Denis Bonzy

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  • Quand des événements donnent de la vie aux années …

    DIAPO10

    Dans peu de mois, ce sera désormais au tour de Thomas de porter son fils Léon sur les épaules pour lui faire découvrir l'agréable toucher des feuilles. Aujourd'hui Léon fête son 1er anniversaire. Avec le recul, sa présence m'a conforté dans le sentiment que l'existence c'est un choc permanent entre les années et la vie. Il y a des moments où on a le sentiment que des années prennent sur la vie : des annonces de décès, des événements lourds (santé …). Dans ce cadre, les années pèsent. On a juste le sentiment de survivre. Puis, au contraire, il y a d'autres moments où on a le sentiment que la vie retire des années du nombre de celles déjà écoulées. On se sent plus jeune, plus "léger", plus heureux. C'est le "miracle de Léon". Ce "miracle", grâce aux réseaux sociaux, c'est très agréable de voir combien il peut être partagé dans de nombreuses familles vivant les mêmes circonstances. Revivre ces instants si merveilleux déjà connus avec nos fils. Avec l'âge, quand un événement donne de la vie aux années, il est encore davantage apprécié parce que l'expérience nous a appris que ce n'était pas si naturel que ce que l'on pouvait imaginer au début de la vie. Bon anniversaire à Léon et à ses parents Ombeline et Thomas.

  • Quand l’ordinaire sort du commun …

    Martin Parr 04 03 18

    Pendant le mois de mars, Montréal consacre les photographies de Martin Parr. Un hommage mérité venant d'une grande capitale internationale. C'est un photographe remarquable. D'ordinaire, il s'agit si souvent de chercher le spectaculaire. Voire même de le "mettre en scène". Pour Martin Parr, c'est la vie de tous les jours qui contient des scènes hors du commun. Comme la photo ci-dessus. Les intéressés ont la nature concernée sous les yeux mais finalement ils la regardent via une … tablette. En France, Arles avait accueilli une exposition de Martin Parr. Pour ceux qui aiment les photos de la "vraie vie" avec leurs côtés décalés anodins mais si lourds de sens, un photographe à ne pas manquer. 

  • Les marqueurs les plus simples valent toujours mieux que les dossiers techniques complexes

    Grenade sur Adour 28 02 18

    Je suis toujours surpris par la capacité actuelle à créer de la complexité pour tenter d'identifier une réalité quotidienne. Prenons l'exemple de la qualité de vie dans les centres des Communes. Il y a un marqueur très simple : combien de personnes prennent le temps de faire une halte sur la place ? Pour que des personnes prennent ce temps, il faut :

    • qu'une place existe,
    • qu'elle soit accueillante : bancs + calme + commerces à proximité,
    • dans un cadre sécurisé et propre : ne pas être importuné par des personnes "pénibles" ni devoir rester assis au milieu de poubelles ..

    Au gré de déplacements professionnels, je suis actuellement stupéfait par la disparition de telles places. Une disparition qui met en relief tantôt la logique de développement de "Communes dortoirs" ou un niveau de non convivialité dans des espaces publics qui devient manifestement inquiétant. 

    C'est actuellement très surprenant de voir le manque de considération donné à des faits simples pour choisir des rapports compliqués fourmillant de chiffres et de critères pour des entrées multiples. Après le bal des mots perdant du sens, c'est le choc des données demandant trop de temps pour les comprendre. Heureusement, il reste encore quelques repères du bon sens du quotidien…

