Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Un seul mot d’affection et la vision peut changer …

    Obama 08 01 17

    Hier à Chicago, devant des étudiants, Obama faisait sa rentrée sur le thème du leadership. Dans une démocratie d'opinion est-il possible d'être élu sans être aimé ? Non. Il faut une vision et une dimension d'affection. Ce beau sujet de fond fut d'ailleurs le véritable tournant de la campagne de Fillon avec cette formule terrible "je ne vous demande pas de m'aimer mais de me soutenir". Mais dans une démocratie d'opinion qui peut soutenir sans aimer ? Pas le grand nombre. Seulement ceux qui ont intérêt au soutien. Regardons la situation depuis le 23 avril au soir. Quel bruit fait la rupture quand l'affection a fait défaut ? Aucun. La page est tournée. Comment imaginer que voter puisse être une … punition ou même une résignation alors que ce doit être un acte d'envie, de désir, d'espoir ? Ce qui est impressionnant c'est que des professionnels de ce métier aient eu la capacité à oublier à ce point cette réalité de base. Un oubli qui dénote d'abord la capacité à ne penser qu'à soi et à se mentir à soi-même. Le véritable enjeu du changement est là pour le leadership qui est si tristement en panne en France depuis 5 ans. Qui va retrouver durablement ces mots d'affection qui font changer le regard et l'envie ?

  • Le 23 avril et son vainqueur manifeste incontestable : les fausses informations

    Jessica Chastain 21 03 17

    La présidentielle américaine de novembre 2016 avait été la consécration des "fake news". Terme qui recouvre des réalités très différentes. En France, le vainqueur manifeste incontestable du 1er tour, ce sont les fausses informations. Une présentation qui a tout d'une information mais qui est une manipulation. La manipulation la plus imaginative a été celle des "électeurs cachés" devenus depuis hier soir les électeurs disparus. Celui ou celle qui a conçu cette expression au moment où la fiabilité des sondages était fragile a témoigné une ingéniosité intellectuelle de haut niveau. C'est digne du "plus blanc que blanc", formule publicitaire qui a eu ses "heures de gloire". Une formule qui ne résiste à aucun examen sérieux mais qui marque les esprits pour faire naître un doute sur des bases nouvelles. A la réflexion, la notion "d'électeurs cachés" ne résiste à aucun examen sérieux : pourquoi se cacher ? A partir de quoi on peut décider qu'un électeur se "cache" ? Se cacher de qui ou de quoi ? Pourquoi les électeurs cachés n'existeraient-ils que dans un camp ? Qui les recherche et comment ? … Dommage que la même ingéniosité intellectuelle ne soit pas mobilisée sur le fond. La sortie de crise s'accélérerait peut-être ?

  • Quand la façon d’écrire un mot devrait pouvoir varier par individu …

    Eglise de Varces

    Dans les "petites classes" de l'Ecole, des enseignants fourmillent parfois de conseils simples pour donner la clef de la bonne écriture d'un mot. Pour le mot "mourir", cette clef est simple : "un seul "r" parce qu'on ne meurt qu'une fois". Ce matin, à l'église de Varces, en écoutant le mot d'un père lors des obsèques de son fils jeune trentenaire, j'ai eu, une fois de plus, la solide certitude profonde que ce mot terrible "mourir" devrait être le seul mot du dictionnaire en France où chaque auteur devrait pouvoir ajouter le nombre de "r" qu'il souhaite montrant ainsi le vrai chiffre de ses épreuves fortes dans la vie et attester d'autant sa capacité de résilience. Très dure matinée.

  • La France est-elle devenue le pays qui finit par aimer le confort de ses scandales ?

    Silence

    Il y a quelques mois une formule suscitait des réactions : "la France, c'est Cuba sans le soleil". La bonne formule ne serait-elle pas plutôt "la France c'est la Suisse sans la richesse" ? En Suisse, il y a une lenteur de réaction qui peut même passer pour de l'indifférence. La neutralité aurait son socle sur un tempérament "réservé" ("on verra bien …"). Avec cette présidentielle, la France est devenue le pays qui finit par aimer le confort de ses scandales. Les SMS révélés par Dupont Aignan susciteraient le boycott du support de presse en question dans toutes les autres démocraties. En France, rien. Deux candidats seraient dans l'impossibilité absolue de se présenter dans toute autre démocratie. En France, rien. Des programmes auraient été étrillés par des experts économiques. En France, rien. Et la liste pourrait continuer longtemps … Du pays des valeurs universelles, la France est devenue celui des scandales universels avec en plus tous ceux qu'elle parvient à cacher non sans efficacité comme le sujet pour le moins "embarrassant" de certains militaires dans des pays étrangers où ils étaient supposés défendre la paix. Entre les scandales acceptés, les scandales cachés … : ce rapport si tolérant aux scandales mériterait d'être analysé. Il y a une renonciation à l'exemplarité qui doit permettre à chacun de se dire "quand je me compare, je ne suis pas si mal quand même ...". C'est le côté positif de la situation.

