Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Le G7 ou la maltraitance des chiffres comme seule la politique le permet …

    G7 Charlevoix

    A partir de demain, c'est le temps du G7. Le chiffre 7 pour identifier 7 membres. Or, ils sont … 9 : Canada, Etats-Unis, France, Allemagne, Italie, Japon, Grande-Bretagne + Union Européenne représentée par deux membres : le Président de la commission + le Président du conseil. Donc dans les chiffres, cela débute déjà mal dans le rapport entre le nom du Groupe et le nombre réel de ses membres. 

    Mais surtout le Groupe n'existe plus. Au début le G7 c'est quoi ? 7 Etats qui partagent les valeurs communes des principales démocraties occidentales. Maintenant, le G7 c'est quoi ? C'est un G3 + 2 +1 +1. G3 (Canada, Allemagne, France) défendant des positions proches sur l'essentiel. G2 (Etats-Unis, Japon) : Donald Trump va faire du … Donald : America First … et le Japon reste discret pour ne pas fâcher les Etats-Unis. Puis 1 : l'Italie : ou l'eurosceptique tout juste élu. Puis 1 : la Grande-Bretagne qui est allée au-delà de l'eurosceptique avec le Brexit. 

    Et le tout pour une facture de 660 millions de dollars pour 48 heures à charge des contribuables canadiens. Et après, certains vont encore s'interroger sur le fait que les relations internationales n'aient plus la cote des opinions … 

  • La très belle leçon de transparence et de mémoire donnée par le compte twitter @RFK50

    Robert Kennedy 2 04 06 18

    Ce que vient de mettre en oeuvre le compte twitter @RFK50 est une leçon magistrale des possibilités de transparence comme d'éthique de respect des faits. Il y a 50 ans, Robert Kennedy vivait son avant-dernière journée de campagne électorale. L'avant dernière journée de sa dernière campagne électorale. Et le compte twitter @RFK50 a permis de vivre chaque journée avec le maximum de détails, la production d'archives de son agenda, les photos du jour… La preuve positive des immenses possibilités des réseaux sociaux. Une bibliothèque active, multi-réseaux, ouverte 24 h/24, accessible de partout … Fabuleux. Comme les nouveaux usages actuellement effectués par des candidats lors des élections intermédiaires 2018. Quelle belle révolution de l'information, loin des Fake News. 

    Robert Kennedy agenda 03 06 18

  • Un conseil pratique à la jeune génération : ne passez pas à côté du journal de bord quotidien

    Livre quotidien DB

    Le nettoyage annuel printemps – été vient de débuter. C'est le seul moyen pour ne pas être assiégé par les objets, vêtements … devenus inutiles. Et au hasard d'une étagère, retrouver l'un de mes journaux de bord que je tenais minutieusement quotidiennement. Pourquoi cette pratique ? Parce que tout jeune étudiant en droit, une "référence" pour moi, Gustave Peiser, me l'avait recommandée. Un homme remarquable. Une intelligence brillante. Il avait 10 ans quand il avait dû fuir l'Allemagne parce que juif. Des années d'errance : France, puis Suisse. Et une carrière universitaire au plus haut niveau. Des ouvrages qui font date. Membre du jury de l'ENA. Une obsession : ne jamais oublier l'enchaînement de détails qui vont conduire "tout naturellement" à un résultat. Même si à l'époque, je ne percevais pas toujours le poids réel de ses conseils, je les appliquais parce que j'avais confiance dans son intelligence comme dans sa volonté de transmettre le meilleur de ce que la vie lui avait appris. Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais eu à regretter cette confiance d'alors. En retrouvant ce journal de bord tenu avec minutie, quel retour en mémoire. 17 août : enterrement de M. Cecconello à Pont de Claix. 18 août : dîner avec une possible équipe cantonale. 24 août à 17 heures 30, l'annonce de la candidature d'Haroun Tazieff (NB : à noter les réactions à chaud si différentes des commentaires par voie de presse ensuite …). 25 août : le journal de TF1 à 13 heures débute sur … l'arrivée de Tazieff en Isère. Et le soir sur la 5, la "story de l'Isère" ce département qui fait exploser les frontières politiques classiques … 27 août : 14 heures : apprendre la candidature d'une personne qui avait promis … ne pas l'être. Revivre 30 ans plus tard, chaque épisode de façon précise. Un délice ré-activant la mémoire. Un conseil à la jeune génération : ne jamais passer à côté d'un tel réflexe du journal de bord quotidien. C'est dans la durée qu'il gagne en utilité irremplaçable. Mais aussi un marqueur très utile sur la nature humaine. 

