Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • LE rapport qui devrait faire LA Une de tous les médias français

    Biche

    Hier lundi, l'Académie des Sciences a publié un rapport alarmiste sur le devenir de la biodiversité en France notamment. 2 ans de travaux de la part d'experts reconnus. Des exemples précis. L'identification sérieuse de causes. La mise en relief de conséquences concrètes par exemple sur la disparition programmable d'espèces animales et en nombre considérable (25 % !). Que se passe-t-il ? Rien. Jusqu'à quand les contribuables français vont-ils accepter de consacrer autant d'argent à des Institutions dont l'expertise ne sert à rien ? Soit l'expertise est reconnue. L'argent public est alors utile puisque les rapports corrigent des politiques publiques. Soit l'expertise est ignorée. Autant supprimer alors les instances en question : Cour des Comptes, Académie des Sciences, Conseil Economique …. Les membres mêmes de ces instances devraient réagir si leur seul souci n'était pas de "boucler une fin de mois" ou d'avoir une honorabilité qui flatte leur ego. Quel plus inacceptable désaveu qu'une telle indifférence ? Cette situation irresponsable ne peut plus durer encore longtemps. 

  • 2018 : l’année où les budgets publics français explosent …

    Yanet Ellen 2 24 09 17

    Débat public français irréel actuellement. Les directions des grandes administrations rognent sur tout ce qu'elles peuvent. Des exemples concrets. Les primes de déplacements des CRS sont fiscalisées et mensualisées pour différer des paiements. Les redevances aux Agences de l'eau pourraient être payées par les distributeurs (publics et privés) à facturation et non à encaissement, ce qui signifie concrètement une avance de trésorerie aux Agences au moment où l'Etat siphonne leurs finances à hauteur de 200 millions d'euros … Et la liste pourrait continuer longtemps. Tout est bon pour faire les fonds de tiroirs. Pourquoi ? Parce que le stimulus monétaire post crise 2008 a pris fin. C'est le tournant du 19 septembre 2017 avec les déclarations de la FED. Pour jouer sur un "effet édredon", la complaisance monétaire a duré 9 ans. C'est une séquence temps énorme. 9 ans pour purger, pour restructurer, pour repartir sur des bases plus saines. Qu'a fait la France pendant ces 9 ans ? Rien. Bloquée. Figée. Immobile. Avec les taux d'intérêt qui repartent à la hausse, c'est un nombre considérable de budgets publics français qui vont exploser en 2008. Impossibles à tenir. Et pendant ce temps, la classe politique française débat sur le point de savoir si "la rue a chassé ou pas les nazis"…  Un hors sujet absolu. Irresponsable !

  • Quand on a vu de l’autre côté …

    DB Tazieff

    Il y a deux vues très différentes face à un événement : le vivre ou l'imaginer. Quand on l'imagine, c'est impossible de le connaitre pour de bon. Même les images fidèles ou une narration précise ne permettent pas de prendre conscience de tous les aspects. C'est d'ailleurs l'un des problèmes de fond de la vie publique française avec la professionnalisation des représentants : parler d'un sujet sans l'avoir vu de l'autre côté. Il y a 25 ans, le 23 septembre 1992, la France se "réveillait" avec les images dramatiques des inondations de Vaison la Romaine. Mais l'autre côté des images, sur le terrain, une inondation c'est très différent. C'est d'abord le bruit. Le bruit des pierres, des arbres portés par la force de l'eau qui s'entrechoquent. Un bruit considérable qui écrase tous les autres. C'est ensuite l'odeur de cette boue qui contamine toute l'atmosphère. Elle écoeure. Elle porte une poussière qui va changer le visuel de tout un paysage. C'est enfin le sentiment d'une puissance irresistible. De tels événements, j'ai connu de l'autre côté c'est à dire sur le terrain avec de nombreux épisodes de ce type dans des cadres professionnels ou électifs divers : Nîmes, Vaison la Romaine, Gresse, Malhivert, Cannes … : la lave torrentielle est une menace considérable. C'est un sujet très peu donc très mal traité avant un accident historique. Vaison la Romaine n'a véritablement traité la menace de l'Ouvèze qu'après le drame. Avec le réchauffement climatique et des épisodes orageux d'une particulière violence très sectorisée, il serait temps de regarder autrement cette menace. Des tornades créent des chocs très localisés dont les effets peuvent être considérables. Une situation qui mériterait d'être regardée avec davantage d'attention et de réalisme. 

