Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Quand les marchés achètent de l’avenir

    Snap. Inc 02 03 17

    + 47 % d'augmentation du nominal de l'action Snap. Inc dans la journée d'hier. Les marchés ont passé un message clair : ils achètent de l'avenir. Lors d'une introduction en bourse, deux hypothèses : c'est le couronnement d'un processus vertueux de bons résultats financiers dans la durée ou c'est le démarrage d'un processus innovant jusqu'alors confronté à des pertes. Hier avec Snapchat, les marchés ont montré qu'ils voulaient acheter de l'avenir. Parier positivement sur la jeunesse des utilisateurs de Snapchat, la clientèle major de demain. Parier sur les nouveaux produits que la levée de fonds va accélérer. Face à la France qui veut taxer les robots ou condamner Heetch entre autres, les Etats-Unis viennent de passer un autre message plus prometteur. Heureusement !

  • Snapchat et le fort message d’optimisme

    Evan Spiegel 02 03 17

    Après les suppositions, c'est le temps des réalités. Et les réalités sont belles pour l'introduction en bourse de Snapchat aujourd'hui. 200 millions d'actions vont être levées à un prix d'introduction de 17 dollars. C'est une levée de fonds de plus de 3 milliards de dollars ! Mais surtout le livre des engagements a été sur-souscrit 10 fois ! C'est un formidable message d'optimisme qui est passé et qui va compter pour d'autres entreprises dans les prochains mois. Et un tel engouement pour des actions qui ne sont pas assorties de droit de vote. Le programme de Trump booste les indicateurs boursiers qui franchissent de nouveaux records. Bien loin de l'actuelle morosité française. 

  • Le temps, la sagesse et les couleurs

    Crayons de bois

    Nouveau sondage contradictoire publié avant-hier sur le thème de "réussir sa vie". C'est pourtant une question de fond qui mérite d'avoir les idées claires. Avant le sujet de fond qui est celui de "réussir sa vie", il y a une étape qui peut aussi mériter l'attention : sa vie est-elle agréable ? Est-ce qu'elle comprend davantage de moments agréables que de moments difficiles ? Et surtout comment s'en rappeler dans le temps, dans la durée ? Comment avoir cette sagesse de la durée ? C'est à cette étape qu'entrent en jeu les crayons de couleurs. Au milieu des années 90, l'hebdomadaire Le Point consacre un article à Philippe Labro après qu'il ait réalisé un entretien de grande qualité avec F. Mitterrand avant son départ de l'Elysée. Et le journaliste du Point pose à Philippe Labro, auteur remarquable, la question suivante au sujet de son bureau : "pourquoi autant de crayons de couleurs" ? Et Labro répond : "parce que j'identifie, selon la couleur, si le moment passé a été agréable ou pas". Depuis cette date, j'applique la méthode. C'est une pratique que je recommande. A la fin de la journée, quelle dominante de couleur pour la journée écoulée : jaune parce qu'elle fut très agréable, bleu car sympa mais sans plus, vert car prometteuse ou rouge parce que pénible et difficile. Plusieurs mois plus tard, le regard sur le temps écoulé change en parcourant le choc des couleurs. Mieux encore avec les années écoulées. Cette méthode permet aussi d'identifier dans le temps si des activités ou des individus sont systématiquement attachés à des couleurs "sombres", signes qu'il faut évoluer … 

  • Quand finalement avant l’heure c’est l’heure

    Nominations 28 02 17

    Rien ne manquera à ce mandat pour susciter une aversion profonde à destination de la politique. C'est un champ de ruines ! Et dans cet effort sans précédent pour toujours ajouter une pierre de plus à ce champ de ruines, les actuels re-casages de collaborateurs et d'élus de la majorité nationale sortante. La parole officielle était "nous travaillerons jusqu'à la dernière minute". Mais la dernière minute a déjà sonné. Il s'agissait juste de disposer du temps nécessaire pour se "mettre au chaud" avant de laisser des bureaux vides. Chaque soir, il suffit d'aller sur une revue professionnelle (par exemple Acteurs Publics) et prendre connaissance des "casés" du jour : une administration, un tour extérieur, Air France et … la Mairie de Paris qui semble devenue une annexe du pole emploi des membres parisiens des cabinets ministériels. Surtout ne jamais aller dans le privé. Ils parlent du "risque, de l'initiative …" mais ils ne connaissent pas ces terrains puisque le chaud aux frais des contribuables leur convient si bien. C'est d'une indécence absolue. Une monarchie qui se partage les postes comme hier les champs de provinces. Insupportable.

