Denis Bonzy

Catégorie : International

  • Trump est aussi un sérieux avertissement à la classe politique française

    Trump 15 01 16

    Sur quoi repose le succès de Trump ? Sur trois socles :

    1) un courant central né en 2010 avec les idées du Tea Party : les thèmes : la classe politique est impuissante, incapable de régler les vrais problèmes, corrompue, déconnectée de la vraie vie. Donc il faut sortir la classe politique sortante. Dès 2010, ce courant central a provoqué des chocs locaux considérables. Le dernier date juin 2014 en Virginie avec l'élimination d'Eric Cantor par un … inconnu,

    2) une analyse marketing pour faire vivre la disruption : l'analyse de l'équipe de Trump est simple : puisque le système est devenu répulsif, il faut casser tous les codes du système : vocabulaire, idées, formats de communication … Par le packaging montrer que rien n'est assimilable au système sortant,

    3) installer un réflexe simple : "avant de s'occuper de la vie des autres, ont-ils d'abord réussi leur propre vie ?". Ce dernier réflexe a beaucoup compté pour discréditer les politiciens professionnels et valoriser Trump.

    Trump 2 28 01 15

    Ces trois socles sont installés dans la

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  • Agriculture : pourquoi n’est-il jamais question de Phil Hogan ?

    AGRI001

    Il est temps que la classe politique abandonne son cinéma pour fuir en permanence ses responsabilités. Elle doit avoir l'honnêteté d'indiquer les limites de ses compétences et ne plus jouer à faire semblant d'exercer des pouvoirs qu'elle n'a plus. Pour les pouvoirs qui lui reste, elle doit avoir la même honnêteté pour exprimer la vérité sur les politiques conduites.

    Prenons l'exemple actuel de l'agriculture. Comment comprendre qu'il ne soit jamais question de Phil Hogan, le commissaire européen à l'Agriculture. Cet irlandais est un partisan déclaré du libéralisme agricole le plus total. Le libéralisme agricole c'est l'ouverture des frontières, la course aux bas prix, la course à la concentration des exploitations … Il suffit de lire ses discours, ses écrits !

    Pour ce commissaire européen, la disparition du "modèle français" de l'exploitation familiale indépendante de petite dimension est incontournable. 

    Sous cet angle, la situation actuelle trouve sa "cohérence" et nous ne sommes qu'au milieu du gué.

    Mais après, il faut savoir si les citoyens sont d'accord pour

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  • Donald Trump ou la colère des abeilles

    Trump 24 02 16

    Je suis souvent très surpris par la volonté des médias français de considérer la politique américaine pour un immense folklore sans lien avec la France. En 2007, Obama était présenté par ces médias comme "celui qui faisait un tour de chauffe pour 2012". Il a été élu dès … 2008. Quant à Trump, la présentation a longtemps été, voire même encore, celle du "fou gesticulant" sur les tribunes. En juin 2015, les médias français prévoyaient le choc Clinton / Bush. Bush s'est retiré depuis …

    A quoi tient le succès de Trump ? C'est la colère des abeilles. Les sociétés modernes sont structurées autour de 5 groupes :

    1) « les hussards de la modernité » : leur mentalité est celle de la modernité, de la technologie, de la liberté individuelle. L’Etat est une contrainte. La communication est un outil efficace. C’est par l’économie que l’humanité avancera. Face à la modernité, ils sont prêts à l’affronter et se sentent une âme de gagnant.

