle de crise de 2008 ?

    Obama 05 07 16

    Après Trump aux Etats-Unis, Jared Bernstein qui est un fin analyste posait dernièrement la question : le libéralisme peut-il être la solution comme sortie du cycle de crise de 2008 ? Avec le score de Fillon hier, la même question va se poser en France. Dans la réponse, il faut se méfier des approches trop globales. Le libéralisme n'a pas un seul visage. Au-delà des différences, si cette question se pose actuellement sous des aspects nouveaux, c'est que l'Etat Providence semble arrivé au bout du cycle de son efficacité et surtout de son coût. 

    Pourtant, avant de céder au constat que le libéralisme serait de mode, il me semble que deux aspects sont actuellement pas assez examinés. D'une part, le libéralisme arrive-t-il en tant que tel ou dissimulé sous les habits d'autres motifs ? Aux Etats-Unis, le libéralisme n'est-il pas arrivé le 8 novembre sous les habits d'un vote essentiellement protestataire ? Et en France ne pointe-t-il pas sous nez sous les habits d'un vote d'abord identitaire le 20 novembre ? Mais surtout, si dans toutes les hypothèses, ces scrutins devaient être vécus comme des formes de "revanches modernes", ne faut-il pas traiter avec une attention plus vigilante la question de la pauvreté. Cette question ne devrait-elle pas être au centre de tous les actuels débats ? Comment est-il possible de vivre une "démocratie apaisée" qui est nécessaire si des personnes ont devant elles une vie d'exclus ? Une vie de chômeurs ? Comment une société peut-elle être respectée si elle ne connait pas, par le mérite, la conviction que tout est possible surtout le meilleur pour le très grand nombre et en dehors de quelques exemples destinés à cacher la forêt des impossibles ? 

    Si la question des pauvretés n'est pas traitée sérieusement, le libéralisme ne sera qu'une étape rapide vers des radicalisations encore plus fortes et des poussées de revanches impossibles à contenir …

  • A contre krachs …

    Trump 2 02 08 16

    La séquence temps actuellement traversée est assez surprenante dans les capacités des "experts" à prévoir. C'est l'expérience des krachs annoncés qui n'ont pas lieu et des krachs non annoncés qui … ont lieu. Le Brexit devait entraîner un krach boursier d'ampleur considérable. Rien de ce type n'est intervenu. L'éventualité de l'élection de Trump devait entraîner un krach boursier considérable. Un tsunami financier était annoncé. Rien de ce type non plus. Le krach annoncé devait écarter l'élection de Trump qui de ce fait sortait du champ des possibles avant le 8 novembre. Et c'est l'élection écartée qui est devenu le krach politique non prévu. Avec de telles expériences, il devrait y avoir davantage d'humilité dans les expressions du défilé d'experts qui passent leur temps à nous annoncer de quoi demain sera fait…

  • La vraie leçon américaine que l’establishment français ne veut toujours pas voir

    Trump 05 09 15

    Dans une démocratie, le pouvoir politique ne gagne jamais contre l'opinion. Et contrairement aux idées reçues, l'opinion n'est pas changeante. Elle n'est pas versatile. Elle est d'une remarquable constance dans ses choix. Prenons précisément les Etats-Unis. Les messages ont toujours été dans le même sens depuis 2008. A chaque consultation populaire. Et puis un jour, l'ultime digue saute. 

    Le parallèle avec la France est impressionnant. En France, le message passe depuis 2002. Quel est le message ? Pour l'essentiel, il se compose de 5 griefs majeurs :

    1) Il n'est pas possible de continuer avec un système politique classique devenu répulsif à ce point. 

    2) D'où naît cette répulsion ? Pour l'essentiel de la fracture entre les représentants politiques et l'opinion. Les 1ers n'ont pas été capables de prévoir la crise. Ils sont incapables d'en assurer une sortie rapide. Mais surtout, eux à la différence de l'opinion, n'ont pas été frappés par la crise. Rien n'a changé à la baisse dans leurs statuts matériels : rémunérations, retraites, avantages multiples… Comment peuvent-ils parler de la crise quand ils y échappent à ce point ?

    3) Quand un foyer a tout perdu, qu'a-t-il à faire de la "convenance politique" ? Des votes présentés comme "impossibles" ou pire encore comme "interdits" ?

    4) Jusqu'où faut-il aller pour être enfin entendu ? A quoi peuvent répondre des alertes qui ne fonctionnent plus ? Qui ne sont jamais écoutées ? Jamais suivies d'effets pratiques ?

