Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Rétro 2016 (09) : penser aussi à ce que l’on ne voit plus …

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    La seconde vidéo qui a marqué 2016 pour moi, c'est la visite d'Obama en juin 2016 au Yosemite National Park. Cette vidéo montre tout ce que l'on ne voit plus en France de la part d'un responsable politique. 1) La capacité à sortir de l'uniforme du costume permanent. 2) La capacité à vivre avec sa famille. Comment faire confiance à quelqu'un qui aspire à gérer les affaires de tous, s'il n'a pas d'abord été capable de bien gérer les siennes dont sa propre famille en matière d'éducation notamment. 3) La capacité à défendre des causes de l'avenir dont l'environnement. Finalement, le secteur où la gauche française aura été la plus performante ces 5 dernières années c'est … la vente d'armes ! Irréel. Pour moi cette vidéo mérite d'être dans le TOP 10 des vidéos 2016 car il faut toujours penser aussi à ce que l'on ne voit plus en France …

    Obama 20 06 16

  • Rétro 2016 (10) : ils ont fait la présidentielle 2016 …

    Comme chaque année, sur les 10 derniers jours de décembre, je vais mettre en relief les 10 moments collectifs ou privés qui me semblent les plus importants. C'est une méthode qui m'est toujours apparue saine que de chercher ainsi à mettre en ordre une année écoulée en tentant d'en extraire l'essentiel. Une méthode que je recommande car avec le recul ce ré-examen est toujours intéressant. La première vidéo choisie est celle de la réunion entre Trump et les entrepreneurs de la Silicon Valley. Pas un détail qui ne mette pas en relief un fait important. D'abord, l'existence même de cette réunion : 2 500 milliards de dollars de valorisation boursière autour d'une seule table. Ensuite la date de la réunion, avant même les grands électeurs, l'élection est reconnue. Elle est officielle. Définitive. Puis, la composition du tour de table avec Peter Thiel immédiatement à côté de Donald Trump. Thiel est le seul à s'être publiquement engagé en faveur de Trump. Enfin, en face de Trump, Alexander Karp le très probable "magicien" de 2016, celui qui a permis de gérer les "cibles efficaces". La campagne 2016 va progressivement révéler ses "secrets" et Palantir, la société de Karp, pourrait être au coeur des phases clefs. Cette vidéo résume à elle seule l'installation d'un véritable nouveau pouvoir en matière économique.

    Alexander Karp 22 12 16

  • Barack Obama et la nécessaire bataille pour les sanctuaires naturels

    Obama 16 10 16

    Hier, Barack Obama a pris une décision importante pour le devenir de l'Arctique. C'est surprenant de constater combien la France qui passe pour un pays avec des paysages sublimes se démobilise actuellement sur ce sujet de la préservation d'espaces naturels à protéger. La fin de mandat de F. Hollande donne plus que jamais le sentiment d'une "fin d'année scolaire quand le conseil de classe est passé". Les élèves savent qu'ils redoublent et ils terminent en roue libre cherchant juste à sauver les apparences pour ne pas trop insulter l'avenir. C'est une situation incroyable qui au même moment rencontre les autres qui font du "sur place" car ils pensent devoir gouverner mais ne savent pas encore trop ce qu'ils peuvent exprimer avec clarté et détermination. C'est une séquence temps réellement pathétique. La planète est en crises et la France est sans pouvoir, perdue dans la transition entre un pouvoir sortant pas encore sorti et un nouveau pouvoir pas encore prêt à défendre des causes fortes. Une vraie fin d'année scolaire après le conseil de classe…

    Quant à Obama, c'est l'heureuse concrétisation d'efforts anciens historiques en faveur de sanctuaires naturels. Heureusement, toutes les fins de mandats ne se ressemblent pas.

  • 2017 : JFK aurait eu 100 ans

    JFK 20 12 16

    Hier, le Musée Kennedy a présenté le programme pour 2017, année du centenaire de la naissance de John Kennedy. Au moment où la France est engagée dans une réelle crise de leadership de ses politiciens, JFK montre que la qualité principale d'un responsable politique réside dans sa capacité à faire vivre l'espoir collectif et l'identification à sa personnalité. Depuis la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont eu trois leaders de ce type : John Kennedy, Ronald Reagan, Barack Obama. Trois styles différents qui font et feront date. 

