Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Quand en une soirée le « nouveau monde » saute aux yeux … : les révolutions silencieuses !

    Periscope-Twitter

    La vie est surprenante. On s'habitue à des modifications. Et d'un coup, sous l'effet d'ailleurs d'événements inattendus, on s'aperçoit que tant a changé. Ce fut le cas pour moi hier soir. D'abord sur Arte une émission remarquable sur le journalisme à l'heure de Donald Trump. Je n'avais encore jamais perçu à ce point grâce à un documentaire remarquable sur Arte combien désormais la densité de la course à la vitesse pour être le premier à informer pouvait être soutenue. Et d'ailleurs l'un des responsables des rédactions reconnaissait cette évolution. Et seconde "révélation", la soirée sur … Periscope. Et là, d'un coup, tout accessible en live : depuis la diversité des chaînes de TV jusqu'aux réactions des candidats. Des pages significatives sont réellement tournées. C'est impressionnant à ce point dans tant de domaines et avec tant de révolutions silencieuses qui ont manifestement enterré un ancien monde. 

  • Les actions du bien-être …

    Boston Nov 08 01

    Dans une démocratie, personne ne doit humilier un citoyen sans sa permission. C'est la règle de base. Et la permission c'est le non engagement. Le pire c'est la permission inconsciente quand un système a tellement matraqué des repères que l'abandon du citoyen est devenu coutumier. C'est ce qui guette les Français. J'ai eu la chance de vivre 3 temps forts de mobilisations. La victoire de Grenoble en 1983. Une vague enthousiaste irréelle. Les derniers jours de campagne électorale quand aux feux rouges des automobilistes baissaient leurs vitres pour crier "allez-y !". Puis ma première campagne cantonale quand je constatais le nombre d'affiches posées de façon volontaire dans des propriétés privées.

    DB marché 89

    Et il y 10 ans, jour pour jour, la campagne Obama à Boston. Choisir des photos de cette époque est difficile tant elles sont nombreuses. Les auto-collants sur les voitures. Les salles pleines de volontaires pour les appels téléphoniques. Les volontaires aux coins des rues pour distribuer des tracts. Mais une photo que j'ai faite a ma préférence : les magasins fermés le jour du vote pour passer un message simple : "fermé. Parti voter et vous, faites de même". Au pays de l'argent et du commerce, l'acte civique un mardi avait la préférence sur le chiffre d'affaires. Un symbole très fort. Et ces affiches étaient nombreuses sur les vitrines des commerces. Des rues entières avec les commerces fermés.  Tant qu'un peuple est capable de telles actions, il montre sa confiance dans la citoyenneté. A moins de 500 jours des municipales, il me semble que l'action locale va réserver une mobilisation hors du commun. Actuellement les citoyens ne s'ennuient pas en manifestant peu. Ils patientent. C'est davantage qu'une nuance. Mais l'énergie intérieure à déverser est très vive lors des entretiens. S'engager, c'est une action de bien-être dans une démocratie. Car c'est se mobiliser pour garder la propriété de son sort dans la vie publique. 

  • Que restera-t-il après … ?

    Thomas USA 23 08 18

    Depuis longtemps déjà, c'est une question majeure de toute existence : que restera-t-il après ? Est-ce qu'une vie peut se résumer à une plaque avec deux dates : naissance / décès ? Depuis le début, je n'ai jamais eu d'illusion sur la mémoire collective. C'est un enjeu qui ne m'intéresse pas. Tout ce qui est collectif est éphémère, controversé, trop partagé. En revanche, quelques personnes sont des enjeux. Bien sûr d'abord ses enfants. Cette semaine, j'ai eu un réel plaisir à découvrir la tribune de notre fils Thomas dans les Affiches. Pendant près de 25 ans et dès leur plus petite enfance, avec Marie, nous avons veillé à faire partager à nos deux fils chacune de nos passions. Même dans un pays très souvent américanophobe comme la France, nous n'avons jamais caché notre intérêt pour les Etats-Unis, pour les grands espaces, pour une terre de libertés … Leurs séjours y ont donc été nombreux et diversifiés. Pendant toutes ces décennies, nous avons ainsi veillé à faire découvrir à nos enfants ces territoires, leur diversité. Mais aussi des interlocuteurs. A mesure que Jonathan et Thomas grandissaient, ils étaient associés à des réunions de travail. Puis j'ai constaté que Thomas était devenu Membre actif de la French-American Foundation, Membre  des Chambres Internationales de Commerce de New-York et de Boston. Et enfin cette semaine, découvrir l'article de Thomas dans les Affiches relatif aux Etats-Unis cela peut montrer qu'il peut quand même rester des traces durables de telles situations. C'est comme quand des anciens étudiants m'adressent via LinkedIn des informations sur leurs cursus professionnels avec un petit mot sympa. C'est toujours une embellie sérieuse. Quelques mots qui font du bien. Pour s'en priver de le reconnaître ? 