  • A son tour, la France officialise son entrée dans l’ère post-vérité

    Trump 3 28 12 17

    L'ère post-vérité, c'est quoi ? C'est un constat opéré en 2004 par un auteur britannique (Post Truth Era) au sujet du fonctionnement de la vie politique américaine et plus particulièrement de la guerre d'Irak : le subjectivement possible compte davantage que le factuellement avéré. A cette époque, c'est toute la dialectique de l'Administration Bush et de Colin Powell à l'ONU : le comportement de l'Irak était subjectivement possible mais pas factuellement avéré. Les émotions, les opinions ont pris l'ascendant sur les faits. Avec l'épisode Wauquiez des derniers jours, la France vient de consacrer son entrée à son tour dans cette ère. La question n'a pas porté sur : le contenu est-il exact (Juppé a-t-il trop endetté Bordeaux ?, les députés LREM sont-ils trop soumis ? …) mais fallait-il le dire ou fallait-il l'exprimer ainsi ? L'examen des faits glisse au second rang derrière l'émotion liée à la forme de l'expression. Sous ce volet là, la vie publique française s'est bien "trumpisée". En 2016 et depuis, Donald Trump est le premier candidat puis le premier chef d'Etat à pratiquer à ce point l'ère post-vérité. Cette trumpisation n'est pas le fait d'un auteur (Wauquiez) mais de toute une communauté médiatico-politique qui endosse à ce point la logique de la "démocratie du clic" : trop rapide pour prendre le temps d'investiguer sur la réalité de faits. C'est une nouvelle donne majeure qui vient de naître. Il ne s'agit plus qu'un fait soit avéré mais qu'il soit subjectivement possible. Ce qui est plus qu'une nuance.

  • Quand la nature est livrée à elle-même …

    Lavanchon 4 11 02 18
    Lavanchon 10 02 18

    Au rythme actuel, deux constats méritent l'attention. D'une part, les intercommunalités dépossèdent les Communes de certaines compétences et éloignent du terrain le pouvoir de décision. D'autre part, au sein même des Communes, l'enracinement durable des habitants est différent sous l'effet de multiples facteurs : divorces, mutations professionnelles … Si bien qu'au sein même de Conseils Municipaux les implications durables sont souvent moindres. Des phénomènes éloignés de la visibilité prennent une ampleur particulière. Au gré des promenades de week-end sur des chemins que je pratique depuis des décennies, je suis stupéfait par le non entretien de chemins, de berges de rivières … C'est du jamais vu. Les photos ci-dessous valent davantage que les mots. De telles situations annoncent des barrages naturels aux conséquences redoutables lors de prochaines pluies. 

    Lavanchon 2 11 02 18

    Lavanchon 3 11 02 18

     

  • La confiance ou le vrai prix de la vérité

    Dan Rather 2

    Hier soir, le plaisir de voir en totalité un film sur l'affaire qui a conduit au retrait de Dan Rather (film : le prix de la vérité). Remarquable. J'appartiens à une génération qui a effectué ses choix de carrières quand les médias étaient aux Etats-Unis un exemple de quatrième pouvoir. L'un des exemples est Eric Conan, copain de la Prép. ENA abandonnant une carrière administrative de haut niveau pour devenir journaliste. Ils n'étaient pas les "faiseurs de rois" mais les faiseurs de vérité. Et Dan Rather était l'une des figures emblématiques. Le présentateur n'était pas alors un lecteur de dépêches avec si possible une journaliste mannequin à ses côtés mais un investigateur, une caution morale. C'est ce registre qui a fondé le réflexe d'alors "c'est vrai puisque la presse le dit …". Presque l'opposé des sentiments actuels. Ce film remarquable retrace l'épisode qui a mis fin à la carrière de Dan Rather. Une erreur qui a cassé la confiance. Et la confiance est le vrai socle de la vérité. Probablement le seul d'ailleurs. Et aujourd'hui, la satisfaction de suivre Dan Rather via son compte Facebook. Quelle simplicité. Quel talent. Une réelle référence dans la durée. 

  • Aimer la liberté offerte par le choix

    CSG 01 02 18

    Ce soir, c'est avec plaisir que je me rendrai à Vif pour participer à la réunion de lancement du Cercle du Sud Grenoblois pour l'année 2018. J'aime la liberté offerte par le choix. La faculté de choisir peut torturer certains tempéraments qui apprécient le confort du prêt à penser offert par la militance disciplinée. Puis, il y a celles et ceux qui préfèrent surtout avoir le choix. Parce que le choix c'est la protection de la liberté individuelle. Parce que le choix c'est la compétition qui motive. Parce que le choix c'est aussi la volonté de chercher à comprendre l'autre, donc de le respecter. Cette initiative du Cercle du Sud Grenoblois est très intéressante parce qu'elle est originale : des personnes d'ordinaire aux chemins distincts tentent de travailler ensemble sur des sujets locaux concrets. Elle a déjà mis en relief un enseignement original de la vie : on n'est jamais aimé pour ses défauts, ce qui est compréhensible mais on peut aussi être détesté pour ses qualités, ce qui est plus étonnant. Or ce dernier volet est un rapport très présent dans la politique française. Ce soir j'espère que nous serons nombreux à participer pour montrer qu'il y a des qualités qui méritent d'être soutenues. 

