Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Au chevet de la planète mais dans la quasi indifférence absolue …

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    Le rapport sur le devenir de la biodiversité est passé dans la discrétion la plus absolue en France. Des espèces vivantes meurent mais les humains s'en foutent. C'est irréel. Comme si cette situation ne les concernait pas. Alors même qu'ils sont les auteurs, donc responsables et coupables, de cette situation et que l'étape d'après ils en seront les victimes toutes désignées. Le Jour d'après quand c'est … trop tard. Les chiffres sont connus. Incontestables et incontestés (cf ci-dessous). Mais rien n'y fait. C'est la chronique d'une mort annoncée. A ce rythme il ne reste qu'à tenir le registre des dates. Incroyable !

      Biodiversité 26 03 18

     

  • Les vrais électeurs cachés …

    Trump 2 06 03 16

    Pendant la campagne 2017, l'équipe de campagne de Fillon a eu une création qui mérite l'attention "les électeurs cachés". Souvenez-vous des sondages de Filteris qui expliquaient des distorsions pro-Fillon par le vote des … électeurs cachés. Une allusion à cette époque faisant penser au sketch de Coluche sur 'OMO qui lave plus blanc que blanc". Il y aurait des électeurs qui voudraient rester secrets même dans le … secret des sondages … Appliquée à ce cadre, cette référence devenait ridicule. Mais pour autant cette catégorie d'électeurs cachés existe bien dans les démocraties modernes. Le vote britannique du Brexit, c'est le succès des électeurs cachés. La victoire de Trump de même. Et la liste pourrait être longue. L'électeur caché c'est qui ? Un électeur qui n'attend plus rien du système politique et qui sort voter pour exprimer exclusivement sa colère, ses frustrations. Les frustrations naissent du refus des impuissances multiples qui alimentent le système politique moderne. L'électeur caché naît de la communication du bouche à oreille car il ne veut plus s'en remettre au "système médiatique". Il vit son vote du refus comme un vote de sa liberté. Actuellement, il y a de plus en plus de vrais électeurs cachés qui naissent en France. Pourquoi ? Parce qu'ils se posent des questions simples comme :

    • si la France est "en guerre", est-il possible de la mener sérieusement en ayant pour "armes" les cellules psychologiques, la Tour Eiffel qui s'éteint, les marches blanches et les dépôts de fleurs sur les tombes … ?
    • si une population manifeste contre ce qu'elle refuse (par exemple hier aux Etats-Unis la marche contre les armes), faut-il déduire qu'elle ne s'oppose pas quand elle ne manifeste pas ?
    • assistons-nous actuellement à une banalisation de "faits graves" pourtant dans la proximité et dans le quotidien : existe-t-il des mosquées où la séparation entre hommes et femmes est pratiquée méthodiquement ? Voire même des enterrements où des femmes n'auraient pas accès à la tombe au même moment que les hommes ?

    Et la liste des questions sérieuses pourrait durer longtemps. Plus ces questions resteront sans réponse, plus la liste des vrais électeurs cachés grossit. Parce que contrairement à certaines apparences, le citoyen moderne ne se fait pas à l'impuissance. Client roi, il ne voit pas à quel titre il serait un citoyen esclave prisonnier de chaînes multiples …

  • Attention aux armes de distraction massive …

    Trump 11 08 15

    Plus on entre dans le détail de l'opération Cambridge Analytica via Facebook, plus les risques de cette mode de la sur-exposition via les réseaux sociaux explose au grand jour. Derrière l'organisation de jeux sur Facebook sollicitant une multitude de renseignements personnels à donner, l'équipe de campagne de Donald Trump dressait les micro-profilages de couches électorales pour des messages électoraux hyper précis. C'est une histoire digne des films d'Hollywood. Un candidat décide de faire le clown sur la tribune. Pendant ce temps, ses équipes hyper-professionnelles mobilisent les dernières nouveautés technologiques pour faire campagne. Et elles n'ont même pas à creuser pour trouver des infos pour que les électeurs mordent aux pièges et les procurent d'eux-mêmes. Irréel et pourtant très probablement exact. Période fabuleuse où la sur-exposition fait que des services de renseignements au sens large du terme n'ont plus à investiguer pour trouver des infos mais il faut définir des grilles pour trier dans le … trop d'infos. Et là pour collecter les infos, il s'agissait de jeux très anodins. Comme quoi, il faut aussi se méfier des armes de distraction massive …

