La France est en train d'assister actuellement à un divorce sans précédent entre la politique et la vie. Aucun des faits constituant actuellement la Une de la présidentielle française 2017 ne se retrouve dans la "vraie vie". Nulle part. Personne n'a un "ami" qui lui offre 40 000 € de vêtements. Dans une ville de province, il est même impossible de trouver un magasin qui vende un costume pourtant de qualité à 6 000 € et encore moins un pull cachemire à 2 000 €. C'est introuvable et cela montre le décrochage terrible avec le microcosme parisien. Une seule manche d'un costume de Fillon paye la totalité d'un beau costume en dehors de Paris ! Des familles même aux moyens financiers limités font des économies parfois sur plusieurs années pour payer le mariage de leurs enfants. Elles l'ont programmé comme perspective probable et elles économisent diminuant sur des voyages, des achats, des restaurants … montrant d'ailleurs au passage la plus belle preuve d'amour quand la dépense est faite pour un autre alors même qu'on a tant d'envies pour soi-même ! Aucune d'entre elles n'enverrait la facture aux enfants pour qu'ils payent leur mariage. Et combien de mariages coûtent plus de 60 000 € ? Voilà les faits pour Fillon. Pour Macron, quand il se rend à Las Vegas, puisque ce sont des "entreprises à succès", des "licornes de futurs milliardaires" pourquoi les entrepreneurs ne payent pas leurs voyages et leurs nuits d'hôtels ? Surtout quand il y en a pour 330 000 € pour une seule nuit payée par les contribuables ? Il va falloir que Macron s'explique sur ce fait qui pose question. Pour le Pen, qui revendique la rigueur, comment expliquer tous ces mécanismes de surfacturations de campagnes pour engranger les remboursements via les deniers publics, de collaborateurs aux rattachements exotiques … ? Et la liste pourrait continuer longtemps. A ce niveau là vécu par aucune autre démocratie moderne, les citoyens qui cautionnent de telles pratiques dans une culture de suivisme moutonnier font d'abord un immense tort à leur statut de … citoyen.
Auteur : Denis Bonzy
-
Les trois vraies leçons fortes de l’introduction en Bourse de Snapchat
Le véritable fait majeur sur le plan économique international du début 2017, c'est l'introduction en Bourse de Snapchat. "L'atypisme" de ce fait majeur est actuellement banalisé dans des conditions irréelles. Les faits : une entreprise qui lance son application Internet en septembre 2011 connait en 2016 un CA de 400 M€. Elle n'a connu que des pertes et pour des montants significatifs (515 M€ en 2016). Et cette entreprise âgée de moins de 6 ans lève plus de 3 milliards de dollars en Bourse (c'est à dire davantage qu'hier Twitter en 2013 ou Google en 2004) et elle est valorisée 20 milliards de dollars ! Voilà pour les faits.
Ces faits peuvent conduire au "complotisme actuel" sur l'irresponsabilité de la "bulle Internet" … Mais la réalité est très éloignée de ce "complotisme". Les trois leçons de l'introduction en Bourse de Snapchat sont essentielles :
1) Par la méthode des comparables, la "nouvelle économie" a installé progressivement ses propres critères de valorisation. Quand la communauté financière les valide à ce niveau là, c'est la reconnaissance officielle durable incontestable d'une "nouvelle économie" à part entière,
2) Parmi ces critères distinctifs, il faut noter la part attendue des recettes publicitaires sur des segments de marchés très ciblés par le profil homogène d'utilisateurs avec des critères référents précis. Pour que ce critère distinctif soit reconnu à ce point c'est l'assurance du transfert considérable du marché publicitaire sur les réseaux sociaux. Par conséquent, une nouvelle donne absolue à ce point pour les autres supports dits traditionnels parce que le marché publicitaire n'est pas extensible à ce point. Pour qu'un tel transfert de recettes publicitaires intervienne à ce point sur des supports nouveaux, c'est la reconnaissance que, peut-être pour la première fois dans l'histoire des médias, un nouveau support va totalement déstabiliser les autres, les vouer à des disparitions progressives. Sous ce volet, c'est une nouvelle donne totale,
3) La levée se fait aux Etats-Unis, pays qui détient déjà la quasi-totalité des nouveaux leaders mondiaux sur ce segment de marché. Si la France reste confinée dans ses réseaux institutionnels de financements de proximité avec les petites levées récurrentes, c'est l'installation assurée de la France dans les "petites divisions" de cette nouvelle économie. C'est ce à quoi nous assistons actuellement en douceur mais avec certitude.
