Un préalable s'impose : ce qui est vécu actuellement avec les comportements de Donald Trump à l'exemple de ceux d'hier sont inédits. En France, il est fréquent de comparer Trump à Reagan. Mais cette comparaison ne résiste à aucune analyse sérieuse pour de multiples raisons dont le fait que Ronald Reagan avait exercé des responsabilités syndicales puis électives à la tête de l'Etat de Californie avant d'accéder à la Maison Blanche alors même que Trump n'a jamais exercé une seule responsabilité publique. Reagan incarnait pour l'essentiel une attente de retour à la force de l'Amérique après les humiliations des "années Carter" dont l'échec de l'opération Eagle Claw. Trump a été élu "contre le système". Et il s'ingénie à continuer sur cette lancée. Cette parole totalement hors les codes va provoquer des remous considérables mais y compris dans la remise en cause de "codes" au sein même des autres démocraties occidentales. Si bien qu'au moment où d'autres démocraties occidentales sont dans des processus de forte fragilité, c'est une donnée nouvelle essentielle. Aujourd'hui, aucune démocratie occidentale n'est en situation sécurisée dans ses équilibres intérieurs : Merkel est déstabilisée par le sujet de l'immigration. La GB doit gérer son Brexit. L'Italie et l'Espagne n'ont pas de majorité sécurisée. Et la France est entrée dans un semestre électif totalement imprévisible. Une donnée rarement connue à ce point. Et qui a de quoi légitimement inquiéter.
Catégorie : Etats-Unis
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Le choc d’une véritable révolution inqualifiable car inédite
La conférence de presse de Donald Trump hier est un message essentiel : le temps de la présidence sera au rythme du temps de la campagne électorale. La conférence de presse est intervenue dans un contexte irréel : journaliste de CNN interdit de parole, invectives permanentes, discrédits à l'emporte pièce sur des contradicteurs, auto-proclamations sans la moindre humilité … Rien ne résistait. Cette situation sera souvent présentée comme une "révolution conservatrice". Mais elle est conservatrice de quoi ? Certainement pas de la morale compte tenu des comportements avérés du leader en question. Pas davantage de la jeunesse compte tenu de l'âge moyen des nommés à trois ou quatre exceptions près. Pas davantage du peuple qui observe le défilé des … milliardaires. Encore moins des intellectuels théoriciens d'économie ou de sciences politiques terriblement absents. Surtout pas des femmes écartées des postes clefs à quelques exceptions. Tout comme les noirs qui seront à compter dans les photos des réunions de Cabinet. C'est la révolution inqualifiable car inédite et qui constitue la fessée donnée à tous les symboles de l'ancien système politique. Il fallait une sacrée dose de colère pour être prêt à une telle sanction. Une colère populaire indiscutablement très sous-estimée dans les analyses antérieures. Reste maintenant à définir la frontière entre la colère et le suicide ?
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Quand Snapchat choisit … Londres !
Hier mardi, Snapchat a annoncé qu'elle installait à Londres son quartier général pour ses opérations non américaines et qu'elle déclarerait via le Royaume-Uni une bonne part de ses revenus internationaux. Snapchat est une société de messages en ligne qui disparaissent après avoir été lus et revendique plus de 150 millions d'utilisateurs quotidiens, dont 50 millions en Europe parmi lesquels plus d'une dizaine de millions au Royaume-Uni. Snapchat figure parmi les sociétés pouvant être introduites en bourse en 2017 pour des montants records historiques. Pour son choix d'installation, la compétition a été féroce entre de nombreuses capitales. Et Londres a gagné. Avec le Brexit, il était question de fuite des entreprises, d'isolement de Londres. Et avec une décision de ce type, qu'en est-il ? Il serait quand même temps que des explications sérieuses soient données après les démonstrations du drame supposé à venir avec le Brexit …
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Et si Vivarte permettait enfin d’ouvrir des vrais dossiers de fond … ?
