Denis Bonzy

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  • Tramway de Grenoble : état d’urgence !

    Le printemps dans l’agglomération grenobloise est-il l’hiver de la sécurité ? Sans amélioration rapide de la sécurité dans le tramway, c’est toute l’image de marque des transports collectifs qui va être pliée rapidement.

    Le tramway est dans toutes les conversations. Là pour exposer un vol. Ailleurs, pour parler d’incivilités qui dissuadent de le reprendre. Parfois même, des actes graves de violence. Toutes les campagnes de pub ne remplaceront pas l’impact de ce bouche à oreille.

    Trois fautes majeures ont été faites ces dernières années :

    1) Trop de recrutements de bureaux et pas assez sur le terrain : une bureaucratie locale considérable a été constituée mais sur le terrain, en dehors des PV posés par une compagne privée en matière de stationnement : rien ! Pas d’uniformes de polices municipales : sous-effectifs, sous-entraînement, sous-motivation. Il suffit d’ailleurs de parler avec ces agents exposés à la réalité du terrain. Ils indiquent : « mais ils sont tous dans les bureaux » …

    2) Insuffisante présence visible des moyens humains de sécurité dans les lieux de vie dont les transports en commun : des sommes considérables sont dépensées dans des campagnes de pub (Super Titi, PlayGrenoble …). A fiscalité constante, le recrutement d’agents de proximité aurait été un plus grand service rendu au service public.

    3) L’extension du tramway est aujourd’hui compromise par la détérioration accélérée de son image de marque. Ce n’est pas seulement un enjeu de fréquentation donc d’ampleur des pertes compensées par l’impôt. C’est aussi, voire surtout, qu’aujourd’hui, dans de telles circonstances, accueillir le tramway pour une Commune péri-urbaine, ce n’est plus une priorité, loin s’en faut, parce que le tranmway devient associé au transport à risques. L’alternative à la voiture par les transports en commun prend un sérieux coup.

    Il y a urgence pour changer cette réalité qui se dégrade à une vitesse inquiétante.

     

    http://www.dailymotion.com/swf/video/xc2k6f?width=560&theme=none

  • 2012 : la sanction contre les partis traditionnels …

    Dès hier matin (voir billet ci-dessous), nous annonçions le sondage qui a été publié hier soir à 19 heures 38 (sondage Louis Harris pour Le Parisien). Marine le Pen passe en tête du 1er tour de la Présidentielle à une exception près. Une poussée annoncée dès la veille sur le site Exprimeo : 2012 direct

    Cette semaine, dans le cadre des élections fédérales canadiennes, le NPD connait une poussée considérable. Il est donné en tête au Québec devançant de 5 points le Bloc, ce qui est une situation jamais vue de toute l’histoire électorale du Québec.

    Certes, dans chaque hypothèse des facteurs spécifiques expliquent ces évolutions. Mais une tendance prend naissance : la grande lessive des formations politiques traditionnelles. Elles n’ont pas été de bonnes infirmières face à la crise : coupées des réalités comme des résultats. La crise peut les emporter. Peut-être pour pire (?) mais le pire n’est jamais sûr et pour l’instant l’opinion a besoin de revanche.

    Elle cautionne donc tout ce qui se distingue des partis politiques classiques. C’est la force de Marine le Pen en France actuellement qui, pour élargir son emprise, pourrait dans les prochains jours changer le nom du FN et lancer l’Alliance Républicaine …

  • Marine le Pen en route pour une nouvelle progression dans les sondages

    Une nouvelle enquête d'opinion à paraître conforte la progression de Marine le Pen qui semble désormais installée de façon difficilement contournable dans le second tour.

    La marge de progression de Marine le Pen s'annonce forte car elle consolide ses ancrages dans trois directions majeures :

    1) Elle progresse au sein même de son camp d'origine qui quitte Nicolas Sarkozy. Elle va faire le plein des voix de son camp "de base" : l'électorat traditionnel du FN.

    2) Elle s'enracine dans l'électorat ouvrier mécontent à 80 % de Nicolas Sarkozy. Un électorat qui peine à trouver une alternative à … Marine le Pen tant les autres candidats ne se démarquent pas de la "caste du pouvoir" : mêmes mots, mêmes costumes, mêmes postures …

    3) Elle progresse chez les salariés du secteur privé ulcérés par la question de la "vie chère" laissée sans réponse par les forces politiques classiques (mécontents à 79 % de Nicolas Sarkozy).