    John Kennedy a bénéficié des "avantages" liés à son époque. Une presse moins inquisitoriale qu'actuellement sinon sa vie privée exposée à la Une aurait été catastrophique. La brièveté involontaire d'une présidence ce qui a conduit à magnifier la légende sans courir le risque de son érosion. Mais fondamentalement, John Kennedy a été celui qui a introduit le "symbole de l'image" dans le champ de la gouvernance publique. A cette époque, une véritable révolution. Il est le seul gouvernant de cette date ayant qualité à ce qu'un message visuel des années 1960 ne fasse pas "vieille relique" sortie des vidéothèques de l'ancien siècle. 

    Un sujet sérieux pour les étudiants de sciences politiques ce d'autant plus que les contributions du Musée Kennedy sur 2017 seront nombreuses et de qualité sur des dossiers d'actualité.

  • Patagonia et l’autre consommation : les duvets 100 % recyclés.

    Patagonia 18 12 16

    Face à l'impuissance des politiques, les avancées majeures sont celles de sociétés et de citoyens. La marque Patagonia est l'une des sociétés les plus mobilisées et de longue date pour une autre consommation. Elle a décidé de casser le cycle des produits éphémères, de rompre ce cycle terrible de toujours consommer davantage. Et une nouvelle étape s'ouvre, celle des produits recyclés. Le Duvet recyclé est issus de vieux oreillers, couettes et autres articles usagés ne pouvant pas être revendus. Il est hypoallergénique et offre les mêmes avantages et performances que le duvet neuf. En récupérant une partie de duvet (et des matières associées) sur des produits destinés à la poubelle, Patagonia réduit les déchets et met en pratique une culture selon laquelle il faut : « fabriquer le meilleur produit qui soit en minimisant l'impact sur l’environnement et utiliser le monde des affaires pour inspirer et mettre en place des solutions à la crise environnementale ». Un effort qui mérite d'être mis en évidence.

  • L’échec du monde probabiliste

    Caribou

    Une période particulière est traversée. Depuis l'origine, les êtres humains veulent prévoir. Connaitre en avance ce que demain peut être. Plus l'humanité a progressé, plus elle a amélioré ses outils techniques destinés à prévoir. Aujourd'hui, de façon surprenante, elle s'occupe peu de ce qui est prévu de façon solide et s'occupe beaucoup de ce qui est devenu de plus en plus incertain.

    Ce qui est prévisible de façon scientifique donc solide (climat, réchauffement climatique, disparition d'espèces animales …), l'opinion s'en détache. Comme si finalement elle voulait ne pas … voir demain. Ne plus imaginer.

    A l'opposé, ce qui relève des sciences humaines (opinion, sondages pour élections …) est toujours suivi avec attention croissante même si les erreurs se multiplient au point de doter les dispositifs de toute crédibilité objective en l'espèce. Mais là, l'opinion veut toujours savoir à l'avance sans être dupe d'un jeu aussi aléatoire.

    Bref, pour résumer, une période où l'opinion veut connaître ce qui a de grandes chances d'être faux et qui veut ignorer ce qui a de grandes chances d'être juste, avec réalisme, c'est difficile d'imaginer des lendemains joyeux.

  • Climat : tous les marqueurs passent au rouge vif : suicidaire !

    Yoho Park 08 02 16

    Depuis une semaine, pas un seul jour sans une alarme précise sur le réchauffement climatique. Pour prendre les seules 48 dernières heures, avant hier c'était sur le record de chaleur en 2016 en Arctic. Hier, c'était sur les pénuries d'eau en 2050. Chaque jour, la liste des espèces animales menacées s'allonge comme dernièrement le Caribou. Et la France parle de quoi ? De la santé de Polnareff, du 49.3 de Valls, des 130 membres de l'équipe Fillon …  Irréel. 

