Malraux avait vu juste en évoquant la poussée du religieux dans le 21 ème siècle. C'est avéré. Il y a une autre bataille qui s'engage : celle entre d'un côté les producteurs de richesses par le travail et d'un autre côté les bénéficiaires de la redistribution par les aides sociales. La France sera au premier rang de cette bataille. En effet, le village planétaire c'est quoi ? C'est d'abord la possibilité de comparer les impositions pour aller vers les plus accueillantes. C'est le cas pour les sociétés comme pour les particuliers. Pour les sociétés, regardons actuellement la bataille pour un siège d'Amazon. C'est une compétition ouverte pour s'extraire des frontières. La localisation se fait presque à la criée pour aller à la meilleure offre : la moindre imposition avec le maximum d'aides. Pourquoi ? Parce que le gain pour la localisation sera dans la diffusion permanente des richesses : emplois directs, indirects … et non pas dans la brutalité de l'imposition globale. Pour les particuliers, le rebond du Portugal, c'est ce même socle pour partie à destination des seniors. Face à cette concurrence, que fait la France actuellement ? Non seulement, elle ne révise pas ses conditions de coût de son secteur public mais elle engage une logique de "secteur public punitif" : gagner par les amendes ou autres redevances ponctuelles ce que l'imposition globale n'offre plus parce qu'elle est au taquet. Et ce volet là sera de moins en moins accepté. Le divorce entre les imposés et les bénéficiaires est bien ouvert. Il risque de venir très violent rapidement.
Auteur : Denis Bonzy
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Scandale Weinstein et le jour d’après en France …
Dans de nombreux pays, c'est actuellement le jeu de quilles. Les têtes tombent. Les procédures judiciaires se multiplient. La presse américaine et la presse canadienne sont engagées dans une course précise aux scandales : des noms, des faits, des révélations … comme la récente affaire McQuade. A l'opposé, en France, tout est calme. Ou nous assistons à la plus belle réhabilitation de l'élite française politico-médiatique exemplaire face à des reproches très graves de ce type ou c'est un système très verrouillé. L'explication sérieuse gagnerait à être donnée …
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Et si le scandale Weinstein devenait aussi enfin celui d’un suivisme de mondanité …
Il y a une question simple qui n'est pas posée actuellement : "comment tant de personnes ont pu dire tant de bien de Weinstein pendant tant d'années finalement sans le connaître véritablement puisqu'elles ignoraient ses comportements privés ?". Et la liste des hypocrisies pourrait durer longtemps : – comment des responsables politiques américains ont-il pu accepter tant d'argent sans se renseigner sérieusement sur le donateur ? – comment une ex-secrétaire d'Etat est-elle coupée d'informations de ce type ce qui augure des coupures quand il s'agit de dossiers lointains sur des territoires étrangers ? comment les médias ont-ils pu être aussi complaisants vis à vis d'une personnalité qui est avérée aujourd'hui être "un monstre" depuis tant d'années ? … Parce que l'opinion est en présence de l'hypocrisie mondaine ! "Tout ce petit monde" savait probablement depuis longtemps la réalité probable des agissements de l'intéressé. Mais il était à la mode. Alors puissant. Presque intouchable. Et un jour ce socle d'impunité se brise. Et tous ceux qui n'avaient pas eu le courage hier de faire le premier pas pour dire la vérité simple, en font encore davantage comme s'il fallait crier encore plus fort pour faire oublier le silence d'hier. C'est assez pathétique d'abord sur la qualité d'un système. Après le sujet très sérieux et grave du harcèlement, il serait aussi temps que la crise systémique de l'actuelle information soit reconnue pour être corrigée. Pour ma part, c'est ce volet là qui m'inquiète au moins autant dans le scandale Weinstein : une incapacité à informer justement, courageusement, de façon impertinente pendant tant d'années !