  • Seule la transparence rend l’information digne de confiance

    Zuckerberg 07 08 17

    Les annonces faites par Mark Zuckerberg sont un indiscutable tournant pour l'information numérique. Il accepte de lever le secret sur des achats publicitaires. Et il a annoncé des mesures fortes pour lutter contre les tentatives de manipulation. Sur le fond, c'est le tournant de l'honorabilité de l'information numérique. Elle montre qu'elle est devenue adulte. Et comme adulte, elle ne peut se permettre d'être le receptacle d'informations erronées. Les décisions annoncées hier par Zuckerberg marque le démarrage d'un cycle nouveau de l'information numérique. Quand Facebook accepte de collaborer avec le Congrès pour établir la transparence sur la présidentielle 2016, comment refuser demain d'autres démarches de ce type pour d'autres pays ? C'était nécessaire pour garder ou renforcer la crédibilité de l'information numérique. Et cela changera aussi les "règles de fonctionnement" pour les médias traditionnels car, dans la compétition des supports, ils ne pourront être "en retard". Une date importante pour l'information. 

  • Quand l’intérêt n’a plus de mémoire …

    Wish 2

    Il y a quelques jours, Wish a levé 250 millions de dollars. Wish, c'est une plateforme d'e-commerce. Le parti pris est simple : des prix cassés 265 jours sur 365 ! Bref, des soldes à 90 % (au moins) tous les jours de l'année. Voilà contre quoi un "commerçant traditionnel" français doit désormais lutter. Pour acheter auprès d'un "commerçant traditionnel", il faut trouver où se garer. Puis payer le parc-mètre. Puis ne pas dépasser la durée achetée au parc-mètre sinon c'est l'amende garantie … Et de temps en temps seulement, profiter d'embellie sur les prix à – 30 ou – 50 %. Et la concurrence : se mettre devant son clavier. Chercher un produit. Cliquer. Payer en ligne. Et le coût de l'expédition (quand il est facturé selon les conditions d'achat) est moins élevé que 30 minutes de parc-mètre ! Pour des produits interchangeables, sans fonction de conseil pour le vendeur, des produits qui ne craignent ni la casse ni la péremption : comment lutter ? La fonction du prix dans la séduction d'un produit est désormais telle qu'elle cache les autres volets d'un produit. Nous sommes entrés dans un cycle où l'intérêt du prix n'a plus de mémoire, ne se rappelle de rien, jamais d'un service rendu, d'une réparation assurée, d'une recherche particulière qui avait demandé beaucoup de temps …  Avec de telles conditions de consommation, si les villes ne s'adaptent pas de façon très urgente (plages horaires gratuites pour les véhicules, animations récurrentes, opérations commerciales quasi-permanentes …), nous ne sommes qu'au début d'un massacre considérable. Ce d'autant plus que la bataille financière globale est tellement inégale. Pour des entreprises d'Internet situées dans la seule localité de San Francisco, au cours des trois  dernières semaines, 528 millions de dollars ont été levés auprès de capitaux risqueurs. Pas sûr que ce montant ait été levé sur toute l'année 2016 (12 mois) pour les entrées de ce segment de marché sur la Bourse de Paris. Si des modifications majeures urgentes ne sont pas apportées, les villes et villages de France ne sont pas prêts de voir arrêter la baisse des stores métalliques … Et ce constat est effectué par le client que je suis qui donne la préférence permanente au commerce indépendant de proximité avec une grande fidélité.

  • Vaut-il mieux regretter ce que l’on a fait ou ce que l’on n’a pas fait ?

    Villes mortes 2

    Quels sujets de livres font actuellement des gros scores de ventes ? "Le crépuscule de la France d'en haut", la "France périphérique ignorée" … et le "massacre des villes" : voilà des scores considérables. Un point commun : la France a surtout déménagé son territoire davantage qu'elle a veillé à l'aménager. D'où une succession d'échecs considérables. Le livre d'Olivier Razemon est implacable. Des vitrines vides et sombres, des façades aveugles, des stores métalliques baissés … : la crise urbaine est là sous les yeux. Les commerces du centre-ville meurent. Comment comprendre cette réalité ? Comment l'expliquer et surtout comment la changer ? Un livre lucide qui pose de bonnes questions. Une lecture qui n'engendre pas l'optimisme mais qui appelle les interrogations à ne plus éviter.

  • Regarder des chiffres incontestables en face : la fin du « massacre » irresponsable, c’est pour quand ?

    Renard 15 09 17

    Une étude du Fonds mondial pour la nature vient d'être publiée (WWF). Et cette étude ne concerne pas un pays lointain en voie de développement "réputé" pour son indifférence aux sujets de l'environnement. Cette étude concerne le Canada, pays très sensible aux sujets de la nature. Le Canada compte 903 espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens. Ces espèces ont perdu 83 % de leurs individus entre 1970 et 2014, selon le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF). Le déclin des espèces protégées par une loi fédérale a été comparable à celui des espèces non protégées. L’organisation environnementale a étudié 3 689 populations différentes de 386 espèces d’oiseaux, 365 espèces de poissons, 106 espèces de mammifères et 46 espèces de reptiles et amphibiens. Elle a utilisé une méthode développée par la Société zoologique de Londres pour regrouper plus de 400 ensembles de données compilés par le gouvernement fédéral. L’étude explique que les déclins de population sont causés par des facteurs qui commencent à être bien connus : la perte d’habitat, les changements climatiques, les espèces envahissantes et la pollution. Face à de tels changements structurels, même les lois dites de protection sont d’un impact faible. Les populations des espèces visées par des lois de protection se sont écroulées de 63 % pendant la durée de l’étude. Ces chiffres montrent bien, si besoin était, que les enjeux sont ailleurs que dans des textes.

