Dans son entretien à l'hebdomadaire Le Point Emmanuel Macron a au moins le mérite de montrer qu'il a une vision globale. Il est possible d'être d'accord ou pas avec cette vision. Mais elle existe. Elle est argumentée, ancrée dans une construction intellectuelle. 20 pages qui changent de la formulette destinée à faire la carte postale du jour. Dans cette vision, il y a un volet qui mérite l'intérêt : l'inquiétude exprimée sur l'esprit de cour, l'organisation des petits arrangements, la structuration des statuts qui gèlent les situations … Macron met en évidence l'intérêt de la capacité à dire "non". Sous cet angle, c'est probablement l'apport n°1. Car, ce qui est inquiétant actuellement, c'est l'émergence d'une génération qui ne connait pas assez la beauté du sens du non. Le "non" a été victime d'une déstructuration organisée de son sens pour faire vivre une génération docile amoureuse du "oui" et du mimétisme collectif. Il faut réhabiliter le "non". D'abord le "non", c'est l'autre visage d'un autre "oui". Dire "non" c'est vouloir autre chose que le "oui" refusé. Ensuite, c'est accepter qu'une conception personnelle peut compter autant qu'une conception collective qui n'est ainsi pas vouée à s'imposer par mode, par matraquage commercial, par soumission à des dogmes divers … Enfin, c'est l'expression de l'indépendance donc de la liberté à exprimer une position. Le XXI ème siècle sera la victoire de ceux qui disent "non". Le "non" a déjà donné naissance à la "nouvelle économie" parce que des entrepreneurs ont dit "non" aux circuits classiques qui s'imposaient jusqu'alors. Le "non" va devenir la grande bataille pour refuser un réchauffement climatique qui est le suicide de la planète. Et les exemples pourraient durer longtemps. La grande différence ne va pas résulter des nationalités mais des capacités à faire vivre des tempéraments "qui ne soient pas que des lèches bottes ou des mauviettes" pour reprendre l'expression de Clint Eastwood qui produit actuellement le film "15 heures 17 pour Paris" célébrant l'héroïsme au quotidien. Peut-être qu'avec des films, des articles … le "non" va retrouver la place qu'il mérite en France … ?
Auteur : Denis Bonzy
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Bravo Gabrielle !
Depuis quelques jours, le film publicitaire sur le parfum Gabrielle nous rappelle, si besoin était, que la publicité peut aussi être un art. Quel plaisir ! Le coup d'épée du samouraï : en quelques secondes, une publicité transporte dans un autre univers. Une musique. Quelques images. Et l'imaginaire fait son travail. L'actualité est lourde : enlèvement, inondations, violences … Et d'un coup, une publicité tranche.
En l'espèce, avec une belle musique pleine de vitalité, une publicité vante le parfum, la seconde peau. Une remarquable réussite. Le rappel que le parfum, c'est d'abord le voyage des sens. Un constat fait certes avec partialité car cette musique est l'une de mes préférées actuellement avec Sign of the Times. Bravo aux publicitaires créateurs de cette très belle pub.
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« Il était si laid que, lorsqu’il faisait des grimaces, il l’était moins … »
Cette formule de Jules Renard résume la vie politique française. Il ne s'agit pas d'avancer tous positivement. Il faut d'abord lever des épouvantails pour que chacun puisse se réjouir ensuite d'être parvenu à écarter certains épouvantails. Le projet doit être tellement laid à l'origine qu'à l'issue des "grimaces" deviennent tolérables. Hier, en France, avec le projet de réforme du code du travail, c'était au tour de chacun d'accepter des "grimaces" pour éviter la "laideur" globale esquissée à certaines étapes. Au même moment, la même journée, aux Etats-Unis, près de 300 entrepreneurs leaders signent une lettre publique pour défendre un texte clair, précis. La lettre est publique. Ce ne sont donc pas des discussions de coulisses. Tant que l'économie française sera "gérée" entre une représentation patronale collabo qui cède à toutes les sirènes du pouvoir fut-il même bien de gauche comme si en France être patron devait être une croix permanente à porter et un syndicalisme ouvriériste qui rêve toujours de la lutte des classes et du "grand soir", l'économie est mal barrée dans ce pays.
