L'actuel débat sur la "nouvelle étape" dans la vie des blogs est très intéressante. Il est d'abord instructif sur l'évolution des dernières années. Une évolution à un rythme accéléré considérable. Au tout début, l'information numérique, c'est "l'information du pauvre" : ceux qui ne peuvent accéder régulièrement aux médias classiques. Puis, la prise de conscience intervient que le numérique est une information de synthèse incomparable : du texte + des photos + des vidéos + du dialogue via les commentaires. Aucun autre des supports traditionnels couvre aussi bien la gamme des moyens d'informer. Ensuite, c'est l'affirmation que l'information numérique est incontournable. Elle ouvre toute la gamme des moyens avec l'immédiateté. Elle peut faire les victoires (Obama 2008) comme elle peut sceller les défaites (Clinton 2016). L'actuelle enquête aux Etats-Unis sur la campagne 2016 montre en effet en premier lieu, point incontesté, que l'information numérique peut faire basculer une campagne. Ce point établi, l'enquête porte sur les auteurs des éventuelles manoeuvres mais pas sur l'efficacité des manoeuvres. Cette affirmation est telle qu'aujourd'hui des médias classiques vivent leur propre information au rythme de relayer et commenter en permanence des déclarations postées sur … Twitter, Facebook ou des blogs. Voilà pour les étapes passées. Ce qui est avéré pour la politique l'est pareillement pour le commerce. Peut-être même davantage encore ? Une nouvelle étape va s'ouvrir. Si l'audience et / ou la monétisation sont des critères de performance, l'enjeu est donc désormais de définir la valeur ajoutée qui assure cette audience ou cette monétisation. C'est un débat passionnant qui est ouvert. Si vous avez des idées, des propositions, ne pas hésiter à me les communiquer par le lien suivant : dialogue. Merci par avance.
Auteur : Denis Bonzy
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100 !
Hier mercredi, par une plainte déposée auprès de la Cour de Los Angeles, dans la seule affaire Weinstein, le seuil des 100 procédures a été atteint. 100 procédures contre une seule personne. Et si on devait apprécier l'onde de choc, c'est considérable tout particulièrement en phase de pré-primaires pour les élections intermédiaires de novembre 2018 à l'exemple de l'Alabama. Et le voisin canadien est pris dans la même tempête. Face à cette tempête, la France est à l'écart. Une seule affaire occupe l'actualité : le MJS. Je ne sais pas comment il faut interpréter cette comparaison des "vagues" : retard "à l'allumage" en France, vertu en France, indifférence ou système terriblement verrouillé ? Ce qui est sûr c'est le choc des chiffres mériterait quand même une explication sérieuse.
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Les 2 points faibles majeurs du système français
Demain 16 novembre, May Boeve (photo ci-dessus) va recevoir le prix "nouvelles frontières" décerné par la JFK Library à Boston. Son association 350.org fait des actions concrètes remarquables pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ils demandent rien à l'Etat. Ils font. Ils agissent. Ils vivent leur citoyenneté en permanence c'est à dire en téléphonant à leurs parlementaires avant les votes, en publiant les votes … C'est un message fort au moment où la COP23 à Bonn multiplie les impasses manifestes montrant l'immensité du fossé entre les mots et les actes, entre les mots et les financements. En France, tout est attendu de l'Etat. Si l'Etat ne fait pas, on dirait que toute autre action est impossible, illégitime, vouée à l'inefficacité, à l'échec. Or l'Etat français c'est le "nouveau pauvre" du nouveau siècle. Tous les budgets que je connais de façon détaillée sont gérés pour sauver la vitrine mais mettre le back office à la diète la plus sévère. 1er point faible redoutable, l'Etat ne change pas la donne pour rendre l'action à la société civile.
Second exemple, lundi 13 novembre, Bill Gates sur son blog a posté une vidéo annonçant qu'il donnait 50 millions de dollars à un centre de recherche sur Alzheimer. Les maladies neuro-dégénératives sont le prochain fléau. C'une tragédie humaine individuelle et familiale terrible. C'est un gouffre financier collectif immense à venir. En un jour, son don représentait 5 fois ce qu'en France, la principale association collecte par an à partir de 87 108 donateurs en 2016. En France, les noms des "méga riches" sont connus via Panama Papers ou Paradise Papers. Comment est-il possible d'imaginer que notre pays pourrait se réconcilier avec la légitimité morale de créer d'immenses fortunes quand des noms emblématiques ne vivent que la richesse cachée égoïste ?