  • La présidentielle 2017 et sa longue liste de … disparus

    Lost

    La présidentielle 2017 restera probablement d'abord l'élection des … disparus. Le premier disparu a été le président sortant. Puis ce fut le tour des perdants des primaires. Ensuite, le tour des experts économiques qui n'ont même pas cherché à "cadrer techniquement le débat". Puis les candidatures de membres de la société civile : aucune. Par membre de la société civile, il faut comprendre des personnes qui vivent d'un métier en dehors de mandats politiques. Il avait été question de Payre, de Jardin … : disparus ! Une compétition entre des membres qui vivent de la politique. Ils vivent du système politique dont ils sont membres depuis de nombreuses années mais qu'ils … condamnent comme inefficace, corrompu … Disparu aussi le Medef face à deux programmes dont il passe pourtant son temps à dire qu'ils seraient "dangereux" et qui recueillent pourtant près d'un vote sur 2 (si on ajoute Le Pen + Mélenchon + l'extrême gauche très en forme actuellement). Hier aux Etats-Unis, 162 entreprises portent témoignages dans une procédure judiciaire contre des décrets de Trump. En France, où sont les patrons qui témoignent concrètement des "dangers" énoncés par ailleurs ? Nulle part. Dans ce contexte de disparus, il faut quand même saluer le courage des citoyens qui vont devoir se décider. Il manque plus que l'abstention soit élevée et il faudra ajouter à la liste les électeurs … disparus après l'épisode irréel des électeurs …cachés. Pour un pays qui veut compter sur le plan international, c'est une équipe longue de … disparus.

  • Snapchat ou le parcours boursier qui mérite des réponses solides à des questions sérieuses

    Snapchat CEO

    Qu'est ce qui reste à un porteur d'actions quand il n'a ni le droit de vote ni la faculté de capitaliser son "placement" ? Dès l'origine, l'action Snapchat était dépourvue de droit de vote lors de l'introduction en bourse. Par conséquent, l'intérêt d'investir résidait dans une logique spéculative. Mais le cours s'est effondré. Tant que le capitalisme fonctionnera sur de telles bases, il suscitera une répulsion qui alimentera ses plus déterminés détracteurs. Sur de telles "bases", le capitalisme "sponsorise" sa perte. Il privilégie manifestement l'enrichissement personnel des investisseurs initiaux en passant le mistigri de leur sortie à des … particuliers pour une grande partie. C'est une situation tellement opposée à l'éthique, au bon sens et au respect d'autrui qu'il ne faut pas s'étonner si des opposants irréductibles ont des autoroutes devant eux lors de suffrages démocratiques.

    Snapchat cours de bourse 19 04 17

  • Le beau et fort symbole du dossard 261

    Boston 18 04 17

    Hier, les organisateurs du marathon de Boston ont eu le sens des symboles beaux et forts. À 69 ans, Kathrine Switzer a couru le marathon. Elle a commencé par tirer le coup de pistolet de départ de la course d'élite féminine, en début de matinée, avant de s'élancer elle-même dans la compétition, avec les amateurs, deux heures plus tard. Portant, comme en 1967, le dossard 261. En 1967, Kathrine Switzer, alors jeune étudiante de 20 ans s'était inscrite avec les initiales de ses prénoms et son nom de famille au marathon qui était alors réservé aux … hommes. Sous un survêtement, sous le dossard 261, elle avait débuté la course sans être repérée, avant d'être agressée par des hommes.

    261

    L'image fait alors le tour du monde. Il faudra attendre 1972 pour que le marathon de Boston soit ouvert aux hommes et aux … femmes. Hier, tout naturellement, avec le même numéro de dossard 261, Kathrine Switzer a parcouru le marathon avec de très nombreuses autres participantes. Naturellement. Simplement. A égalité. Il y a encore de nombreux pays où le symbole du dossard 261 n'a toujours pas gagné. C'est ce qui devrait mériter l'attention internationale avec davantage de vigueur.