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223 jours et déjà … à la prochaine
Il y a un moment où l'accélération du temps doit quand même commencer à poser question. Ce qui me surprend beaucoup actuellement, c'est l'importance considérable dans les médias américains de la perspective d'une candidature de Mark Zuckerberg en 2020. Certes, l'intéressé s'y prête. Sur Google, il y a accès à des centaines d'articles sur ce sujet dans des médias importants. Et il y a seulement 223 jours que Trump est installé. Rien ne semble pouvoir calmer la fuite dans le temps. A peine installé, il est déjà question de la prochaine élection. Et ce matin, des médias français s'engagent dans cette voie en ouvrant expressément la course à Matignon. La question est désormais à l'après éventuel Edouard Philippe. Là, on est à 108 jours entre la date d'installation et celle d'aujourd'hui. A ce rythme, l'installation annonce presque le départ virtuel. Difficile de gérer sérieusement dans de telles circonstances. L'opinion commence peut-être à zapper un peu trop vite … ?
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Le vrai décrochage français : l’engagement et l’exemple de la bataille de l’arrondi
Le Sud Est du Texas (soit l'équivalent d'une partie considérable des territoires français) subit actuellement un désastre. Il se reconstruira très vite. Des sportifs emblématiques, des entrepreneurs, des particuliers … vont abonder des sommes considérables pour effacer le plus rapidement possible les traces de cette épreuve historique. La faculté de résilience sera spectaculaire. Les fonds fédéraux et ceux de l'Etat fédéré ne manqueront pas. Mais les particuliers vont changer la donne. Dès hier soir, sur Instagram, un joueur de basket lançait l'opération au moins 25 000 dollars pour le Texas. Et la liste des donateurs d'au moins 25 000 dollars s'allongeait de minute en minute. Il y a 3 jours pour défendre les sanctuaires naturels, Yvon Chouinard (Patagonia) achetait pour 700 000 dollars une pub TV pour appeler à la mobilisation face aux menaces de l'administration Trump. Et la liste d'exemples des engagements privés pourrait durer longtemps. En France, historiquement, la donation a été d'abord le fait de l'Eglise dans sa vocation sociale. Puis cette source s'est appauvrie. L'Etat lui a succédé. Mais l'Etat s'est appauvri à son tour perdu dans une foultitude d'aides le détournant de ses fonctions essentielles comme le montrent actuellement dramatiquement par exemple les photos des moyens de forces de l'ordre ou de Défense. Il n'y a pas d'étape suivante en France. C'est toujours à l'Etat de faire. Si l'Etat ne fait pas tout de suite, c'est le scandale, l'impopularité. On le vit actuellement avec l'installation de Macron. On peut être pour ou contre sa politique. Ce n'est pas la question. Mais qui le désenclave ? Le patronat français demande des mesures mais explique-t-il pourquoi elles seraient utiles au grand nombre ? Non. Il y a un choc seulement entre ceux qui doivent faire et ceux qui s'opposent. Et les autres sont où ? Ils observent. Ils attendent. C'est le véritable décrochage français : l'engagement est en berne. Des engagés peuvent perdre. Ils peuvent aussi gagner. Ce qui est sûr, c'est que faute d'engagement les personnes concernées ont beaucoup moins de chance de gagner. Tant que la bataille de l'engagement de chacun ne sera pas livrée, l'immobilisme et les blocages seront les seuls vainqueurs. Or cet engagement peut revêtir des aspects parfois simples aux conséquences pourtant considérables comme la bataille de l'arrondi. Des sites se multiplient dans ce cadre. Des sommes parfois significatives sont collectées. S'engager ce n'est pas que voter. S'engager c'est faire respecter sa qualité de citoyen chaque jour et non pas un seul jour tous les 5 ou 6 ans. Le jour où l'engagement aura changé en France, la vie publique changera alors bien au-delà du seul état civil de son Président.
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Où est la France qui fait ?
