Denis Bonzy

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  • 2012 : l’élection totalement préfabriquée ?

    Ce qui se déroule actuellement dans la préparation de la présidentielle 2012 me parait d'une extrême gravité montrant combien les conditions éthiques élémentaires ne sont plus respectées dans la phase préparatoire à une décision majeure.

    C'est aujourd'hui un secret pour personne que le choix présidentiel pour 2012 est une élection structurée autour de 3 candidats :

    – Nicolas Sarkozy bien entendu,

    – Marine le Pen qui présente un double intérêt : recentrer NS et présenter l'avantage d'un deuxième tour "gagné d'avance" en cas de duel avec elle,

    – Dominique Strauss Kahn, candidat "de gauche" parce qu'il rend comparativement NS "peuple" et qu'il donne des vertiges au "peuple de gauche" ou du moins à ce qu'il en reste.

    Tout est mis en oeuvre pour préfabriquer 2012 dans ce cadre.

    La télévision d'Etat a plié la primaire au sein du FN avant même que le vote n'intervienne. Marine le Pen était journalistiquement proclamée vainqueur avant le scrutin et bénéficiait d'une couverture d'antenne totalement disproportionnée par rapport à son concurrent.

    La même télévision d'Etat structure la visite de DSK comme celle d'un "Chef d'Etat" dans des conditions là aussi totalement inégales par rapport à ses concurrents PS qui apparaissent comme des "nains" à côté du grand leader international que serait DSK.

    Maintenant, les sondages sont appelés à la rescousse. Mais là aussi, pas dans n'importe quelles conditions. Les variantes du second tour sont impossibles.

    La France, terre présumée des libertés, est un pays où il devient difficile de s'exprimer et où les sondages sont strictement encadrés pour limiter les choix de seconds tours ?

    Prenons des exemples concrets :

    1) Aucun sondage n'est publié avec un schéma pourtant intéressant à examiner : pas de candidature de Nicolas Sarkozy : que changerait cette perspective y compris pour Marine le Pen lors d'un premier ?

    2) Aucun sondage n'est publié avec des variantes de deuxième tour mettant en présence la gauche face à une "droite modérée" (Villepin, Bayrou …).

    Jamais l'offre politique n'a été autant formatée pour s'imposer à la demande c'est à dire à l'opinion.

    Les Instituts de sondages devraient dans la fiche technique de présentation exposer les montants de chiffres d'affaire de l'année n-1 avec certains donneurs d'ordres dont l'exécutif et les partis politiques.

    Il y aurait alors beaucoup de débats actuels qui, à la lecture de cette fiche, prendraient une autre grille de lecture …

  • Marine le Pen et la société mécontemporaine

    Quatre tendances expliquent l’actuelle poussée de Marine le Pen :

    1) Elle incarne une « rupture » face au système politique français. C’est une attente ancienne. Cette logique a été à l’origine de la mode Ségolène Royal qui est apparue en 2006 comme une première forme de rupture notamment par la reconnaissance des valeurs féminines qu’elle incarnait.

    Nicolas Sarkozy a ensuite surfé sur ce thème de rupture en cherchant même à se l’approprier de façon exclusive pour 2007.

    2) La seconde tendance est justement la rupture par le « nouveau sexe de la politique ». C’est là aussi un thème ancien. Ségolène Royal en France a été à l’avant-garde en 2006. C’est un thème qui a fait les élections intermédiaires américaines du 2 novembre 2010 (voir publication ci-dessous de septembre 2010). Derrière cette approche, c’est une attente pour une place nouvelle du réalisme, du quotidien, du pacifisme, du sens pratique.

    3) Le choix politique repose désormais sur une attitude davantage que sur une idéologie. A un moment donné, l’opinion se reconnait dans des comportements davantage que dans des programmes. Ce nouveau choix répond à la place nouvelle de l’image : parler à l’oeil davantage qu’à la raison.

    Sur ce volet, la force de Marine le Pen résulte d’abord des faiblesses des autres camps politiques fondus dans une uniformité étonnante. La majorité présidentielle s’est installée dans des messages qui choquent l’opinion, l’irritent. Aujourd’hui, c’est la révélation de la voiture de fonction de C. Estrosi mais aussi l’image de C. Lagarde au défilé Chanel : autant de messages qui font naître un esprit de classe contre ces proches du pouvoir si éloignés de la vie quotidienne. Sur ce plan, Marine le Pen récupère d’abord les produits des erreurs des autres.