  • 34 / + de 200 ou quand la réalité des chiffres prendra enfin le dessus en France ?

    Beto O'Rourke 25 03 18

    Hier soir à Dallas, 1er débat public contradictoire entre Ted Cruz et Beto O'Rourke (jeune espoir Démocrate qui peut créer la surprise) dans le cadre des élections du 6 novembre 2018. Le Texas c'est 28 millions d'habitants. Pour 28 millions d'habitants, sa représentation au sein des instances fédérales c'est 34 parlementaires : 2 Sénateurs + 32 élus à la Chambre des Représentants. En France, une région comme Auvergne Rhône Alpes, pour seulement 8 millions d'habitants (face aux 28 millions d'habitants du Texas) c'est 64 députés et plus de 30 Sénateurs. C'est à dire que pour près du quart de population, la Région Auvergne Rhône Alpes compte 3 fois plus d'élus dans une instance nationale ! Que signifie cette réalité ? 1) Un coût des institutions politiques qui est disproportionné. 2) Un émiettement paralysant des pouvoirs à l'exemple de la commission du sénat qui passe une matinée entière sur un port d'arme. 3) Un abaissement de la fonction qui ne devient plus attractive pour de jeunes talents. Si le pouvoir de faire d'un parlementaire français c'est de commenter sur le plateau de BFM TV, les vrais talents vont ailleurs. Tant que l'opinion publique française ne regardera pas en face des réalités de ce type, elle enfoncera le pays dans son véritable statut actuel : une moyenne impuissance. 

  • Ces images que l’on garde en mémoire si longtemps après le premier regard …

    Boston 20 04 13

    Il y a des dates qui sont tellement fortes que le jour vit de lui-même sans être rattachable à une année. C'est le cas du 11 septembre. Cette date est un tournant majeur. Chacun se rappelle où il était au moment de la découverte de ce drame. Ces images qui alors semblent irréelles. Deux enseignements me paraissent importants. 1) Une rupture brutale dans ce que nous pensions être le progrès universel. C'est l'époque où, probablement comme de très nombreuses personnes, je m'étais fait à l'idée qu'en dehors de théâtres précis de guerres, des morts collectives ne pouvaient naître que de défaillances techniques (accidents d'avions, trains …). Mais que la "main de l'être humain" ne pouvait volontairement souhaiter la mort d'autrui. Depuis ce 11 septembre, on sait que cette vision de l'évolution collective est fausse. De façon passagère ? A jamais ? Impossible à dire. 2) Il y a donc désormais une violence nouvelle dans le regard sur autrui. On sait que l'immense majorité des êtres humains aspire à vivre en paix, dans le respect d'autrui, dans le respect de la diversité qui fait la beauté des communautés, mais il y a des "arbres qui cachent cette forêt". Et ces arbres cachent tout le regard donné à la forêt. Le 11 septembre a emporté beaucoup de valeurs avec lui. Une journée dramatique qui mérite de rester en mémoire bien au-delà des seuls anniversaires liés à des repères de dates de décennies. 