A continuer à ne mettre en relief que la France qui parle ou celle qui dérape, des médias vont dissuader les dernières personnes qui ont encore envie de faire. La France qui parle, c'est la "France politique" qui parle encore et toujours sans même avoir souvent quelque chose d'innovant ou de sérieux à dire. C'est un "gavage" de la pensée avec la méthode des éléments de langage qui accompagnent la tournée des plateaux TV ou radios. Entendre les mêmes mots. Les mêmes formules. Comme si à force de répéter, une vérité fut-elle fausse pouvait s'imposer. La France qui dérape, c'est celle des faits divers. Plus la France dérape dans le glauque, plus des médias couvrent. C'est une ambiance insupportable. Où est la France qui agit ? Celle qui crée, qui innove ? C'est la grande différence entre l'information outre-atlantique (Canada, Etats-Unis / je ne peux pas parler d'autres pays car je ne les connais pas assez) et l'information française. En France, celui qui agit n'existe pas. Il faut parler ou déraper pour compter aux yeux de médias. Et d'ailleurs la France qui parle est tellement proche des médias que ceux qui ont été virés par les urnes reviennent par les ondes en constatant le nombre désormais irréel de politiques usés, dévalorisés, décrédibilisés qui deviennent … journalistes. Pourquoi cette situation ? Parce qu'agir en France, c'est ce qui se compte le moins : les faits, les comparaisons, les chiffres justes, les innovations prometteuses …. Prenons des exemples concrets :
- l'été 2017 est meurtrier pour les animaux domestiques (abandons records, vols pour trafics ..) : que se passe-t-il ? Rien. A Boston, le mercredi 24 août 2016, Charlie Baker mettait en oeuvre un arsenal de mesures concrètes. La France n'est même plus capable de copier ce qui marche ailleurs. Et pourtant sur de tels sujets, comment imaginer des blocages syndicaux ?
- les hôpitaux : pour certains examens le malade est convoqué avec la fourniture de produits que l'hôpital public économise parce qu'il n'y a pas de petites économies pour l'hôpital public quand en même temps Macron nomme Royal (une recyclée parmi tant d'autres !) avec une flotte de collaborateurs et de moyens matériels pour surveiller les … pôles,
- l'ouragan Harvey aux Etats-Unis la question traitée pour des médias US c'est : est-ce une preuve de plus du dé-règlement climatique ? En France, au même moment, c'est le nombre de morts sur un déferlement d'images chocs,
- … : et la liste pourrait durer longtemps encore.
Cette situation est insupportable. Elle use une majorité politique en un seul été. Et elle lasse les citoyens qui s'écartent de ce climat irresponsable même pour les plus engagés d'entre eux désormais.
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La fin de « l’école française de l’eau »
Demain à Stockholm, comme chaque année à fin août, débutera la semaine mondiale de l'eau. Une manifestation internationale de plus en plus importante face au défi du réchauffement climatique. Dans ces circonstances particulières du défi climatique, la France met fin à ses avancées historiques dans ce domaine. Les avancées historiques datent de la loi sur l'eau en 1964 avec la mise en place d'un dispositif très original respectant la logique des bassins versants avec la création de 6 Agences de l'Eau. Mais depuis les années 90, cette avancée s'érode. Pire, depuis quelques années, c'est l'échec assuré. Il est connu. Diagnostiqué. En mai 2016, un organisme public d'expertise dresse un constat sans appel de la crise. L'Etat coupe les moyens des Agences de l'Eau en aspirant leurs budgets pour d'autres interventions. L'Ademe, autre intervenant, en avril ne savait plus boucler ses fins de mois et devait décaler ses interventions. La liste des crises pourrait durer longtemps. Le prochain programme pluri-annuel à partir de 2020 pourrait connaître une baisse de 20 à 25 % des moyens financiers des Agences. "L'école française de l'eau" a vécu. Au moment où l'eau va devenir une ressource naturelle plus fragile que jamais face au réchauffement climatique, l'Etat français n'a plus ni les moyens ni la volonté d'en faire une priorité. Une situation d'une extrême gravité dans les prochaines années. La crise concrètement, c'est quoi :
- les canalisations pas remplacées donc des fuites d'eau records c'est à dire le gaspillage de la ressource,
- l'acceptation de la chloration durable de l'eau avec les effets sanitaires graves,
- le non renouvellement de la première génération des stations d'épuration donc une perte de performance dans la gestion de la pollution,
- le non entretien des rivières donc une exposition aux risques d'inondations lors de violents orages en raison de retenues sauvages,
- la rupture d'alimentation en eau par la non mise en oeuvre d'alternatives d'alimentations pour des secteurs exposés à une ressource fragile,
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NB : pour rappel, chaque ligne ci-dessus en gras et de couleur, c'est un lien pour atteindre l'article de fond en cliquant sur cette partie du texte.