Avec de tels points faibles (le non sens dans la direction de l'Etat comme la faillite admise de l'image de marque des grandes fortunes), la France cumule deux points faibles majeurs dans le monde moderne. A circonstances constantes, ce sera difficile de s'en remettre.
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Et l’exemple « venant d’en haut » en France, c’est pour quand ?
Hier lundi, la Chambre des Représentants des Etats-Unis a adopté une résolution pour plafonner à 500 000 dollars l'aide fédérale annuelle à chaque ex-Président américain. Pour rappel, les Etats-Unis = 325 millions d'habitants. Et la France (66 millions d'habitants) un ex président (VGE) coûte à lui seul en moyenne 2 millions d'euros par an aux contribuables français. En 2015 le seul service de sécurité de Nicolas Sarkozy a coûté 700 000 € aux contribuables c'est à dire davantage que la totalité de la prise en charge fédérale évoquée pour les ex-présidents américains ... Si l'exemple des économies pouvait aussi venir "d'en haut" en France, cela serait original et de nature à probablement faciliter l'acceptation des économies imposées classiquement ailleurs …
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La journée qui devrait faire réfléchir ceux qui ont si souvent la flemme d’aller bien …
Les morts d'une vie structurent le rapport à la vie. Aujourd'hui, notamment avec la date anniversaire du Bataclan, c'est la journée qui devrait conduire à la réflexion ceux qui donnent si souvent l'impression d'avoir la flemme d'aller bien. Car c'est l'inversion la plus brutale entre le temps de la fête et celui de la mort. Il y a trop souvent en France le "bonheur d'être triste" comme le "délice de célébrer les échecs" ou la "satisfaction de rechercher tout ce qui va mieux ailleurs". Des temps qui occupent trop d'espaces. Je n'ai pas d'opinion sur la place nécessaire ou pas à laisser à la haine pour les auteurs de tels massacres (ce qui revient à reconnaître que je ne peux exclure la place légitime de la haine la plus farouche et obstinée face aux auteurs de tels massacres), ce qui est sûr c'est que cette journée rappelle, si besoin était, qu'il ne faut jamais gâcher le moindre temps de sa vie à ne pas profiter à fond de chaque minute des moments heureux les plus simples.
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LE livre qui devrait structurer les actuels débats publics
En 1995, Emmanuel Todd a été le premier à identifier à ce point l'importance de la fracture sociale en France. Depuis, sur ce thème, que s'est-il passé ? Presque rien si ce n'est une banalisation dramatique de la "grande pauvreté". Avec son dernier ouvrage, Emmanuel Todd pose une vraie question de fond sur les cycles d'influences des nations, voire des Etats. Et il annonce la servitude pour la France. La servitude c'est non seulement que la France n'influence plus le monde. Mais elle a perdu les fondamentaux de sa liberté dont sa puissance économique et financière au sein de l'Europe dominée outrageusement par l'Allemagne. Depuis les années 70, la France a quitté l'étape du déclin pour entrer en décadence. Le cycle des 50 dernières années est terrible pour la France. Ce n'est pas une couverture de Time qui va changer cette réalité. Une couverture qui n'est qu'un rideau de fumée pour refuser de voir en face des réalités. Le livre de Todd devrait alimenter tous les actuels débats. Comme hier, la France s'est habituée à la pauvreté, elle va s'habituer à sa décadence. Terrible époque dans le cycle long des rapports de forces entre les nations.