    En bref:

    • Les populations de mammifères ont reculé de 43 %
    • Les populations de poissons ont fondu de 20 %
    • Les populations de reptiles et amphibiens ont reculé de 16 %
    • Les populations d’oiseaux ont grimpé de 7 %, surtout grâce à l’amélioration du côté des gibiers d’eau et des oiseaux de proie. En revanche, les populations d’oiseaux des prairies se sont effondrées de 69 %, celles des insectivores de 51 % et celles des oiseaux de rivage de 43 %.

    Face à de telles réalités incontestées, il serait quand même temps de regarder ces chiffres en face et de changer sérieusement de façon urgente de comportements.

  • La France et sa conception mondaine du patrimoine

    Drôme 27 06 16

    Dans 48 heures, comme chaque année, la France va célébrer ses journées du patrimoine. Avec les déplacements nombreux dans le temps, je suis surpris par la conception française du patrimoine : il y a un snobisme, un patrimoine mondain. Pour appartenir au patrimoine reconnu, donc respecté, il faut mériter être au musée. Dans cette mentalité assez étonnante, il n'y a pas d'espace pour le "petit patrimoine", celui du "coin de la rue" : la vieille porte d'un immeuble, la petite fontaine d'une place de village, deux arbres qui portent une mémoire centenaire … Le grand perdant de cette approche, ce sont les paysages comme si la nature pouvait en permanence refaire ce qu'elle a créé.  Très souvent, ce "petit patrimoine" n'intéresse personne. Il peut disparaître dans l'indifférence. La fontaine peut être taguée dans l'ignorance. Des arbres centenaires peuvent être abattus et constater qu'ils seraient "équilibrés" par de jeunes pousses … Cette mondanité du patrimoine, c'est la négation même du patrimoine. C'est dommage que tant de villes et de villages y succombent. C'est mauvais signe pour les prochaines années. 

  • L’époque du téléphone mobile est peut-être déjà passée … ?

    Apple 13 09 17

    Remarquable article du quotidien Sud Ouest sur la "génération post mobile". Une question : y aura-t-il une génération post mobile et si oui pour quels nouveaux supports ? La réponse est oui : il y aura bien une génération post mobile. Les outils de demain seront la montre et les lunettes. Et hier … Apple a présenté la nouvelle version de sa montre connectée Apple Watch qui est désormais capable de passer des appels directement. La montre se connecte directement aux réseaux mobiles sans passer par un iPhone, ont expliqué les responsables du groupe lors d'une présentation organisée dans le nouveau siège à Cupertino. La fonction «cellulaire» est intégrée dans la montre et l'écran sert d'antenne à l'appareil. Avec cette fonctionnalité, on peut passer des appels et écouter de la musique en streaming directement, sans passer par la connexion d'un téléphone intelligent. Et la montre aura notamment toutes les fonctions d'aide à la surveillance de la santé. Le printemps du mobile est peut-être déjà passé, fabuleuse époque. Et demain, les lunettes auront des utilités tellement plus multiples que la traditionnelle correction de la vue.

  • Rendre toute sa place à la technique

    Irma floride 3 12 09 17

    L'actuelle interprétation nécessaire sur les conditions d'existence d'ouragans très violents montre si besoin était une exigence urgente : rendre toute sa place à la technique. Au moment où les moyens d'expertise ont considérablement gagné en outils donc en fiabilité, le débat technique passe trop souvent au second rang. Les faits sont immédiatement pris en otages pour servir telle ou telle cause politique de soutien ou de défiance. Cette scénarisation est gravissime sur le fond. Elle occulte excessivement des constats techniques qui devraient être établis en toute impartialité. Sur ces faits techniques, qu'il y ait ensuite matière à débats, c'est naturel mais les débats ont alors un socle solide. Comment apporter des réponses sérieuses durables quand le problème à résoudre est mal posé ? Si dans plusieurs domaines dont le climat, la technique ne retrouve pas la place qu'elle aurait jamais dû quitter, il y a matière à alimenter des inquiétudes sérieuses. A se nourrir de la seule course aux images et au spectaculaire pour faire vivre l'audience, les jours d'après sont tristement un champ inefficace dans la durée.