  • Cartables mais pas que …

    Cartables 06 02 18

    La vie de cartable est parfois mystérieuse. Surtout dans les utilisations par les enfants. Lors de voyages, Jonathan adorait les utiliser pour écrire lors des attentes dans les aéroports. Les marques sont toujours présentes. Thomas les utilisait à tour de rôle pour ranger ses papiers qu'il remplissait méthodiquement. Léon, le fils d'Ombeline et Thomas, vient d'imaginer une utilisation que ni son papa ni son oncle n'avait imaginée : être à quatre pattes, les entasser méthodiquement pour tenter d'atteindre l'étagère de la collection de balles de baseball qu'il affectionne particulièrement. Heureusement que la main de Marie sécurisait le tout … Au gré des générations, la vie de cartable est parfois faite de fonctions inattendues … 

  • La vraie définition de la passion : quand la force d’une cause fait oublier toutes les difficultés

    Cheval 29 01 18

    Ce week-end, avec beaucoup de tristesse, j'ai appris par un ami commun (M. Claude Soullier) le décès de Mme Huguette Saunier qui a dirigé pendant tant d'années la Jumenterie de Combelouve au Gua. A l'époque, ce fut l'une des premières épreuves fortes du début de mon mandat de Conseiller général : un incendie ravageant ce club. Je me souviendrai tout le temps de notre première rencontre dans ces circonstances dramatiques. Je me souviendrai surtout de la passion qui animait cette femme. Sa capacité à mobiliser. Elle m'a alors donné la vraie définition de la passion : quand une cause cache toutes les autres dont toutes les difficultés classiques. Mais elle a aussi démontré la force quasi-irrésistible de la passion. Tout surmonter. Reconstruire. Venir chercher la moindre économie de matériels car les moyens étaient comptés. Susciter l'admiration par l'espoir ainsi remobilisé. Obtenir des vétérinaires des efforts considérables pour soigner des animaux, pour tenter l'impossible. Et la passion pour l'une des plus belles causes possibles : apprendre aux être humains dont les enfants à comprendre et à aimer des animaux. Et l'un des animaux les plus complexes, sensibles, réactifs : le cheval. C'est une belle personnalité forte que notre géographie vient de perdre. Une héroïne du quotidien. Son départ attriste bien au-delà de tous les membres de son Club. 

  • Les dangers des petits marquis de la militance …

    Lavanchon 4 28 01 18

    Quels sont les deux vrais changements de fond connus par la France ces dernières décennies ? C'est la disparition de deux profils de responsables publics. D'une part, ceux qui avaient connu la Résistance et pour qui l'acceptation ne pouvait résulter que d'un accord réel sur le fond 'une décision ou d'une solidarité personnelle. Ils avaient connu des épreuves telles que les haussements de tons d'un petit chef n'étaient pas de nature à les impressionner. D'autre part, ceux qui connaissaient le terrain : du garagiste Monory pour l'économie des PME au chercheur Devaquet en passant par le CEA de Giraud ou l'armée avec Messmer ou Bigeard… Aujourd'hui, ces profils n'existent plus ou si peu. Ils ont laissé place aux "petits marquis de la militance". Incapables de vivre hors de la politique. De gagner leur vie en dehors de la ponction sur les impôts. De prendre le risque de déplaire au "féodal" local qui va faire leur carrière. Il n'y a plus de débat. Le parti devient une usine à formater. Définir des éléments de langage à répéter comme si une affirmation était vouée à devenir vérité à force d'être proclamée par le nombre. C'est toute la faiblesse actuelle du macronisme de "terrain". Le chef charismatique n'a pas échappé au recyclage des petits marquis de la militance. C'est la revanche douce pernicieuse de l'ancien monde. La probable faiblesse majeure de l'actuelle majorité présidentielle et du pays par voie de conséquence. Pour preuves, par exemple, les actuelles crues torrentielles. Du concret. Un silence absolu. Normal c'est du terrain de proximité. Et ce terrain là, ces petits marquis le pratiquent peu … Et comme la vie politique française fonctionne par mimétisme, ces petits marquis sont partout. Dans chaque formation. Un handicap certain au moment où l'auto-célébration du "retour de France" est si mode …