    Depuis trois ans, tous les rapports de scientifiques reconnus montrent dans le détail que nous sommes entrés dans un cycle qui conduit à la catastrophe sauf à inverser des tendances. Entre le moment où la décision d'inverser des tendances sera prise concrètement avec des mesures pratiques et les premiers effets concrets sur le réchauffement climatique, 30 à 40 années seront nécessaires pour que l'inversion devient effective. Et rien n'est fait. A tous les niveaux. La COP22 renvoie à la … COP24. La France ne fait rien en dehors des écrans de fumée. Et même une municipalité dite pour partie écolo à Grenoble n'engage aucune action sérieuse en dehors de faire payer des vignettes les jours de pollution de l'air. Rarement un tel décalage n'a été aussi manifeste entre une priorité absolue et l'immobilisme. Suicidaire, c'est le seul mot qui convient pour qualifier une telle réalité actuelle face à des alertes scientifiques aussi nombreuses et manifestement établies !

  • 2 500 milliards de dollars autour d’une seule table !

    Trump 2 15 12 16

    Hier après-midi, 2 500 milliards de dollars de capitalisation boursière étaient réunis autour d'une seule table pour donner une chance à l'essentiel : l'efficacité. Trump recevait tous les entrepreneurs les plus emblématiques de la Silicon Valley. A une exception près (Thiel), ils avaient tous appelé à voter pour … Clinton et avaient financé … Clinton. Mais le match était terminé et maintenant il faut faire gagner l'Amérique.

    Donc Trump reconnait les entrepreneurs et les entrepreneurs reconnaissent Trump. Bref, l'opposé de la situation française. En France, des politiciens qui n'ont jamais vécu l'entreprise expliquent comment il faut gérer une entreprise et des entrepreneurs hésiteraient à exposer aussi ouvertement leurs intérêts, leurs besoins pour gagner des emplois et de l'argent.

    En un après-midi, les Etats-Unis ont donné à la France la leçon de l'efficacité. 

    En France, le match électoral ne finit jamais. Une élection est terminée que déjà la prochaine s'engage sur le souhait de l'échec de l'élu en place. Et les entrepreneurs doivent négocier dans la coulisse les aménagements pour être compétitifs puisque s'ils exposent ouvertement leurs demandesils deviendraient des "privilégiés copains du pouvoir en place". Avec une telle mentalité, la France n'est pas prête de mettre fin à son dramatique déclassement.

  • Toujours présent !

    DB JM 14 12 16

    Chacun doit vivre sa vie à sa façon. C'est la plus belle des libertés. Pour moi, la vie, c'est d'abord des couleurs vives. Avec des engagements forts. Des engagements professionnels. Mais aussi parfois des engagements civiques. Les engagements professionnels ont une contrainte particulière : souvent rencontrer les mêmes. Les engagements civiques ont une conséquence formidable : rencontrer dans la diversité la plus totale. Et cette diversité offre presque toujours des rencontres superbes. Certaines d'entre elles le sont encore plus avec une alchimie imprévisible. Ce fut le cas pour moi avec Jacques Menut qui a disparu il y a 14 ans ce 14 décembre 2016. 

    Pendant des années, nous avons fait des campagnes électorales ensemble. La première fut une élection cantonale. La gauche était alors conquérante, très sûre d'elle et non pas honteuse comme actuellement. J'avais choisi un canton supposé imprenable pour ma sensibilité puisque ce canton était communiste depuis la Libération. Supposé bastion rouge à jamais. Refusant alors la géographie de Meylan qui m'était proposée mais dont je n'appréciais pas le "climat de bourgeois coincés". Nous nous sommes engagés dans un canton populaire : Vif. Avec des quartiers dits difficiles : Iles de Mars, Villancourt, Tritons Hérons …Toujours être indépendant. Vivre sous ses propres couleurs et faire ce que l'on aime. La campagne a été rude. Très rude. Musclée. Sportive. 12 500 foyers visités en porte à porte. Un à un. Nous étions loin de l'actuelle génération des selfies qui considère qu'une photo en groupe restreint de proches vaut … l'action. Et plusieurs mois plus tard, était là une victoire inattendue, imprévisible, supposée inatteignable. Chacun de ces jours, Jacques Menut infatigable. Jamais démoralisé. Même si à la fin de la campagne, il ne supportait plus les montées d'escaliers, même en peinture. 

