Aujourd'hui, nous sommes à 100 jours du 1er tour de la présidentielle. Et à l'exception de ceux qui vivent la présidentielle comme la rampe de lancement de leurs campagnes législatives, c'est l'indifférence. Hier, un sondage Fiducial a été publié. A la question "Les Républicains feraient-ils mieux que l'actuel Gouvernement ?". Réponse : "ni mieux ni moins bien" : 52 %. Et "moins bien" : 25 % ! Il n'y a que 23 % à penser que ce peut être "mieux". Ce fut d'ailleurs le problème de Juppé dans les primaires de la Droite : un PMU avec des cavaliers ne visant pas la présidentielle mais … leurs législatives. D'où le rituel d'alors de campagnes bien éloigné des fondamentaux efficaces. L'échec de la politique en France est tel qu'en dehors des intéressés, plus personne n'y croit. Quand une réunion d'un ex Premier ministre sortant fait 500 personnes présentes, c'est un … gros score ! Un climat très particulier probablement jamais connu à ce point sous la Vème République à 100 jours d'un vote.
Auteur : Denis Bonzy
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Le choc d’une véritable révolution inqualifiable car inédite
La conférence de presse de Donald Trump hier est un message essentiel : le temps de la présidence sera au rythme du temps de la campagne électorale. La conférence de presse est intervenue dans un contexte irréel : journaliste de CNN interdit de parole, invectives permanentes, discrédits à l'emporte pièce sur des contradicteurs, auto-proclamations sans la moindre humilité … Rien ne résistait. Cette situation sera souvent présentée comme une "révolution conservatrice". Mais elle est conservatrice de quoi ? Certainement pas de la morale compte tenu des comportements avérés du leader en question. Pas davantage de la jeunesse compte tenu de l'âge moyen des nommés à trois ou quatre exceptions près. Pas davantage du peuple qui observe le défilé des … milliardaires. Encore moins des intellectuels théoriciens d'économie ou de sciences politiques terriblement absents. Surtout pas des femmes écartées des postes clefs à quelques exceptions. Tout comme les noirs qui seront à compter dans les photos des réunions de Cabinet. C'est la révolution inqualifiable car inédite et qui constitue la fessée donnée à tous les symboles de l'ancien système politique. Il fallait une sacrée dose de colère pour être prêt à une telle sanction. Une colère populaire indiscutablement très sous-estimée dans les analyses antérieures. Reste maintenant à définir la frontière entre la colère et le suicide ?
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Quand Snapchat choisit … Londres !
Hier mardi, Snapchat a annoncé qu'elle installait à Londres son quartier général pour ses opérations non américaines et qu'elle déclarerait via le Royaume-Uni une bonne part de ses revenus internationaux. Snapchat est une société de messages en ligne qui disparaissent après avoir été lus et revendique plus de 150 millions d'utilisateurs quotidiens, dont 50 millions en Europe parmi lesquels plus d'une dizaine de millions au Royaume-Uni. Snapchat figure parmi les sociétés pouvant être introduites en bourse en 2017 pour des montants records historiques. Pour son choix d'installation, la compétition a été féroce entre de nombreuses capitales. Et Londres a gagné. Avec le Brexit, il était question de fuite des entreprises, d'isolement de Londres. Et avec une décision de ce type, qu'en est-il ? Il serait quand même temps que des explications sérieuses soient données après les démonstrations du drame supposé à venir avec le Brexit …
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La personnalité géographique existe bien …
C'est un des sujets les moins traités et pourtant très intéressant : l'identité géographique existe-t-elle ? Et si oui qu'est ce qui peut la structurer ? Quels rapports entre une identité géographique et le profil des habitants ? Qui structure le plus l'autre ? Depuis près de 30 ans, pour des raisons professionnelles, je suis sur Lyon plusieurs fois par semaine. Samedi en me rendant sur Grenoble, le constat classique de clochards, de tags, de papiers sur la chaussée. Dès l'arrêt au feu du pont de Catane, sur la droite, un groupe de sans abri manifestement très énervé, probablement très alcoolisé … Ce matin, à Lyon, entre Bellecour et le bout de la rue de la République à l'opposé de Bellecour donc sur un espace important : pas un clochard, pas un papier, pas de tag … (cf photos ci-dessus et ci-dessous prises à 9 heures). Bien davantage, à Lyon, la Ville vend même son savoir-faire en matière d'événementiel (cf article dans Les Echos la semaine dernière sur la fête des Lumières) et récupère des recettes non négligeables. Le Maire du 2ème arrondissement (UDI) travaille en bonne intelligence avec la "mairie centrale" (PS). Si des dossiers les opposent, il présente des contre-projets solides, précis, argumentés. Une approche bien éloignée de la guerre permanente des tranchées à Grenoble. A Grenoble, où le moindre projet piéton est perçu comme une agression contre les commerces. Et à Lyon, la rue "principale" est … piétonne avec des enseignes de haute renommée qui ne baissent pas les rideaux, loin s'en faut. Comment à 150 km de distance, de telles différences peuvent-elles exister à ce point ? Pourquoi de tels "tempéraments" aussi différents ? La sociologie ? L'histoire des lieux ? Comme beaucoup de sujets importants donc difficiles, il n'est pas traité. Dommage …
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Et si Vivarte permettait enfin d’ouvrir des vrais dossiers de fond … ?