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Et si les villages étaient un atout …
Lors du dernier festival de Cannes, un film documentaire aurait mérité d'ouvrir un réel sujet de fond : quel devenir pour les villages au moment où la mode est au "big is beautiful" ? Pendant longtemps la mode fut au "small is beautiful". Cette mode est toujours présente dans la vie économique, plus que jamais dans ce domaine. Mais dans l'organisation des collectivités publiques françaises, cette mode est passée : il faut construire de grosses entités. Pourquoi ? Après quels débats ? Pour quelles conséquences ? Une fois de plus, une technostructure parisienne a posé des choix et le mimétisme a fait la suite : accompagner le politiquement correct du moment. Ce film documentaire mériterait une attention plus vigilante. Un contre-sens n'est-il pas en train de prendre corps ? C'est assez consternant de constater qu'un quart d'un entretien présidentiel peut être consacré à l'utilisation d'un mot et que des sujets durables de fond de ce type ne sont même pas esquissés. Tombés dans l'indifférence ou le fatalisme. Très inquiétant !
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Les réalités oubliées
La vie publique française vit toujours au même rythme : un jour la publication d'un volumineux rapport et le lendemain l'oubli des conclusions comme si le rapport ne servait à rien sauf à alimenter un rayon supplémentaire de bibliothèques. Il y a 15 jours, Emmanuel Macron présentait son plan pour le numérique dont la volonté de créer des leaders. Mais comment un pays qui ne finance que 14 introductions en bourse par an en moyenne ces dernières années pourrait-il financer des leaders là où ailleurs, sur le même financement, par exemple le Canada en finance 100 en moyenne sur la seule Bourse de croissance de Toronto pour une levée moyenne de plus de 3 millions de dollars ? L'avenir économique est inscrit dans ces chiffres. Un rapport presque de 1 à 10. Parmi les nombreux prospectus d'introduction en bourse auxquels j'ai participé celui d'Ober montrait toute la gamme des possibilités que seule la Bourse offre : de la valorisation post IPO à la faculté de cessions de titres permettant des évolutions rapides du périmètre d'actionnariat … Sans cette introduction, cette société n'aurait jamais pu affronter avec efficacité ses défis stratégiques d'alors. Ce n'est pas avec 2 ou 3 business angels plaçant au mieux 50 000 € d'économies pour surveiller à ce titre l'équipe de gestion et tromper l'ennui d'une retraite trop frustrante que cette société aurait pu "changer de gamme". Au rythme actuel, la France se prépare à une petite économie régionale en ayant quitté tous les hauts de classements des segments d'avenir. Cette réalité est inscrite dans les actuels chiffres. Ce sera intéressant d'écouter Emmanuel Macron ce soir sur ce sujet à la condition que la question soit posée bien sûr …
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La vérité sur la crise de 2008 verra-t-elle le jour ?
Le livre de Yanis Varoufakis sur la crise de 2008 est terrifiant. En juillet 2015, Yanis Varoufakis avait révélé avoir secrètement enregistré certaines réunions de l’Eurogroupe, ce club informel des ministres des Finances de la zone euro. Il s’était alors engagé à en dévoiler le contenu dans un livre. C'est fait avec Conversations entre adultes. Et dans ce livre, comme déjà évoqué par des auteurs alors rapidement marginalisés, Yanis Varoufakis démontre qu'il n'a jamais été question de sauver la Grèce mais de sauver des banques trop exposées. Un livre qui est terrible sur les rapports de forces au sein de l'Europe, sur les véritables objectifs de l'Europe, sur le fonctionnement des démocraties occidentales et sur la puissance sans contrepoids de l'Allemagne. Il mériterait davantage d'exposition médiatique. Si ce n'est pas le cas, sans tomber dans la détestable mentalité du complot, il y aura de sérieuses questions à se poser sur le quadrillage du système démocratique européen… La vérité sur la crise de 2008 sortira-t-elle seulement un jour … ? -
Le signe oui est celui d’un être humain qui s’endort, mais au contraire, le réveil secoue la tête et dit … non
Cette interprétation du signe des gestes est celle d'Alain sur la religion. Pertinente. Le vrai mystère, c'est quand l'habitude est au oui pourquoi passe-t-elle au non ? C'est le mystère de l'actuel scandale sexuel aux Etats-Unis avec le producteur de cinéma. Pourquoi maintenant ? Parce que le non est d'abord l'affirmation de soi. Réaliser que le sens d'une vie, d'une attitude existe davantage que le sentiment que peut en avoir l'autre. Ce déclic dépend parfois de peu de choses. Et lorsqu'il se produit, tout change. La Catalogne. La présidentielle 2017 en France face au vieux monde politique. Trump en novembre 2016 face au couple Clinton usé par ses comédies pathétiques et son addiction au pouvoir … Le non c'est aussi l'affirmation que demain n'a pas mécaniquement vocation à ressembler à hier. Ce sentiment progresse. Heureusement. Et ce progrès mériterait d'être mieux considéré parce que des barrières traditionnelles ne vont plus tenir longtemps dans de nombreux domaines. Enfin !