    5) Qu'y-t-il encore à craindre d'un avenir qui comporte aussi peu d'embellies avec le système habituel devenu insupportable et insupporté ?

    Quand on regarde avec lucidité toutes ces questions et surtout toutes ces étapes, le vote "impossible" trouve beaucoup de "circonstances atténuantes". 

    Et la leçon américaine parait bien voisine de la situation française … Et pourtant beaucoup est déployé pour ne pas la voir.

  • Les virages réels majeurs

    Obama 2 18 11 16

    Trois virages considérables viennent d'intervenir et ouvrent le nouveau siècle sur des bases différentes :

    1) Le Brexit marque la contestation populaire profonde d'un échelon européen sans légitimité démocratique directe perçu comme la dépossession des nations comme des Etats. La sortie de la Grande-Bretagne est un échec terrible pour l'Europe et il faudra des décennies pour que cette puissance économique reconsidère sa position,

    2) L'élection de Trump ou la victoire des revanches populaires : un système politique est devenu tellement répulsif que le candidat qui casse tous les codes classiques de la "normalité" devient le porte-voix des exclus qui sortent voter pour l'occasion,

    3) Et hier, les déclarations d'Obama sur l'Allemagne : c'est la reconnaissance explicite, officielle de son leadership sur l'Europe hors Grande-Bretagne. Et aujourd'hui, les autres leaders doivent se déplacer à Berlin pour s'associer au message de départ d'Obama. Signe que l’Allemagne est la capitale, c’est à Berlin que Barack Obama fait ses adieux aujourd'hui aux dirigeants britannique, espagnol, italien et français qui se joignent en fin de visite pour une cérémonie groupée.

    Beaucoup est organisé en France actuellement pour ignorer ces virages. Mais sur le fond, ils sont chacun le marqueur de changements profonds de première importance durable.

     

  • OneRagtime ou la participation new look

    OneRagtime

    Une plateforme d'investissements (OneRagtime) vient d'être inaugurée. Elle mérite l'attention. D'abord, pour l'anecdote parce qu'elle rassemble deux grenoblois. JM Messier qui a effectué ses études secondaires à l'Externat Notre Dame de Grenoble et Stéphanie Hospital diplômée de GEM (Grenoble Ecole Management). Avec JM Messier, nous avons effectué nos études secondaires ensemble. Depuis, nous ne nous sommes jamais perdus de vues. Il a toujours eu un intérêt particulier pour ce qui est neuf. Même au plus jeune âge. Avec cette plateforme notamment, l'économie montre que le vieux thème de la "participation" va vivre des jours nouveaux. Les circuits classiques fermés, opaques vont être contournés, dépassés.

    Ce que l'économie connait déjà, la politique le vivra à son tour de façon incontournable. La politique manifeste aujourd'hui le réflexe des perdants : s'arc-bouter sur de vieilles pratiques pour refuser l'innovation. Mais l'innovation ne se refuse pas. Elle s'accompagne ou elle abandonne au bord du chemin. 

    Le numérique, affirmation de l'autonomie individuelle, fait exploser tous les vieux codes. A force de refuser de regarder cette réalité, le monde politique français va se prendre une gifle d'une ampleur qu'il n'imagine même pas. 

  • Le mot du jour : la disruption !

    Obama 5 04 09 15

    Aujourd'hui le mot clef de la journée sera : la disruption. C'est quoi ? C'est le choix de la rupture forte dans les thèmes comme dans les idées. C'est la principale novation de Donald Trump : casser le discours conventionnel. Et Donald Trump l'a fait à sa "manière" sur les sujets les plus "chauds" dont l'identité et l'immigration.

    C'est la disruption qui est attendue actuellement pour sortir de discours et d'approches usés, discrédités, dévalorisés.

    Dès le 7 avril 2016 sur Medium c'est le sujet de fond que j'ouvrais alors.

    Pour naître, la disruption demande du courage et de l'honnêteté.

    Du courage, puisqu'il faut prendre de l'avance sur la bien pensance du moment. 

    De l'honnêteté, parce que l'avance est un immense pari : celui de rester seul alors que pour une fois l'attente est d'être rejoint, vite et en grand nombre.

    En novembre 2008, lors d'une rencontre à Boston au Starbucks de Cambridge Galleria avec un responsable de la campagne d'Obama, son amertume était terrible. Il avait défendu tôt la disruption et le succès avait fait passer son avance puisqu'il était trop rattrapé. 

