Denis Bonzy

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  • L’esprit de crise et la nouvelle fracture

    Les enquêtes publiées ces derniers jours attestent, si besoin était, de nouvelles lignes importantes :

    1) Le remaniement n'emporte pas une nouvelle confiance (cf enquête Louis Harris publiée ce jour). Alain Juppé bénéficie d'une cote correcte sans plus grâce à son camp d'origine très mobilisé derrière lui. Pour Longuet et Guéant, le seuil de départ est bas.

    L'opinion est entrée dans le doute généralisé.

    2) Le "printemps arabe" est loin d'être perçu comme un printemps par les Français (enquête Louis Harris publiée ce jour). C'est d'abord une peur avant d'être un espoir. Une peur multiple : depuis l'islam jusqu'à l'immigration en passant par des heurts non maîtrisables.

    3) L'emploi et le pouvoir d'achat s'installent largement en tête des préoccupations. La fracture nouvelle est entre : ceux qui comptent / ceux qui ne comptent pas. Ceux qui comptent face à l'érosion du pouvoir d'achat, face aux angoisses des menaces ne supportent plus ceux qui … ne comptent pas. C'est pourquoi le dossier des vacances (Fillon, MAM, Guaino …) comme des déplacements sont des chiffons rouges pour l'opinion toutes préférences partisanes confondues.

    Un esprit de crise est installé. Il demande de l'exemplarité ce qui est un niveau encore plus élevé que la morale sauf à considérer que l'exemplarité en temps de crise c'est tout simplement la morale du respect de l'autre …

  • Sarkozy : d’abord en panne de vérité

    L’actuel climat politique français est très surprenant et décevant. Il est surprenant parce qu’il y a un décalage énorme entre les priorités des professionnels de la politique et celles de la vie des citoyens à un point tel qu’il parait nécessaire de se demander si les premiers connaissent encore les réalités des seconds.

    La déception naît surtout de la place de la vérité qui se réduit à une peau de chagrin. Tout n’est que manoeuvres, artifices, combines, tactiques … La vérité semble ne plus avoir une place en politique.

    C’est pourtant d’abord de vérité dont nous avons besoin.

    Vérité sur des chiffres, sur des faits, sur des choix, sur des doutes …

    Pourquoi la confiance a disparu à ce point ? Parce que tout paraît instrumentalisé au détriment de la vérité.

    Et si le Chef de l’Etat avait tout simplement indiqué que Michèle Alliot Marie n’était plus en situation d’honorer ses responsabilités et que cette situation lui imposait le changement fut-ce à regret.

    C’est comme Michèle Alliot Marie, pourquoi n’a-t-elle dit toute la vérité sans la moindre exception et dès le début avant même que les journalistes ne poussent les investigations ? La situation aurait été très différente.

    C’est d’abord de cette privation de vérité dont les citoyens ont assez. Au 8ème aménagement du Gouvernement Fillon, les mêmes méthodes risquent de produire les mêmes effets : attendre le 9ème aménagement …

     

  • France : le pays qui cherche des journalistes

    Le départ d’Alliot Marie est d’abord la traduction d’un échec du système d’informations en France. C’est la caricature de trois échecs graves.

    1) L’échec de la diversité des sources : sans le Canard Enchaîné, ce dossier ne « sortait pas ». S’il ne sortait pas, Alliot Marie continuait comme si rien n’était. Pourquoi est-il sorti à ce moment là ? Qui a organisé la fuite ? Pourquoi cette fuite là ?

    2) L’échec de l’explication : sans la relance du Canard Enchaîné, la première vague des révélations aurait été contenue en dépit d’invraisemblances considérables qui n’avaient fait l’objet d’aucune observation de la part des médias institutionnels.

    3) L’échec du respect de l’équilibre : les médias classiques sont tout aussi déséquilibrés dans la recherche de la vérité que dans le traitement de celle-ci une fois formulée. Ils se refont une santé en menant la chasse avec d’autant plus de fureur que la recherche initiale avait été complaisante.

    Toute la démocratie française est actuellement déstabilisée par une information qui n’est pas digne d’une démocratie moderne.

    Sur le plan national, la présidentielle 2012 sera probablement d’une extrême violence parce que les scandales vont se succéder à un rythme effréné révélés par les candidats pour échapper à l’indifférence de l’opinion.

    Sur le plan local, la concentration structurante est déjà un danger en elle-même.

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  • La crise : ses infirmiers, ses combattants et ses sauveurs …

    Dans les actuelles enquêtes d'opinion, le chiffre le plus important n'est jamais évoqué : le pourcentage cumulé des personnes qui ne sont pas certaines du choix exprimé. Ce pourcentage vise notamment les personnes qui se réfugient derrière la mention "ne sait pas" mais aussi celles qui indiquent que le choix n'est pas certain. Selon les enquêtes, ce chiffre dépasse parfois très largement les … 60 %.

    C'est dire combien des mouvements d'opinion sont possibles et probables. Pourquoi ?

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  • La présidentielle 2012 est-elle en train de changer de dimension ?

    La présidentielle 2012 sera-t-elle la présidentielle du bord du chaos ? C’est un schéma qui peut commencer à mériter la réflexion avec toutes les conséquences qui en résulteraient.

    Le chaos, c’est quoi ?

    1) Une région stratégique pour le développement international est entrée dans des secousses imprévisibles (le « printemps démocratique arabe »).