Pour dynamiser l'économie française et relancer l'emploi, il faut ouvrir enfin des sujets tabous qui sont des verrous implacables. Deux d'entre eux méritent un examen sérieux : les banques et la grande distribution. 1) La France doit réorganiser totalement son système bancaire. Les Français se sont beaucoup appauvris ces dernières années. Un exemple concret, aujourd'hui France Domaine diffère la cession de biens immobiliers de grande qualité appartenant à l'Etat parce qu'ils savent que les Français ne pourront pas tenir la compétition face à d'autres candidats étrangers (arabes, russes, turcs …) et qu'ils protègent ainsi le patrimoine de l'Etat en gelant les opérations possibles. Faute de vrais investisseurs privés, à la différence des Etats-Unis avec ses capitalistes risqueurs, en France, la banque reste donc le pivot des financements. Or la culture de sécurité de la banque française c'est le bouclier contre le risque. Quand une holding achète une société par un dispositif d'emprunt susceptible d'être remboursé par les remontées de dividendes de la société cible, par définition, le dispositif devient impossible si la société cible ne dégage plus des bénéfices. La cession d'autres actifs devient alors incontournable pour honorer la dette. C'est ce mécanisme qui a secoué les LBO avec la crise de 2008. Pour éviter de telles évolutions, la banque doit accorder des "facilités", différer des remboursements … : bref accepter une part de risque. C'est le dossier actuel de Vivarte. En 2012, Hollande avait pris la promesse de distinguer l'activité de banque de gestion courante (particuliers) et celle de banque d'affaire. Il n'a pas opéré cette distinction. Dommage. Il serait temps de l'effectuer pour distinguer deux esprits différents de fonctionnement. 2) Second sujet tabou, la grande distribution. Là encore rien n'a été fait en dehors de changer certaines étiquettes qui ne sont jamais lues par les clients. Pour rendre un espace au petit commerce ou à certains fournisseurs comme les agriculteurs, les règles doivent être changées. Mélenchon a évoqué une mesure qui mérite l'attention : et si la grande distribution alimentaire était mise à contribution pour financer une partie d'un fonds de retraite des agriculteurs ? Le rapport de domination est tel entre le donneur d'ordre et le fournisseur qu'il peut être intéressant le lier les sorts dans la durée pour protéger le plus faible. Avec Vivarte et la question de la cession d'André, il serait temps que ces sujets soient enfin traités sérieusement. Les circonstances s'y prêtent avec la campagne présidentielle en cours. Pour le moment, les sujets abordés restent très superficiels.
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2017 ou le choc des styles
Une élection c'est d'abord une rencontre entre les citoyens et … eux-mêmes. Les candidats ne sont que les supports permettant l'expression des priorités des citoyens. Pour que cette expression soit facilitée, le style est devenu un programme. Le paquet exprime le contenu. L'apparence doit porter le fond. Dans ce cadre, remarquable article dans Politico.com sur le "style Fillon" ou la "mode Old School". Le vrai choc des styles est actuellement entre Fillon et Macron.