    Kathrine Switzer

  • Une journée avec ses contrastes extrêmes

    Seyssins 17 04 17

    Il y a des jours qui portent le meilleur et le pire. Le meilleur quand vous engagez une randonnée de bon matin au soleil levant avec quelqu'un que vous rencontrez pour la première fois pour faire découvrir les chemins que vous aimez. Une personne dont le lien a été tissé via Twitter et sa capacité à faire partager de si belles photos. Une personne agréable, sympathique qui ressemble à tant d'êtres de qualité qu'on a l'impression de l'avoir déjà rencontrée, connue comme si c'était simple et naturel de longue date. Puis en fin de matinée, par la lecture de la presse locale, découvrir le décès par accident de l'enfant de 36 ans d'amis avec lesquels nous avons partagé tant de moments agréables : un accident de spéléologie. La sagesse populaire a de nombreuses formules d'une grande force juste. Mais aussi parfois elle porte des formules qui sont des idioties irréelles. Ainsi, certains disent-ils parfois "on a la vie qu'on mérite". Cette formule est d'une injustice terrible, folle. Il y a tellement de personnes qui n'ont pas la vie qu'elles méritent. Dans ce cas, Julien, ses parents et ses deux soeurs ont tellement lutté pour mériter une vie tellement plus longue. Lutter dès le plus jeune âge dans des conditions que celles et ceux qui les connaissent peu ne pourront jamais imaginer. En quelques heures, cette journée imposait ses contrastes les plus extrêmes. Implacable avec un ciel si bleu pur que tout pouvait disposer à la douce joie. Une façon aussi de rappeler qu'il ne faut jamais aller mal par flemme d'aller bien car tout peut basculer si vite.

  • Jour de fête et visages de … guerres

    Erin Trieb 4

    La violence passe par les images davantage que par les mots. Aucun mot n'a la cruauté triste des réalités de guerres. Aujourd'hui, quand des pays font la "chasse aux oeufs", d'autres sombrent toujours sous les tirs et les bombes, presque dans l'ordinaire. Une réalité qui mériterait d'être mieux considérée. A cette fin, presque chaque jour, des médias devraient consacrer quelques secondes à ces réalités : une photo et une explication de 15 secondes suffiraient. La conscience internationale y gagnerait. En 2003 et 2004, aux Etats-Unis les visages des soldats tombés au front ont changé les consciences dès que les infos commençaient par ces visages frappés en pleine jeunesse, en pleine vitalité souriante et prometteuse selon les photos. Pour garder à l'esprit ces réalités, un témoin fabuleux : Erin Trieb. Une photographe de terrain qui a le talent de montrer le … terrain. Implacable. Réaliste. Pensée particulière aujourd'hui. Pour ne pas oublier cette réalité, il suffit de s'abonner aux réseaux d'Erin Trieb.

    Erin Trieb 3

    Erin Trieb 2

  • Le jour où la politique s’inspirera des leçons du … tennis

    Tennis 15 04 17

    La saison des tournois locaux de tennis vient de débuter. Un moment particulièrement agréable. J'ai commencé mon premier tournoi de tennis en avril 1974 à Meylan. C'était ma première année en droit. Je faisais alors le tournoi sous les couleurs de l'équipe de Rhône Poulenc. Le responsable de notre équipe était M. Mourra qui, dans les années 80, a pris sa retraite à Mont de Marsan. M. Mourra nous entraînait souvent. Avec patience et pédagogie. Nous jouions alors avec MM Cloarec, Michaud, Moneger … notamment. Ce matin là d'avril, je m'en souviens comme si c'était hier, le temps était froid. Mon adversaire était largement à ma portée. J'ai perdu. Avec la sagesse et la gentillesse qui étaient les siennes, M. Mourra m'a donné un conseil : "tu as trop voulu gagner. Il faut jouer sans penser au score. Jouer chaque balle en donnant le meilleur de soi-même sans penser au score". J'ai appliqué son conseil et chaque fois que je l'ai appliqué je suis parvenu à gagner même des meilleurs que moi. D'un coup le jeu devient plus vrai, plus naturel. Le "petit bras" s'éloigne". Depuis 10 jours, ce conseil devrait être respecté par les candidats à la présidentielle 2017. Ils pensent trop au score sauf un qui en conséquence monte, monte, monte … comme s'il ne pensait pas au score. Pour les autres, la campagne a manifestement 20 jours de trop. Dommage pour tout le monde que ce soit les 20 derniers jours …