  • Les petits mouchoirs du microcosme parisien …

    Conor Lamb 16 03 18

    Avec l'actuelle affaire du financement d'une présidentielle dans des conditions éventuellement très exotiques, c'est stupéfiant de constater combien le microcosme parisien peut être capable d'évitement face à des questions pourtant simples :

    1) Pour les campagnes électorales, il peut y avoir matière à des financements extérieurs illégaux. Mais il y a aussi combien de financements intérieurs illégaux demandant moins d'investigations que d'opaques circuits internationaux. Combien par exemple de collaborateurs payés par des collectivités publiques participent activement à des campagnes électorales en totale infraction avec la loi. C'est une réalité qui ne dépend pas de la Libye mais qui est au coin de la rue. Que se passe-t-il ? Rien. 

    2) Il y a actuellement 2 sommets internationaux très importants. L'un sur la biodiversité. L'autre sur l'eau. Qui entend les écolos français ? Ils sont où au moment où les espèces animales fondent comme neige au soleil y compris en France ? Là où ils sont dans des exécutifs locaux, que font-ils ?

    3) Et si le Brexit était une réussite ? Cette question peut se poser très sérieusement. Plus le temps passe, plus il est avéré que rien ne voue le Brexit à un échec terrible. Question jamais posée en France … Tabou absolu !

    4) Et si Trump n'avait pas perdu en Pennsylvanie par la victoire de Conor Lamb (D) la semaine dernière ? Aux Etats-Unis, même les médias les plus anti-Trump ne soutiennent pas que la victoire de Lamb soit la défaite de Trump. Pourquoi ? Parce que le candidat lui-même (Conor Lamb) a fait le distinguo. Mais en France, Trump ne peut être qu'une "parenthèse pathétique", une "faute de la démocratie populiste" … donc dès qu'un démocrate gagne c'est une "gifle" pour Trump …

    Et la liste des "petits mouchoirs" du microcosme parisien cachant tout ce qu'il se refuse à voir est longue, tout ce qu'il se refuse même à questionner pour sortir de son prêt à penser confortable. C'est lassant à ce point. S'ils sortaient des studios TV ou radios pour rencontrer la vie réelle avec ses questions, le débat français y gagnerait. 

     

  • Le voltigeur et le … sage

    Ecureuils 20 03 18

    Les Juniors prennent possession des "bonnes tables" signalées par leurs parents. Dans chaque famille, les tempéraments peuvent beaucoup différer. Nous pouvons constater le choc entre le voltigeur et le … sage. Un bouge tout le temps. L'autre s'installe calmement et difficile à perturber. Content d'avoir pu saisir cet instant tôt ce matin.

  • 81 jours !

    RFK 18 03 18

    Vendredi 16 mars c'était le 50 ème anniversaire de la déclaration audio de candidature de Robert Kennedy pour la présidentielle 1968. Sa campagne allait 81 jours : du 16 mars au 5 juin : date de son assassinat. Mais 81 jours pendant lesquels rarement à ce point des discours de fond allaient être prononcés. La semaine dernière Elizabeth Warren a mis en relief le remarquable discours prononcé à l'Université du Kansas. Depuis l'été 1984, j'ai toujours avec moi dans une poche une pièce commémorative de l'action de RFK (cf photo ci-dessus). Elle est usée, patinée. Mais j'y suis attaché. D'abord elle me rappelle en permanence notre première période sur Boston dont les années avec nos enfants encore très jeunes à cette époque. Ensuite, les parcours politiques de JFK et RFK qui restent des parcours intemporels. Mais surtout, enfin, le fait de s'engager dans l'action publique qu'à la condition de vouloir réellement défendre de belles causes, faire bouger les choses sinon s'occuper de ses propres affaires reste un moteur suffisant. C'est actuellement cette capacité à vouloir changer réellement les choses qui fait tant défaut comme si l'action publique c'était une logique de guichetiers sauvant leurs carrières en gérant le quotidien au jour le jour. J'espère que ce 50 ème anniversaire permettra de mettre en lumière ce besoin de souffle. 