    Tazieff

     

  • Des villages font de la résistance …

    DB 01 06 18

    Réunion de travail très intéressante ce matin avec Claude Soulier et Maurice Cros. Plus des entretiens se déroulent, plus je suis surpris par trois tendances actuelles. 1) Dans l'agglomération, des villages de plus en plus nombreux font de la résistance face au nivellement métropolitain. 2) Rares sont ceux qui, sur ce sujet, ont de la continuité dans les esprits, surtout parmi les actuels élus sortants quand on relit leurs documents de l'époque. 3) Et encore plus rares sont ceux qui ne cèdent pas au clientélisme local qui transforme si vite la politique en épicerie à avantages divers financés par les impôts de tous. Claude Soulier et Maurice Cros ont de la continuité dans les idées. Ils sont restés à l'écart de ce clientélisme local. Et le déroulement des élections municipales à Brié et Angonnes en 2014 montre, si besoin était, comme reconnu par le Tribunal Administratif de Grenoble, que la "Métropole apaisée" a encore parfois beaucoup de progrès à faire dans l'organisation de sa démocratie de proximité et pas seulement dans la lutte contre les délinquances. 

  • Quand voter contre, c’est aussi voter pour …

    Poules photo 21 05 18

    La cause animale a enregistré dimanche un très grave échec. Des députés ont refusé de voter des dispositions de bon sens parce que le bien être animal n'est pas une priorité pour eux.  Dimanche, l'Assemblée Nationale était appelée à se prononcer sur une loi introduisant de nombreux droits nouveaux pour les animaux. Parmi eux, l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses ou encore l’instauration d’un contrôle vidéo dans les abattoirs. Propositions quasi toutes rejetées par les députés. Beaucoup de promesses du candidat Macron ont ainsi été brisées. Des caméras de vidéosurveillance seront installées uniquement dans les abattoirs volontaires, pour deux ans, sans aucun caractère obligatoire. Les vidéos seront consultables uniquement en interne ou par des vétérinaires. Les amendements visant à interdire le broyage des poussins mâles et canetons femelles, la castration à vif des porcelets, les cages pour les lapins ou encore les "fermes-usines" ont également été rejetés. Dans une démocratie moderne, active, les permanences des députés qui ont participé à ces votes de la honte seraient aujourd'hui assaillies d'appels téléphoniques. Des journaux indépendants rendraient compte des votes avec des demandes d'explications. Mais en France, entre deux élections, c'est le légitimisme qui règne, le clientélisme quand ce n'est pas la mendicité discrète pour des aides diverses ou passe-droits. La France ne s'est jamais remise de ses années de la seconde guerre mondiale parce qu'elles ont mis en évidence un niveau de soumission au pouvoir qui ne correspond en rien à  l'image de révolte qu'elle a voulu construire dans l'imaginaire de son Histoire. Et dimanche l'Isère a été l'un des Départements qui a compté le plus grand nombre de députés à voter contre la cause animale donc à voter pour la poursuite d'actuelles atrocités intolérables. On va s'en rappeler durablement !

  • Indiscutablement le plus utile et le plus beau des combats : l’espoir de vaincre la maladie

    Enfants bis

    Belle participation hier à la course puis au déjeuner champêtre au profit d'une association qui a le plus noble des combats : l'espoir de vaincre la maladie. Il faut beaucoup de force au plus profond de soi quand cette épreuve a frappé un enfant de sa famille. Cela demande alors de faire appel à deux valeurs fortes : refuser que d'autres puissent être frappés par la même injustice et surtout refuser l'impuissance. J'ai toujours beaucoup d'estime et d'admiration pour les familles qui puisent au plus profond de leur courage pour trouver l'énergie nécessaire dans de telles circonstances. C'était le cas hier. C'est une énorme leçon pour celles et ceux qui attachent parfois tant d'importance injustifiée au moindre tracas bénin de l'ordinaire. D'autres vivent de réelles épreuves. Et pourtant, ils sont là. Debouts. Et ils ont la mémoire dynamisante. Capables de lever des montagnes pour tenter de changer la vie d'autres personnes. Je ne suis pas sûr qu'une telle force puisse m'animer dans de telles conditions. Hier j'ai effectué la boucle de 10 km en respirant l'air du moment comme jamais, en regardant ces paysages que je connais depuis des décennies avec un regard particulier. Et surtout constater ce joli dynamisme d'humanité et de solidarité. Un temps précieux quand trop d'énergies sont perdues dans des causes de divisions. Pour celles et ceux qui veulent s'associer, c'est possible de faire des dons pour toujours renforcer les moyens financiers et matériels qui conditionnent tant les résultats concrets. Pour disposer de plus amples renseignements, il suffit de cliquer sur le lien suivant : Leucémie Espoir Julien 38. 

  • Toutes les mamans gagnent chaque jour les JO !

    DB enfant 3

    La qualité qui ne s'apprend pas. Le diplôme qui n'existe pas. Mais la présence qui ne s'oublie jamais. Pas une seconde. Au-dessus de tout le reste. Avec talent, la vidéo ci-dessous résume bien les âges de la vie. La chance d'avoir connu ce privilège comme enfant puis de l'avoir constaté comme père aux côtés de Marie. Toutes les mamans gagnent chaque jour les JO. Les vraies héroïnes du quotidien. 