-
Les 18 – 35 ans et le temps de l’épicerie personnalisée créative : au-delà de la seule alimentation …
Surprenant débat en France actuellement sur le devenir d'un régime politique à bout de souffle. Bien sûr que le système politique français actuel est mort sous un amas d'échecs, de scandales, d'affaires permanentes à répétition, de problèmes jamais résolus … A quel titre ne serait-il pas mort quand tout bouge par ailleurs de façon accélérée même dans les domaine sa priori les plus traditionnels ? Prenons l'exemple du rapport à l'alimentation qui est par excellence le secteur le plus traditionnel. Les 18 – 35 ans sont en train de changer totalement la donne. L'entreprise Marché Goodfood s'annonce comme l'une des introductions en bourse les plus prometteuses dans les prochaines semaines. La foodtech vit des révolutions considérables comme le révèle une étude récente Kantar TNS. Ces personnes nées entre 1980 et 2000 ont un poids démographique croissant qui lui fait déjà atteindre un tiers de la population mondiale et bientôt 50 % de la population active en France. Ils sont en train de casser tous les codes classiques du fonctionnement dans ce qu'il y a de plus quotidien et traditionnel : le rapport à la nourriture et aux boissons. Et alors que cette génération casse tous les codes, elle se soumettrait aux codes classiques de la politique, domaine par excellence devenu répulsif. Ce raisonnement ne résiste à aucune logique. Tout l'équilibre institutionnel de la V ème république est déjà mort. Cette génération l'a condamné sans appel. Mais l'équilibre suivant n'est pas encore né. C'est actuellement la seule incertitude réelle : quelles institutions demain ?
-
Snapchat et la véritable « nouvelle économie »
Au début des années 2 000, les critères de valorisation des sociétés .com introduites en bourse suscitaient des commentaires quasi hystériques de la part des observateurs classiques. AuFéminin.com, Cyberdeck, et surtout Artprice avaient déchaîné des passions. Artprice, entreprise alors toute récente lors de son introduction, avait été valorisée sur la base d'un multiple élevé (20) de son CA prévisionnel à n + 2 ! Avec Snapchat, près de 17 ans plus tard, la communauté financière montre que les critères de valorisation de la nouvelle économie n'ont aucun rapport avec les valeurs de rendement qui prévalaient hier. C'est une véritable nouvelle économie qui est née, qui fonctionne, qui a installé ses critères différents sur des bases techniques nouvelles : le nombre d'utilisateurs, leurs profils, leur fidélisation, la place de marché, la croissance du CA … : il y a une immatérialité nouvelle dans certains postes importants. Ce qui est sûr c'est que Snapchat est une introduction réussie. Avec le recul de la semaine, le cours est largement supérieur au cours d'introduction. Les volumes journaliers d'échanges sont très élevés. Le cours est élevé alors même que les investisseurs de départ ont probablement capitalisé leurs mises, ce qui peut toujours tirer le cours à la baisse. C'est un exemple de vitalité qui montre, si besoin était, combien la France a cassé son financement par les introductions en bourse notamment par la restructuration d'Euronext et la disparition des places régionales. Un très lourd handicap pour les start-up françaises dans la compétition internationale des prochaines années.