    4) C’est le rejet d’une modernité qui angoisse, qui déclasse. Cette inquiétude entraîne un réflexe de défense qui passe par la mode de valeurs d’hier. L’avenir collectif inquiète et fait naître un devoir d’étape : remettre des valeurs à leur place avant d’affronter cette « nouvelle civilisation » qui fait peur.

    Ce sont 4 tendances lourdes, anciennes. Il n’y a donc aucune raison pour qu’elles disparaissent rapidement.

    Il y a seulement trois questions techniques :

    1) Quel autre candidat peut leur donner un nouveau visage ?

    2) Dans les actuels chiffres, la marge technique d’erreur est de 3 points. Cela peut signifier que Nicolas Sarkozy peut être devant Marine le Pen mais aussi que Marine le Pen pourrait être à 26 % et Nicolas Sarkozy à 18 %.

    3) Il y a 35 % d’abstentions dans le sondage Louis Harris. C’est dire que l’ancrage à venir d’une forte partie de ces 35 % sera déterminant. Or a priori, il y a peu d’hypothèse pour qu’une large part d’entre eux rejoigne le camp présidentiel demain si ce n’est pas déjà le cas aujourd’hui. C’est dire que le tassement comparé du score de Nicolas Sarkozy est probablement encore plus important à terme que les présents écarts.

    Nous ne sommes probablement qu’au devant d’arbitrages importants en la matière.

    Le 21 mars, dans près de 300 cantons, il pourrait y avoir un choc de deuxième tour entre le PS et le FN. Quel sera le mot d’ordre de l’UMP face à ce choix ? C’est un exemple concret des secousses majeures à attendre dans les prochaines semaines.

  • Vivement le vrai temps de campagne

    Une campagne électorale a beaucoup de points communs avec une compétition sportive. La pré-campagne ressemble à l’échauffement. Mais l’échauffement n’est pas le match et encore moins le résultat définitif.

    L’actuelle cote de popularité de Marine le Pen n’a rien de surprenant ni rien d’inquiétant. Rien de surprenant, parce que l’opinion a passé de nombreux messages. Marine le Pen a même des réserves de progression encore devant elle. Toutes les enquêtes sérieuses le montrent de façon cohérente depuis plusieurs mois.

    Cette situation n’est pas inquiétante parce que c’est l’échauffement. L’opinion parie sur l’outsider qui peut bousculer. Mais le match n’a pas commencé. Quand le match va commencer, les tempéraments vont prendre le dessus. Certains vont réussir des tournants. D’autres vont les manquer comme dans toute compétition sportive.

    Ce qui est sûr, c’est que trois éléments seront importants :

    1) L’opinion sera là. La présidentielle mobilisera beaucoup parce que la présidentialisation du système français fait de cette élection le temps de pouvoir sans équivalent et l’opinion n’entend pas le rater.

    2) Nicolas Sarkozy aborde cette compétition affaibli. Il n’a pas de bons résultats et n’est pas aimé. La cote d’affection pourrait équilibrer celle du bilan. Mais la première n’est pas davantage au rendez-vous que la seconde.

    3) Face aux actuelles enquêtes d’opinion, chacun aime se faire peur comme lors des pronostics d’avant match. Mais chaque enquête porte techniquement trois points de marge technique d’erreur et 35 % en moyenne de « ne sait pas ». Le cumul des deux réalités techniques change considérablement bon nombre des commentaires. La réalité : la présidentielle 2012 s’annonce dans l’incertitude la plus totale.

    Pour autant, des tendances durables s’installent. L’été 2009 (juillet et août 2009), pour le site Internet 2villepin, nous avions rédigé un feuilleton – fiction qui avait connu une audience certaine. Face à des demandes de « mise en forme » différente pour permettre une lecture moins sectionnée, nous avons réuni ces épisodes d’hier vieux désormais de plus de 17 mois. Bon nombre des perspectives d’alors sont intéressantes aujourd’hui.

    Le temps de campagne est une alchimie insaisissable. Comme une épreuve sportive. Vivement que le véritable match débute.

  • Une vague de fond qui vient de loin …

    Depuis février 2011, le Front national a encore changé de «catégorie».

    En réalité, son parcours politique a connu quatre étapes.

    La première jusqu’au début des années 80 était celle d’une certaine marginalisation. Au début des années 70, le FN réalise des scores de 2 % dans le meilleur des cas.  En 1974, JM Le Pen se présente à la présidentielle et fait 0, 74 % des suffrages. En 1981, JM Le Pen n’est pas candidat à la présidentielle car il n’a pas pu obtenir les parrainages nécessaires. Son absence ne cause aucun «scandale».  Lors des législatives qui suivent la victoire de F. Mitterrand, il est en position de présenter seulement 77 candidats.

