Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • 5 713 : toujours en tête !

    Obama militante

    Un grand merci aux nombreux étudiants qui ont placé mon livre sur la campagne Obama en tête des visites sur slideshare. Du retard a été pris dans les réponses à certaines questions transmises par des étudiants tout dernièrement. Mais chaque question recevra une réponse précise. Le 10 octobre 2008 ne fut pas une journée comme les autres. C'est la première fois que, tous organismes de sondages confondus, Obama devançait McCain avec un tel écart et tout particulièrement dans les collèges électoraux des femmes, des jeunes et des hispaniques. Obama était à + de 50 % d'intentions de votes quand McCain plafonnait à 42 % au mieux. L'écart était creusé. Une époque particulière avec un engagement citoyen record. Il ne peut pas y avoir de démocratie vive sans engagement citoyen actif. C'est une réalité qui mériterait d'être mieux considérée dans de nombreuses autres démocraties actuellement. 

    Obama 14 04 12 bis

  • Nicolas Hulot face à 14 Etats !

    Boston 30 08 16

    Cette semaine, Nicolas Hulot a officialisé que le Gouvernement entendait effectuer une économie de 136 millions d'euros sur les Agences de l'Eau l'an prochain. Et des chiffres considérables circulent au sujet de la baisse de moyens dans le prochain contrat pluri-annuel. C'est grave face à l'actualité. Mais surtout, c'est la démonstration que le Gouvernement refuse de considérer l'environnement comme un vecteur de croissance économique. Au même moment, aux Etats-Unis, 14 Etats viennent de s'engager pour des efforts prioritaires à destination de l'environnement. Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Hawaï, Massachusetts, Minnesota, New York, Caroline du Nord, Oregon, Rhode Island, Vermont, Washington et Porto Rico (qui n’a pas le statut d’État) : voilà la liste à ce jour des 14 Etats qui entendent se démarquer des orientations fédérales américaines pour continuer à respecter les orientations de la COP21.  Ces États représentent 40 % de la population américaine et, en cumulé, la troisième puissance économique de la planète. Ils entendent surtout montrer qu'il est possible de respecter une priorité donnée à l'environnement et vivre une forte croissance économique. A suivre avec intérêt pour voir qui de Nicolas Hulot ou de ces 14 Etats a raison… 

  • Pour la disruption, le compte n’est pas bon

    Facebook 04 10 17

    Trump, Macron, Trudeau, Catalogne … et la liste pourrait durer longtemps ; un point commun au-delà de la diversité des situations : la victoire de la demande de disruption. C'est une demande plus forte que le simple changement. C'est la rupture totale, radicale, brutale. La demande existe. Elle existe si fortement que chaque offre qui parait porteuse de ruptures de ce type connait le succès. Mais le succès quand ? Jusqu'où ? Le temps d'une campagne électorale et après ? L'opinion occidentale moderne est lasse de sa gouvernance classique : les partis, les syndicats, les corps intermédiaires qui coûtent si cher pour si peu de résultats … L'opinion est en avance sur la gouvernance. Elle a conscience que le "système actuel" ne peut plus continuer.  Elle n'est plus dupe des mots comme des chiffres. Il n'est pas possible de gâcher la planète au point de voir les premiers novateurs monter officiellement un business model pour la recherche d'une … autre planète. Il n'est pas possible de ne pas vivre une démocratie plus respectueuse des citoyens. Il n'est plus possible d'accepter une guerre de religion où la réponse des uns puisse résider dans l'élaboration de cortèges compassionnels pour les victimes avec cellules psychologiques pour encaisser le choc dans l'attente du prochain. Et il n'est certes plus possible d'accepter un tel écart de richesses mais pas davantage un tel écart de travail entre ceux qui produisent et ceux qui vivent de la redistribution. Tant que "le système sortant" n'accepte pas cette nécessité de ruptures, il alimente les colères, les augmente et leur éclosion ne deviendra que plus redoutable. C'est la réalité du moment qu'il faut accepter. L'économie a vécu sa disruption avec le numérique sur une séquence temps d'une brièveté historique. Pourquoi la gouvernance publique ne vit-elle pas cette même rupture ? Tant qu'elle est reportée, les colères augmentent.