-
Les retards injustifiables
Pendant des décennies, la France a porté des valeurs universelles en matière de droits de l'être humain, de respect de la citoyenneté… Ces époques sont passées. En ce jour tout particulièrement, comment expliquer des retards inexplicables ? En septembre 2016, en Californie, le Gouverneur a ratifié une loi rendant les crimes sexuels imprescriptibles. Le temps ne permet plus de gagner l'impunité. La France est en retard alors même qu'une telle mesure est de simple bon sens pour protéger des personnes fragiles (femmes, mineurs …). De même pour ré-écrire les conditions de la défense des femmes battues de façon à leur reconnaître des conditions élargies de légitime défense. Et la liste pourrait durer longtemps. Comment analyser et comprendre ces retards injustifiables ? A quel moment la France a-t-elle renoncé à son "rôle" universel d'antan ? Pourquoi cette renonciation ? Dommage que ces questions de fond soient aussi peu traitées. Un retard injustifiable de plus …
-
Le vrai temps d’attendre …
De façon paradoxale, la société de l'immédiat se fait à l'idée du temps d'attendre dans de nombreux domaines. Prenons un exemple précis parmi tant d'autres. La crise climatique est manifeste. Le mois de janvier 2017 en est la preuve. Avec 0,92°C au dessus d’une moyenne climatologique calculée sur la période 1951/1980, janvier 2017 est au dessus de janvier 2015, et au troisième rang des mois de janvier depuis le début de la série des relevés thermométriques planétaires. La carte de ces températures (exprimées en écart à la moyenne climatologique) montre un globe presque partout au dessus de cette moyenne sauf quelques exceptions. Que se passe-t-il face à cette réalité ? Plus grand chose. L'accord de Paris voit son application suspendue au bon vouloir de l'Administration Trump… Autre exemple, les dettes publiques : elles évoluent de reports en reports. Pourquoi l'opinion publique se fait-elle à l'idée que le temps d'attendre pourrait désormais occuper une telle place ? Certes par manque de courage face à des sujets sérieux pénibles à traiter. Mais surtout parce qu'elle n'intègre pas le temps d'inertie avant que des mesures prises produisent des effets concrets. La notion d'immédiateté a gommé la perception du … vrai temps d'attendre pour vivre les effets pratiques positifs. Ce temps d'attendre est parfois considérable. Ainsi, face au réchauffement climatique, les scientifiques les plus sérieux estiment de 30 à 50 ans le temps d'attendre avant que les décisions prises ne produisent des effets pratiques de nature à inverser les actuelles tendances. Le jour où enfin le temps d'attendre la décision sera cumulé au temps d'attendre l'effet concret de la décision une fois prise, on aura connaissance d'un vrai calendrier particulièrement angoissant avec des effets considérables parfois irréversibles notamment pour des espèces animales.
-
La publication de l’avis de chaos !
A quel moment en France les citoyens vont-ils prendre le temps pour regarder en face des chiffres incontestables. Non pas les chiffres des grévistes ou de manifestants qui varient de 1 à 10 en fonction des annonceurs mais les chiffres dressés par la Caisse des Dépôts et Consignations sur l'investissement public. Chiffres publiés la semaine dernière par un rapport public officiel. La France, pays de l'impôt record sur le plan international et pays de la dette record sur les mêmes bases n'investit plus. Investir c'est préparer l'avenir, moderniser les équipements, entretenir les voiries … La chute est catastrophique. L'actuelle situation c'est laisser aux prochaines générations : des impôts dissuasifs + une charge de la dette + un pays sous-équipé. C'est le pays du chaos. A ce rythme, il n'est même plus sûr que la Grèce n'ait pas davantage de facultés de redressement de la France car son niveau de sous-administration lui accorde des embellies de recettes à venir, embellies impossibles dans la France sur-administrée. Et ces chiffres sont évoqués par personne ! Totalement irréel. Le chaos !