    La disruption est une mentalité : être soi-même. Puis, selon les circonstances, il y a un moment où la rencontre est possible pour tant d'autres moments où elle ne l'est plus ou pas. Comme actuellement, la disruption c'est reconnaître qu'Obama a été un excellent président et s'il avait été personnellement candidat il aurait gagné le choc entre les colères et le positif. C'est quand le positif (l'espoir) est trop faible que les colères gagnent. Quand l'espoir est là, fort et fiable, la nature humaine lui donne un avantage sur les colères. 

    Et aujourd'hui, en France, la disruption, c'est l'espoir, l'optimisme, la modération. 

  • La politique française et son mimétisme au rabais

    Vote 15 11 16

    C'est consternant de constater depuis une semaine combien la politique français vit au rythme du mimétisme au rabais. En 2008, l'Obamamania frappait. C'était à l'homme politique français qui reprenait les méthodes d'Obama : nouvelles technologies, cool attitude … Et là ils deviennent les "enfants de Trump" : les sondages sont contestés, les journalistes commencent même à devenir chahutés …

    Mais comme à chaque fois que la France copie un usage américain, elle le fait à moitié et encore. Prenons des exemples précis. 

    1) La primaire : pourquoi faut-il voter tous en un seul jour ? N'y avait-il pas matière à concevoir des votes progressifs dans le temps commençant par telle ou telle région puis passant à d'autres ? Cette succession de votes permet la sélection et non pas l'actuelle caricature de débats avec les réponses en 1 minute par candidat. Les derniers débats auraient permis alors de vraies explications entre ceux qui ont co-géré la France dans les 10 dernières années …

    2) Le militantisme pour la primaire : que sont ces candidats qui n'imaginent qu'exceptionnellement de ne pas dormir dans leurs lits parisiens bien douillets ? En France, à de très rares exceptions, une visite en province c'est partir de Paris le matin pour rentrer sur Paris le soir. Mais il n'y a plus de "plongée" durable au "coin de la rue" pour des explications non suivies par les médias. Il y a même des départements démographiquement importants qui n'auront reçu la visite d'aucun candidat (Isère et BLM (?), Isère et NKM (?) …).

    3) La contestation du "système" : en France, ce sont les membres du système, vivant de la politique depuis 30 ans pour les plus jeunes qui … contestent le système. Comment imaginer que les seuls mots puissent faire oublier les réalités durables ? Comment contester sérieusement le système qui les a nourris toute une vie ?

    Ce mimétisme au rabais conduit à la catastrophe parce qu'en France comme ailleurs l'opinion veut exprimer ses colères et surtout changer les habitudes qui ont produit des résultats aussi catastrophiques.

  • Etre démocrate c’est quoi ?

    Trump caricature 14 11 16

    Depuis le Brexit, on assiste à des "leçons de démocratie" bien surprenantes. Avec le Brexit, il y eut une étape visant à légitimer l'idée du "nouveau vote". Actuellement, on assiste aux Etats-Unis à des initiatives comparables. Une partie de la presse continue le bras de fer contre Trump avec des montages photos comme celui ci-dessus. Et la liste pourrait durer longtemps.

    Il doit y avoir un moment où chacun avec bonne foi doit répondre à une question simple : être démocrate c'est quoi ? Est-ce accepter le choix de la démocratie donc du nombre majoritaire à la condition seulement qu'il corresponde au sien ? Et au cas contraire, la "cause de la démocratie" mériterait-elle le combat au-delà du vote et sur quelles bases pour quels motifs ? 

    Respecter le suffrage universel direct, n'est-ce pas donner la chance de réussir dans l'application de la décision majoritaire ? Si la lutte pour l'échec s'engage dès le lendemain d'une décision majoritaire, quand la lutte électorale prend-elle fin ? Quelles conséquences à terme d'un climat de luttes électorales permanentes ? Au moment où chacun peut constater des démocraties déjà chancelantes, ce serait intéressant que cette question de fond soit sérieusement traitée.

  • Quel superbe week-end de sport avec la Fed Cup

    Caroline garcia 2

    L'équipe française féminine de tennis donne actuellement une merveilleuse leçon de sport, de motivation. Chaque joueuse montre une volonté de gagner qui est exemplaire. Les matches sont superbes. Et l'équipe féminine est en passe de réaliser un exploit historique face à une équipe présentée comme "imbattable".

    Belle sportivité également du public de Strasbourg qui sait encourager sans pénaliser la concurrente.

    C'est la plus belle promotion qui soit pour l'esprit sportif !

    Fed Cup