    Boston 1985 19 03 18

  • On croit qu’on oubliera mais on n’oublie jamais …

    Chien 17 03 18

    En dehors du bonheur d'un temps passé avec notre petit-fils Léon et de l'échange très agréable de SMS avec sa maman pour fêter son anniversaire, sur le plan personnel, la semaine a été difficile. Deux informations imprévisibles ont montré, une fois de plus, si besoin était, qu'on croit qu'on oubliera mais on n'oublie jamais. La première information qui m'a affecté c'est la lecture dans la soirée du jeudi 15 mars du mot publié sur Facebook par M. Ducoulombier au sujet de la disparition de son chien. J'ai eu le plaisir de rencontrer M. Ducoulombier à quelques reprises en présence de M. de Villard et je n'ai jamais imaginé qu'il puisse exposer de tels sentiments. Il m'apparaissait solide, peu affectif … Et là d'un coup je découvrais un autre visage. Mais ses mots si forts avec la photo de son chien me rappelaient aussitôt nos animaux disparus dans des circonstances identiques. Ceux que nous avions accompagnés jusqu'à la dernière seconde pour tenter d'apaiser leurs douleurs, pour leur montrer l'attachement réel profond qui est le nôtre avec l'immense reconnaissance de tous ces moments merveilleux passés ensemble. Pour Aspen, nous avons lutté deux ans. Deux ans pour tenter de la garder contre des cancers. En une seule photo, toutes nos batailles si difficiles, incertaines remontaient à la surface. Puis hier, apprendre le décès de M. Salvatore Cianci. 57 ans ! Maladie détectée juste avant Noël. Hospitalisé à Noël. Décédé en mars. 70 jours plus tard ! Pendant 30 ans, Salvatore a été notre boucher. A Claix d'abord. Puis à Seyssinet. Pendant 30 ans, il a incarné pour moi le commerçant indépendant avec toutes ses immenses qualités : travailleur, humain, connaissant sa clientèle par coeur. Après l'hospitalisation de Marie, il savait exactement ce qui lui ferait plaisir comme plats à son retour. Dans le détail. Une gentillesse fabuleuse. Le rencontrer c'était un moment agréable : des odeurs qui ouvrent l'appétit. Des plats confectionnés avec soin. Les recommandations qui cassent la monotonie des habitudes. Un temps heureux. Là aussi, que d'images de personnes disparues sont revenues. On croit qu'on oubliera mais on n'oublie jamais. Cette mémoire montre, si besoin était, combien ces temps ont été forts. Mais il y a des moments où il serait souhaitable qu'une hiérarchie de douceurs puisse mieux équilibrer ces souvenirs. Mauvaise semaine. 

  • Quand il faut initier Junior …

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    Hier matin, un spectacle surprenant. L'un des écureuils familiers est suivi par un petit écureuil. Tout petit format. Et le premier montre au second tous les endroits où les graines sont bien là. Diverses. Protégées. Aucun repère n'échappe à la démonstration. Nous avons pu les voir arriver bien sagement : l'un suivant l'autre. Tout y est passé : les arbres, la table … Et Junior suivait méthodiquement. Un parcours initiatique sous nos yeux. Junior avait son guide … 

  • La revanche de la vie réelle …

    Chat et souris

    Auprès d'un microcosme, les réseaux sociaux ont fait naître un malentendu : les réseaux sociaux pourraient être les outils modernes de survie d'un discours déconnecté de la vie réelle. A l'opposé, les réseaux sociaux sont devenus les moyens de défense de la vie réelle. C'est une nouvelle donne considérable. Nous ne sommes qu'au début des conséquences pratiques. L'actuelle campagne des élections intermédiaires aux Etats-Unis le montre. Avec le renforcement de la diffusion des informations via les réseaux sociaux, c'est la revanche de la vie réelle ou  la fin brutale d'un entre soi sélectif. Un choc considérable qui ne fait que commencer. Des exemples :