    2) « Les abeilles » : la modernité ne les attire pas mais les membres de ce groupe ont le sentiment qu’ils parviendront quand même à « tirer leur épingle du jeu ». Ils acceptent l’évolution mais cherchent à en modérer certains impacts qu’ils jugent nocifs. Les membres de ce groupe travaillent. Se lèvent tôt le matin. S'occupent de leur famille. Ils sont "sans histoire" et "font tourner la boutique" : payent des impôts, respectent les lois … En 2010, le Tea Party parlait des

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  • La fin de l’argent trop facile

    Twitter bourse 21 08 15

    Le tournant majeur actuellement sur le plan économique et financier : la fin de l'argent trop facile. Ce tournant a été connu par les particuliers début 2010. La crise de 2008 impactait. La précaution s'installait dans les organismes classiques dont les banques. Les entreprises serraient les comptes donc la masse salariale. Mais dans le même temps, à la différence des particuliers, les Etats pour soutenir l'économie "ouvraient les vannes". Au même moment, la "nouvelle économie" retrouvait des couleurs. Les deux phénomènes ont boosté ce segment. Cette étape est finie. Le temps des valorisations déconnectées du chiffre d'affaires est terminé. Bien davantage, ceux qui comptaient sur des rachats faciles comme filets de sécurité sont désagréablement surpris : Twitter, GoPro, LinkedIn … La "place de marché" n'a plus la même valeur qu'hier. Cette révision là est en cours actuellement. Elle a été engagée depuis l'automne 2015. Les fondamentaux sont de retour.

    De façon surprenante, en France, il n'y a plus que

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  • Emploi : factures, fractures, ruptures …

    Odoxa chefs d'entreprises mai 2015

    L'actuel débat sur l'emploi montre le décalage irréel entre la classe politique et les réalités incontournables. Un livre remarquable édité en décembre 2015 permet heureusement de remettre des "idées en place" : la guerre des mondialisations de Jean-Paul Betbeze. Jusqu'à quand les français vont-ils encore vivre en dehors des réalités ? C'est un luxe dont ils n'ont plus les moyens. 

    Les réalités c'est notamment :

    • ou le pays est compétitif ou il est voué à la marginalisation économique avec un chômage de masse ingérable,
    • pour que le pays soit compétitif, il faut casser des barrières à la performance économique non rencontrées ailleurs,
    • le temps de la compatibilité des déficits partout est fini. Il va falloir choisir les coûts supportés et les coûts refusés.

    Et c'est sur ce dernier point que le débat devrait porter : l'indemnisation chômage coûte-t-elle trop cher ? Mais trop cher par rapport à quoi ? 

    Par rapport au fonctionnement d'un appareil d'Etat incapable de se réformer ?

    D'ordinaire, avant de demander les efforts aux autres, on montre sa capacité à

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  • Primaires : tremplin ou plongeoir ?

    MicoCité 2 19 02 16

    L'actuel climat français sur les primaires est assez irréel. Prenons 4 exemples concrets pour mettre en relief le décalage surprenant entre des faits et des souhaits :

    1) Pourquoi les français participeraient-ils à un choix d'un parti politique au moment même où ils détestent les partis politiques plus que jamais comme le montre le sondage Elabe d'hier ? Le marqueur de confiance : 3 % !

    2) Que seraient les primaires américaines sans Trump et Sanders ? Une morne plaine. Dans le climat actuel, il faut des perturbateurs face à l'offre politique classique sinon c'est le désintérêt. Avec le processus des parrainages en France, qui pourra tenir ce rôle ? Personne. 

    3) A force de s'exposer aussi tôt, les candidats français ne vont-ils pas s'user, se fragiliser ? L'exemple le plus récent dans Le Point de cette semaine,

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  • Quand le pays de la démocratie oublie la … démocratie : des chiffres !

    Cameron 21 02 16

    Hier, David Cameron a annoncé le référendum sur l'Europe pour le 23 juin 2016. Et la campagne d'explications a été immédiatement lancée. En France, le dernier référendum remonte à … 2005 sur le plan national. Et les citoyens français ont alors rejeté un traité pour … l'Europe. Traité qui pourtant a été mis en oeuvre ultérieurement par la voie parlementaire après avoir été refusé par la … voie populaire. 

    Pour la France, c'est donc 11 ans sans référendum et avec pour repère le dernier référendum où le choix du peuple a été désavoué par les parlementaires. 