  • Le temps est un grand justicier …

    Daniela Rus

    De façon surprenante, la France reste actuellement à l'écart d'une tendance qui mérite l'attention en Amérique du Nord : la prise du pouvoir par les femmes. Prenons des exemples concrets récents qui sont autant de barrières qui volent en éclats. Le 25 septembre 2017, pour la première fois dans l'histoire des armées américaines, une jeune femme va commander une unité d'élite des US Marines vouée aux combats.  Toujours aux Etats-Unis, à qui le Parti Démocrate confie-t-il la mission de redéfinir son positionnement pour les élections intermédiaires de novembre 2018 ? A Cheri Bustos, qui en 2016 a a gagné sa circonscription avec 20 points d'avance là où Trump le même jour de vote devançait Clinton de 2 points ! Et la présidentielle 2020 qui commence à démarrer, qui émerge dans les premiers sondages fédéraux ? Elizabeth Warren, Kirsten Gillibrand … Et du côté des Républicains, l'étoile montante c'est Nikki Haley, Ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU. En matière économique, l'un des pôles d'innovations les plus performants, c'est le MIT. Qui dirige l'un des laboratoires de recherches les plus stratégiques pour les prochaines années ? Daniela Rus ! Et tout dernièrement, hier soir, au Canada, lors d'une élection partielle dans une circonscription présentée comme "imprenable", qui gagne contre tous les pronostics ? Geneviève Guilbault, 34 ans ! Et la liste pourrait durer longtemps. Un changement est intervenu. Le temps des femmes et celui d'une nouvelle génération est arrivé. C'est étonnant combien la France est encore à l'écart de cette tendance qui s'explique ailleurs avec pourtant beaucoup de cohérence. 

  • Les discours inspirants …

    Obama Canada 2020 29 09 17

    Sur les dernières années, les relations entre les textes et les photos ont été inversées. Hier, la photo illustrait un joli texte. Aujourd'hui, un texte bref légende une belle photo. Le coeur du message a changé. Et pourtant, il y a des moments où le texte "prend sa revanche" sur l'image. Ce fut le cas hier en deux occasions. D'abord Obama à Toronto avec sa présentation de l'économie de demain, les effets de la robotisation, ceux du numérique … Ensuite, Macron sur le numérique. Il est possible d'être pour ou contre sa politique, mais son discours d'hier sans la moindre note tranchait particulièrement avec le niveau souvent nullissime du personnel politique français. C'est le meilleur service qui puisse être rendu à l'opinion publique que d'avoir des discours inspirants. Les "bas" services se périment très vite. L'opinion moderne oublie à qui elle "doit" telle avancée ou telle "imposition". Tout s'oublie si vite. En revanche, exprimer clairement des points de passages incontournables pour une réflexion collective, c'est le meilleur service qui puisse être rendu à tout le monde. Ces deux discours mériteraient une diffusion la plus large possible. 

  • 2018 : l’année où les budgets publics français explosent …

    Yanet Ellen 2 24 09 17

    Débat public français irréel actuellement. Les directions des grandes administrations rognent sur tout ce qu'elles peuvent. Des exemples concrets. Les primes de déplacements des CRS sont fiscalisées et mensualisées pour différer des paiements. Les redevances aux Agences de l'eau pourraient être payées par les distributeurs (publics et privés) à facturation et non à encaissement, ce qui signifie concrètement une avance de trésorerie aux Agences au moment où l'Etat siphonne leurs finances à hauteur de 200 millions d'euros … Et la liste pourrait continuer longtemps. Tout est bon pour faire les fonds de tiroirs. Pourquoi ? Parce que le stimulus monétaire post crise 2008 a pris fin. C'est le tournant du 19 septembre 2017 avec les déclarations de la FED. Pour jouer sur un "effet édredon", la complaisance monétaire a duré 9 ans. C'est une séquence temps énorme. 9 ans pour purger, pour restructurer, pour repartir sur des bases plus saines. Qu'a fait la France pendant ces 9 ans ? Rien. Bloquée. Figée. Immobile. Avec les taux d'intérêt qui repartent à la hausse, c'est un nombre considérable de budgets publics français qui vont exploser en 2008. Impossibles à tenir. Et pendant ce temps, la classe politique française débat sur le point de savoir si "la rue a chassé ou pas les nazis"…  Un hors sujet absolu. Irresponsable !

  • Quand l’intérêt n’a plus de mémoire …

    Wish 2

    Il y a quelques jours, Wish a levé 250 millions de dollars. Wish, c'est une plateforme d'e-commerce. Le parti pris est simple : des prix cassés 265 jours sur 365 ! Bref, des soldes à 90 % (au moins) tous les jours de l'année. Voilà contre quoi un "commerçant traditionnel" français doit désormais lutter. Pour acheter auprès d'un "commerçant traditionnel", il faut trouver où se garer. Puis payer le parc-mètre. Puis ne pas dépasser la durée achetée au parc-mètre sinon c'est l'amende garantie … Et de temps en temps seulement, profiter d'embellie sur les prix à – 30 ou – 50 %. Et la concurrence : se mettre devant son clavier. Chercher un produit. Cliquer. Payer en ligne. Et le coût de l'expédition (quand il est facturé selon les conditions d'achat) est moins élevé que 30 minutes de parc-mètre ! Pour des produits interchangeables, sans fonction de conseil pour le vendeur, des produits qui ne craignent ni la casse ni la péremption : comment lutter ? La fonction du prix dans la séduction d'un produit est désormais telle qu'elle cache les autres volets d'un produit. Nous sommes entrés dans un cycle où l'intérêt du prix n'a plus de mémoire, ne se rappelle de rien, jamais d'un service rendu, d'une réparation assurée, d'une recherche particulière qui avait demandé beaucoup de temps …  Avec de telles conditions de consommation, si les villes ne s'adaptent pas de façon très urgente (plages horaires gratuites pour les véhicules, animations récurrentes, opérations commerciales quasi-permanentes …), nous ne sommes qu'au début d'un massacre considérable. Ce d'autant plus que la bataille financière globale est tellement inégale. Pour des entreprises d'Internet situées dans la seule localité de San Francisco, au cours des trois  dernières semaines, 528 millions de dollars ont été levés auprès de capitaux risqueurs. Pas sûr que ce montant ait été levé sur toute l'année 2016 (12 mois) pour les entrées de ce segment de marché sur la Bourse de Paris. Si des modifications majeures urgentes ne sont pas apportées, les villes et villages de France ne sont pas prêts de voir arrêter la baisse des stores métalliques … Et ce constat est effectué par le client que je suis qui donne la préférence permanente au commerce indépendant de proximité avec une grande fidélité.

