Un préalable s'impose : ce qui est vécu actuellement avec les comportements de Donald Trump à l'exemple de ceux d'hier sont inédits. En France, il est fréquent de comparer Trump à Reagan. Mais cette comparaison ne résiste à aucune analyse sérieuse pour de multiples raisons dont le fait que Ronald Reagan avait exercé des responsabilités syndicales puis électives à la tête de l'Etat de Californie avant d'accéder à la Maison Blanche alors même que Trump n'a jamais exercé une seule responsabilité publique. Reagan incarnait pour l'essentiel une attente de retour à la force de l'Amérique après les humiliations des "années Carter" dont l'échec de l'opération Eagle Claw. Trump a été élu "contre le système". Et il s'ingénie à continuer sur cette lancée. Cette parole totalement hors les codes va provoquer des remous considérables mais y compris dans la remise en cause de "codes" au sein même des autres démocraties occidentales. Si bien qu'au moment où d'autres démocraties occidentales sont dans des processus de forte fragilité, c'est une donnée nouvelle essentielle. Aujourd'hui, aucune démocratie occidentale n'est en situation sécurisée dans ses équilibres intérieurs : Merkel est déstabilisée par le sujet de l'immigration. La GB doit gérer son Brexit. L'Italie et l'Espagne n'ont pas de majorité sécurisée. Et la France est entrée dans un semestre électif totalement imprévisible. Une donnée rarement connue à ce point. Et qui a de quoi légitimement inquiéter.
Auteur : Denis Bonzy
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Pour colorer son harmonie intérieure
Le vrai froid approche. Ce matin, Aspen n'a accepté de sortir qu'à la condition de revêtir sa … polaire. Un marqueur de confiance pour constater le froid. Aspen est notre chienne briard. 11 ans ! La doyenne de la famille. J'espère qu'elle a conscience de l'immensité de notre reconnaissance pour la lutte qui a été la sienne pour vaincre deux maladies redoutables. Elle a su combattre et gagner. Avec l'âge, le briard doit lutter aussi contre son … physique. Son train arrière plus difficile à bouger. Mais quel merveilleux tempérament. Comme tout chien berger, Aspen cherche à surveiller son troupeau. Mais pour Aspen, en terme de troupeau, ils sont … 1 : Marie. Tout tourne autour de Marie. Lors de sa récente hospitalisation, j'ai mis plus de 48 heures pour ramener Aspen à la vie quotidienne. Pour faire sortir Aspen de sa sidération de ne plus avoir de … troupeau. Les animaux domestiques m'ont beaucoup appris. Tout particulièrement, une capacité à apprécier le temps heureux, celui de la banalité douce. Avec les réseaux sociaux, j'ai beaucoup apprécié de constater que tant d'autres personnes ont la même relation avec leurs animaux domestiques. Reconnaître leur intelligence comme leur sensibilité. Les intégrer dans une famille. Les considérer. Etre à leur écoute. Ils donnent de la couleur à l'harmonie intérieure. Des vraies émotions saines. Savoir analyser un regard. Les caresser et progressivement constater que son coeur se met à leur rythme paisible. Sur les photos des enfants aux murs de la maison, Jonathan et Thomas sont presque toujours avec un chien. Une vraie harmonie. Une grande satisfaction de constater combien Jonathan peut être complice du chat de Clara, sa compagne, et Thomas de James, le chien de son épouse Ombeline. Le cycle continue. C'est naturel. Comme Aspen qui retrouve sa polaire pour sortir les jours de vrai froid.
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Ce matin, j’ai 10 ans …
Enfin une journée d'hiver qui n'est pas économe en neige. De quoi rappeler ma jeunesse. Alors quitter Grenoble pour rejoindre le chalet de mes parents, c'était une merveilleuse récompense. Il fallait que deux conditions soient réunies en dehors des périodes classiques de vacances. 1) Que les notes scolaires aient été bonnes et 2) que je m'engage à … déneiger. Depuis cette époque, je n'ai jamais calculé le volume de neige manipulé. Mais ce matin, il a été significatif. 2 heures 48 de pelle pour "revoir la terre" sur les espaces utiles. 8 353 pas. Prendre son rythme. Ecouter le silence. Méthodiquement choisir les bons angles pour ne pas piétiner des espaces à déneiger. Il y a toujours des moments délicieux où le rendez-vous avec son enfance est là. Imprévisible. Non programmable. Mais réel. Ce matin ce fut le cas. Dommage que des cérémonies religieuses de décès familiaux cet après-midi altèrent cette douceur matinale si agréable. L'âme peut avoir 10 ans mais le vrai temps a fait son "oeuvre". Dommage …
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100 jours … ! Et alors ?