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Le besoin de légendes …
La vie publique française va mal. Aujourd'hui, c'est le 17 ème anniversaire du décès de Jacques Chaban Delmas (mort le 10/11/2000). Mon engagement dans la vie publique est lié à Chaban : une légende ! Jeune étudiant en droit, je percevais bien que la vie publique ne correspondait pas à mon tempérament. Mais il y avait Chaban. Un jeune talentueux professeur des histoires des idées politiques nous avait bercé de sa légende : le jeune général traversant Paris, le Premier Ministre bondissant, la nouvelle société, Bordeaux … Puis la première réunion publique. Ensuite, les rencontres avec cette "légende" expliquant ses engagements. Tout y était : l'imperméable militaire immuable, la montre retournée pour éviter les reflets du soleil pour éviter de se faire repérer du temps de la Résistance, des talents fabuleux de conteur … Sans Chaban, l'attirance pour la vie publique n'aurait jamais été aussi forte. Tant d'autres choix professionnels auraient alors suffi. Qu'est ce qui peut aujourd'hui susciter pour un jeune étudiant une attirance identique pour conduire à un engagement public ? Les légendes ne sont plus dans la vie publique. Elles sont dans d'autres domaines dont la vie économique. Un jeune peut-il s'engager sans légende ? Pas sûr. Le jour où la politique française aura retrouvé des légendes, elle changera le profil de ses membres. En attendant, faute de légendes, c'est la morne plaine. Et la morne plaine, aucun jeune n'aspire à y participer. Heureusement pour lui. Malheureusement pour la vie publique. A la mémoire de Chaban pas assez célébrée.
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La France avec ses vieilles barrières usées qui décrédibilisent tout un système
La culture du "nuage de Tchernobyl" est finie : les pollutions ne s'arrêtent plus aux frontières administratives. Malheureusement, une classe politique figée dans de vieux réflexes s'obstine toujours dans cette culture. Deux exemples récents. 1) Il y aurait scandale à ne pas révéler l'immensité du complot dans l'assassinat de JFK à Dallas quand dans le même temps il est possible de penser que tout naturellement un ministre en France (Boulin) songe à aller se noyer tout seul en bordure d'étang dans 20 centimètres d'eau. 2) On devrait tout savoir de l'immensité de la perversité de Weinstein qui sévissait à Hollywood à 10 000 km de Paris mais dans le même temps tout ignorer de la "perversité présumée" de Pierre Bergé qui a fait régner "l'ordre intellectuel" pour ne pas dire "moral" sur le microcosme parisien pendant des décennies. Ces barrières décrédibilisent tout le système politico-médiatique français car l'opinion est lasse d'être manoeuvrée au gré des coups d'éclairages aussi sélectifs : connaître la vérité mais à la condition qu'elle soit lointaine. C'est un dispositif du "tout le monde perdant" qui est lourd de mauvaises conséquences à terme pour la démocratie française.
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Des démocraties occidentales gravement malades
Historiquement, les démocraties occidentales avaient pour vocation de montrer au monde comment l'esprit de tolérance permet d'avancer de façon la plus efficace possible : vivre en acceptant les différences d'autrui, c'est plus fort que vivre en cherchant à tuer les différences d'autrui. Pour de tels idéaux, c'est une triste période. Avec la Catalogne, l'Espagne montre que des changements issus des urnes sans violence sur autrui peuvent conduire à la prison des personnes qui n'expriment aucune menace sur la sécurité physique d'autrui. Et là aux Etats-Unis un doigt d'honneur lors du passage du convoi présidentiel conduit au … licenciement. Ce qui est une confusion irréelle entre la qualité de citoyen et le statut professionnel. Une femme de 50 ans a été licenciée par son employeur après avoir revendiqué sur les réseaux sociaux une photo d'elle de dos, brandissant son doigt en direction du convoi de Donald Trump qui la doublait. Employée du service marketing et communications de la société Akima LLC, cette femme s'est vu reprocher de ne pas avoir respecté le règlement de la société liée au gouvernement par des contrats. La législation du travail, particulièrement souple dans l'Etat de Virginie, a permis son licenciement sans autre forme de procédure. Avec la décentralisation, il y a combien de doigts d'honneur en France qui ne sont pas faits par des personnes qui ont peur pour des contrats, pour leur emploi … Au moment où les démocraties occidentales s'avèrent bien faibles à lutter contre un radicalisme religieux qui veut leur destruction, elles s'affirment de façon surprenante bien raides face à des expressions qui devraient incarner la belle liberté de l'opinion et de l'expression dans un cadre démocratique.