    Cette marginalisation prend fin en 1984 lors des élections européennes.

    Cette date est le début de la seconde étape : la croissance permanente.

    (suite…)

  • Du vote des peurs au vote des révoltes …

    Le sondage Louis Harris publié ce jour porte quatre informations majeures au sujet d'une opinion qui commence à se structurer :

    1) Le vote Marine le Pen progresse parce qu'il n'est plus le simple vote des peurs mais qu'il est le vote des révoltes contre le système.  En 1980, Reagan avait une formule pleine de bon sens : "il est temps de casser le noeud parce qu'il n'y a plus moyen de le défaire". C'est l'ambiance actuelle.

    Dans cette ambiance, Marine le Pen a encore de la marge de progression. Le dernier sondage LH2 / Nouvel Obs du 07/02/11 indiquait 31 % de reconnaissance de proximité avec les idées du FN …

    Par conséquent, Marine le Pen n'a pas encore fait le plein de son potentiel.

    2) La gauche de la gauche ne capitalise pas la révolte et pour cause : Marine le Pen arrive en tête des votes dans l'électorat populaire et largement (37 % d'intentions de vote chez les employés, 32 % chez les ouvriers).

    3) La nouvelle bataille qui s'ouvre n'est pas seulement le duel Le Pen / Sarkozy mais peut-être surtout Villepin / Bayrou. En cumulé, ils sont à 15 % d'intentions de votes. C'est le seuil qui rend tout possible surtout quand le Chef d'Etat est ramené au seuil des 20 %.

    A deux, ils se neutralisent. A un, ils s'ajoutent pour l'essentiel et changent la perspective du premier tour avec un pôle modéré compétitif.

    Quand effectuer le choix ? Comment ? Est-ce possible ? C'est le prochain rebondissement de la présidentielle 2012.

    4) Depuis janvier 2008, Nicolas Sarkozy est descendu sous la barre des 50 % des opinions positives. Un seuil qu'il n'a jamais refranchi depuis. Dans ces conditions, comment vivre demain un rebond qui fut toujours impossible hier ? La perspective de rebond risque de s'éloigner de plus en plus car elle n'a pas de socle technique.

    L'opinion commence à se structurer dans la perspective de 2012.

    Ces dernières années, c'est surtout le bruit de la monnaie qui a rythmé la vie publique (chiffres records de bénéfices, aides aux banques, matérialisation généralisée des repères  …). C'est maintenant le bruit des votes qui semble s'imposer et il pourrait être d'autant plus fort que la cupidité est apparue à courte vue et dominatrice.

  • François Fillon et le sondage des cantonales

    Le 20 mars, 2 000 cantons sont renouvelables. Ce n'est pas un chiffre mineur. A ce jour, la participation devrait descendre en moyenne au-dessous des 45 % soit 17 points de moins qu'en 2004 pour les mêmes cantons.

    Le plus intéressant est qu'à ce jour, la sociologie de la participation est très typée. 60 % des plus de 60 ans devraient voter pour seulement 29 % des moins de 25 ans. Même constat au sein des segments socio-professionnels selon les études disponibles dont la dernière en date d'OpinionWay.

    C'est un scrutin qui va traduire une faible participation. Ceux qui vont voter appartiennent à des segments plutôt favorables à la majorité présidentielle et pourtant la majorité présidentielle va prendre probablement une défaite cuisante.

    Même quand ceux qui se déplacent composent principalement ses catégories électorales les plus favorables, la majorité présidentielle perd.

    Il y a là un enseignement majeur sur le moral du pays.

    Une nouvelle fois, à l'exemple de la déclaration de Fillon dans le Figaro du jour, tout est fait pour ignorer la réalité de l'opinion. C'est ainsi que le Premier Ministre appelle au soutien derrière Sarkozy sur un thème original : "on ne change pas une équipe qui perd". Parce que depuis 2008, l'exécutif aura perdu toutes les consultations électorales sans la moindre exception et souvent avec des records de rejets qui font qu'aujourd'hui les candidats même encartés UMP cachent leur appartenance ; ce qui en dit long sur la confiance au sein même de leurs troupes supposées pourtant les plus … fidèles.