Pour dynamiser l'économie française et relancer l'emploi, il faut ouvrir enfin des sujets tabous qui sont des verrous implacables. Deux d'entre eux méritent un examen sérieux : les banques et la grande distribution. 1) La France doit réorganiser totalement son système bancaire. Les Français se sont beaucoup appauvris ces dernières années. Un exemple concret, aujourd'hui France Domaine diffère la cession de biens immobiliers de grande qualité appartenant à l'Etat parce qu'ils savent que les Français ne pourront pas tenir la compétition face à d'autres candidats étrangers (arabes, russes, turcs …) et qu'ils protègent ainsi le patrimoine de l'Etat en gelant les opérations possibles. Faute de vrais investisseurs privés, à la différence des Etats-Unis avec ses capitalistes risqueurs, en France, la banque reste donc le pivot des financements. Or la culture de sécurité de la banque française c'est le bouclier contre le risque. Quand une holding achète une société par un dispositif d'emprunt susceptible d'être remboursé par les remontées de dividendes de la société cible, par définition, le dispositif devient impossible si la société cible ne dégage plus des bénéfices. La cession d'autres actifs devient alors incontournable pour honorer la dette. C'est ce mécanisme qui a secoué les LBO avec la crise de 2008. Pour éviter de telles évolutions, la banque doit accorder des "facilités", différer des remboursements … : bref accepter une part de risque. C'est le dossier actuel de Vivarte. En 2012, Hollande avait pris la promesse de distinguer l'activité de banque de gestion courante (particuliers) et celle de banque d'affaire. Il n'a pas opéré cette distinction. Dommage. Il serait temps de l'effectuer pour distinguer deux esprits différents de fonctionnement. 2) Second sujet tabou, la grande distribution. Là encore rien n'a été fait en dehors de changer certaines étiquettes qui ne sont jamais lues par les clients. Pour rendre un espace au petit commerce ou à certains fournisseurs comme les agriculteurs, les règles doivent être changées. Mélenchon a évoqué une mesure qui mérite l'attention : et si la grande distribution alimentaire était mise à contribution pour financer une partie d'un fonds de retraite des agriculteurs ? Le rapport de domination est tel entre le donneur d'ordre et le fournisseur qu'il peut être intéressant le lier les sorts dans la durée pour protéger le plus faible. Avec Vivarte et la question de la cession d'André, il serait temps que ces sujets soient enfin traités sérieusement. Les circonstances s'y prêtent avec la campagne présidentielle en cours. Pour le moment, les sujets abordés restent très superficiels.
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La France et sa prétention insupportable
La tournée internationale de Hollande pour tenter de faire croire que la France a encore un rôle moteur dans le monde est d'un ridicule pathétique. Toujours tenter de faire vivre ce ressort de la France avec sa prétention insupportable de s'accrocher à un passé tellement dépassé. Le seul moment où il est question d'universalisme de la France c'est pour célébrer des actes d'antan. Aujourd'hui, la France est devenue une puissance moyenne avec un Etat qui fait les poches des organismes publics pour boucler ses fins de mois. Dernièrement, un député, Charles de Courson, dressait la liste des "hold-up" discrets de l'Etat. Le pays de la COP21 pompe les finances des agences de l'eau et de l'ONEMA ...
La "puissance militaire" de la France se ramène à une armée opérationnelle dont tous les personnels ne rempliraient même pas le Stade de France.
En plein état d'urgence, les voitures brûlent des records dans les quartiers et le Ministre concerné après avoir truqué son CV tente de truquer les chiffres des véhicules brûlés et sans la moindre conséquence dans les deux cas,
… : la liste des échecs est dramatique. Autre exemple très concret, en 2017, la fédération des parcs canadiens fête son 150 ème anniversaire. Des manifestations superbes. Des équipements fantastiques. Et en France, les parcs naturels sont à l'abandon. Souvent sans signalétique uniforme. Incapables de faire respecter leur Charte. Normal, en France, les écolos sont majoritairement des gauchistes qui préfèrent chevaucher l'égalitarisme suicidaire et non pas s'occuper sérieusement d'environnement. La COP21 est entièrement neutralisée puisque officiellement les mesures concrètes ont été renvoyées à la … COP24. Mais les ministres se gaussent toujours des succès de la COP21. Le jour où le rideau de ce triste cinéma va tomber, les réveils vont être terribles pour les derniers "innocents" s'il en reste encore en dehors des mauvais acteurs de ce cirque politique ridicule… ?
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Les permissions à surveiller …
Etrange période. Un candidat (Macron) change la donne de 2017 en 6 mois. Un autre (Mélenchon) très "discret" sur les médias traditionnels fait des scores considérables sur YouTube où son point hebdomadaire atteint désormais parfois 260 000 vues. Le PS aborde sa primaire dans un mystère quasi-total. Le candidat de la Droite après avoir été désigné disparaît des radars comme si la victoire de la primaire lui suffisait … Rien ne se passe comme d'habitude. Il faut toujours observer un tel climat atypique. ce d'autant plus qu'il y a des "permissions" venues de l'étranger qui ne laissent pas l'opinion publique française indifférente. Le Brexit peut intervenir sans la catastrophe annoncée. Trump peut être élu sans encore la catastrophe annoncée … Bref, il y a désormais des permissions pour franchir des interdits qui ne donnent pas le lendemain prévu. Ces "permissions" sont à surveiller … Pourquoi ce qui deviendrait possible ailleurs comme changements imprévus inattendus ne le serait-il pas en France ? Une question qui est de plus en plus souvent évoquée dans les discussions.