  • La « vallée de la mort » prend naissance … ?

    Evan Spiegel 27 02 17

    Dans l'actuel climat, deux signaux passent inaperçus en France de façon irréelle. 1) Avec son actuel niveau d'investissement public, c'est le plus bas niveau en France depuis 1952. Depuis 2008, l'investissement public en France a chuté de 15 milliards d'euros par an en moyenne. A ce stade, c'est un pays qui non seulement ne livre plus des équipements nouveaux significatifs mais qui n'assure plus la maintenance des équipements actuels. Concrètement, les prochaines générations vont avoir la "double peine" : une dette record + des équipements délabrés. 2) Alors que le cabinet In Extenso publie une étude passionnante sur le "second âge des start-up française" avec une alerte sérieuse, aux Etats-Unis cette semaine Snapchat va lever 3 milliards de dollars dans le cadre d'une introduction en bourse sur-souscrite. Une sur-souscription qui va encourager des entreprises françaises à aller chercher ailleurs les financements qui font défaut dans la "vallée de la mort" que devient la France. La drôle de campagne présidentielle risque de plus en plus d'aboutir à une réalité qui va précipiter la France dans un déclassement accéléré manifeste.

  • Snapchat et ses nouveaux produits : les belles innovations de demain …

    Evan Spiegel

    Jeudi 2 mars, Snpachat compte lever plus de 2 milliards de dollars lors de son introduction en bourse. Cette introduction va susciter beaucoup d'attention. Beaucoup de commentaires. Les commentaires vont porter sur un volet : est-ce que Snapchat mérite la valorisation permettant cette levée ? La bulle Internet … ? La vraie question est ailleurs : que va faire Snpachat avec ces fonds levés ? Deux aspects méritent en effet une attention particulière :

    1) Beaucoup des marques qui "font le monde moderne" datent de moins de 15 ans. Au cours des 15 dernières années, avec une accélération inouïe, la vie quotidienne a totalement changé. Prenons des exemples concrets :

    • Twitter date de mars 2006,
    • Facebook date de février 2004,
    • Instagram date d'octobre 2010,
    • WhatsApp date de 2009,
    • et Snapchat date de septembre 2011.

    En 15 ans, chacune de ces marques a changé le monde. Quand l'économie vit à un tel rythme, quel décrochage avec une vie publique qui ne bouge pas sur les 35 dernières années …

    2) Que va faire Snapchat avec les 2 milliards levés ? Certes changer ses relations avec les levées de fonds pour boucher ses pertes. Mais aussi "récompenser" ses capitaux risqueurs qui vont se désengager en douceur pour ne pas heurter la bonne vie du cours de l'action. Mais surtout continuer le rythme des nouveaux produits. Et quand sont évoqués les "nouveaux produits", on imagine les "surprises" à venir comme les lunettes qui prennent les photos en un clin d'oeil, le smartphone de demain avec une fonction privilégiée pour la messagerie … Quand tout bouge aussi vite dans la sphère économique augmentant la liberté individuelle, la vie publique ne peut s'enliser dans un immobilisme implacable au risque de décrocher totalement de la vie de la société.

  • Pour les moments où nous nous perdons parfois si facilement …

    La lecture des réseaux sociaux est un merveilleux kaléidoscope de centres d'intérêts, de réactions, de grilles de tempéraments … Dans l'ensemble de très belles réactions. Puis parfois, le sentiment d'une réaction totalement disproportionnée face aux faits en question. Personne n'y échappe. Ce film est fait pour ces parenthèses. Ces moments où nous nous perdons trop facilement dans des réactions inadaptées. Ce clip aux mots si forts doit nous permettre de moins nous perdre. Les vrais héros du quotidien sont là. 