    Marine le Pen capitalise ainsi le vote "anti-système" qui semble aujourd'hui se consolider contre toutes les autres forces politiques. Un vote "anti-Sarkozy" comme représentant du système et qui aborde la présidentielle 2012 avec un pourcentage d'impopularité historique.Sarkozy popularité avril 2011

    Elle capitalise aussi le seul style qui tranche à tous égards avec les apparences du reste de la "classe politique".

    Pour ceux qui veulent lutter contre le FN, il ne s'agit plus de l'agresser mais de retrousser les manches pour aller sur son terrain. Jusqu'à maintenant, les candidats des formations politiques classiques semblent avoir peur du peuple. L'UMP et le PS sont des partis de notables. La poussée du FN est leur échec : le PS a été dans l'incapacité de rester crédible aux yeux de la classe ouvrière qui fait aujourd'hui le gros des bataillons du FN. C'est l'échec des "petits marquis locaux" générés par la décentralisation. C'est l'échec de l'UMP qui a abandonné la bataille du pouvoir d'achat passant notamment par l'exemplarité des efforts de l'Etat pour une gestion spartiate et la fin des dépenses somptuaires des administrations centrales et non pas la diète injustement imposée à des services publics de proximité .

    Sur ce terrain, une vague considérable est en train de naître. Elle est à la hauteur des échecs des formations politiques classiques, c'est dire …

  • Maintenant, 15 jours en politique : une éternité !

    C'est l'époque du "vote rapide". L'opinion consacre de moins en moins de temps à la politique qui la lasse. Le choix s'effectue de plus en plus tardivement en fonction des dernières émotions. Lors des dernières cantonales en France, 24 % des électeurs qui ont voté ont indiqué avoir fait leur choix dans la dernière semaine. A ce premier bloc s'ajoutent 10 % qui ont indiqué avoir décidé le jour même du vote. Par conséquent, plus d'un électeur sur trois des exprimés s'est décidé dans la dernière semaine.

    Actuellement, dans le cadre de l'élection fédérale canadienne, Harper vient de perdre 4 points d'intentions de vote en une semaine soit plus de 10 % d'érosion de son potentiel électoral de base en 7 jours. Au point que des observateurs commencent à s'interroger sur un nouveau 2006. A cette époque, entre Noël et la mi-janvier, le Parti Libéral était tombé dans la disgrâce avec une mauvaise explication sur le scandale des commandites. Le Parti Libéral avait provoqué des élections anticipées car les sondages le donnaient grand gagnant. 60 jours plus tard, il perdait le pouvoir et Harper gagnait. Même situation en 2011 mais cette fois au détriment de Harper ? 15 jours à attendre qui vont apparaitre une éternité.

  • Etats-Unis : le combat des gorilles contre les « tristouilles » …

    L’actuelle pré-campagne américaine est riche de très nombreux enseignements. C’est la lutte des gorilles contre les tristouilles.

    Les « tristouilles », c’est la marée des candidats républicains : Pawlenty, Bachmann, Barbour, Santorum, Gingrich … Ils sont trop nombreux pour exister. La multiplication crée la confusion et la confusion tue l’intérêt. Ils se condamnent tous à l’échec. L’opinion les quitte. La compétition devient triste à tous égards. Elle se dévitalise parce qu’elle se perd dans les nuances et dans les « sans chance » de gagner.

    Ce sera le même problème de fond pour le PS et sa primaire. Si les candidats sont trop nombreux, l’opinion se lassera vite parce qu’elle ne s’alimente pas des nuances.

    Face aux « tristouilles », il y a les « gorilles ». Où dort un gorille de 500 kilos ? Réponse : où il veut.

    C’est pareil en politique. Le Parti Républicain a deux gorilles : Palin et son audience hors du commun. Romney et ses finances hors du commun. Tant qu’ils ne seront pas entrés en campagne officielle, la « vraie campagne » ne vivra pas du côté républicain.

    Chez les démocrates, le seul « gorille » est Obama. Tout seul, il ne peut faire vivre la campagne d’où le flop de l’immédiat post annonce de candidature. Il lui faut un défi, un danger pour mobiliser son camp. L’actuelle situation le pénalise aussi. Parce qu’il n’y a pas de combat intéressant entre un gorille et des tristouilles, il doit donc attendre lui aussi l’arrivée des « comparables ». Espérons qu’ils ne se fassent pas encore attendre trop longtemps.

    http://www.whitehouse.gov/sites/all/modules/swftools/shared/flash_media_player/player5x2.swf

  • La crise est-elle un tue – campagne ?