Aujourd'hui, nous sommes à 100 jours du 1er tour de la présidentielle. Et à l'exception de ceux qui vivent la présidentielle comme la rampe de lancement de leurs campagnes législatives, c'est l'indifférence. Hier, un sondage Fiducial a été publié. A la question "Les Républicains feraient-ils mieux que l'actuel Gouvernement ?". Réponse : "ni mieux ni moins bien" : 52 %. Et "moins bien" : 25 % ! Il n'y a que 23 % à penser que ce peut être "mieux". Ce fut d'ailleurs le problème de Juppé dans les primaires de la Droite : un PMU avec des cavaliers ne visant pas la présidentielle mais … leurs législatives. D'où le rituel d'alors de campagnes bien éloigné des fondamentaux efficaces. L'échec de la politique en France est tel qu'en dehors des intéressés, plus personne n'y croit. Quand une réunion d'un ex Premier ministre sortant fait 500 personnes présentes, c'est un … gros score ! Un climat très particulier probablement jamais connu à ce point sous la Vème République à 100 jours d'un vote.
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Le choc d’une véritable révolution inqualifiable car inédite
La conférence de presse de Donald Trump hier est un message essentiel : le temps de la présidence sera au rythme du temps de la campagne électorale. La conférence de presse est intervenue dans un contexte irréel : journaliste de CNN interdit de parole, invectives permanentes, discrédits à l'emporte pièce sur des contradicteurs, auto-proclamations sans la moindre humilité … Rien ne résistait. Cette situation sera souvent présentée comme une "révolution conservatrice". Mais elle est conservatrice de quoi ? Certainement pas de la morale compte tenu des comportements avérés du leader en question. Pas davantage de la jeunesse compte tenu de l'âge moyen des nommés à trois ou quatre exceptions près. Pas davantage du peuple qui observe le défilé des … milliardaires. Encore moins des intellectuels théoriciens d'économie ou de sciences politiques terriblement absents. Surtout pas des femmes écartées des postes clefs à quelques exceptions. Tout comme les noirs qui seront à compter dans les photos des réunions de Cabinet. C'est la révolution inqualifiable car inédite et qui constitue la fessée donnée à tous les symboles de l'ancien système politique. Il fallait une sacrée dose de colère pour être prêt à une telle sanction. Une colère populaire indiscutablement très sous-estimée dans les analyses antérieures. Reste maintenant à définir la frontière entre la colère et le suicide ?
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Quand Snapchat choisit … Londres !