    Il est de bon ton de se moquer d'une diplomatie française qui ne voit pas les mouvements à l'international mais est-ce mieux pour d'autres administrations pour les mouvements au sein même de la population française ?

  • Isère : cantonales 2011 : les 4 cantons tests

    Dans deux semaines interviendra le vote pour le 1er tour des élections cantonales. Tout est organisé sur le plan national pour que ce scrutin se déroule dans l’indifférence la plus totale afin que l’UMP, probable perdante du scrutin sur le plan national, puisse se réfugier derrière la faible participation pour décliner toute représentativité à ce scrutin.

    Dans l’Isère, il y a quatre cantons tests :

    1) Grenoble 1 : les questions sont doubles : vers un second tour PS / Verts ? La troisième place sera-t-elle celle du FN ?

    Grenoble 1 est le seul canton de Grenoble que l’opposition locale pouvait espérer gagner. Il est certain que si le FN devait devancer l’UMP, ce serait une nouvelle étape dans la descente aux enfers de la formation présidentielle dans la Capitale du Dauphiné.

    Quant au FN, le test des cantonales mérite une attention particulière puisque Marine le Pen parait désormais sur la route nationale du 25 %.  La faible participation fragilise d’ordinaire le FN car ce sont souvent ses segments qui restent à la maison dans un tel climat. Si la démobilisation devait concerner des segments différents et la force de la protestation conduire à un transfert pro-FN, la conséquence serait très lourde.

    La sociologie de l’abstention va mériter une attention particulière.

    2) Le canton de St Egrève : c’est un canton modéré qui a longtemps été détenu par un élu UMP (JY Poirier). Un candidat UMP (Christian Bec) a l’honnêteté de mener campagne sous ses vraies couleurs et à ce titre il sera intéressant de vérifier la conséquence qui en résultera.

    Christian Bec est l’un des très rares candidats à afficher son engagement national. Ce choix sera-t-il récompensé ou au contraire le candidat sera-t-il pénalisé par cet affichage qui a été exclu par la quasi-totalité des autres candidats UMP réfugiés pour la circonstance sous des labels de « divers droite ». A ce titre, ce canton mérite une attention particulière.

    3) Le canton de Monestier de Clermont : c’est un canton qui devrait se situer dans la continuité du Conseiller général sortant avec un ticket qui rassemble l’ancienne secrétaire départementale de l’UMP et un ex candidat du Mouvement de Philippe de Villiers lors de législatives. Tous deux ont choisi un ancrage ponctuel « apolitique ». L’enjeu est surtout la prochaine législative dans cette géographie. En cas de victoire, il parait probable que la nouvelle Conseillère Générale serait la concurrente de MN Battistel en juin 2012 dans des circonstances où cette dernière peine à couvrir toute la circonscription. Ce sera probablement là une chance particulière pour la droite depuis 1988, date de l’installation à cette époque de Didier Migaud.

    4) Le canton de Villard de Lans : peut-il être gagné par les écologistes ? C’est un canton où les Verts ont enregistré des scores élevés ces dernières années ? Le Conseiller Général sortant UMP doit faire face à une concurrence difficile. Si les Verts gagnaient ce Canton, ce serait une étape de plus par rapport à leur implantation classique en milieu urbain. Il y aurait là un signe de renforcement territorial à surveiller dans le Sud Isère compte tenu d’une sociologie qui évolue beaucoup et que représente assez bien le Canton de Villard de Lans.

     

  • Arnaud Montebourg et le nouveau féodalisme

    Le rapport remis par Arnaud Montebourg sur la fédération PS des Bouches du Rhône a le mérite de poser des questions de fond.

    Comment la démocratie peut-elle s'exprimer de façon réelle quand des liens de subordination ont été tissés de façon généralisée par le salariat, les subventions ou autres méthodes ?

    Il est possible de prendre connaissance du rapport d'Arnaud Montebourg pour le lien suivant : rapport Montebourg

    Ce rapport pose également une question importante même si elle ne figure pas dans le contenu strict dudit document : de telles méthodes sont-elles spécifiques à la fédération PS des Bouches du Rhône ?

    La décentralisation a créé des potentats locaux qui, souvent, actionnent tous les leviers possibles pour installer un pouvoir politique : subventions, nominations, recrutements …

    Ce sont des potentats d'autant plus sûrs de leurs "bons droits" que l'Etat n'existe plus localement ou si peu … Les Préfets ont connu une dévalorisation de leur statut ces dernières années qui fait que dans de très nombreuses localités le pouvoir politique local, départemental ou pour des Mairies importantes, est sans réel contre-pouvoir.