    Que d'amusements lors de rencontres. Les belles campagne sont toujours joyeuses même si elles se soldent par une défaite. L'essentiel, c'est de défendre ses valeurs avec plaisir. La victoire vient en plus ou pas. En cas de défaite, si on est capable de vivre par un vrai métier, on replonge vite dans son activité professionnelle et la campagne électorale reste une belle aventure.

    Mais avec M. Menut, ce fut aussi la découverte d'une famille avec qui, pour ses deux filles Lydia et Marie-Christine, j'ai gardé une amitié solide. Et je n'ai jamais utilisé le mot "ami" en le galvaudant. Nous avons professionnellement travaillé de nombreuses années ensemble à ma plus grande satisfaction. 

    Au hasard de circonstances, Jacques Menut est toujours là. Quand je rachète pour la énième fois ma traditionnelle paire de chaussures toujours du même modèle, je m'amuse en pensant aux derniers jours de campagne où il me faisait lever les pieds pour montrer combien la semelle était usée jusqu'à la ficelle. La vendeuse ou le vendeur doit se demander pourquoi d'un coup leur client se met à rire sans chercher à le contenir. Toujours présent. Parfois, c'est par tristesse quand je repasse au hasard d'un jogging devant des réalisations municipales constatant les trous dans le mur de panneaux enlevés par des successeurs au sectarisme obscurantiste. En politique comme dans tant d'autres domaines, l'amertume et la jalousie hyper-développées conduisent toujours à des attitudes référentes de bêtise… Mais aussi quand je vais me recueillir sur la tombe de mes parents, je ne manque jamais une prière pour lui qui repose désormais à 30 mètres de mes parents. Si un souci  a été causé par le vent ou autre, je le signale à Lydia.

    Aujourd'hui, comme chaque année, en ce jour, une pensée particulière. Une reconnaissance permanente et le beau souvenir de moments merveilleux. Toujours présent ! Merci.

  • La terrible et inquiétante faillite des politiques

    Jumbo Wild 2

    Remarquable article dans les Echos sur les "nouvelles frontières". Quelles sont aujourd'hui les vraies causes collectives à mener ? Et quels auteurs les mènent ?

    Pour l'environnement, cause prioritaire avec notamment le dossier des sanctuaires naturels (ces lieux où la création de la nature relève de l'émerveillement à préserver avec la conservation d'espèces animales menacées) : Tompkins, Chouinard, Steyer … font davantage que les Etats.

    Pour les sciences de la vie, autre cause fondamentale, c'est les propriétaires de … Google.

    Pour l'espace, c'est … Elon Musk et Jeff Bezos.

    Idem en France. Pour la seconde chance en France, c'est l'opération de Xavier Niel qui est passée en tête et de loin.

    Quand ce ne sont pas des mécènes, ce sont des citoyens qui se groupent pour partager les moyens et les influences pour faire changer les choses.

    … : et la liste pourrait continuer longtemps. Aujourd'hui, les vraies causes sont conduites en dehors des politiques publiques. C'est très inquiétant sur le fond puisque les financements privés peuvent répondre à des critères … privés. Mais c'est surtout la démonstration de l'impuissance des structures publiques nationales incapables de se réformer, de s'adapter, d'innover … C'est le cas tout particulièrement en France. Pourquoi, parce qu'elles sont devenues des cimetières pour éléphants en fin de carrière. La fonction publique française d'exécution est remarquable. Mais le microcosme parisien est hors de prix pour une incompétence avérée. Aucun candidat pour 2017 n'a encore soulevé cette rupture brutale. Ce serait rompre d'abord avec les "copains" casés aux frais des contribuables. Celui qui le fera montrera qu'il a l'étoffe d'un vrai leader de rupture. Parce qu'il serait quand même plus agréable que les impôts payés servent à des causes utiles.