  • Quand des médias de démocraties dites avancées perdent manifestement la raison …

    NYC 27 08 15

    Ce qu'a fait le NYT relayé par des médias notamment français est d'une extrême gravité. Il est possible de détester Donald Trump mais pour autant des actes ne doivent pas être cautionnés. Le New York Times ouvre une tribune majeure à un auteur anonyme. Donc il cautionne l'anonymat. Et que dit cet auteur anonyme ? De l'intérieur, nous luttons contre Trump c'est à dire une personne explique qu'elle mène la guerre contre celui qui a été désigné par le suffrage universel direct. A quel titre cette personne a reçu mandat pour une lutte de ce type ? Jusqu'où est-elle prête à aller pour mener ce combat ? De telles déclarations sont inqualifiables. Et en France des médias relayent l'information sans se distancer de telles pratiques alors même que cette information va bien au-delà de Trump. C'est cautionner l'anonymat et le blocage d'un élu au suffrage universel direct. Et ces enjeux là sont ignorés. Nous traversons quand même une période très particulière. Les pires détracteurs de Trump auraient dû critiquer de telles méthodes. Il ne faut pas s'étonner si ensuite une crise des médias se creuse.

  • Mom !

    Hilaree Nelson

    Avec les élections intermédiaires de novembre 2018, à l'occasion des primaires, les Etats-Unis ont vécu deux révolutions silencieuses. 1) La prise de pouvoir politique par les femmes. Et une prise de pouvoir par les urnes et non pas par obligation légale de parité de candidatures comme en France. 2) Pour la quasi-totalité de ces candidates, une qualité en référence : Mom (maman) ! La ligne de CV qui compte le +. La première référence mieux que tous les diplômes divers. Et l'électorat a conscience que, qui a été capable d'élever sérieusement ses enfants mérite la confiance. Comment faire confiance à une personne qui aspireraient à s'occuper des affaires d'autrui alors même qu'elle n'a pas été capable d'élever sa propre famille ? C'est simple. Plein de bon sens. Eduquer ses enfants, c'est connaître la vie. La vraie. Bref des repères simples, bien loin des profils avec complications à la française. Sous Hollande, bon nombre de ministres avaient des enfants occupants fréquents des tribunaux (drogues, jeux …). Incapables d'élever leurs enfants mais capables de dire à autrui comment il faut faire … Sous Macron, c'est souvent une jeune génération qui joue les starlettes bien pomponnées. Le jour où l'opinion publique française reviendra à des fondamentaux simples dans l'examen d'abord des vies privées, elle tombera peut-être moins rapidement de l'armoire …

  • Quand le sacre tourne au … massacre

    JFK Jr George 28 08 18

    Remarquable article dans Le Monde Magazine de cette semaine sur l'expérience du magazine George lancé par JFK Jr dans les années 1990 qui ont été un tournant pour la presse papier avant la grande "révolution" d'Internet. En dehors de quelques paragraphes qui ne parviennent pas à se dissimuler quelques piques contre le groupe Lagardère concurrent du Monde, sur le fond, c'est une chirurgicale description des virages de cette époque. La prise de pouvoir des photos sur le texte. La course aux célébrités. Le désintérêt croissant pour la politique traditionnelle donc la recherche de nouvelles accroches pour la rendre séduisante. Tout y est. C'est l'aventure d'un magazine nouveau qui devait être le sacre de "l'autre information" et qui se termine dans une ambiance globale de massacre : depuis sa faillite financière jusqu'à la disparition de son principal animateur. C'est par des articles de fond de ce type que la presse papier garde un espace spécifique :  de la documentation précise qui se situe dans un long développement. Bravo aux auteurs. A lire. 