Hier mardi, Snapchat a annoncé qu'elle installait à Londres son quartier général pour ses opérations non américaines et qu'elle déclarerait via le Royaume-Uni une bonne part de ses revenus internationaux. Snapchat est une société de messages en ligne qui disparaissent après avoir été lus et revendique plus de 150 millions d'utilisateurs quotidiens, dont 50 millions en Europe parmi lesquels plus d'une dizaine de millions au Royaume-Uni. Snapchat figure parmi les sociétés pouvant être introduites en bourse en 2017 pour des montants records historiques. Pour son choix d'installation, la compétition a été féroce entre de nombreuses capitales. Et Londres a gagné. Avec le Brexit, il était question de fuite des entreprises, d'isolement de Londres. Et avec une décision de ce type, qu'en est-il ? Il serait quand même temps que des explications sérieuses soient données après les démonstrations du drame supposé à venir avec le Brexit …
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La personnalité géographique existe bien …
C'est un des sujets les moins traités et pourtant très intéressant : l'identité géographique existe-t-elle ? Et si oui qu'est ce qui peut la structurer ? Quels rapports entre une identité géographique et le profil des habitants ? Qui structure le plus l'autre ? Depuis près de 30 ans, pour des raisons professionnelles, je suis sur Lyon plusieurs fois par semaine. Samedi en me rendant sur Grenoble, le constat classique de clochards, de tags, de papiers sur la chaussée. Dès l'arrêt au feu du pont de Catane, sur la droite, un groupe de sans abri manifestement très énervé, probablement très alcoolisé … Ce matin, à Lyon, entre Bellecour et le bout de la rue de la République à l'opposé de Bellecour donc sur un espace important : pas un clochard, pas un papier, pas de tag … (cf photos ci-dessus et ci-dessous prises à 9 heures). Bien davantage, à Lyon, la Ville vend même son savoir-faire en matière d'événementiel (cf article dans Les Echos la semaine dernière sur la fête des Lumières) et récupère des recettes non négligeables. Le Maire du 2ème arrondissement (UDI) travaille en bonne intelligence avec la "mairie centrale" (PS). Si des dossiers les opposent, il présente des contre-projets solides, précis, argumentés. Une approche bien éloignée de la guerre permanente des tranchées à Grenoble. A Grenoble, où le moindre projet piéton est perçu comme une agression contre les commerces. Et à Lyon, la rue "principale" est … piétonne avec des enseignes de haute renommée qui ne baissent pas les rideaux, loin s'en faut. Comment à 150 km de distance, de telles différences peuvent-elles exister à ce point ? Pourquoi de tels "tempéraments" aussi différents ? La sociologie ? L'histoire des lieux ? Comme beaucoup de sujets importants donc difficiles, il n'est pas traité. Dommage …
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Et si Vivarte permettait enfin d’ouvrir des vrais dossiers de fond … ?
Pour dynamiser l'économie française et relancer l'emploi, il faut ouvrir enfin des sujets tabous qui sont des verrous implacables. Deux d'entre eux méritent un examen sérieux : les banques et la grande distribution. 1) La France doit réorganiser totalement son système bancaire. Les Français se sont beaucoup appauvris ces dernières années. Un exemple concret, aujourd'hui France Domaine diffère la cession de biens immobiliers de grande qualité appartenant à l'Etat parce qu'ils savent que les Français ne pourront pas tenir la compétition face à d'autres candidats étrangers (arabes, russes, turcs …) et qu'ils protègent ainsi le patrimoine de l'Etat en gelant les opérations possibles. Faute de vrais investisseurs privés, à la différence des Etats-Unis avec ses capitalistes risqueurs, en France, la banque reste donc le pivot des financements. Or la culture de sécurité de la banque française c'est le bouclier contre le risque. Quand une holding achète une société par un dispositif d'emprunt susceptible d'être remboursé par les remontées de dividendes de la société cible, par définition, le dispositif devient impossible si la société cible ne dégage plus des bénéfices. La cession d'autres actifs devient alors incontournable pour honorer la dette. C'est ce mécanisme qui a secoué les LBO avec la crise de 2008. Pour éviter de telles évolutions, la banque doit accorder des "facilités", différer des remboursements … : bref accepter une part de risque. C'est le dossier actuel de Vivarte. En 2012, Hollande avait pris la promesse de distinguer l'activité de banque de gestion courante (particuliers) et celle de banque d'affaire. Il n'a pas opéré cette distinction. Dommage. Il serait temps de l'effectuer pour distinguer deux esprits différents de fonctionnement. 2) Second sujet tabou, la grande distribution. Là encore rien n'a été fait en dehors de changer certaines étiquettes qui ne sont jamais lues par les clients. Pour rendre un espace au petit commerce ou à certains fournisseurs comme les agriculteurs, les règles doivent être changées. Mélenchon a évoqué une mesure qui mérite l'attention : et si la grande distribution alimentaire était mise à contribution pour financer une partie d'un fonds de retraite des agriculteurs ? Le rapport de domination est tel entre le donneur d'ordre et le fournisseur qu'il peut être intéressant le lier les sorts dans la durée pour protéger le plus faible. Avec Vivarte et la question de la cession d'André, il serait temps que ces sujets soient enfin traités sérieusement. Les circonstances s'y prêtent avec la campagne présidentielle en cours. Pour le moment, les sujets abordés restent très superficiels.