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  • Communes à mi-mandat : la fin d’une époque avec la naissance des « Communes premiers prix »

    La France des Cantons est en train de disparaître sous nos yeux avec les échéances de mars 2011. Des échéances qui se déroulent dans l'indifférence totale comme si elles étaient inutiles, déjà dépassées, n'intéressant que les professionnels de la politique toujours avides de sauver ou conquérir un mandat.

    Mais la vie est ailleurs.

    A mi-mandat des Communes, un tournant identique intervient avec davantage de douceur pour le moment. Là le tournant n'est pas dans l'existence même du territoire mais dans ses fonctions. Le Canton n'existe plus comme territoire. Les Communes, y compris les petites, sont toujours un lien d'attachement. Mais, avec la crise, leurs fonctions sont perçues comme devant évoluer.

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  • Bruno Le Maire ou le Ministre de l’Agriculture qui ne connait pas la signification de … l’hectare

    Le Grand Journal de Canal + d’hier soir va battre des records de zapping avec une séance qui deviendra vite culte : un Ministre de l’Agriculture qui ne connait pas la signification du mot : un hectare.

    En moins de 5 minutes, cet enfant de Neuilly sur Seine a montré toute la crise d’un Gouvernement qui ne connaît pas les problèmes concrets et qui est donc dans l’impossibilité de les régler.

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  • Présidentielle 2012 : une pré-campagne très inquiétante

    La pré-campagne 2012 se déroule actuellement dans un contexte inédit de nature à ouvrir des inquiétudes graves.

    Sur le front de la majorité présidentielle, Nicolas Sarkozy est en situation de faiblesse dans le domaine international au moment même où il doit assumer des responsabilités … internationales (G 20 et G 8). En quelques semaines, des fautes graves sont intervenues altérant significativement l'autorité morale de la voix française (MAM, Fillon, Boillon …). Le secteur qui devait être le tremplin devient le … plongeoir.

    Pour le PS, c'est le débat autour du … vide. Tout tourne autour de celui qui n'est pas là (DSK) et qui ne peut pas parler avec précision de la situation française. C'est un cliché caricatural de l'expression pour tout dire c'est à dire rien.

    Le PS est confronté à la fuite des classes populaires qui rejoignent le FN non sans bon sens quant à la fuite. Que reste-t-il en effet de "populaire" au PS qui est aujourd'hui une bande de notables locaux bien éloignés des préoccupations populaires et d'abord soucieux de leur réélection ?

    Pour les autres candidats, ils n'ont encore effectué ni plongée durable dans l'enracinement local ni proposition de véritable changement. Ils vont faire le "Salon de l'Agriculture" qui présente toutes les qualités puisque ce sont les terroirs amenés à Paris. Ils attendent, semble-t-il, une phase plus active pour effectuer des propositions concrètes. Et l'opinion doit encore et toujours attendre.

    Les médias institutionnels s'émancipent sans honte des moindres considérations d'équilibres de temps de paroles comme si le classement des candidats relevait de leur fonction et non pas de celle du peuple. Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie a dû être surpris devant la fronde journalistique alors que ce ton passe en France chaque jour …

    Dans ce climat, pour l'instant deux gagnants : la lassitude et le désintérêt.

  • Lara Logan ou le silence intolérable

    Le Sunday Times donne les premières indications sur l’agression gravissime subie par Lara Logan alors qu’elle effectuait son reportage au Caire.Le 11 février 2011 à 1 heure du matin, Lara Logan, 39 ans (la vidéo ci-dessous date d’avril 2009), mère d’un fils de 2 ans et journaliste vedette de CBS News, a été séparée de son équipe de tournage.

    Elle a été déshabillée, battue, fouettée, a subi des actes d’une extrême gravité.

    Cette aggression a duré près de 30 minutes devant une foule en colère qui criait « juive » et « israël ».

    Elle se remet actuellement à son domicile.

    Il importe de rappeler qu’Anderson Cooper de CNN a été également frappé de façon très violente.

    Il est étonnant que la presse française passe des actes de ce type sous silence.

    Il est tout aussi étonnant que des protestations officielles ne soient pas formulées avec la plus grande solennité.

  • Dominique de Villepin en candidat du véritable changement

    Les pouvoirs d’évocations des candidats se structurent actuellement aux yeux de l’opinion publique. C’est une étape décisive qui consiste à identifier le premier mot qui vient à l’esprit une fois un nom formulé. Dominique Strauss-Kahn a probablement manqué une occasion forte lors du dernier week-end en ayant trop fait monter la pression pour … aucune annonce nouvelle. Quant à Dominique de Villepin, c’est une semaine particulièrement chargée qui l’attend dont le rendez-vous à la demande de Nicolas Sarkozy.

    8 pouvoirs d’évocations se construisent actuellement.

    Il s’agit de savoir face à un nom le premier mot qui vient à l’esprit de l’opinion. C’est ce rapport là qui est décisif dans la dernière ligne droite.

    Dominique Strauss-Kahn devient progressivement le candidat du doute. Son nom est accolé à des interrogations :
    – est-il socialiste ,
    – est-il encore de gauche ?
    – l’a-t-il réellement été par le passé ?
    – sera-t-il candidat ?
    – est-il différent de Nicolas Sarkozy ?

    Il déstabilise l’opinion qui a besoin de repères simples et solides.

    Marine le Pen est la candidate de la colère.

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