-
Les coeurs tendres sous les peaux épaisses …
Hier soir tard, j'ai terminé la lecture d'un ouvrage remarquable "les émotions des animaux". Son auteur est un spécialiste de renommée mondiale du comportement animal, professeur à l'université du Colorado. Il a consacré sa vie à étudier les comportements des animaux : émotions, joies, tristesses, résignations face aux douleurs ultimes. C'est l'histoire des coeurs tendres sous les peaux épaisses. Une lecture fantastique. Il y a actuellement 4 sujets de fond à côté desquels le reste n'est qu'accessoire. 1) Le choc des identités de civilisations par l'émergence d'un obscurantisme religieux qui ramène des siècles en arrière. 2) La crise environnementale : tout simplement parce qu'elle met en cause sérieusement le devenir même de la planète. 3) La pauvreté : il n'est pas possible qu'une communauté humaine accepte des seuils de pauvreté qui sont une insulte à la dignité humaine et 4 le respect des espèces animales. Dans ce dernier cadre, il faut changer le système des pensées. Il faut partager et non plus dominer. Mais surtout, tout particulièrement face à des détresses animales intolérables, il faut voter chaque jour en refusant de consommer, en finançant les associations qui s'opposent sur le terrain, en signant les pétitions utiles. Comme face à la crise environnementale, les sceptiques sont des irresponsables quand l'évolution incontestable des connaissances atteste de réalités solides, sérieuses. Un livre remarquable que je recommande tout particulièrement. Il existe en format de poche à 8, 65 €.
-
Une énigme absolue
Une énigme c'est un mystère quasi-impossible à comprendre. C'est le mot qui convient le mieux à la situation politique actuelle en France. Dans une démocratie moderne, une campagne électorale doit être une fête de la pédagogie sur les actions à conduire pour évoluer vers un contrat solide, juste, honnête. En France, c'est à l'opposé. Comment des partis politiques qui veulent officiellement gouverner peuvent-ils présenter un programme qui vise officiellement à un abandon au moins partiel de la dette publique c'est à dire à la dénonciation de la signature d'un pays ? Et ces partis font plus de 30 % en cumulé du corps électoral ! Le PS prévoit de taxer les robots comme si cela rassurerait les individus face à des hausses fiscales considérables. Mais tous les produits sont déjà taxés en France et là il s'agit d'un impôt de plus sur un produit au titre qu'il concurrence le "travail humain" donc demain après les robots, au même titre, c'est idem pour les ordinateurs, les smartphones … ? Et l'idée de changer de candidat. Même aux Etats-Unis face aux révélations sur Trump et la vidéo terrible sur des aveux de harcèlement sexuel, ce sujet n'a pas été ouvert. En France, on efface un vote. On choisit un autre candidat. On zappe. A quel titre et pour qui ? Au fait que l'ex ne respecte pas l'engagement pris. Et on choisit un nouveau candidat qui, il y a encore quelques jours, promettait qu'il avait tourné la page … Et jamais la moindre investigation sérieuse sur qui a pu lancer l'affaire notamment en ayant connaissance de la collaboration de Mme Fillon à la Revue des Deux Mondes ? Quant à Macron, pourquoi reporte-t-il en permanence les décisions de sa commission d'investitures incapable de rendre des … investitures ? Parce qu'il s'agit de ne décevoir personne pour ajouter le maximum de voix ? Est-ce la "nouvelle politique" promise ? Que montrent tous ces faits : nous assistons aux dernières heures d'une ex grande puissance qui depuis plusieurs décennies s'enfonce dans des crises permanentes et qui, en l'espèce, dans des circonstances internationales pourtant exceptionnelles, montre qu'elle a quitté le statut de "référence internationale" sauf pour devenir le sujet des moqueries faciles ou du contre-exemple. L'issue d'un tournant pris dans les années 50 et qui depuis s'aggrave en permanence pour s'accélérer ces dernières années de façon très inquiétante. C'est la seule grille de lecture cohérente pour donner une réponse à l'énigme de l'actuelle situation.