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Comme si on envoyait des majorettes sur le front de guerre …
L'impréparation de la France aux mutations liées au réchauffement climatique annonce des réveils dramatiques. Regardons les faits récents. 1) Le second pollueur au monde se retire de ses engagements. Hier, le chef de l’Agence américaine de protection de l’Environnement (EPA), Scott Pruitt, a signé un projet de décision abrogeant un ensemble de mesures prises par l’administration Obama pour lutter contre le changement climatique. Cette abrogation intervient quelques mois après la décision du président américain de quitter l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il était défavorable aux États-Unis. Scott Pruitt avait annoncé lundi, devant des mineurs du Kentucky sa décision d’abroger le Plan climat de la précédente administration. Le «Clean Power Plan» (CPP, Plan pour une énergie propre), signé par Barack Obama en août 2015, avait pour but d’accélérer la transition énergétique et d’imposer aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 32% d’ici 2030 par rapport à 2005. Il aurait entraîné la fermeture des centrales thermiques à charbon les plus anciennes et les plus polluantes du pays. Le public a 60 jours pour soumettre ses commentaires avant l’adoption à terme d’un texte définitif. Les États-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effets de serre derrière la Chine. Avec l'administration fédérale Trump, le cinéma de la COP21 vole en éclats. Ne pas avoir profité de l'administration Obama pour sceller un accord juridique contraignant restera dans le temps d'une irresponsabilité notoire. 2) Au moment où la France découvre la sécheresse d'octobre, le Gouvernement coupe dans les crédits de … l'eau. 3) Et demain, il y a débat à l'Assemblée Nationale sur l'éventuel retour de la compétence eau aux Communes qui sera probablement rejeté pour être laissée aux intercommunalités, nouvelles technostructures administratives lointaines, confuses et irresponsables. Alors que la lutte contre le réchauffement climatique mériterait des vrais combattants, aujourd'hui, c'est comme si on envoyait des majorettes sur le front de guerre. Face à Trump et l'administration fédérale américaine, les gesticulations françaises pèsent rien et les décisions intérieures sont à contre-sens. Les retours aux réalités s'annoncent périlleux en France face aux conséquences graves et implacables du réchauffement climatique.
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Instagram et les avancées surprises de la cause animale
Instagram est en train de faire vivre à la cause animale des avancées inattendues qui vont progressivement changer la donne pour de bon. Pour la première fois à ce point. Enfin ! Loki, Crusoe, Whiskey, Cayenn … sont des comptes Instagram battant des records d'abonnés. Leur point commun : retracer par des photos du quotidien la vie de chiens. Et il en est de même pour d'autres espèces animales sur d'autres comptes. Sur Instagram, plus de 100 000 abonnés ont suivi Bella et le compte de Rob Kugler partageant les derniers jours de son année sabbatique pour faire voir à Bella, sa chienne labrador atteinte d'un cancer, les plus beaux paysages des Etats-Unis. Ce que des mots n'étaient jamais arrivés à traduire pour faire passer l'âme d'animaux, des photos y parviennent. C'est l'une des avancées les plus positives du moment grâce aux réseaux sociaux. Une avancée discrète mais aux conséquences pratiques considérables dans les prochaines années : la cause animale est heureusement en train de changer de dimension. Des maltraitances ne seront plus possibles demain sans des sanctions fortes parce que cette dimension d'être vivants des animaux est enfin de plus en plus reconnue. Une cause que de belles marques comme Orvis renforcent avec efficacité.