    Trois campagnes électorales se déroulent actuellement dans des démocraties comparables : Canada (vote fédéral du 2 mai 2011, France pour mai 2012, Etats-Unis pour novembre 2012).

    Au Canada actuellement, une répartition inattendue des supports intervient. Twitter, Flickr et YouTube se taillent la meilleure part du gateau. Pour Twitter, c’est étonnant car le nombre des abonnés est faible. Mais le profil des abonnés est très actif, ce sont donc de bons relais qui démultiplient l’information. Pour Flickr et YouTube, c’est la confirmation du règne de l’image. Mais pour l’instant, la campagne ne connait pas de réelle nouveauté significative.

    En France, les candidatures déclarées retombent vite. Hollande, Hulot, derniers candidats officiellement déclarés, n’ont pas été capables d’organiser un lendemain efficace de la déclaration de candidature.

    Aux Etats-Unis, le parti républicain se perd dans la confusion liée à la multiplication des candidats. Seule l’arrivée de Sarah Palin semble de nature à électriser une campagne morne du côté républicain. Pour les démocrates, c’est l’aile gauche si active en 2008 qui boude. Obama peine à faire vivre les deux temps : celui du Président et celui du candidat. Mais surtout, rien ne donne le frisson d’une campagne qui vit. En juin 2007, l’Obama Girl avait réveillé la campagne (voir vidéo ci-dessous) en donnant un côté sexy et mode à un candidat. Cette vidéo a été vue 120 millions de fois entre juin 2007 et novembre 2008. A partir de cette époque, les « Obama Girls » se multipliaient, les vidéos aidant, lors des différentes occasions : soirées, animations sportives … La vie de la campagne était lancée.

    La crise économique de l’hiver 2008 a-t-elle été un « tue campagne » avec les parts d’illusion, d’euphorie, de rêve qui existent d’ordinaire ? La question se pose avec une acuité croissante dans de telles ambiances…

  • Plus envie d’entendre …

    Lors du dernier débat pour les élections fédérales canadiennes (mercredi), la firme de sondage Angus Reid a mis en place un dispositif souvent actionné en France dans des études lourdes : l’indication en temps réel de l’adhésion dans la suite immédiate de l’expression d’un leader politique.

    3 leçons majeures :

    1) quand Harper défend son bilan, la manette a été baissée quasi-systématiquement et immédiatement : il n’y a plus envie d’entendre,

    2) quand Ignatieff s’exprime, c’est trop détaillé. Il ennuie et la manette baisse au fur et à mesure que l’explication dure,

    3) les seules adhésions fortes interviennent lors de moments brefs d’émotions appliqués à la vie quotidienne : simple, concret, vécu !

    C’est l’inconnue de 2012. Pour qu’il y ait rebond de tel ou tel candidat, encore faut-il qu’il y ait envie d’entendre. La crise a usé la capacité à entendre. La crise a fragilisé la place de la raison donc de la démonstration au profit de la seule émotion. C’est une donnée nouvelle à ce point là qui risque d’ouvrir l’espace à des surprises encore plus fortes que d’ordinaire.

  • Urbanisme : la Faute-sur-Mer ou la faute sur Maire ?

    Des noms portent des symboles lourds à l'exemple de l'actuelle Commune de la Faute-sur-Mer. Au-delà de cette Commune, l'urbanisme est l'un des échecs majeurs de la décentralisation des années 80.

    Dans les Communes de dimensions petites ou moyennes tout particulièrement, le poids des propriétaires fonciers lors des élections municipales est considérable. Des présences au sein des équipes municipales posent des questions majeures des intéressés comme de professionnels du secteur de la construction.

    La gravité est double :

    – le retrait de l'Etat a été excessif en la matière. Il a disparu du circuit tant du volet du conseil que du volet de la surveillance et encore davantage de celui de la décision,

    – l'importance financière des décisions a considérablement augmenté. Une opération immobilière est un enjeu financier de première importance.