    Dans l'Histoire, outre le rôle conceptuel de la Grèce, la France est considérée comme le pays de la démocratie : 1789, la déclaration des Droits de l'Homme … quand l'Italie était alors la terre de l'art. 

    Quel exemple donné par le pays de la … démocratie.

    Et avant 2005, il faut remonter à …

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  • La photo qu’on ne voit pas en France

    Cour Suprême 20 02 16

    Des photos parlent davantage sur une "ambiance" que de longs discours. Etats-Unis : le Juge Scalia décède. Ce Juge de la Cour Suprême a le Président américain qui vient se recueillir. Il se recueille devant un défenseur de la Loi dont il savait qu'il était sur de nombreuses valeurs à l'opposé de ses idées. Imagine-t-on la même photo en France quand la "cour suprême" française (le Conseil Constitutionnel) est composée au gré des convenances des Princes sans la moindre obligation du service du Droit ? 

    Toute la chute aux enfers de la règle de droit en France est résumée par cette photo inconcevable dans notre pays. 

    La France est fâchée avec la règle. Elle est donc fâchée avec ceux qui

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  • Quand chaque saison est l’hiver le plus rude

    Holocaust Washington

    Le décès de Simone Lagrange, déportée à Auschwitz, suscite une réelle et forte émotion collective naturelle. Pour l'avoir rencontrée à plusieurs reprises, dont à l'occasion d'une très émouvante cérémonie au Gua pour la reconnaissance d'une famille de Justes, elle appartient au groupe des personnes inoubliables.

    Dans mon enfance, la déportation a d'abord été le domaine du silence. Ne jamais évoquer ce temps qui pourrait faire fondre en larmes mon oncle et par voie de conséquence les autres membres de ma famille. Chez mon père, il y a toujours eu la haine des allemands. Des réactions immédiates de sa part traduisaient une hostilité ostentatoire même sur des lieux de vacances. Même à mon âge, il me serait difficile de dire du bien de cette nation tant de tels commentaires me sembleraient peu respectueux de mes parents. A mon tour, ne pas en parler. A l'opposé, des personnes ont été capables de parler. Capables de pardonner. Parler et pardonner pour que ne plus jamais revoir ce qu'elles ont vécu. Des temps d'inhumanité pendant lesquels chaque saison était l'hiver le plus rude. Pour mieux faire savoir, étape incontournable de la conscience collective, Simone Lagrange a été l'un de ces exemples utiles, indispensables, référents.

    Pour les prochaines générations, il y aura un vrai défi du devoir de mémoire. Il n'y aurait pas de pire échec collectif que des générations amnésiques sur des valeurs de cette importance.

    Holocaust washington 18 02 16

    I

  • Ne pas accepter le déclin de l’information sous sa version papier

    The Independent

    Vendredi, en Grande Bretagne, The Independent a annoncé la fin prochaine de sa version papier. Dans ce même pays, dans les 5 dernières années, les quotidiens britanniques ont perdu le tiers de leur diffusion, ce qui est énorme. Faut-il accepter la "fin" de l'information sous sa version papier ? La réponse ne peut qu'être négative.

    Pour trois raisons :

    1) L'information version numérique n'est pas incompatible avec la version papier : techniquement il est toujours possible d'imprimer un article qui a plu sous sa version numérique et le garder ainsi durablement.

    2) Si le numérique devait entraîner la fin de l'information version papier, ce serait la 1ère fois qu'un média en fait disparaître un autre plus ancien. Jusqu'alors tous les supports ont été compatibles moyennant des aménagements : papier, radio, TV …

    3) Ce qui est en cause actuellement dépasse de loin le choix entre le numérique et le papier. C'est l'enjeu de fond sur la qualité de l'information : information éphémère / durable, information dite "citoyenne" / professionnelle. 

    Deux évolutions inquiétantes naissent :

    1) l'information pourrait-elle se réduire à une photo ou à une formule ? Non. L'information durable qui

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