    La presse locale est frappée d'un légitimisme absolu que ce soit en faveur de la droite ou de la gauche selon la sensibilité au pouvoir de proximité.

    C'est en effet un nouveau féodalisme qui est né. Toutes les caractéristiques du féodalisme sont réunies.

    Ce sont ces grandes fédérations qui vont peser demain de tout leur poids sur les primaires. Avec beaucoup de discrétion, le PS a classé les débats sur les tricheries de la dernière désignation de sa Première Secrétaire. Ces tricheries ont fait l'objet d'ouvrages qui n'ont pas été attaqués en justice et elles se situeraient dans la lignée d'attitudes inquiétantes sur ce registre dont les primaires 2006.

    Comment s'étonner dans de telles conditions que l'opinion s'éloigne de la politique quand non seulement cette dernière n'apporte aucune solution aux problèmes rencontrés mais encore se déroule dans de telles conditions ?

  • Agglomération de Grenoble : à quand le débat sur le péage urbain ?

    Dans un contexte général de démobilisation (voir billet ci-dessous), l’agglomération grenobloise est devenue une caricature de l’absence de débat. Les citoyens ont des circonstances atténuantes. Consultés sur la rocade nord, ce projet a été ensuite abandonné.

    En ira-t-il de même pour le projet de péage urbain ?

    Probablement pas. Parce que ce projet n’est pas une réponse à une question d’aménagement des territoires mais c’est d’abord l’instrument d’une ressource nouvelle.

    La Métro a un coût de fonctionnement très élevé. Elle est très endettée. Elle n’a plus les moyens financiers pour porter des travaux lourds. Elle est donc d’abord à la recherche d’une recette supplémentaire.

    Mais, quand depuis 4 ans 50 % des salaires n’ont pas augmenté (chiffres INSEE), cette redevance est un prélèvement de plus, et important, dans la poche des habitants de l’agglomération au moment où les dépenses énergétiques flambent déjà dont le prix de l’essence.

    Les habitants de l’agglomération sont-ils d’accord pour qu’il soit mis fin à la gratuité de la circulation dans l’agglomération ? Pour l’instant, il n’y a pas encore de véritable opposition à cette perspective. Il serait pourtant temps que le débat sérieux s’ouvre car les véritables réponses pour aménager les territoires sont ailleurs.

  • 2012 : le démodrame ?

    Le sujet à la mode : comment remobiliser les citoyens ? La démocratie française a-t-elle sombré dans une atonie où tout ne serait que doute, méfiance, démobilisation … ?

    Nous sommes au quatrième acte d’un démodrame.

    Premier acte : la déception démocratique : le second semestre 2007. Le jeune Président élu avec une large marge casse tous ses repères de campagne. En un semestre, juin 2007 à décembre 2007, il devient très impopulaire. Le « bonjour » qui devait rythmer son installation porte tous les éléments d’un « adieu » qui s’approche avec la fin de son mandat.

    Second acte : la démocratie sans contact (2008 – 2009) : pas une élection intermédiaire sans une sanction électorale dure mais … sans suite politique sauf à la marge et encore. La démocratie change de forme. L’opinion perd en considération.

    Troisième acte : la crise amplifie la coupure (2010) : le moral des français se dégrade à la vitesse turbo. L’Etat semble impuissant, pire encore indifférent aux véritables préoccupations du quotidien : emploi et pouvoir d’achat. Le pouvoir politique est devenu « l’autre » voire même l’adversaire, celui qui gêne, qui gaspille, qui maltraite.

    Quatrième acte : l’élection présidentielle et le demain « tous extrêmes » (2011) ? Tous les indicateurs habituels portent désormais des marqueurs de « démodrame » : un véritable drame démocratique. Les extrêmes éloignés de mesures de gouvernance peuvent approcher les 40 % des suffrages exprimés lors du 1er tour de la présidentielle :

    – 20 % (FN) + 7 % (NPA) + 6 % (FdG) + 3 % (LO) = 36 %

    C’est un chiffre qui montre l’ampleur du désastre. La présidence Sarkozy se termine avec une désintégration démocratique historique.

    Terra Nova et la Revue Esprit organisent prochainement une conférence sur ce thème majeur.

    Exprimeo a consacré plusieurs de ses récentes publications à ce sujet. Les chiffres d’audience montrent l’attention soutenue par ce thème. Mais il serait temps de passer de l’analyse aux actes.