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Le fipronil et l’allergie à la « réforme » …
Hier, Macron évoquait une supposée allergie des Français à la réforme. Mais les Français ne sont pas allergiques à la réforme. Ils sont allergiques à l'action, à l'initiative, à la mobilisation,. Prenons des exemples concrets et récents : le scandale du fipronil. Dans certains produits, nous mangeons de la "merde" parce que des producteurs préfèrent augmenter leurs profits plutôt que de respecter la qualité de leurs produits donc respecter leurs clients. Que se passe-t-il ? Rien. Une action collective en justice ? Même pas puisque la gauche a tellement verrouillé ce dispositif que c'est un parcours du combattant très protecteur des grandes industries et non pas des consommateurs. Des associations donnent-elles la liste des marques à boycotter ? Même pas. Et pourtant, ce serait la meilleure façon de les responsabiliser que de les pénaliser là où ces marques pensaient gagner : le porte monnaie. Rien ne se passe. Comme il ne se passe rien sur le dossier de la chloration permanente durable de l'eau reconnue comme porteuse de cancers ou les canalisations avec de l'amiante car l'amiante ingérée est aussi dangereuse que l'amiante respirée. Quand les Français ne bougent même plus quand ils mangent ou boivent de la "merde" qui met en cause leur santé, il ne peut plus être question d'allergie aux réformes mais d'allergie à toute action possible. Ce qui est plus qu'une nuance. La véritable priorité serait actuellement de s'interroger sur les facteurs de cette apathie généralisée. Parce que si ces facteurs là ne changent pas, il n'y a pas de doute à avoir, aucune victoire collective sérieuse ne sera possible dans l'actuelle compétition en dehors de "sucettes d'ivresses passagères" comme organiser les JO que plus personne ne veut ou s'offrir un jeune président pour une vieille nation sans ressort.
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Espèces animales : refuser le snobisme des causes à la mode
Un snob c'est quelqu'un qui aime une cause ou un individu qu'à la condition que d'autres aiment aussi cette cause ou cet individu. Et comme la France est gouvernée par Paris et que Paris c'est 300 snobs qui vivent au rythme des mêmes causes dans des relations incestueuses montrant, si besoin était, qu'aucune Révolution en France n'a été efficace, c'est un pays qui tourne le dos à de nombreux vrais enjeux. L'un des vrais enjeux de fond actuellement c'est le respect de la chaîne naturelle des équilibres. Il faut donc respecter les fonctions de prédateurs qui ne sont jamais que des nuisibles voués à être tués. Il faut accepter le rétablissement des renards, des loups, des ours … Jamais l'un d'entre eux n'est que nuisible. Ils contribuent à une chaîne naturelle d'un remarquable équilibre. Prenons l'exemple du renard, depuis plusieurs semaines déjà, des associations se battent pour que le renard soit sorti de la liste des nuisibles. Nicolas Hulot a été interpellé. Que fait-il ? Rien. L'ex acteur TV sponsorisé par le chimique Rhodia ne fait rien. Une caricature du snob parisien. Pour identifier les vrais défis, il faut notamment se référer aux vidéos du cinéma américain indépendant hors le circuit commercial classique (cf extrait ci-dessous d'un festival du cinéma en Caroline du Nord). Des productions remarquables avec un contenu pédagogique de grande qualité. Le jour où en France le terrain à la base acceptera de vivre sans chercher en permanence sa soumission aux totems parisiens, la France retrouvera la vitalité qu'elle a perdue depuis si longtemps bien tristement.