    La décentralisation du début des années 80 a montré toutes ses limites. L'urbanisme est une caricature des méfaits d'une décentralisation qui s'est accompagnée d'un retrait excessif de l'Etat. La Faute- sur-Mer, dans des circonstances dramatiques, n'est que la première étape d'une "vague" d'affaires qui devraient conduire à des évolutions urgentes en la matière.

  • Grenoble 2014 : la bataille entre les héritiers, les successeurs et les dauphins

    La succession éventuelle de Michel Destot en 2014 alimente de plus en plus les commentaires. A écouter certaines déclarations, la décision serait prise et les premiers intéressés auraient même été informés dernièrement.

    Trois profils se détachent.

    Pour voir s’il y a des « héritiers », il faut d’abord identifier s’il y a un « héritage » : une idéologie ou des pouvoirs dont le parti qui peuvent être légués comme un actif déterminant. Il n’est pas sûr qu’il y ait matière à héritage malgré le pouvoir, malgré les années de gestion. Le parti est tenu par une sensibilité différente des « rocardiens grenoblois historiques ». Le pouvoir a été « peu partagé » sur Grenoble même et les classements de notoriété assistée le rappelent. L’idéologie est en situation difficile avec la montée des Verts qui désacralisent le bilan tant ils sont contestataires sur la quasi-totalité des fronts.

    Par conséquent, il n’est pas sûr que l’un des prétendants se positionne en « héritier ».

    Y a-t-il matière à se positionner en « dauphin » ? Ce positionnement apporte deux nuances : la différence de génération et la complicité du pouvoir comme le roi jadis veillait à l’ascension du dauphin pour un passage de témoin dans la « douceur ». Il n’y aura pas de « douceur » parce qu’il y a trop de dauphins : Safar, Noblecourt …

    Existe-t-il alors un « successeur » ? L’espace du successeur est singulier : être fidèle, appartenir à la même génération que le détenteur sortant du pouvoir. C’est le « Poulidor » d’hier auquel Anquetil accepte de laisser la première place du podium parce qu’il n’est plus dans la course. Deux personnes ont ce profil : G. Fioraso et S. Siebert. Ils ont été des adjoints techniques. Pour accéder à la première fonction, il leur faut sortir de la technicité qui a fait leur force hier et aujourd’hui.

    Par conséquent, la situation s’annonce singulière. C’est l’une des originalités de l’année qui vient où la présidentielle puis les législatives dans la foulée vont dénouer des positionnements bien au-delà des seuls enjeux en question sauf à enregistrer avant que le Maire de Grenoble partira pour une candidature de plus ou que les autres candidats aient trouvé un accord consensuel, ce qui paraît très hautement improbable.

  • La Métro : la cohérence de son aire d’interventions : un débat jamais ouvert

    La Métro, structure de coopération intercommunale dans l’agglomération grenobloise, est d’abord une création politique avant de répondre à une logique d’organisation territoriale.

    Trois débats n’ont jamais été ouverts publiquement parce que la Métro a d’abord dépendu de choix exclusivement politiques.

    1) Il n’a jamais été question d’un tableau comparatif entre un dispositif mutualisé et la création d’une structure de ce type. La raison est simple : le choix était politique et non pas financier. Il s’agissait d’organiser la cohabitation entre Destot et Migaud dans l’agglomération grenobloise. Donc, à chacun « sa collectivité ».

    2) Il n’a jamais été question d’une logique dans les rapports entre la Ville clef (Grenoble) et la Métro. La Métro est l’une des très rares structures sur le plan national (peut-être même la seule ?) où le Maire de la Ville centrale (Grenoble) ou son représentant n’occupe pas la Présidence de la structure intercommunale. La raison est identique au point 1.

    3) Il n’a jamais été question d’une logique territoriale de la Métro, d’où le développement déséquilibré vers le Sud Isère au lieu du bas Grésivaudan par exemple. La raison est simple : Didier Migaud était Député du Sud Isère et la Métro s’est orientée « tout naturellement » vers sa circonscription d’alors.

    Ces points ont toujours été reconnus et établis. A la page 9 du document ci-dessous mis en ligne le 12/09/2008 (3 209 lecteurs à ce jour), il y a une présentation très détaillée de ce dispositif et des incohérences manifestes qui en résultent.

    Par conséquent, si un débat devait être ouvert sur la logique d’interventions de la Métro sur les bassins de vie qui composent l’agglomération grenobloise, ce serait une première depuis 1995.