    • comment Hulot, passionné des berlines, peut-il maintenant être crédible pour demander de ne pas utiliser les voitures quand une semaine ne compte pas assez de jours pour lui pour faire rouler une de ses voitures par jour ?
    • comment des politiques dans telle ou telle ville de France peuvent-ils être crédibles en se réfugiant derrière des tableaux que personne ne comprend pour tenter de faire vivre un argument que la moindre photo postée sur Facebook ou Twitter emporte comme une feuille au vent ?
    • je l'ai vu dernièrement sur la Commune où j'habite en écoutant les moqueries dont faisait l'objet une élue municipale (Danièle Lieutaud) qui occupe les pages d'un quotidien régional pour sauver 3 grenouilles qui traversent une route mais qui tient le registre d'enquête publique pour supprimer plus de 2 hectares d'espaces verts pour construire des immeubles dans la Commune où elle a été élue en promettant que le vaste programme immobilier ne soit pas … réalisé.

    Et la liste pourrait durer longtemps. Que se passe-t-il pour de bon dans la vie réelle ? : c'est désormais le vrai critère de choix dans de nombreuses démocraties. Une avancée positive. La monarchie reposait sur l'esprit de Cour : des initiés qui savaient mais partageaient que ce qu'ils considéraient comme positifs ou servant leurs intérêts. Cette page se tourne et c'est un progrès très positif. Bon nombre de dossiers devraient y gagner comme la lutte contre le dérèglement climatique, la protection de l'environnement, la défense des droits des plus fragiles … : parce que les citoyens ne se contentent plus de mots mais veulent des actes dans la vraie vie. Au jeu du chat et de la souris, le chat qui incarne le pouvoir face à la fragile souris (le citoyen) doit devenir très méfiant. Le danger est désormais au coin de chaque rupture avec la vie réelle …

  • Jusqu’à quel point les Français doivent-ils vénérer les cons ?

    Diner de con 14 03 18

    La première fois où j'ai réellement pris conscience de l'impact positif considérable des cons dans la vie des français c'est en lisant Francoscopie 1999. En 1998, le dîner de con connait un succès considérable. 6 nominations à la cérémonie des César. 10 millions d'entrées dans la sortie immédiate. Un film culte en France. Pignon est un héros national. Et Mermet dans Francoscopie analyse le phénomène : pourquoi le con plait en France comme nulle part ailleurs : le con est innocent. Il ne ment pas. Il ne manoeuvre pas. Il est sincère, gentil, honnête … Le con venait de creuser sa légende. Et la légende est sur-exploitée. Actuellement les succès : les Tuche, Ch'tite famille et hier l'actualité est faite par Franck Dubosc … Jusqu'à quel point les Français doivent-ils vénérer les cons ? Avec quelles conséquences collectives ? 3 précisions s'imposent : 1) on est tous le con d'un autre. Moi le premier. Avec plaisir et indifférence. 2) Mais il y a quand même des phénomènes hors compétition comme les caricatures du cinéma. Pourquoi vénérer alors la connerie quand c'est la garantie du succès à ce point ? Et pire, à l'époque du mimétisme, c'est la garantie de reprises de formules, d'attitudes … 3) Jusqu'où le règne de l'audience peut-il amplifier ce phénomène ? Hier, le GIEC qui fête son 30 ème anniversaire ou la disparition du rhinocéros blanc passent après les pitreries de Dubosc : inquiétant quand meme. A quel moment le public prendra-t-il conscience qu'à vénérer les cons, il enrichit de façon accélérée des "faux cons" qui produisent et jouent les films et que les "vrais cons" sont peut-être dans la salle … ? Entre l'obscurantisme de religions et la vénération des cons, le pays des … Lumières a de quoi s'interroger très sérieusement sur sa situation actuelle.