  • Pourquoi Jeff Bezos ne pouvait pas être français …

    Amazon siège

    Remarquable article des Echos du jeudi 7 septembre sur les 5 leçons a retenir de Jeff Bezos. Jeudi 7 septembre, Jeff Bezos a annoncé la construction d'un second siège : 5 milliards de dollars de travaux, 50 000 emplois créés … Amazon, c'est déjà 380 000 salariés soit le 8ème employeur des Etats-Unis ! Parmi les 5 leçons très instructives, il y a la leçon 4 : accepter de perdre de l'argent. Quand il était venu en France en 2 000 (29 août), Amazon c'était un CA de 70 millions de dollars de CA avec 25 millions de dollars de pertes sur l'exercice 1999. A l'issue de son point professionnel sur une péniche à Paris, j'avais brièvement parlé avec lui. Il avait reçu un orage de grêle des journalistes français annonçant l'éclatement de la "bulle Amazon" et datant même pour certains le moment de sa … liquidation. En France, il faut gagner de l'argent … tout de suite. Les seuls organismes qui peuvent perdre de l"argent, c'est le public sans que là des questions soient jamais posées comme s'il avait vocation, même dans des domaines concurrentiels, à cumuler les trous à boucher et les grandes entreprises avec beaucoup de salariés qui peuvent engager un chantage à l'emploi pour obtenir des renflouements. Pour les autres, accepter le long terme, c'est impossible. Le mécanisme est verrouillé : le commissaire aux comptes lance des alertes. L'expert comptable est pris d'angoisse. Les concurrents agitent le drapeau rouge en ayant comme argument de vente que l'entreprise en question ne peut plus survivre longtemps. Il maque plus que la convocation dans la salle d'attente du tribunal de commerce et la "messe est dite" : le sapin est avancé … C'est certains que Jeff Bezos ne pouvait pas être français. Mais en attendant l'essentiel des emplois qu'il crée ne le sont pas non plus. Un constat qui mériterait d'être analysé plus sérieusement que d'actuels débats bien éphémères …

  • « Il était si laid que, lorsqu’il faisait des grimaces, il l’était moins … »

    John Doerr bis 01 09 17

    Cette formule de Jules Renard résume la vie politique française. Il ne s'agit pas d'avancer tous positivement. Il faut d'abord lever des épouvantails pour que chacun puisse se réjouir ensuite d'être parvenu à écarter certains épouvantails. Le projet doit être tellement laid à l'origine qu'à l'issue des "grimaces" deviennent tolérables. Hier, en France, avec le projet de réforme du code du travail, c'était au tour de chacun d'accepter des "grimaces" pour éviter la "laideur" globale esquissée à certaines étapes. Au même moment, la même journée, aux Etats-Unis, près de 300 entrepreneurs leaders signent une lettre publique pour défendre un texte clair, précis. La lettre est publique. Ce ne sont donc pas des discussions de coulisses. Tant que l'économie française sera "gérée" entre une représentation patronale collabo qui cède à toutes les sirènes du pouvoir fut-il même bien de gauche comme si en France être patron devait être une croix permanente à porter et un syndicalisme ouvriériste qui rêve toujours de la lutte des classes et du "grand soir", l'économie est mal barrée dans ce pays. 

  • 223 jours et déjà … à la prochaine

    Mark Zuckerberg 2 20 04 17

    Il y a un moment où l'accélération du temps doit quand même commencer à poser question. Ce qui me surprend beaucoup actuellement, c'est l'importance considérable dans les médias américains de la perspective d'une candidature de Mark Zuckerberg en 2020. Certes, l'intéressé s'y prête. Sur Google, il y a accès à des centaines d'articles sur ce sujet dans des médias importants. Et il y a seulement 223 jours que Trump est installé. Rien ne semble pouvoir calmer la fuite dans le temps. A peine installé, il est déjà question de la prochaine élection. Et ce matin, des médias français s'engagent dans cette voie en ouvrant expressément la course à Matignon. La question est désormais à l'après éventuel Edouard Philippe. Là, on est à 108 jours entre la date d'installation et celle d'aujourd'hui. A ce rythme, l'installation annonce presque le départ virtuel. Difficile de gérer sérieusement dans de telles circonstances. L'opinion commence peut-être à zapper un peu trop vite … ?