  • Quand des vraies pages se tournent dans la discrétion

    McCain 27 08 18

    L'existence semble faite de carrefours parfois discrets mais implacables. Tant sur le plan individuel que collectif. Les Etats-Unis sont en train d'en vivre un avec la disparition de McCain : la fin d'une génération de vétérans ayant connu des guerres meurtrières emblématiques. La France a connu cette même évolution. Plus tôt avec la disparition des combattants de la 39-45 ou de l'Algérie. Personne n'a succédé aux profils des Jacques Chaban Delmas, Marcel Bigeard, Pierre Messmer, Robert Galley, André Bord, Yvon Bourges … Avec les épreuves qu'ils avaient connues, ils faisaient du "rab", ce temps supplémentaire de vie qui leur donnait du recul face à la si douce vie quotidienne en temps de paix. Pour les Etats-Unis, depuis les années 50, le meilleur résumé de la vie politique américaine c'était la compétition entre John Wayne et Indiana Jones. 2 univers imaginaires très différents. Cette formule résume les deux profils capables de faire un Président américain loin des théories fumeuses. John Wayne correspond aux profils des Républicains si souvent à la recherche de l'homme des prairies qui ne brille pas par son intelligence mais par son bon sens accroché aux racines de sa vie. L'exemple : Ronald Reagan, la figure historique de cette sensibilité. Indiana Jones, c'est le candidat Démocrate plus jeune, avide d'aventures, la cool attitude, plus urbain, plus intellectuel, plus européen. L'exemple : Barack Obama. Avec la disparition de McCain, c'est la référence John Wayne qui disparaît. C'est un changement notoire. D'ailleurs Trump chez les Républicains en est l'opposé : produit de New York et non pas de l'Amérique intérieure. Produit des médias et non pas du terrain de guerres. Maintenant, dans les démocraties occidentales, le théâtre d'opérations semble être les plateaux TV. Ils ne vivent pas le terrain mais la fiction des images à délivrer. Matière à être inquiet. Une vraie page collective majeure se tourne dans la discrétion.

  • 10 ans après jour pour jour …

    McCain 26 08 18

    Au fur et à mesure qu'on avance dans la vie, outre la chance à célébrer d'être encore dans le "circuit", il y a des symboles qui imposent des réflexions. Progressivement, trois constats me sont apparus mériter une attention particulière. D'abord la relation entre des noms et des activités. Pendant l'hospitalisation de mon père, cette évidence m'était apparue terrible. Le médecin à son étage s'appelait le Dr Colombe, une jeune femme adorable d'une douceur exemplaire et l'infirmière chef s'appelait Mme Pont. A l'étage de la mort dans cet hôpital, un patient était dans les mains de deux personnes appelées Colombe et Pont …  Dans la foulée, j'ai cherché à établir des liens de ce type dans les étapes de mon existence et j'ai été stupéfait par ces symboles jusqu'à aller vers une personne appelée Dehaine dans la fonction de … banquier. J'ai progressivement rédigé un petit carnet (nom / profession) et les liens sont stupéfiants. Ensuite, il en est de même pour des prénoms. Il y a des prénoms avec lesquels je me suis toujours entendu et d'autres jamais. Et quand là aussi je dresse la liste, c'est impressionnant. Ce qui l'est encore plus c'est les traits communs de tempéraments entre des prénoms comme si un prénom pouvait porter un caractère. Enfin, c'est le symbole des dates. Dernier exemple : le décès de John McCain cette nuit. Il est décédé 10 ans jour pour jour avec le second jour de la Convention Démocrate de Denver en 2008 qui a scellé le lancement réussi d'Obama et donc la défaite de McCain à la présidentielle 2008. A cette époque, la Convention Démocrate s'annonce risquée. La compétition Obama / Clinton a laissé des traces. McCain espère que cette Convention déchire ses concurrents. Si c'est le cas, il peut encore gagner. Sinon ce sera très difficile car il sait qu'il paye l'ardoise des années Bush. Contre toute attente, les Clinton donnent l'exemple de la loyauté à un parti et à son candidat. La présidentielle vient de basculer. Or la présidentielle, McCain y a pensé toute sa vie. Dès son retour du Vietnam, il était un symbole, voué aux plus hautes responsabilités. En 2000, il a perdu la primaire. En 2008, bien avant le vote, lors de la Convention de Denver (25 au 28 août 2008), il perdait l'élection. 10 ans plus tard, jour pour jour, il décède. Les mystères des calendriers sont parfois étonnants. Un homme remarquable que j'ai eu plaisir à rencontrer brièvement.

    McCain 1997 DB