L'un veut incarner la France confortable, celle des provinces solides, avec des racines, qui vivent au rythme d'un temps long, avec des valeurs durables. L'autre veut incarner la France moderne qui s'adapte, qui loue la flexibilité dans tous les domaines, qui vit avec un rythme rapide à l'heure internationale, avec des valeurs mondialisées. Pour le moment, il n'y a pas d'autres styles aussi lisibles sauf celui en cours de finalisation pour Mélenchon via les réseaux sociaux. Par exemple le FN est en proie au choc de ses deux "styles" : le populaire du Nord contre le senior du Sud. D'où un message difficile à trouver. Pour ce qui concerne le PS, il peine à retrouver un espace. Le plus surprenant, c'est qu'en période de crise climatique, le candidat écologiste ne trouve pas un style visible, lisible pour l'opinion. C'est probablement le prix de relations trop accolées avec le PS dont il est devenu une sorte de satellite. Quant à Mélenchon, il peut trouver l'espace de la révolte puisqu'au même moment où il s'engage sur ce chemin le FN veut apparaître dans le système, comme les autres, banalisé, apaisé selon son slogan. Or par définition, la France qui souffre ne peut pas être … apaisée puisqu'elle a sa colère à exprimer.
Le style de la révolte s'est donc libéré. Et pour le moment, JL Mélenchon est en train de devenir le seul véritable anti-système. Sous cet angle, la politique cesse d'être un sujet de mécontentement et devient un film assez agréable pour tenter de mieux comprendre les tendances collectives du moment.
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Et si hier mardi 3 janvier à 11 heures 47, l’année était finie …
Remarquable étude du CCPA (centre canadien de politiques alternatives) publiée hier sur les écarts de revenus. Pour les 100 PDG du Canada les mieux payés et leur rapport avec le salaire annuel moyen des travailleurs, la question est simple : combien d'heures de travail pour parvenir au revenu annuel de ce "travailler moyen" ? Le calcul est simple : mardi 03 janvier à 11 heures 47, ils avaient gagné ce revenu annuel moyen. Et 30 minutes de moins qu'en 2016. En 1995, l'écart était de 85 fois le salaire moyen. Il est passé à 290 fois aujourd'hui ! C'est quand même une logique qui devrait mériter des réflexions. Qu'est ce qui peut justifier de tels écarts avec un revenu moyen ? Et jusqu'où la paupérisation de pans entiers de la société moderne peut-elle être acceptée quand de tels écarts deviennent aussi provocateurs ? Ces sujets mériteraient une place plus importante dans le débat politique.
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La France et sa prétention insupportable
La tournée internationale de Hollande pour tenter de faire croire que la France a encore un rôle moteur dans le monde est d'un ridicule pathétique. Toujours tenter de faire vivre ce ressort de la France avec sa prétention insupportable de s'accrocher à un passé tellement dépassé. Le seul moment où il est question d'universalisme de la France c'est pour célébrer des actes d'antan. Aujourd'hui, la France est devenue une puissance moyenne avec un Etat qui fait les poches des organismes publics pour boucler ses fins de mois. Dernièrement, un député, Charles de Courson, dressait la liste des "hold-up" discrets de l'Etat. Le pays de la COP21 pompe les finances des agences de l'eau et de l'ONEMA ...
La "puissance militaire" de la France se ramène à une armée opérationnelle dont tous les personnels ne rempliraient même pas le Stade de France.
En plein état d'urgence, les voitures brûlent des records dans les quartiers et le Ministre concerné après avoir truqué son CV tente de truquer les chiffres des véhicules brûlés et sans la moindre conséquence dans les deux cas,
… : la liste des échecs est dramatique. Autre exemple très concret, en 2017, la fédération des parcs canadiens fête son 150 ème anniversaire. Des manifestations superbes. Des équipements fantastiques. Et en France, les parcs naturels sont à l'abandon. Souvent sans signalétique uniforme. Incapables de faire respecter leur Charte. Normal, en France, les écolos sont majoritairement des gauchistes qui préfèrent chevaucher l'égalitarisme suicidaire et non pas s'occuper sérieusement d'environnement. La COP21 est entièrement neutralisée puisque officiellement les mesures concrètes ont été renvoyées à la … COP24. Mais les ministres se gaussent toujours des succès de la COP21. Le jour où le rideau de ce triste cinéma va tomber, les réveils vont être terribles pour les derniers "innocents" s'il en reste encore en dehors des mauvais acteurs de ce cirque politique ridicule… ?