  • Ne jamais moyenniser

    Mauthausen

    Quand tout se vaut, plus rien n'a de valeur. Je suis très surpris actuellement par cette mode de la moyennisation. Une formule dont le sens disparaît parce qu'elle devient appliquée à des cas trop différenciés. Accepter cette mentalité de la moyennisation, c'est perdre toute échelle de références. Le "crime contre l'humanité" doit répondre à des critères précis. Pour ma part, c'est une atrocité que j'ai découverte par le silence de mon oncle (le frère de ma mère). Il était merveilleusement sympathique, gentil, souriant. Puis soudain, tout changeait quand une référence à sa déportation pouvait intervenir. Il ne parlait plus. Lors de la phrase d'après, même sa voix était différente avant de revenir à l'ordinaire. Puis, j'ai découvert le "crime contre l'humanité" avec le livre de Gilbert Dreyfus (Cimetières sans tombeaux / 1979). Des passages terribles. Une phrase : "on ne sort d'ici que par la cheminée". Et les descriptions d'un univers de bourreaux généralisés. S'en extraire faisait des intéressés des miraculés. Plusieurs jours sont passés depuis la ré-utilisation de la formule "crime contre l'humanité" effectuée par un candidat brillant qui a manifestement le sens des mots qui fait tant défaut à d'autres candidats. Il gagnerait à s'excuser pour cette formule si injuste parce qu'elle moyennise très dangereusement des faits qui ne doivent jamais l'être. Plus le temps passe pour cette excuse, plus ce candidat entame son crédit. Chacun, même les meilleurs, peut commettre une faute. Plus cette faute est reconnue vite, mieux c'est. Trop de temps passe en l'espèce pour cette reconnaissance. Dommage.

  • Quand Pete Souza continue le combat …

    Obama 3 08 08 15

    Pete Souza était le photographe officiel de Barack Obama. Depuis sa campagne de 2008 jusqu'aux derniers jours à la Maison Blanche. Sur son compte Instagram, il mène actuellement un combat par l'image totalement inédit. Quand Trump crée une actualité par une déclaration, par un décret … Pete Souza publie une photo montrant l'attitude d'Obama sur le même sujet pendant sa présidence. C'est simple, talentueux et implacable. Le meilleur raccourci pour montrer l'éventail des choix lors d'une élection. Mais aussi le plus bel hommage qui puisse être rendu à la force d'une image.

  • Les chevaliers des sables

    Candidats présidentielle 2017 2

    Progressivement une question essentielle va s'imposer : qu'ont bien pu faire les citoyens français pour mériter une présidentielle aussi lamentable ? Comment et surtout pourquoi en arriver là ? La présidentielle 2017 c'est la course des chevaliers des sables. Tout bouge tout le temps. La droite extrême s'autoproclame agir "au nom du peuple" alors que sa candidate est personnellement héritière d'un père millionnaire en euros gagnés non pas par la création entrepreneuriale mais par la donation d'un ex-compagnon de route ayant fait fortune dans les ciments. La droite "classique" choisit un "père la vertu" éloigné du bling bling et porteur d'un projet de vraies ruptures radicales. mais quelques semaines plus tard, elle découvre un "père la vertu" qui aime manifestement beaucoup … l'argent et que les ruptures sont considérablement modifiées, voire même totalement aplanies. Avec Macron, selon les nuages de sable, impossible d'identifier sa localisation. Sa déclaration sur la colonisation relève du "mirage destructeur" en plein désert. Avec Hamon et Mélenchon, ils affirment vouloir le pouvoir pour une "vraie gauche" qui est la même à quelques petites nuances près. Mais chacun des deux est d'abord le chevalier de sa propre ambition. Unis, ils caracoleraient presque en tête. Divisés, ils sont en fond de tableau. Ils préfèrent quand même … la division ! Ceux qui s'intéressent encore à ce cirque ont beaucoup de mérite. Rien n'est solide, constant, durable. Les chevaliers des sables sont en piste.