  • Brut, sa levée de 10 M€ et la fragilisation manifeste des boucliers traditionnels de la modération

    Trump 17 10 16

    En 2017, Emmanuel Macron n'a pas gagné contre le système politique mais parce qu'il avait su communiquer pour ancrer l'image qu'il était en dehors du système politique : pas de mandat électif antérieur, démission d'une fonction, pas de parti … Il a alors construit sa campagne presque sur du copier – coller avec les campagnes d'Obama 2008 et 2012 sur les méthodes et même sur les gestuels comme cette expression de refus des sifflets des concurrents. Obama avait eu le même socle en 2008. Il n'était pas contre le système mais en dehors du système ce que donnait comme label sa couleur de peau. Il y a désormais un point de ressemblance non recherchée entre les deux qui pourrait rapidement se formaliser : la radicalité succède à la modération. Obama était un modéré. Trump lui a succédé. Macron est un modéré. Or actuellement en France on assiste aux mêmes effondrements des boucliers traditionnels de la modération comme ce fut le cas sous Obama de novembre 2010 à fin 2015. La violence des mots gagne du terrain chaque jour. Les contestations permanentes se multiplient. Et surtout la perte de confiance dans les médias comme pôle d'équilibre du système de pouvoir. En France, quand Elise Lucet dénonce le copinage des journalistes et des politiques du système, elle porte un coup fort de l'intérieur du système. Quand Brut lève 10 M€ cette semaine pour une "information alternative", c'est un marqueur qui mérite l'intérêt. Quand les vidéos qui font le buzz sont celles sur des journalistes décriés parce qu'ils approuvent de la tête la déclaration d'un interviewé, c'est un autre signe. Quand des faits objectivement établis sont niés avec froideur, c'est aussi un marqueur important. Toutes ces étapes avaient été franchies aux Etats-Unis de 2010 à 2016 avant de donner naissance au trumpisme. Trump est le produit de ce climat, de ces faits, de ces réalités progressivement installées. La France est désormais objectivement sur le même chemin. Une réalité à méditer. 

  • D’abord la stabilité émotionnelle …

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    C'est d'une particulière bonne humeur que je rédige ce billet, ce qui n'est pas toujours le cas loin s'en faut. Parce que tôt dans la journée j'ai lu un article qui mettait en évidence une réponse comme je l'attendais à une question de fond qui me préoccupait beaucoup : avons-nous bien traité la fin de vie des animaux qui ont tant donné à notre famille ? Et maintenant avec les réseaux sociaux, sur chaque sujet, il y a souvent une profusion d'avis, donc d'avis contraires, ce qui ajoute au désarroi. Progressivement sur ce sujet important, les articles et les livres ont été de plus en plus nombreux et ce matin celui d'un expert reconnu ajoute une appréciation qui progressivement fait consensus : d'abord respecter la stabilité émotionnelle ! De longue date, depuis une épreuve brutale connue en 2004 (cancer sur une patte postérieure de notre chienne briard Manhattan), nous nous étions posé la question : comment, alors que la communication orale est impossible, être sûrs que nous lui rendions une fin de vie la plus harmonieuse possible ? Le bon sens nous avait alors conduit à une décision : ne pas changer tout ce qui lui plaisait avant mais simplement baisser l'intensité pour ne pas l'éprouver. Ne pas ajouter des changements brutaux qui puissent la mettre à l'épreuve pour qu'elle perçoive alors que son corps ne pouvait plus répondre. C'est ce que nous avons toujours fait après dans des circonstances analogues avec écoute et douceur. Cette stabilité émotionnelle vaut tous les médicaments. L'auteur de cet livre n'imagine probablement pas comme il a pu embellir ma journée que de me conforter ainsi dans cette décision qui avait été la nôtre. 

  • Mai 68 ou le sens d’un anniversaire raté en France

    Cohn Bendit Cannes 2018

    Au 21 mai 2018, un constat simple : l'anniversaire du cinquantenaire de mai 68 a été un bide total. Pour rappel, les manifestations ont concerné la période du 3 au 13 mai 68. A partir du 18 mai, la priorité était aux accords de Grenelle (27 mai). Ce n'était pas une évidence au départ qu'une telle indifférence collective. Tant les auteurs de cette époque semblaient rêver d'inscrire cette date comme un temps fort du patrimoine français. A quoi tient cet échec ? Probablement à une multitude de facteurs dont un : avec sagesse, l'opinion publique française a constaté que ces anciens combattants ne rêvaient pas de changer le système mais de prendre les meilleures places dans le système. Et 50 ans plus tard, le moindre reportage voit les "révoltés" de l'époque devenus des bons bourgeois bedonnants agitant la nostalgie d'une époque où ils étaient encore capable de courir et de prendre des risques. La caricature de cette "évolution" de révoltés qui aiment ensuite tant les plumes et paillettes de l'establishment c'est Cohn-Bendit qui célèbre le 50 ème anniversaire de mai 68 sur les marches du … Palais des Festivals de Cannes en noeud papillon alors que 50 ans plus tôt il vociférait contre ce "mal du système". Et il célèbre le cinéma l'année où le cinéma montre son pire visage avec les révélations de #MeToo comme s'il fallait coucher pour tourner. Avec de telles images, pour les personnes de bon sens, le rideau de mai 68 se baissait pour de bon. Le rapport en France avec les supposés "révolutionnaires" est toujours compliqué à suivre dans la durée quand les idéaux proclamés passent à l'épreuve des faits …